Fiche métier

Comment devenir Manager de Risques ?

Finance & Comptabilité · Bac+5 et plus · Bureau / Télétravail

55k - 130k €salaire annuel brut
Bac+5 et plusniveau d'études
5 ans et plusdurée des études
Bureau / Télétravailenvironnement
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ParLucas Urbain

Fondateur et Directeur Général de Fox'Up

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Qu'est-ce qu'un Manager de Risques ?

Le manager de risques — également appelé Risk Manager, Chief Risk Officer (CRO) ou directeur des risques — est un expert stratégique chargé d'identifier, évaluer, hiérarchiser et maîtriser l'ensemble des risques auxquels une organisation est exposée : risques financiers (crédit, marché, liquidité), opérationnels, cyber, juridiques, réputationnels, environnementaux et climatiques. Il met en place les dispositifs de contrôle interne, de reporting réglementaire et de gouvernance permettant à l'entreprise de se prémunir contre les pertes et de respecter les exigences prudentielles.

En 2026, la France compte environ 25 000 professionnels du risk management selon la DARES et France Travail, dont près de 10 000 exercent dans le secteur bancaire et assurantiel. Le code ROME associé est C1101 — Conception - développement produits d'assurances. Le secteur connaît une forte croissance portée par le durcissement réglementaire (Bâle III puis Bâle IV à partir de 2025, Solvabilité II, DORA pour la résilience opérationnelle numérique, CSRD pour le reporting durabilité) et par l'explosion des risques cyber et climatiques. L'AMRAE (Association pour le Management des Risques et des Assurances de l'Entreprise) recense plus de 1 200 risk managers actifs dans les grands groupes français et estime à 2 000 le nombre de postes à pourvoir chaque année.

Au quotidien, le manager de risques cartographie les risques de l'entreprise, pilote les stress tests réglementaires (EBA, ACPR), élabore les politiques de risque validées par le conseil d'administration, supervise les limites d'exposition et produit les reportings destinés aux autorités de tutelle. Une journée type peut inclure la revue des indicateurs clés de risque (KRI), la validation d'une demande de crédit grand compte en comité, l'analyse d'un incident opérationnel, la préparation d'un stress test climat, et la rédaction d'une note pour le comité des risques du conseil d'administration.

Les environnements de travail sont principalement les grandes institutions financières et les grands groupes. Le manager de risques peut exercer dans une banque (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, HSBC France), un assureur (AXA, Allianz, Generali, Covéa), un gestionnaire d'actifs (Amundi, Natixis IM, BNP Paribas AM), un cabinet de conseil (Deloitte, PwC, EY, KPMG, Mazars, Accenture), une grande entreprise industrielle (TotalEnergies, EDF, Engie, Sanofi, Airbus), ou une autorité de régulation (ACPR, AMF, EIOPA). Le télétravail est bien développé (50 à 60 % des postes proposent 2 à 3 jours remote).

La tendance 2026 est marquée par l'intégration massive des risques ESG et climat dans les cartographies, la mise en œuvre de Bâle IV (révision des méthodes internes, nouveau calcul du capital réglementaire), l'application de DORA et NIS 2 pour la cybersécurité, l'essor du machine learning pour la détection des fraudes et des risques émergents, ainsi que l'importance croissante de la résilience opérationnelle et de la continuité d'activité face aux crises géopolitiques et sanitaires.

Les missions

  • Cartographier l'ensemble des risques de l'entreprise (crédit, marché, liquidité, opérationnel, cyber, climat, réputation)
  • Définir et maintenir les politiques de risque validées par le conseil d'administration et le comité des risques
  • Piloter les stress tests réglementaires (EBA, ACPR, BCE, EIOPA) et les tests internes de résistance
  • Produire les reportings prudentiels réglementaires (COREP, FINREP, Pilier 3 Bâle III, QRT Solvabilité II)
  • Superviser le respect des limites d'exposition par activité, contrepartie, secteur ou zone géographique
  • Valider les nouveaux produits, transactions complexes et grands dossiers de crédit en comité
  • Analyser les incidents opérationnels, fraudes et pertes pour en tirer des enseignements et adapter les dispositifs
  • Mettre en place et animer le dispositif de contrôle interne avec les lignes de défense (1ère, 2ème, 3ème)
  • Piloter les chantiers réglementaires majeurs (Bâle IV, DORA, CSRD, stress test climat ACPR)
  • Rédiger les notes et présentations pour le comité des risques et le conseil d'administration
  • Animer la fonction risque au sein de l'organisation et former les opérationnels à la culture risque
  • Dialoguer avec les autorités de régulation (ACPR, AMF, BCE) lors des missions d'inspection et de supervision

Compétences et qualités requises

Compétences techniques

Bâle III et Bâle IV — ratios de capital, LCR, NSFR, SA-CCR, FRTBSolvabilité II — SCR, MCR, ORSA, Pilier 3 pour les assureursIFRS 9 et provisionnement des risques de crédit (ECL, stages, forward-looking)Modélisation quantitative du risque (VaR, CVaR, ES, modèles internes IRB)Stress testing réglementaire (EBA, ACPR, BCE) et scénarios climatCertification FRM (Financial Risk Manager) et PRM (Professional Risk Manager)Programmation Python et R pour la modélisation et le backtestingSQL et manipulation de grands volumes de données risqueRisque cyber et réglementation DORA, NIS 2, NIST Cybersecurity FrameworkRisques ESG, stress tests climat et reporting CSRDLCB-FT (lutte contre le blanchiment) et conformité KYCRGPD et protection des données personnellesContrôle interne et référentiels COSO, ISO 31000Anglais professionnel C1 — langue des régulateurs européens et internationauxOutils GRC (Governance, Risk, Compliance) — Archer, MetricStream, ServiceNow GRC

Qualités personnelles

  • Rigueur analytique et quantitative exceptionnelle
  • Vision stratégique et capacité à anticiper les risques émergents
  • Esprit critique et indépendance face aux pressions commerciales
  • Leadership et capacité à porter des positions fermes en comité
  • Pédagogie pour diffuser la culture risque dans toute l'organisation
  • Résistance au stress et gestion des crises (incidents majeurs, alertes régulateurs)
  • Excellente expression écrite pour produire notes et reportings exécutifs
  • Sens politique et diplomatie dans les relations avec les directions opérationnelles
  • Intégrité absolue et sens de l'éthique professionnelle
  • Curiosité intellectuelle et veille permanente sur les évolutions réglementaires

Formations pour devenir Manager de Risques

ENSAE Paris — spécialisation Finance de marché et gestion des risques (Bac+5)
Master Gestion des risques financiers ou Risk Management (Dauphine-PSL, Sorbonne, Aix-Marseille)
Grandes écoles de commerce — HEC, ESSEC, ESCP avec majeure finance-risques (Bac+5)
Grandes écoles d'ingénieurs — Polytechnique, CentraleSupélec, Mines ParisTech
Institut des Actuaires — formation actuarielle reconnue (ISUP, ISFA, EURIA, ENSAE)
Certification FRM (Financial Risk Manager) du GARP — référence mondiale du risk management
Certification PRM (Professional Risk Manager) et CFA Institute
Doctorat en mathématiques financières ou économétrie pour les postes de modélisation quantitative

Salaire et évolution

55k €
130k €
Fourchette salariale annuelle brute en France
ExpérienceSalaire annuel brut
Junior (0-2 ans)55k €
Confirmé (3-7 ans)93k €
Senior (8+ ans)130k €

Évolution de carrière

Le manager de risques suit une progression structurée dans les grandes institutions financières. Un analyste risques junior (Bac+5, 0-3 ans) gagne 45 000 à 60 000 € brut annuels. Après 3 à 5 ans, il devient risk manager confirmé (60 000 à 90 000 €) et peut se spécialiser sur un type de risque (crédit, marché, opérationnel, climat). Le senior risk manager ou responsable de département (5-10 ans, 90 000 à 150 000 €) encadre une équipe et porte les positions devant les comités de risque. Le Chief Risk Officer (CRO) d'une grande banque ou d'un assureur atteint 200 000 à 500 000 € de package global, incluant part variable et actions, et siège au comité exécutif. Les passerelles sont nombreuses : direction de la conformité (Chief Compliance Officer), direction financière (CFO), direction de l'audit interne, ou reconversion vers le conseil (Deloitte Risk Advisory, PwC, EY, KPMG) où les associés dépassent 300 000 €. Certains rejoignent l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), la BCE à Francfort ou l'EIOPA comme inspecteurs ou superviseurs. Les certifications FRM, PRM et CFA sont indispensables pour progresser, tout comme une expérience internationale à Londres, Francfort ou New York.

Secteurs qui recrutent

  • Grandes banques françaises — BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, La Banque Postale
  • Banques internationales — HSBC France, Deutsche Bank, Santander, ING
  • Assureurs — AXA, Allianz, Generali, Covéa, CNP Assurances
  • Gestionnaires d'actifs — Amundi, Natixis IM, BNP Paribas AM, AXA IM
  • Autorités de régulation — ACPR (Banque de France), AMF, EIOPA, BCE, EBA
  • Cabinets de conseil — Deloitte, PwC, EY, KPMG, Mazars, Accenture, Sia Partners
  • Grandes entreprises industrielles — TotalEnergies, EDF, Engie, Sanofi, Airbus, Veolia
  • Fédérations professionnelles — AMRAE, FBF, France Assureurs, AFG
  • Institutions internationales — FMI, Banque Mondiale, BRI Bâle, OCDE
  • Agences de notation — Moody's, S&P Global Ratings, Fitch, Scope Ratings

Les plus et les moins

Les plus

  • Rémunérations attractives dans les grandes institutions financières (55 000 à 130 000 €)
  • Métier au cœur de la stratégie de l'entreprise avec accès aux comités de direction
  • Forte demande pérenne portée par le durcissement continu de la réglementation
  • Télétravail bien développé (50 à 60 % des postes proposent 2-3 jours remote)
  • Diversité des sujets (crédit, marché, cyber, climat) et dimension internationale

Les moins

  • Pression élevée lors des stress tests, missions d'inspection et incidents opérationnels majeurs
  • Stress permanent lié à la responsabilité face aux autorités de régulation et au conseil d'administration
  • Charge de travail importante en période de reporting réglementaire trimestriel
  • Tensions fréquentes avec les directions commerciales et opérationnelles (fonction de contrôle)
  • Risques psycho-sociaux liés à la pression des deadlines et à l'exposition personnelle en cas d'erreur
  • Complexité réglementaire croissante exigeant une formation continue intensive

Grille salariale détaillée

NiveauSalaire annuel brut
Analyste risques (0-3 ans)45k - 60k €
Risk Manager (3-6 ans)60k - 90k €
Senior Risk Manager (6-10 ans)90k - 150k €
Head of Risk / CRO (10+ ans)150k - 350k €

Questions fréquentes

Quelles études faire pour devenir manager de risques en 2026 ?

Les profils recrutés sortent principalement de l'ENSAE Paris, des masters spécialisés en gestion des risques financiers (Dauphine-PSL, Sorbonne), des grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP) ou d'ingénieurs (Polytechnique, CentraleSupélec). L'Institut des Actuaires est également une voie d'entrée très reconnue dans l'assurance. La certification FRM (Financial Risk Manager) délivrée par le GARP est la référence mondiale du secteur et considérée comme quasi-obligatoire pour progresser au-delà de 5 ans d'expérience.

Combien gagne un risk manager en France en 2026 ?

Un analyste risques junior gagne entre 45 000 et 60 000 € brut annuels en 2026. Après 5 ans, un risk manager confirmé atteint 60 000 à 90 000 €, puis 90 000 à 150 000 € au niveau senior. Le Chief Risk Officer d'une grande banque ou d'un assureur touche entre 200 000 et 500 000 € de package total incluant part variable et actions. Les cabinets de conseil (Big Four, Accenture) proposent des rémunérations comparables avec des évolutions plus rapides mais une charge de travail supérieure.

Quelle est la différence entre un manager de risques et un responsable conformité ?

Le manager de risques identifie et mesure l'ensemble des risques de l'entreprise (crédit, marché, opérationnel, cyber, climat) et met en place les dispositifs de contrôle quantitatifs et qualitatifs. Le responsable conformité (Compliance Officer) veille au respect des lois et réglementations applicables (LCB-FT, sanctions internationales, abus de marché, protection de la clientèle). Les deux fonctions sont complémentaires et rattachées au CRO ou au directeur des risques et de la conformité, parfois regroupés dans une même direction.

Comment évoluer vers le poste de Chief Risk Officer ?

Le parcours vers le CRO nécessite généralement 12 à 15 ans d'expérience cumulée sur plusieurs types de risques (crédit, marché, opérationnel), idéalement dans différentes institutions. Les certifications FRM, PRM et CFA sont attendues. Une expérience internationale (Londres, Francfort, New York) et des missions auprès de régulateurs (ACPR, BCE, EBA) sont des accélérateurs majeurs. La capacité à porter des positions devant le conseil d'administration, l'excellence rédactionnelle et le leadership sur des équipes pluridisciplinaires sont les qualités décisives pour accéder au comité exécutif.

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