Comment devenir Ingénieur Électronicien ?
Industrie & Ingénierie · Bac+5 · Bureau d'études / Laboratoire
Qu'est-ce qu'un Ingénieur Électronicien ?
L'ingénieur électronicien conçoit, prototype et industrialise des circuits et systèmes électroniques pour des applications variées : aéronautique (avionique), automobile (calculateurs ECU, ADAS), médical (imagerie, dispositifs implantables), grand public (smartphones, IoT, audio), spatial (satellites, lanceurs), défense (radar, guerre électronique), télécoms (5G, 6G) et énergie. Il maîtrise la conception de circuits analogiques (amplification, filtrage, alimentation), numériques (microcontrôleurs, FPGA, DSP), RF (radiofréquences), et la conception de cartes électroniques (PCB) jusqu'à leur industrialisation. Selon sa spécialité, il peut concevoir des ASICs (circuits intégrés sur mesure), des puces RF, des systèmes embarqués ou des modules de puissance.
En 2026, la filière française et européenne de l'électronique vit un renouveau historique avec le plan Chips Act européen (43 milliards d'euros pour la souveraineté semi-conducteurs). STMicroelectronics, leader européen, investit avec GlobalFoundries 7,5 milliards d'euros à Crolles (Isère) pour une nouvelle ligne 18 nm FD-SOI. Soitec (Bernin) reste leader mondial des substrats SOI utilisés par Apple, Samsung et Qualcomm. Le syndicat ACSIEL prévoit le recrutement de 25 000 ingénieurs en électronique d'ici 2030 en France. Les besoins sont tirés par l'IoT, la 5G/6G, les véhicules électriques (puissance, ADAS), l'aéronautique, le spatial New Space, la défense et l'IA edge. Le code ROME associé est H1209 — Intervention technique en études et conception en automatisme.
Une journée type combine conception schématique (Cadence Allegro, Altium Designer, KiCad), simulation (SPICE, ADS, HFSS), routage PCB, prototypage et tests sur banc (oscilloscope, analyseur de spectre, analyseur de réseau vectoriel), revues de conception et coordination avec les services méthodes/industrialisation. Selon le poste, l'ingénieur peut être en bureau d'études (chez ST, Soitec, Thales, Safran, Airbus, Continental) ou en ESN d'ingénierie (Capgemini Engineering, Alten, Akka). Les environnements vont du laboratoire de R&D à la salle blanche fonderie semi-conducteur en passant par les bancs de test EMC.
Les conditions de travail combinent bureau, laboratoire et déplacements ponctuels. Le télétravail s'est développé sur les phases de design (1 à 3 jours/semaine) mais reste limité dès qu'il faut accéder aux bancs de test, prototypes ou salles blanches. Les contraintes : qualifications produits longues (avionique DO-254, automobile ISO 26262 ASIL D, espace ECSS), pression sur les coûts série, time-to-market serré dans le grand public, normes EMC/CEM strictes (CISPR, EN 55032, FCC), et obsolescence rapide des composants. Les perspectives 2026-2030 sont solides : véhicule électrique, IoT industriel, IA edge, 5G/6G, défense, spatial New Space, et plan de souveraineté semi-conducteurs européen (Chips Act).
Les missions
- Concevoir des schémas électroniques analogiques, numériques, mixtes et RF
- Router des cartes PCB multi-couches sur Cadence Allegro, Altium Designer, KiCad, Mentor Xpedition
- Simuler les circuits sur SPICE (LTspice, PSpice, HSPICE), ADS, HFSS, COMSOL
- Sélectionner les composants (MCU, FPGA, ASIC, capteurs, alimentations) selon les contraintes coût, performances, qualité et obsolescence
- Prototyper et tester les cartes (oscilloscope, analyseur de spectre, analyseur de réseau vectoriel)
- Garantir la conformité EMC/CEM (CISPR, EN 55032, FCC), ESD, vibration et thermique selon les normes sectorielles
- Coordonner les industrialisateurs (CMS, brasure sans plomb, conformal coating) et préparer les FAT/SAT
- Spécifier les firmwares avec les développeurs embarqué (C/C++, RTOS, FreeRTOS)
- Documenter les designs (schémas, BOM, fiches de test, dossier de fabrication, ECAD/MCAD interface)
- Contribuer aux qualifications normatives : avionique DO-254, automobile ISO 26262 ASIL A à D, médical IEC 60601, espace ECSS
- Participer à la veille technologique : SiC/GaN, AI accelerators, MEMS, photonique, quantique
- Gérer l'obsolescence et le sourcing des composants (post-pénurie semi-conducteurs 2021-2023)
Compétences et qualités requises
Compétences techniques
Qualités personnelles
- Rigueur extrême et culture du détail (un courant de fuite ou une violation EMC = échec qualification)
- Capacité d'analyse multi-physique (électrique, thermique, EMC, mécanique)
- Esprit d'équipe pluridisciplinaire (BE électronique, software embarqué, mécanique, méthodes)
- Curiosité technique et veille technologique permanente (composants évoluent rapidement)
- Sens des responsabilités face aux enjeux qualité et coûts série
- Adaptabilité aux changements de spécifications et aux jalons sous tension
- Communication écrite et orale soignée (revues, fournisseurs, qualification)
- Persévérance face aux aléas (debug hardware long et complexe)
- Goût pour le travail manuel et la mesure en laboratoire
Formations pour devenir Ingénieur Électronicien
Salaire et évolution
| Expérience | Salaire annuel brut |
|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 40k € |
| Confirmé (3-7 ans) | 46k € |
| Senior (8+ ans) | 52k € |
Évolution de carrière
L'ingénieur électronicien débute généralement comme ingénieur d'études électronique junior (40 000 à 48 000 € brut/an) chez STMicroelectronics, Soitec, Thales, Safran, Continental, Valeo, Bosch ou en ESN d'ingénierie. Après 3 à 6 ans, il accède au statut d'ingénieur confirmé ou ingénieur référent (50 000 à 65 000 €), responsable d'une carte ou d'un sous-ensemble électronique. Avec 6 à 10 ans d'expérience, il peut devenir lead engineer, expert technique ou architecte hardware (65 000 à 90 000 €). Au-delà de 10 ans, les évolutions vont vers manager d'équipe, expert reconnu Fellow, architecte SoC ou directeur R&D (90 000 à 130 000 €). À 15-20 ans, les meilleurs accèdent à directeur technique, directeur de programme ou directeur R&D (130 000 à 180 000 €+). Mobilité fréquente vers la microélectronique (ST Crolles, Soitec Bernin, Imec Belgique), l'aéronautique-défense, ou l'international (Silicon Valley, Asie).
Secteurs qui recrutent
- Microélectronique : STMicroelectronics (Crolles, Tours, Rousset), Soitec (Bernin), Lynred, X-Fab
- Aéronautique-défense : Thales, Safran Electronics & Defense, MBDA, Hensoldt, ATM
- Spatial : Airbus Defence & Space, Thales Alenia Space, ArianeGroup, CNES, ESA
- Automobile : Continental, Valeo, Bosch, Schaeffler, Marelli, Faurecia (Forvia)
- ESN d'ingénierie : Capgemini Engineering, Alten, Akka (Adecco), Segula, Expleo
- Télécoms et 5G : Nokia, Ericsson, Orange, SFR, Bouygues Telecom, Sequans
- Médical : Withings, Carmat, Theraclion, Biosency, Implanet, Medtronic France
- Énergie et IoT : Schneider Electric, Sigfox, Kerlink, Adeunis, Wattmore
- Grand public et IoT : Parrot, Withings, Devialet, Focal, Sennheiser, Bose, Sonos
- Recherche : CEA-Leti (Grenoble), CNRS, Imec, Inria, instituts Carnot
Les plus et les moins
Les plus
- Filière en plein essor avec Chips Act européen (43 Md€) et plan ST-GlobalFoundries Crolles (7,5 Md€)
- Salaire attractif dès le début de carrière (40-52 k€ jeune diplômé)
- Diversité des spécialités (analogique, numérique, RF, puissance, microélectronique)
- Forte demande dans des secteurs porteurs : véhicule électrique, IoT, défense, spatial
- Possibilité d'évolution rapide vers expertise ou architecture système
Les moins
- Grilles ingénieur cadre Syntec en début de carrière, écart entre microélectronique (ST, Soitec, +10 à 15 %) et ESN d'ingénierie
- Salles blanches et environnements de fabrication contraignants (combinaison, contrôle ESD, hygrométrie/température)
- Pression mentale liée aux qualifications normatives (DO-254, ISO 26262 ASIL D, ECSS) et aux délais time-to-market grand public
- Obsolescence rapide des composants : 30 à 40 % des designs sont impactés sur 5 ans, gestion stocks difficile
- Crises d'approvisionnement (pénurie semi-conducteurs 2021-2023) et dépendance à l'Asie
- Cycles de développement parfois très longs (3 à 7 ans pour un ASIC) qui peuvent décourager les profils en quête de résultats rapides
Grille salariale détaillée
| Niveau | Salaire annuel brut |
|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 40k - 48k € |
| Confirmé (2-5 ans) | 50k - 65k € |
| Senior (5-10 ans) | 65k - 90k € |
| Lead / Expert / Architecte hardware (10+ ans) | 85k - 130k € |
Questions fréquentes
Quelle école d'ingénieur pour devenir ingénieur électronicien ?
Les écoles de référence sont Télécom Paris, IMT Atlantique, Phelma Grenoble INP (filière SEI), l'ENSEA Cergy, l'ENSIIE, l'ENSEEIHT Toulouse et le réseau Polytech (spécialité Électronique-Énergie-Automatisme). Toutes sont accréditées CTI. L'admission se fait après prépa MP/PSI (concours commun INP, Mines-Ponts) ou en admission parallèle après BUT GEII, BUT Réseaux et Télécommunications, L2/L3 EEA. L'alternance est possible et largement valorisée par STMicroelectronics, Soitec et les ESN.
Quel est le salaire d'un ingénieur électronicien en 2026 ?
Selon les baromètres APEC, IESF et ACSIEL 2026, un ingénieur électronicien débutant gagne entre 40 000 et 48 000 € brut/an. Un confirmé (2-5 ans) se situe entre 50 000 et 65 000 €. Un senior (5-10 ans) atteint 65 000 à 90 000 €. Les architectes hardware et experts dépassent 100 000 €. Les profils microélectronique (STMicroelectronics, Soitec, Imec) et défense-espace (Thales, Airbus DS) sont les mieux rémunérés. Les expatriés Silicon Valley ou Asie obtiennent des packages 50 à 100 % plus élevés.
Quelle est la différence entre un ingénieur électronicien et un ingénieur en systèmes embarqués ?
L'ingénieur électronicien conçoit le hardware (cartes PCB, ASICs, FPGA, capteurs) avec une approche très matérielle. L'ingénieur en systèmes embarqués combine hardware et software (firmware, RTOS, middleware) pour faire fonctionner un produit complet. En pratique, les frontières se brouillent : un ingénieur électronicien moderne doit comprendre le firmware C/C++, et un ingénieur embarqué doit maîtriser au moins les bases du hardware. Les écoles ENSEA, Phelma SEI et Télécom Paris forment aux deux profils.
L'industrie des semi-conducteurs recrute-t-elle en France en 2026 ?
Oui, fortement. Le plan Chips Act européen (43 Md€) et l'investissement ST-GlobalFoundries à Crolles (7,5 Md€) créent plusieurs milliers de postes d'ingénieurs en France. STMicroelectronics, Soitec, Lynred et X-Fab recrutent activement. Le CEA-Leti à Grenoble est l'un des plus grands centres de R&D microélectronique au monde et embauche en permanence. Selon l'ACSIEL, la filière prévoit 25 000 recrutements d'ingénieurs en électronique d'ici 2030. Les profils RF, microélectronique, mixed-signal et power electronics SiC/GaN sont particulièrement recherchés.
Comment devenir ingénieur électronicien via une admission parallèle ?
Plusieurs voies existent : après un BUT GEII (Génie Électrique et Informatique Industrielle) ou un BUT Réseaux et Télécommunications, vous pouvez intégrer en 1re année du cycle ingénieur d'une école CTI (ENSEA, Phelma, ENSEEIHT, Polytech) via le concours ATS, le concours Polytech ou des admissions sur dossier. Les titulaires d'une L2/L3 EEA accèdent en 1re année via les admissions sur titre. Un Master Électronique + Mastère spécialisé MS Microélectronique offre également une voie alternative bien valorisée par les recruteurs.
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