Fiche métier

Comment devenir Pédiatre ?

Santé & Paramédical · Bac+5 et plus · Contact humain

55k - 110k €salaire annuel brut
Bac+5 et plusniveau d'études
5 ans et plusdurée des études
Contact humainenvironnement
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ParLucas Urbain

Fondateur et Directeur Général de Fox'Up

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Qu'est-ce qu'un Pédiatre ?

Le pédiatre est un médecin spécialiste de la santé de l'enfant, du nouveau-né au grand adolescent (de la naissance à 18 ans). Il assure à la fois la prévention (suivi de croissance, vaccinations, dépistages), le diagnostic et le traitement des maladies infantiles, depuis les affections bénignes jusqu'aux pathologies chroniques ou aiguës graves. Il joue un rôle central dans le parcours de santé de l'enfant et accompagne les familles tout au long du développement psychomoteur, cognitif et affectif.

En 2026, la France traverse une crise démographique majeure de la pédiatrie. Selon le Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM), le pays compte environ 8 400 pédiatres en exercice pour 14 millions d'enfants, soit un ratio parmi les plus faibles d'Europe. La moitié des départements sont désormais qualifiés de déserts pédiatriques, et les délais de rendez-vous en libéral dépassent fréquemment 3 à 6 mois. La Société Française de Pédiatrie alerte depuis plusieurs années sur cette pénurie et plaide pour l'ouverture de davantage de postes d'internes en pédiatrie. Le code ROME associé est J1102 — Médecine généraliste et spécialisée.

Au quotidien, le pédiatre alterne consultations de suivi (nourrissons, bilans obligatoires des 9 et 24 mois, bilan des 3 ans), consultations pour pathologies aiguës (rhinopharyngites, otites, gastro-entérites), prise en charge de pathologies chroniques (asthme, allergies, diabète pédiatrique, épilepsie, troubles neuro-développementaux) et urgences. Une journée type en cabinet libéral comprend 20 à 30 consultations, des retours téléphoniques aux familles, la coordination avec l'école et les autres professionnels (PMI, orthophoniste, psychomotricien), et la mise à jour des carnets de santé. En milieu hospitalier, le pédiatre travaille en service d'hospitalisation, de néonatalogie, de réanimation pédiatrique ou aux urgences pédiatriques.

Les environnements d'exercice sont variés : hôpital public (CHU et CH généraux, environ 55 % des pédiatres), cabinet libéral (30 %), PMI et médecine scolaire (10 %), cliniques privées et secteur associatif (5 %). L'inscription au tableau du Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM) est obligatoire avant tout exercice. La pédiatrie hospitalière subit une crise profonde avec la fermeture temporaire de services d'urgences pédiatriques la nuit dans plusieurs villes moyennes, ce qui rend le métier à la fois indispensable et éprouvant.

Les missions

  • Assurer le suivi médical complet de l'enfant de la naissance à 18 ans (croissance, développement, vaccinations)
  • Réaliser les examens obligatoires du nourrisson et de l'enfant (examens des 8 jours, 2 mois, 9 mois, 24 mois, 3, 6, 11 et 15 ans)
  • Diagnostiquer et traiter les pathologies infectieuses pédiatriques courantes (ORL, respiratoires, digestives, cutanées)
  • Prendre en charge les maladies chroniques de l'enfant (asthme, allergies, diabète de type 1, épilepsie, drépanocytose)
  • Dépister précocement les troubles du neuro-développement (autisme, TDAH, troubles DYS) et orienter vers les spécialistes
  • Réaliser des gestes techniques pédiatriques (vaccinations, ponction lombaire, cathéter veineux, suture, échographie)
  • Coordonner le parcours de soins avec les autres professionnels (médecin généraliste, PMI, école, orthophoniste, psychologue)
  • Prendre en charge les urgences pédiatriques (détresse respiratoire, déshydratation, convulsions, traumatismes)
  • Informer et éduquer les parents sur l'alimentation, le sommeil, la prévention des accidents domestiques et la santé mentale
  • Signaler les situations de maltraitance ou de négligence aux autorités compétentes (CRIP, procureur)
  • Participer à la formation des internes, étudiants en médecine et professionnels paramédicaux (en milieu hospitalier)
  • Assurer une veille scientifique constante et participer à des staffs, congrès et publications pour maintenir son expertise

Compétences et qualités requises

Compétences techniques

Sémiologie pédiatrique (reconnaissance des signes cliniques spécifiques à l'enfant)Croissance staturo-pondérale et développement psychomoteur (courbes de référence, stades de Piaget)Vaccinologie et schémas vaccinaux recommandés par le calendrier vaccinal françaisUrgences pédiatriques (détresse vitale, réanimation néonatale, choc septique)Pathologies néonatales et prématurité (pour ceux qui pratiquent la néonatalogie)Maladies chroniques pédiatriques (asthme, diabète, maladies rares, oncologie pédiatrique)Dépistage des troubles du neuro-développement (TND, TSA, TDAH, troubles des apprentissages)Prescription pédiatrique et posologies adaptées au poids (attention aux erreurs de dilution)Communication avec l'enfant (écoute, adaptation du vocabulaire, rassurance) et avec les parents (pédagogie)Protection de l'enfance et signalement des maltraitancesGestes techniques : ponction lombaire, pose de voie veineuse périphérique, sutures, infiltrationsMaîtrise de l'échographie pédiatrique (point-of-care ultrasound)Utilisation du DPI (Dossier Patient Informatisé) et des logiciels de cabinetConnaissance de la CCAM et de la tarification pédiatrique (consultation majorée nourrisson)

Qualités personnelles

  • Grande patience et capacité à communiquer avec des enfants de tous âges, y compris non verbaux
  • Empathie et écoute active envers les parents souvent anxieux
  • Sens de l'observation clinique (un enfant dit rarement ce qu'il a, il faut le déduire)
  • Sang-froid et capacité à gérer des urgences vitales
  • Sens des responsabilités (erreur de diagnostic ou de posologie aux conséquences graves)
  • Résistance physique et nerveuse (gardes de nuit, charge de travail importante)
  • Pédagogie et capacité à vulgariser des informations médicales complexes
  • Altruisme et vocation profonde pour la santé des enfants
  • Rigueur scientifique et capacité à se remettre en question
  • Bienveillance face aux situations sociales difficiles (précarité, maltraitance)

Formations pour devenir Pédiatre

PASS ou LAS — Parcours Accès Santé Spécifique ou Licence Accès Santé (1 an)
DFGSM — Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales (2e et 3e années)
DFASM — Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (4e, 5e et 6e années) avec externat
ECN/EDN — Épreuves Dématérialisées Nationales (classement en 6e année, Top 30 % requis pour la pédiatrie)
DES de Pédiatrie — 5 ans d'internat avec stages en CHU (néonatalogie, urgences, spécialités pédiatriques)
Thèse de Doctorat en médecine soutenue en fin d'internat
Total : 11 ans minimum après le bac pour exercer comme pédiatre
FST (Formation Spécialisée Transversale) optionnelles : urgences pédiatriques, nutrition, adolescent
Sur-spécialisations possibles : néonatalogie, cardio-pédiatrie, onco-pédiatrie, neuro-pédiatrie (post-DES)
Inscription obligatoire au tableau du Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM)

Salaire et évolution

55k €
110k €
Fourchette salariale annuelle brute en France
ExpérienceSalaire annuel brut
Junior (0-2 ans)55k €
Confirmé (3-7 ans)83k €
Senior (8+ ans)110k €

Évolution de carrière

Le pédiatre dispose de plusieurs voies d'évolution. En début de carrière (après l'internat, 0-3 ans), il exerce le plus souvent comme assistant ou chef de clinique en CHU (55 000 à 65 000 € brut/an) ou comme praticien attaché en CH. Après 3 à 8 ans d'expérience, il peut accéder à un poste de praticien hospitalier (PH) titulaire (65 000 à 85 000 €) ou s'installer en libéral (revenus BNC moyens de 80 000 à 130 000 € selon la patientèle et la zone d'exercice). Les profils hospitalo-universitaires évoluent vers des postes de MCU-PH puis PU-PH (85 000 à 130 000 €), avec une activité partagée entre soins, enseignement et recherche. Beaucoup de pédiatres se sur-spécialisent en néonatalogie, cardio-pédiatrie, neuro-pédiatrie, endocrinologie ou oncologie pédiatrique, ce qui peut déboucher sur des postes très recherchés en CHU. Enfin, certains pédiatres s'orientent vers des carrières de santé publique (PMI, médecine scolaire, ARS), l'industrie pharmaceutique, ou l'expertise pour des associations (UNICEF, Médecins du Monde). En 2026, la pénurie crée des opportunités exceptionnelles d'installation en libéral avec aides financières des ARS dans les zones sous-dotées.

Secteurs qui recrutent

  • Hôpitaux publics (CHU, CH généraux, services de pédiatrie et néonatalogie)
  • Cliniques privées avec maternité et service pédiatrique
  • Cabinets libéraux de pédiatrie (exercice individuel ou en groupe)
  • PMI — Protection Maternelle et Infantile (médecins territoriaux)
  • Médecine scolaire (Éducation nationale)
  • Centres de santé municipaux et associatifs
  • Réseaux de périnatalité et maisons de santé pluriprofessionnelles
  • Secteur humanitaire (Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, UNICEF)
  • Recherche clinique et enseignement universitaire (INSERM, CHU)
  • Industrie pharmaceutique (affaires médicales, pharmacovigilance pédiatrique)

Les plus et les moins

Les plus

  • Métier profondément porteur de sens, vocation forte autour de la santé des enfants
  • Insertion professionnelle immédiate et sécurisée (pénurie nationale, 100 % d'embauche)
  • Rémunération confortable en libéral (80 000 à 130 000 € BNC possibles)
  • Grande variété clinique : de la puériculture au suivi d'adolescents, des maladies bénignes aux urgences
  • Relations humaines gratifiantes avec les enfants et les familles sur le long terme
  • Statut social valorisé et reconnaissance des patients et de l'entourage

Les moins

  • Études extrêmement longues (11 ans minimum après le bac) et très sélectives (Top 30 % aux EDN)
  • Responsabilité médicale lourde : l'enfant est un patient vulnérable, erreur aux conséquences graves (1 à 3 % de poursuites civiles par an chez les pédiatres)
  • Gardes de nuit, week-ends et jours fériés obligatoires en milieu hospitalier
  • Confrontation régulière à des situations émotionnellement éprouvantes (maladies graves, maltraitance, décès d'enfants)
  • Rémunération hospitalière modeste au regard des années d'études et des responsabilités
  • Désertification médicale : surcharge de travail dans les zones sous-dotées, difficulté à prendre des vacances en libéral

Grille salariale détaillée

NiveauSalaire annuel brut
Junior (assistant/CCA, 0-3 ans post-internat)50k - 65k €
Confirmé (PH titulaire ou libéral débutant, 3-8 ans)65k - 95k €
Senior (PH expérimenté ou libéral établi, 8-15 ans)85k - 130k €
Chef de service / PU-PH / libéral confirmé (15+ ans)110k - 180k €

Questions fréquentes

Combien d'années d'études faut-il pour devenir pédiatre en 2026 ?

Il faut 11 ans d'études minimum après le bac pour devenir pédiatre en France. Le parcours comprend : 1 an de PASS ou LAS, 5 ans de premier et deuxième cycle de médecine (jusqu'à la 6e année et les EDN), puis 5 ans d'internat via le DES de Pédiatrie. Si le jeune médecin veut se sur-spécialiser (néonatalogie, cardio-pédiatrie, onco-pédiatrie, neuro-pédiatrie), il faut compter 1 à 2 années supplémentaires. La thèse de doctorat en médecine est soutenue en fin d'internat. Au total, un pédiatre sur-spécialisé peut exercer pleinement vers 30-32 ans.

Pourquoi la France manque-t-elle de pédiatres en 2026 ?

La France compte environ 8 400 pédiatres en 2026 pour 14 millions d'enfants, soit l'un des ratios les plus faibles d'Europe. Plusieurs causes expliquent cette pénurie : numerus clausus trop bas pendant des décennies, places d'internat de pédiatrie insuffisantes aux EDN, forte attractivité de la médecine générale et d'autres spécialités, départs à la retraite massifs de la génération papy-boom non compensés, et conditions de travail hospitalières jugées trop dures (gardes, responsabilité, charge émotionnelle). Résultat : les délais de rendez-vous en libéral dépassent souvent 3 à 6 mois, et de nombreux services d'urgences pédiatriques ferment temporairement la nuit dans les villes moyennes.

Quel est le salaire d'un pédiatre en 2026 ?

Un pédiatre hospitalier débutant (assistant ou chef de clinique) gagne entre 50 000 et 65 000 € brut/an. Un praticien hospitalier confirmé atteint 65 000 à 95 000 €, tandis qu'un pédiatre en libéral bien installé peut dégager 85 000 à 130 000 € de BNC (avant impôts et charges sociales), voire davantage dans les zones très sous-dotées ou pour les cabinets à forte patientèle. Les chefs de service et PU-PH dépassent généralement 110 000 à 180 000 € en cumulant rémunération hospitalière, activité d'enseignement et éventuelle activité libérale complémentaire.

Comment intégrer le DES de Pédiatrie après les EDN ?

Le DES de Pédiatrie est l'une des spécialités les plus demandées aux Épreuves Dématérialisées Nationales (EDN). Pour y accéder, il faut se classer dans le Top 30 % environ au classement national. Chaque année, environ 350 à 400 postes de pédiatrie sont ouverts au choix national, ce qui reste insuffisant face aux besoins. Les étudiants choisissent leur ville d'internat (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, etc.) selon leur rang. L'internat dure 5 ans, avec des stages variés en CHU (néonatalogie, urgences pédiatriques, pédiatrie générale, spécialités) et la rédaction d'une thèse de doctorat en médecine.

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