Fiche métier

Comment devenir Responsable de Laboratoire de Recherche ?

Éducation & Formation · Bac+8 (Doctorat + HDR) · Bureau / Laboratoire

dès 3 295 €brut par mois en début de carrière (Onisep)
Bac+8 (Doctorat + HDR)niveau d'études
8 ans et plusdurée des études
Bureau / Laboratoireenvironnement
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ParLucas Urbain

Fondateur et Directeur Général de Fox'Up

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Qu'est-ce qu'un Responsable de Laboratoire de Recherche ?

Le responsable de laboratoire de recherche — aussi appelé directeur d'unité de recherche (DU), directeur de laboratoire, chef d'équipe de recherche ou principal investigator (PI) selon le contexte institutionnel — est un chercheur confirmé ou un enseignant-chercheur qui pilote une unité scientifique comprenant des chercheurs permanents, des enseignants-chercheurs, des ingénieurs et techniciens de recherche (ITA/BIATSS), des doctorants, des post-doctorants et des stagiaires (Master 2 et écoles d'ingénieurs). Il dirige les activités scientifiques de son laboratoire (définition de la stratégie, axes de recherche, publications), assure la gestion administrative et financière (budget, contrats, subventions ANR/ERC, achats d'équipements), coordonne les équipes (recrutement, évaluation, gestion des carrières), représente le laboratoire auprès des tutelles (CNRS, université, EPST, EPIC) et des partenaires académiques et industriels, et participe activement à la vie scientifique de sa communauté (congrès, peer-review, éditions, sociétés savantes). Le code ROME associé est K2402 — Recherche en sciences de l'univers, de la matière et du vivant, et K2401 — Recherche en sciences de l'homme et de la société selon la discipline. En France, les laboratoires de recherche publique sont principalement structurés en UMR (Unités Mixtes de Recherche) placées sous la co-tutelle d'un EPST (Établissement Public à caractère Scientifique et Technologique) comme le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), l'INRAE (Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'alimentation et l'Environnement, né en 2020 de la fusion INRA + IRSTEA), l'Inserm (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale, référence en biologie et santé), l'Inria (Institut National de Recherche en sciences et technologies du numérique), l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement), ainsi que d'un ou plusieurs établissements d'enseignement supérieur (universités, écoles d'ingénieurs, grandes écoles). Certains laboratoires dépendent d'EPIC (Établissements Publics à caractère Industriel et Commercial) comme le CEA (Commissariat à l'Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives), l'IFP-EN, l'IFREMER, l'ONERA ou le BRGM. Les formations de référence pour devenir responsable de laboratoire de recherche sont le Doctorat (Bac+8, obtention d'un PhD après 3 à 4 ans de thèse) dans la discipline concernée, souvent préparé dans une grande école doctorale (ED) rattachée à une université de recherche intensive, complété par l'Habilitation à Diriger des Recherches (HDR, décret n° 92-70 du 16 janvier 1992 modifié), diplôme accessible après plusieurs années d'activité de recherche post-doctorale qui sanctionne la capacité du chercheur à diriger de manière autonome des travaux de recherche et à encadrer des doctorants. Les principaux corps d'origine sont : les Chargés de Recherche (CR, CNRS, Inserm, INRAE, Inria, IRD), les Directeurs de Recherche (DR, avec trois grades DR2, DR1, DRCE), les Maîtres de Conférences (MCF) et les Professeurs des Universités (PR, avec quatre classes : 2e classe, 1re classe, classe exceptionnelle, chaire supérieure). Les recrutements dans la fonction publique s'effectuent par concours nationaux (concours de chargé de recherche organisés chaque année par les EPST, concours de MCF organisés par section CNU) ou par procédure de recrutement européen pour les postes d'enseignants-chercheurs. Pour accéder à la direction d'un laboratoire, une expérience de plusieurs années comme chercheur confirmé ou professeur est généralement requise, ainsi qu'un positionnement scientifique reconnu internationalement. Au quotidien, le responsable de laboratoire combine activités scientifiques personnelles (recherche, publications, encadrement doctoral), management d'équipe (recrutement, évaluation, conflits, carrières), gestion administrative (budget, contrats, achats, logistique), relations externes (partenaires académiques, industriels, financeurs, tutelles) et communication scientifique (congrès, conférences, vulgarisation, presse).

Les missions

  • Définir la stratégie scientifique du laboratoire, les axes de recherche prioritaires et le positionnement international
  • Diriger une unité de recherche (UMR, équipe d'accueil EA, fédération de recherche) et encadrer les équipes (chercheurs, enseignants-chercheurs, ITA/BIATSS, doctorants, post-doctorants)
  • Rédiger et soumettre des projets de financement : ANR (Agence Nationale de la Recherche), ERC (European Research Council), H2020/Horizon Europe, France 2030
  • Assurer le recrutement des doctorants, post-doctorants, ingénieurs et techniciens, encadrer leur travail et leurs carrières
  • Mener une activité scientifique personnelle (publications en revues internationales à comité de lecture, brevets, communications en congrès)
  • Représenter le laboratoire auprès des tutelles (CNRS, université, EPST, EPIC), des partenaires académiques et industriels
  • Évaluer régulièrement les activités scientifiques (auto-évaluation quinquennale Hcéres, rapports scientifiques, comité de visite)
  • Participer aux instances scientifiques : sections du Comité National du CNRS, Conseil National des Universités (CNU), comités d'évaluation de l'Hcéres
  • Encadrer les thèses de doctorat (directeur de thèse), soutenances HDR, stages de Master 2 et post-doctorats
  • Nouer des partenariats industriels et de valorisation (contrats CIFRE, chaires industrielles, accords de consortium, start-up, brevets)
  • Participer aux sociétés savantes (Société Française de Physique, Société Française de Biologie, Société Française de Chimie, etc.) et aux comités éditoriaux de revues

Compétences et qualités requises

Compétences techniques

Expertise scientifique de très haut niveau dans sa discipline (publications en revues internationales Nature, Science, PNAS, PRL, PRB, Cell, Lancet selon le domaine)Maîtrise des méthodologies de recherche expérimentale, théorique ou numérique propres à la disciplineGestion de projet scientifique complexe et pluriannuel (ANR 4 ans, ERC 5 ans, Horizon Europe 4-5 ans)Rédaction de projets de financement compétitifs (ANR, ERC, H2020/Horizon Europe, France 2030, programmes bilatéraux)Management d'équipe pluridisciplinaire de 10 à 80 personnes (recrutement, évaluation, conflits, accompagnement des carrières)Gestion budgétaire et administrative (comptabilité publique M9 pour EPST, achat public, suivi des contrats)Connaissance du cadre légal : Code de la recherche, décret n° 82-993 du 24 novembre 1982 modifié sur les organismes de recherche, décret CNRS n° 83-1260Connaissance des systèmes d'évaluation et de pilotage scientifique (Hcéres, COMUE, idex, labex, equipex)Anglais scientifique courant (C1/C2) indispensable pour les publications, conférences internationales, peer-review, partenariatsCapacité de vulgarisation scientifique et de communication auprès des médias et du grand publicÉthique de la recherche et intégrité scientifique (charte Hcéres, Office Français de l'Intégrité Scientifique - OFIS)Connaissance de la valorisation et du transfert de technologie (SATT, INPI, brevets, start-up, licences)Maîtrise des outils numériques de gestion de la recherche (HAL, ORCID, Web of Science, Scopus)Compréhension des enjeux politiques de la recherche publique française et européenne (LPR 2020, France 2030)

Qualités personnelles

  • Expertise scientifique reconnue internationalement dans son domaine
  • Leadership et capacité à motiver des équipes de chercheurs exigeants
  • Vision stratégique et prospective scientifique (anticipation des nouveaux champs émergents)
  • Sens de l'organisation et rigueur dans la gestion des projets et des équipes
  • Capacités rédactionnelles et de communication (articles scientifiques, rapports, projets de financement)
  • Diplomatie et habileté politique pour gérer les relations avec les tutelles et partenaires
  • Résistance au stress et aux pressions (délais, financements, évaluations)
  • Curiosité intellectuelle permanente et ouverture d'esprit
  • Éthique professionnelle irréprochable (intégrité scientifique, conflits d'intérêts)
  • Goût pour la transmission et la formation de la relève (encadrement doctoral)

Formations pour devenir Responsable de Laboratoire de Recherche

Doctorat (PhD, Bac+8) dans une discipline scientifique (physique, chimie, biologie, mathématiques, sciences de l'ingénieur, sciences sociales) — École doctorale ED
Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) — diplôme national nécessaire pour diriger des thèses (décret n° 92-70 du 16 janvier 1992 modifié)
Concours de Chargé de Recherche (CR) au CNRS, Inserm, INRAE, Inria, IRD — concours nationaux organisés chaque année par les EPST
Concours de Maître de Conférences (MCF) sous section CNU — procédure en deux étapes (qualification nationale + concours local)
Concours de Professeur des Universités (PR) — réservé aux titulaires de l'HDR (qualification nationale puis concours local)
Concours de Directeur de Recherche (DR2) au CNRS, Inserm, INRAE, Inria, IRD — concours de promotion interne avec HDR requise
Grandes écoles d'ingénieurs réputées pour la recherche : ENS Ulm, ENS Paris-Saclay, ENS Lyon, ENS Rennes, Polytechnique, CentraleSupélec, Mines Paris, ENSTA, Ponts, HEI
Universités de recherche intensive : Sorbonne Université, Université Paris-Saclay, Université Paris Cité, PSL (Paris Sciences et Lettres), Aix-Marseille Université, Université de Strasbourg, Université Grenoble Alpes, Lyon 1
Post-doctorats internationaux (généralement 2 à 5 ans) dans les laboratoires étrangers de renom (MIT, Harvard, Max Planck, ETH Zürich, Cambridge, Oxford)
Formations continues à la gestion et au management de la recherche (ADARI, IHEST)
Diplômes de management de la recherche (MBA pour chercheurs, programmes HEC Paris, ESSEC)

Salaire et évolution

dès 3 295 € brut par mois en début de carrière

« À partir de 3295 euros brut par mois, pour un directeur de recherche débutant de la recherche publique. * variable en fonction du lieu d'exercice, du statut. »

Source : Onisep, fiche « Responsable de laboratoire de recherche », consultée le 3 octobre 2026. Au-delà des débuts, le salaire dépend de l'expérience, de l'employeur et de la région : Fox'Up n'affiche pas de chiffre sans source.

Évolution de carrière

Le responsable de laboratoire de recherche évolue dans la Fonction Publique d'État selon son corps d'appartenance (chercheurs EPST ou enseignants-chercheurs). Les corps des chercheurs du CNRS sont régis par le décret n° 83-1260 du 30 décembre 1983 modifié : Chargé de Recherche classe normale, Chargé de Recherche hors classe, Directeur de Recherche 2e classe, Directeur de Recherche 1re classe et Directeur de Recherche classe exceptionnelle. Les enseignants-chercheurs (décret n° 84-431 du 6 juin 1984 modifié) comprennent les Maîtres de Conférences (classe normale, hors classe) et les Professeurs des Universités (2e classe, 1re classe, classe exceptionnelle). S'ajoutent le RIPEC (Régime Indemnitaire des Personnels Enseignants et Chercheurs, introduit par la Loi de Programmation de la Recherche LPR du 24 décembre 2020, applicable depuis 2022) qui remplace les anciennes primes d'enseignement supérieur et de recherche (PRES), la prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR), et les primes de fonctions et de responsabilités (PFR, PRP). Le RIPEC comprend trois composantes : C1 (statutaire selon le grade), C2 (liée aux fonctions particulières : direction d'unité, responsabilité de mention), C3 (liée à la performance individuelle). Les évolutions de carrière possibles incluent : accession à la direction d'une unité plus importante (UMR à plusieurs centaines de membres), direction d'une fédération de recherche ou d'un institut, obtention de Chaires d'Excellence (CNRS, universitaire, Institut Universitaire de France IUF), accession à l'Académie des Sciences (membre correspondant puis titulaire), présidence d'une société savante nationale ou internationale, direction d'un département scientifique au CNRS (INSIS, INSU, INP, etc.) ou d'un institut thématique à l'Inserm, présidence d'une université ou d'une COMUE, responsabilité ministérielle (chef de mission à la DGRI — Direction Générale de la Recherche et de l'Innovation du MESR), création de start-up deep-tech (spin-off académique via les SATT) ou de chaires industrielles financées par de grands groupes (Total, EDF, Safran, Thales, Sanofi).

Secteurs qui recrutent

  • CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) — 1 050 UMR en co-tutelle avec universités et écoles, 33 000 personnels, 10 instituts thématiques
  • Inserm (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale) — 350 unités de recherche en biologie et santé, 8 000 personnels
  • INRAE (Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'alimentation et l'Environnement) — 200 unités de recherche, 12 000 personnels
  • Inria (Institut National de Recherche en sciences et technologies du numérique) — 220 équipes projets, 2 600 personnels
  • IRD (Institut de Recherche pour le Développement) — 70 unités, 2 000 personnels, implantation dans 35 pays du Sud
  • Universités de recherche intensive : Sorbonne Université, Université Paris-Saclay, PSL, Université Paris Cité, Aix-Marseille, Strasbourg, Grenoble Alpes, Lyon 1
  • Grandes écoles : École Polytechnique, CentraleSupélec, Mines Paris, ENSTA, Ponts, ENS Ulm, ENS Paris-Saclay, ENS Lyon, ENS Rennes
  • CEA (Commissariat à l'Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives, EPIC) — 20 000 personnels, instituts DAM, DRF, DRT, CEA Tech
  • Instituts hospitalo-universitaires (IHU), Fondations de Coopération Scientifique (FCS), Labex (Laboratoires d'Excellence), Equipex
  • Laboratoires industriels de R&D : EDF Lab, Total Energies, Sanofi R&D, Airbus, Thales Research & Technology, Renault R&D

Les plus et les moins

Les plus

  • Liberté intellectuelle et autonomie scientifique (choix des sujets, des méthodes, des partenaires)
  • Sécurité de l'emploi de fonctionnaire titulaire (CNRS, Inserm, INRAE, Inria, Universités)
  • Prestige et reconnaissance internationale (publications, conférences, prix scientifiques)
  • Engagement dans l'avancement des connaissances et contribution au bien commun
  • Encadrement de la relève scientifique (doctorants, post-doctorants, stagiaires)
  • Mobilité internationale facile (collaborations, post-doctorats, années sabbatiques, chaires étrangères)
  • Accès à des équipements scientifiques de pointe (synchrotron SOLEIL, Ganil, Very Large Telescope, HPC)

Les moins

  • Pression évaluative constante (publications, financements, Hcéres, bibliométrie)
  • Charge administrative croissante (projets, rapports, appels d'offres) au détriment de la recherche
  • Précarité fréquente en début de carrière (multiplication des post-doctorats 3 à 8 ans)
  • Concurrence exacerbée pour les postes permanents (ratio postes/candidats défavorable)
  • Salaires perçus comme faibles par rapport au niveau d'études (Bac+8, 10 à 15 ans de formation)
  • Heures de travail importantes et flexibilité limitée (week-ends, vacances, soirées consacrées à la recherche)

Questions fréquentes

Comment devenir responsable de laboratoire de recherche ?

Le parcours classique passe par un Doctorat (Bac+8, 3 à 4 ans de thèse) dans une École Doctorale d'une université de recherche intensive, suivi d'un ou plusieurs post-doctorats (2 à 5 ans) en France ou à l'étranger pour acquérir une expérience internationale et construire un réseau. Il faut ensuite obtenir un poste permanent par concours : Chargé de Recherche (CR) au CNRS, Inserm, INRAE, Inria ou IRD, ou Maître de Conférences (MCF) à l'université après qualification par le CNU (Conseil National des Universités). L'obtention de l'Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) est indispensable pour diriger des thèses de doctorat et accéder aux postes de direction (Directeur de Recherche DR, Professeur des Universités PR). Après plusieurs années d'expérience comme chercheur confirmé et avec une reconnaissance internationale (publications, projets de financement, encadrement doctoral), un chercheur peut être nommé directeur d'unité de recherche (UMR) par les tutelles (CNRS, université), généralement pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois.

Quel est le salaire d'un responsable de laboratoire de recherche ?

D'après l'Onisep (fiche « Responsable de laboratoire de recherche », consultée le 3 octobre 2026), salaire du débutant : « À partir de 3295 euros brut par mois, pour un directeur de recherche débutant de la recherche publique. * variable en fonction du lieu d'exercice, du statut. » Fox'Up ne publie pas d'autre chiffre de salaire sans source.

Qu'est-ce qu'une UMR (Unité Mixte de Recherche) ?

Une UMR (Unité Mixte de Recherche) est une structure de recherche placée sous la co-tutelle d'un EPST (Établissement Public à caractère Scientifique et Technologique) comme le CNRS, l'Inserm, l'INRAE, l'Inria ou l'IRD, et d'un ou plusieurs établissements d'enseignement supérieur (universités, grandes écoles). Ce statut, formalisé depuis les années 1970 dans le cadre de la politique de mutualisation des moyens, est le modèle dominant d'organisation de la recherche publique française. Les UMR sont créées par convention quinquennale entre les tutelles, évaluées tous les 5 ans par le Hcéres (Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) et renouvelées après évaluation favorable. En 2026, la France compte environ 1 300 UMR actives, regroupant des chercheurs des EPST, des enseignants-chercheurs des universités, des ingénieurs et techniciens (ITA/BIATSS), des doctorants et post-doctorants. Elles bénéficient d'une double source de financement (EPST + universités) et sont dirigées par un directeur d'unité nommé conjointement par les tutelles pour un mandat de 5 ans renouvelable. Les UMR sont le lieu central de la production scientifique française, représentant plus de 80 % des publications des laboratoires publics.

Qu'est-ce que l'HDR (Habilitation à Diriger des Recherches) ?

L'Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) est un diplôme national d'enseignement supérieur, régi par le décret n° 92-70 du 16 janvier 1992 modifié relatif au Conseil National des Universités et à l'HDR. Elle sanctionne la capacité d'un chercheur à diriger de manière autonome des travaux de recherche scientifique et à encadrer des thèses de doctorat. Elle est obtenue après rédaction d'un mémoire de synthèse retraçant l'ensemble de l'activité de recherche du candidat (généralement 5 à 10 ans de travaux post-thèse), incluant la présentation des publications, la définition d'un programme de recherche propre et la démonstration de l'aptitude à l'encadrement. Le jury d'HDR comprend au moins cinq membres de rang A (Professeurs des Universités ou Directeurs de Recherche), dont trois extérieurs à l'établissement. L'HDR est indispensable pour postuler aux concours de Professeur des Universités (PR) et de Directeur de Recherche (DR), pour diriger officiellement une thèse de doctorat, et pour porter un projet ERC Advanced Grant. Sa préparation prend généralement plusieurs années après le doctorat et la soutenance dure environ 2 à 4 heures. Le taux de réussite est très élevé (supérieur à 95 %) car le jury est consulté en amont pour valider la qualité du dossier.

Qu'est-ce que la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) ?

La Loi n° 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 (LPR), portée par Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, vise à renforcer la recherche publique française sur 10 ans avec un budget supplémentaire de 25 milliards d'euros cumulés. Ses principales mesures incluent : la revalorisation salariale des chercheurs et enseignants-chercheurs via le RIPEC (Régime Indemnitaire des Personnels Enseignants et Chercheurs) mis en place en 2022 ; la création des « chaires de professeur junior » (CPJ, sous-statut de tenure track à la française permettant un recrutement contractuel avec titularisation après 3 à 6 ans) ; l'augmentation des moyens de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) pour atteindre un taux de succès de 30 % ; la création d'un « contrat doctoral de droit privé » pour faciliter les thèses en entreprise ; le renforcement du dialogue science-société et du pilotage stratégique national. La LPR est critiquée par les syndicats SNCS-FSU, SGEN-CFDT et Sud Éducation qui dénoncent l'insuffisance des moyens et la précarisation croissante des jeunes chercheurs avec les CPJ.

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