Fiche métier

Comment devenir Ingénieur Analyste de L'air ?

Industrie & Ingénierie · Bac+5 et plus · Terrain / Laboratoire

32k - 55k €salaire annuel brut
Bac+5 et plusniveau d'études
5 ans et plusdurée des études
Terrain / Laboratoireenvironnement
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ParLucas Urbain

Fondateur et Directeur Général de Fox'Up

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Qu'est-ce qu'un Ingénieur Analyste de L'air ?

L'ingénieur analyste de l'air, aussi appelé ingénieur qualité de l'air ou ingénieur métrologue de l'environnement atmosphérique, est un expert scientifique chargé de mesurer, modéliser et expliquer la composition de l'air que nous respirons, qu'il soit ambiant (air extérieur urbain, périurbain, rural), intérieur (logements, bureaux, écoles, ERP) ou émis par les installations industrielles. Il intervient pour des organismes publics (AASQA agréées par le ministère de la Transition écologique comme ATMO Hauts-de-France, AirParif, Atmo Sud), pour des bureaux d'études HSE, pour les ICPE (Installations Classées pour la Protection de l'Environnement) ou pour la recherche académique (CNRS, IMT, LSCE).

En 2026, la qualité de l'air est devenue un enjeu sanitaire et politique majeur en France et en Europe. L'OMS impose de nouveaux seuils plus stricts pour les PM2.5 (5 µg/m³ en moyenne annuelle), la directive européenne révisée 2024/2881 fixe de nouvelles obligations de surveillance, et le plan PFAS gouvernemental impose désormais une cartographie des polluants éternels y compris dans l'air. Le code ROME associé est H1503 — Intervention technique en laboratoire d'analyse industrielle, complété par K2402 pour les missions de recherche atmosphérique. Le secteur recrute fortement : selon le rapport France Stratégie 2026, plus de 1 200 postes d'ingénieurs environnement sont à pourvoir chaque année, dont une part croissante en surveillance de l'air.

Une semaine type combine du terrain (déploiement de stations de mesure, prélèvements actifs ou passifs sur tubes Radiello, mise en service d'analyseurs en continu NF EN 14211 pour le NO2, NF EN 14212 pour le SO2, NF EN 14625 pour l'ozone), du laboratoire (analyses HPLC pour les COV, GC-MS pour les HAP et BTEX, ICP-MS pour les métaux lourds), du bureau (modélisation atmosphérique sous ADMS-Urban, AERMOD, CHIMERE, traitement statistique des données), et de la rédaction d'études d'impact sanitaire (EIS), de plans de surveillance ou de rapports réglementaires pour la DREAL. Les normes techniques mobilisées comprennent la XP X 43-014 (mesure des poussières), la NF EN 12341 (méthode gravimétrique PM10/PM2.5) et les guides INRS pour l'air intérieur.

Le métier exige une polyvalence rare : compétences en chimie analytique, en physique de l'atmosphère, en statistiques, en SIG (QGIS, ArcGIS), en programmation Python/R pour le traitement de gros jeux de données, et en réglementation environnementale. Les sites Seveso, les fonderies, les incinérateurs de déchets, les cimenteries (rubriques ICPE 2510, 2515, 2771) et les raffineries figurent parmi les principaux clients industriels. La crise du PFAS Lyon-Pierre-Bénite (Arkema, Daikin) et les épisodes récurrents de pollution atmosphérique en région parisienne et lyonnaise placent ces professionnels au cœur de l'actualité, avec une exposition médiatique parfois forte et une responsabilité éthique élevée vis-à-vis de la santé publique.

Les missions

  • Concevoir des plans de surveillance de la qualité de l'air ambiant et intérieur conformes aux directives européennes
  • Déployer des stations de mesure automatiques (NO2, O3, SO2, PM10, PM2.5, CO) selon les normes EN 14211/14212/14625
  • Réaliser des prélèvements actifs et passifs (tubes Radiello, cartouches DNPH, pompes Gilian, impacteurs en cascade)
  • Analyser les échantillons en laboratoire (HPLC, GC-MS, ICP-MS, gravimétrie pour les particules)
  • Modéliser la dispersion atmosphérique des polluants avec les logiciels ADMS-Urban, AERMOD, CHIMERE ou SIRANE
  • Rédiger les études d'impact sanitaire (EIS) et les volets air des études d'impact environnemental (EIE) pour les ICPE
  • Interpréter les résultats au regard des seuils réglementaires (directive 2024/2881, valeurs guide OMS)
  • Réaliser des campagnes de mesure de l'air intérieur dans les écoles, crèches et ERP selon le décret n°2011-1727
  • Coordonner les opérations sur le terrain avec les techniciens et les sous-traitants accrédités COFRAC
  • Présenter les résultats aux autorités (DREAL, ARS, ministère), aux élus locaux et au grand public
  • Participer aux instances scientifiques (LCSQA, INERIS, AASQA) et publier les résultats dans des revues spécialisées
  • Effectuer une veille réglementaire et scientifique sur les polluants émergents (PFAS, particules ultrafines, microplastiques)

Compétences et qualités requises

Compétences techniques

Chimie analytique avancée (HPLC, GC-MS, ICP-MS, spectrométrie de masse haute résolution)Métrologie de l'air et techniques de prélèvement (actif, passif, gravimétrique, optique)Modélisation atmosphérique (ADMS-Urban, AERMOD, CHIMERE, SIRANE, WRF-Chem)Logiciels de traitement de données (Python/Pandas, R, MATLAB, Excel avancé)SIG et cartographie (QGIS, ArcGIS Pro) pour la spatialisation des polluantsStatistiques (analyse en composantes principales, régression, séries temporelles)Normes techniques NF EN 14211/14212/14625, XP X 43-014, NF EN 12341, ISO 17025Réglementation : directive UE 2024/2881, code de l'environnement, ICPE rubriques 27xx/35xxConnaissance des polluants émergents (PFAS, COV, HAP, particules ultrafines, dioxines)Évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS) selon guide INERIS/InVSAnglais scientifique (publications, normes ISO, conférences internationales)Rédaction de rapports techniques et vulgarisation auprès de publics non-expertsHabilitations terrain (CACES nacelle, travail en hauteur, ATEX si site Seveso)Notions de météorologie (vents dominants, inversions thermiques, couche limite atmosphérique)

Qualités personnelles

  • Rigueur scientifique et exigence sur la qualité des données
  • Curiosité intellectuelle pour les sciences de l'atmosphère et la chimie environnementale
  • Esprit critique pour valider les résultats et identifier les biais analytiques
  • Autonomie sur le terrain et capacité à organiser des campagnes complexes
  • Sens de la communication pour vulgariser auprès des élus et du grand public
  • Engagement éthique et conscience de l'impact sanitaire de son travail
  • Résistance physique pour les missions terrain (port de matériel, conditions météo difficiles)
  • Capacité à travailler en équipe pluridisciplinaire (chimistes, météorologues, médecins, juristes)
  • Persévérance face aux longues séries de mesures et aux contraintes administratives
  • Sang-froid lors des épisodes de crise (pic de pollution, accident industriel, gestion média)

Formations pour devenir Ingénieur Analyste de L'air

Diplôme d'ingénieur en chimie analytique — ENSIC Nancy, ENSCP Chimie ParisTech, ENSCM Montpellier (Bac+5)
Diplôme d'ingénieur en environnement — IMT Mines Alès, IMT Atlantique, ENGEES Strasbourg (Bac+5)
Diplôme d'ingénieur ESPCI Paris parcours Chimie analytique et environnement (Bac+5)
Master Sciences de l'Atmosphère et Pollution — Université Paris-Saclay, UPEC, Paris-Cité (Bac+5)
Master Chimie de l'Environnement — Université Lyon 1, Sorbonne Université, Strasbourg (Bac+5)
Master Risques et Environnement — IMT Mines Alès, INSA Rouen (Bac+5)
Mastère Spécialisé Ingénierie et Gestion de l'Environnement — AgroParisTech, IMT (Bac+6)
Doctorat en sciences de l'atmosphère ou chimie analytique (Bac+8, pour la R&D et l'académique)
Formation continue INRS / GAPAVE sur la métrologie de l'air et les polluants atmosphériques

Salaire et évolution

32k €
55k €
Fourchette salariale annuelle brute en France
ExpérienceSalaire annuel brut
Junior (0-2 ans)32k €
Confirmé (3-7 ans)44k €
Senior (8+ ans)55k €

Évolution de carrière

Après 3 à 5 ans d'expérience, l'ingénieur analyste de l'air peut devenir chef de projet études environnementales (45 000 à 55 000 €) ou responsable de pôle métrologie au sein d'une AASQA (50 000 à 60 000 €). Avec 8 à 10 ans d'expérience, il peut viser le poste de directeur technique en bureau d'études HSE ou en AASQA (60 000 à 80 000 €), ou devenir expert national/européen au sein de l'INERIS, du LCSQA ou de l'Agence européenne pour l'environnement (EEA). D'autres trajectoires : consultant indépendant (TJM 600-900 €/jour), enseignant-chercheur en université ou école d'ingénieur, expert judiciaire en pollution atmosphérique, responsable HSE-environnement dans un grand groupe industriel (Total, Arkema, Solvay) ou directeur d'une AASQA régionale.

Secteurs qui recrutent

  • AASQA — Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AirParif, ATMO Hauts-de-France, Atmo Sud, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes)
  • Bureaux d'études HSE et environnement (Bureau Veritas, Apave, SGS, Socotec, Burgeap, Antea Group)
  • Industriels chimiques et pétrochimiques (Arkema, Solvay, Total Énergies, Lubrizol, BASF France)
  • Industrie pharmaceutique (Sanofi, Servier, Pierre Fabre — air intérieur ZAC, salles propres)
  • Centres de recherche publics (CNRS, INERIS, IFP Énergies Nouvelles, IMT, LSCE, LISA)
  • Agences publiques (Anses, Santé publique France, ADEME, ECHA)
  • DREAL et services déconcentrés du ministère de la Transition écologique
  • Cimenteries et incinérateurs de déchets (Lafarge, Holcim, Vicat, Veolia, Suez)
  • Sites Seveso seuil haut (raffineries, fonderies, plateformes chimiques)
  • Collectivités territoriales (métropoles avec plan climat-air-énergie territorial PCAET)

Les plus et les moins

Les plus

  • Métier porteur de sens : impact direct sur la santé publique et l'environnement
  • Forte demande de profils qualifiés (1 200 postes/an d'ingénieurs environnement)
  • Diversité des missions (terrain, laboratoire, modélisation, communication)
  • Salaires attractifs surtout en bureau d'études privé (45-65k€ confirmé)
  • Évolution possible vers expertise nationale/européenne (INERIS, LCSQA, EEA)
  • Sujet d'avenir : enjeux PFAS, particules ultrafines, polluants émergents en constante évolution
  • Reconnaissance scientifique et exposition médiatique sur les sujets de pollution
  • Possibilité de combiner public, privé et académique au cours de la carrière

Les moins

  • Salaire de départ modéré dans le secteur public/AASQA (32-38k€) au regard du niveau d'études Bac+5
  • Conditions de travail terrain parfois rudes (intempéries, port de matériel lourd, sites industriels Seveso)
  • Pression mentale forte lors des épisodes de pollution médiatisés (réponses urgentes, gestion de crise)
  • Responsabilité éthique élevée vis-à-vis de la santé publique et risques juridiques (rapports d'expertise)
  • Charge administrative importante (réponses aux appels d'offres, rapports DREAL, données réglementaires)
  • Veille réglementaire et scientifique permanente nécessaire (directives UE, normes ISO en évolution)
  • Mobilité géographique souvent requise pour les missions de terrain (déplacements multi-régions)
  • Convention collective applicable : CCN Bureaux d'Études Techniques (Syntec IDCC 1486) pour les ingénieurs en cabinet d'études et CCN Industries Chimiques (IDCC 0044) pour les postes en industrie ; les grilles Syntec sont souvent perçues moins favorables que la chimie sur les premiers postes.

Grille salariale détaillée

NiveauSalaire annuel brut
Junior (0-2 ans)32k - 38k €
Confirmé (2-5 ans)38k - 50k €
Senior (5-10 ans)50k - 65k €
Directeur technique / Expert (10+ ans)60k - 80k €

Questions fréquentes

Quelles études pour devenir ingénieur analyste de l'air ?

Le diplôme requis est un Bac+5 minimum : diplôme d'ingénieur en chimie analytique (ENSIC Nancy, ENSCP Chimie ParisTech, ENSCM Montpellier), en environnement (IMT Mines Alès, IMT Atlantique) ou un Master Sciences de l'Atmosphère / Chimie de l'Environnement (Paris-Saclay, Sorbonne, Lyon 1). Un Mastère Spécialisé Ingénierie et Gestion de l'Environnement à AgroParisTech est un plus. Pour la R&D, un doctorat est souvent demandé.

Quel salaire pour un ingénieur qualité de l'air en 2026 ?

En 2026, le salaire d'un ingénieur analyste de l'air junior est de 32 000 à 38 000 € brut/an dans le public/AASQA et 38 000 à 45 000 € en bureau d'études privé. Un confirmé (2-5 ans) gagne 38 000 à 50 000 €. Un senior (5-10 ans) atteint 50 000 à 65 000 €. Un directeur technique ou expert national peut viser 60 000 à 80 000 € voire plus dans le privé.

Quelle différence entre ingénieur analyste de l'air et ingénieur HSE ?

L'ingénieur HSE (Hygiène-Sécurité-Environnement) couvre tous les risques en entreprise (chimique, machine, ergonomie, environnement). L'ingénieur analyste de l'air est un spécialiste pointu de la métrologie et de la chimie atmosphérique : il sait déployer des stations de mesure, réaliser des analyses HPLC/GC-MS de polluants, modéliser la dispersion atmosphérique avec ADMS ou CHIMERE et interpréter les résultats au regard des normes EN 14211/14212.

Est-ce un métier d'avenir ?

Oui, fortement. Les enjeux de qualité de l'air ne cessent de croître : nouveaux seuils OMS plus stricts, directive européenne 2024/2881 révisée, plan PFAS gouvernemental, prise en compte des particules ultrafines et des polluants émergents. Les AASQA, l'INERIS, les bureaux d'études privés et les industriels recrutent massivement. Le secteur est également en mutation avec l'arrivée des capteurs low-cost, du machine learning pour la modélisation et de la science citoyenne.

Quels logiciels maîtriser pour ce métier ?

Côté modélisation atmosphérique : ADMS-Urban, AERMOD, CHIMERE, SIRANE, WRF-Chem. Côté traitement de données : Python (Pandas, NumPy, Matplotlib), R, MATLAB. Côté SIG : QGIS, ArcGIS Pro. Côté laboratoire : logiciels chromatographiques (Empower, ChemStation), LIMS. Bureautique avancée (Excel, Word). La maîtrise de Python et des bases de données est de plus en plus différenciante sur le marché.

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