Fiche métier

Comment devenir Entraîneur de Chevaux ?

Éducation & Formation · Bac à Bac+3 · Terrain

22k - 60k €salaire annuel brut
Bac à Bac+3niveau d'études
2 à 5 ansdurée des études
Terrainenvironnement
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ParLucas Urbain

Fondateur et Directeur Général de Fox'Up

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Qu'est-ce qu'un Entraîneur de Chevaux ?

L'entraîneur ou l'entraîneuse de chevaux de course est un professionnel passionné qui prépare physiquement et mentalement des chevaux de galop (pur-sang) ou de trot (trotteurs français) en vue des compétitions hippiques. En France, la filière courses est un secteur économique majeur : elle emploie environ 70 000 personnes directement ou indirectement, avec près de 2 500 entraîneurs titulaires d'une licence délivrée par France Galop (courses de plat et d'obstacle) ou Le Trot (courses de trot attelé et monté). Le code ROME correspondant est A1501 (Aide aux soins animaux) et A1502 (Entraînement d'animaux). Le marché des courses hippiques françaises représente plus de 10 milliards d'euros d'enjeux annuels sur les hippodromes et via le PMU, ce qui en fait le deuxième marché mondial après le Japon. Au quotidien, l'entraîneur supervise le travail de ses chevaux à l'entraînement (galops, trotting, travaux de vitesse sur piste), planifie leur programme de courses en fonction de leur état physique et de leur potentiel, collabore étroitement avec les vétérinaires équins, les maréchaux-ferrants et les jockeys ou drivers. Il gère une écurie comprenant parfois plusieurs dizaines de chevaux, avec une équipe de cavaliers d'entraînement, de garçons de cour et de lads. L'entraîneur doit également assurer la gestion administrative et financière de son entreprise : facturation aux propriétaires, déclarations d'engagement aux courses, relations avec les institutions (France Galop, Le Trot, IFCE). Les centres d'entraînement les plus réputés se trouvent à Chantilly, Maisons-Laffitte et Lamorlaye pour le galop, et à Grosbois, Caen et Vincennes pour le trot. L'entraîneur peut aussi exercer en province, à proximité des hippodromes régionaux. La saisonnalité rythme l'activité : la saison de plat culmine de mai à octobre avec les grands prix (Prix de l'Arc de Triomphe, Prix du Jockey Club), tandis que le trot connaît son apogée en hiver avec le Prix d'Amérique. Ce métier exige une disponibilité totale, avec des journées commençant dès 5h30 pour les lots du matin, et une connaissance fine de la physiologie équine.

Les missions

  • Planifier et superviser les séances d'entraînement quotidiennes (galops, trotting, travaux de vitesse) pour chaque cheval
  • Établir le programme de courses de chaque pensionnaire en fonction de son état de forme et de son potentiel
  • Évaluer la condition physique des chevaux au quotidien et adapter l'intensité des exercices en conséquence
  • Collaborer avec les vétérinaires équins pour le suivi sanitaire, les vaccinations et les soins préventifs
  • Sélectionner et briefer les jockeys ou drivers avant chaque course et analyser les performances après
  • Gérer l'équipe d'écurie (cavaliers d'entraînement, lads, garçons de cour) et organiser les plannings
  • Accompagner les chevaux sur les hippodromes et superviser leur préparation avant et après les courses
  • Assurer la gestion administrative et financière de l'écurie (facturation propriétaires, déclarations aux sociétés mères)
  • Conseiller les propriétaires sur l'achat de chevaux, les yearlings aux ventes (Deauville, Arqana) et le potentiel sportif
  • Superviser l'alimentation, la ferrure et les soins quotidiens de chaque cheval en coordination avec les spécialistes
  • Analyser les résultats de courses et les vidéos de compétition pour ajuster la stratégie d'entraînement
  • Entretenir les infrastructures de l'écurie (boxes, pistes d'entraînement, marcheur mécanique, installations de soins)

Compétences et qualités requises

Compétences techniques

Connaissance approfondie de la physiologie et de la biomécanique du cheval de courseMaîtrise des techniques d'entraînement spécifiques au galop (plat, obstacle) ou au trot (attelé, monté)Compétences en nutrition équine et en élaboration de rations adaptées à l'effortLecture et interprétation des analyses sanguines et des bilans vétérinairesConnaissance du règlement des courses (France Galop, Le Trot) et de la lutte anti-dopageGestion d'entreprise : comptabilité, facturation, droit du travail applicable aux personnels d'écurieUtilisation d'outils de suivi de performance (GPS équin, cardiofréquencemètres, logiciels de planning courses)Maîtrise de la maréchalerie de base et collaboration avec les maréchaux-ferrants spécialisésAnalyse des terrains de course et des conditions météorologiques pour adapter la stratégieCompétences en sélection et en jugement du modèle des chevaux (conformation, origines génétiques)Gestion du stress et de la pression liée aux enjeux financiers des coursesCommunication avec les propriétaires, les médias hippiques et les institutions de la filièreConnaissance des procédures d'engagement et de déclaration de partants auprès des sociétés de coursesMaîtrise des premiers secours équins et des gestes d'urgence vétérinaire

Qualités personnelles

  • Passion absolue pour le cheval — un engagement de vie qui exige une dévotion quotidienne sans relâche
  • Sens de l'observation aiguisé — détecter le moindre signe de boiterie, de stress ou de contre-performance
  • Leadership naturel — diriger une équipe d'écurie et imposer la rigueur dans le travail quotidien
  • Résistance physique et mentale — journées très longues, conditions météo difficiles, pression des résultats
  • Patience et persévérance — la formation d'un cheval de course s'étend sur des mois, parfois des années
  • Sens des affaires — gérer une entreprise avec des charges élevées et des revenus variables
  • Intuition et feeling — savoir quand un cheval est prêt pour une grande course ou quand il faut temporiser
  • Intégrité professionnelle — respecter scrupuleusement les règles anti-dopage et d'éthique des courses
  • Capacité d'adaptation — ajuster les programmes selon les aléas (blessures, météo, résultats décevants)
  • Humilité — accepter les défaites et les mauvaises séries qui font partie intégrante du métier

Formations pour devenir Entraîneur de Chevaux

CAPA Palefrenier soigneur — formation de base aux soins et à la manipulation des chevaux (niveau CAP)
Bac pro CGEH (Conduite et Gestion de l'Entreprise Hippique) — formation complète en gestion d'écurie
BTS ACSE (Analyse, Conduite et Stratégie de l'Entreprise agricole) — gestion d'exploitation appliquée au monde équin
BPJEPS Activités équestres — pour les entraîneurs venant du monde de l'équitation sportive
Licence professionnelle Management des entreprises équines (Université de Caen, ESCE Saumur)
Formation AFASEC (Association de Formation et d'Action Sociale des Écuries de Course) — école spécifique courses
Stage pratique obligatoire de 2 ans minimum chez un entraîneur titulaire avant obtention de la licence d'entraîneur
Formation continue IFCE (Institut Français du Cheval et de l'Équitation) — perfectionnement professionnel

Salaire et évolution

22k €
60k €
Fourchette salariale annuelle brute en France
ExpérienceSalaire annuel brut
Junior (0-2 ans)22k €
Confirmé (3-7 ans)41k €
Senior (8+ ans)60k €

Évolution de carrière

L'entraîneur de chevaux débutant, souvent après avoir été cavalier d'entraînement ou premier garçon, commence avec des revenus modestes de 22 000 à 28 000 € brut annuels lorsqu'il lance sa propre écurie avec une dizaine de chevaux. La rémunération dépend directement du nombre de pensionnaires (prix de pension moyen : 1 500 à 2 500 € par mois par cheval selon la région) et des primes de courses (l'entraîneur touche traditionnellement 10 % des gains). Un entraîneur confirmé gérant 30 à 50 chevaux avec des résultats réguliers peut atteindre 40 000 à 60 000 € brut annuels. Les entraîneurs d'élite opérant à Chantilly ou Grosbois, avec des effectifs de 80 à 150 chevaux et des victoires dans les courses de Groupe, dépassent souvent les 100 000 € annuels, voire bien davantage pour les plus grands noms comme André Fabre, Francis-Henri Graffard (galop) ou Jean-Michel Bazire (trot). L'évolution peut aussi passer par la spécialisation : entraîneur d'obstacle (steeplechase, haies), préparateur de yearlings pour les ventes, ou consultant en sélection génétique. Certains entraîneurs diversifient leur activité vers le pré-entraînement, la convalescence de chevaux ou la reproduction. La reconversion vers des postes institutionnels (commissaire des courses, directeur d'hippodrome, formateur AFASEC) est également possible en fin de carrière.

Secteurs qui recrutent

  • Courses de galop plat — écuries de Chantilly, Maisons-Laffitte, Deauville (France Galop)
  • Courses de galop obstacle — entraînement steeplechase et haies, hippodromes d'Auteuil et de province
  • Courses de trot attelé et monté — centre d'entraînement de Grosbois, Caen, hippodromes PMU
  • Élevage et pré-entraînement — préparation des jeunes chevaux avant leur mise à l'entraînement officiel
  • Ventes de chevaux — expertise et sélection de yearlings (Arqana Deauville, Osarus, Fences)
  • Institutions hippiques — France Galop, Le Trot, IFCE, sociétés de courses régionales
  • Formation professionnelle — AFASEC (écoles des courses hippiques à Chantilly, Graignes, Mont-de-Marsan)
  • Médias hippiques — Paris Turf, Jour de Galop, Equidia, consultants pour les pronostics
  • Vétérinaire et soins équins — cliniques équines spécialisées courses (Grosbois, Chantilly)
  • Propriétaires et syndicats de propriétaires — gestion de parts et conseil en investissement hippique

Les plus et les moins

Les plus

  • Passion devenue métier — vivre quotidiennement au contact des chevaux dans un environnement naturel et stimulant
  • Frissons de la compétition — l'adrénaline des jours de course et la fierté des victoires en Groupe ou en classique
  • Indépendance professionnelle — être son propre patron et construire une écurie à son image
  • Revenus potentiellement élevés — les pourcentages sur les gains de courses peuvent être très lucratifs en cas de succès
  • Réseau social unique — côtoyer un monde passionnant mêlant sport, élevage, tradition et enjeux financiers

Les moins

  • Horaires extrêmement contraignants — début du travail à 5h30, 7 jours sur 7, très peu de vacances réelles
  • Revenus instables — la rémunération dépend directement des résultats sportifs et du nombre de propriétaires fidèles
  • Charge émotionnelle forte — gestion des blessures graves, des chevaux qui ne performent pas, de la perte d'animaux
  • Investissement financier lourd — frais de fonctionnement d'une écurie très élevés (personnel, nourriture, vétérinaire, ferrure)

Grille salariale détaillée

NiveauSalaire annuel brut
Débutant (0-3 ans, petite écurie)22k - 30k €
Confirmé (3-8 ans, 20-40 chevaux)30k - 50k €
Senior (8-15 ans, écurie établie)50k - 80k €
Élite / Grand entraîneur (15+ ans)80k - 150k €

Questions fréquentes

Comment obtenir sa licence d'entraîneur de chevaux de course en France ?

Pour obtenir une licence d'entraîneur, il faut d'abord justifier d'une expérience professionnelle significative dans le monde des courses, généralement 2 à 5 ans comme cavalier d'entraînement, premier garçon ou assistant d'entraîneur. Le candidat dépose ensuite un dossier auprès de France Galop (pour le galop) ou du Trot (pour les courses de trot), comprenant un projet professionnel détaillé, un business plan, la justification d'un lieu d'entraînement agréé et les attestations d'expérience. Un passage devant une commission d'attribution est obligatoire. La licence peut être délivrée en catégorie « particulier » (entraînement de ses propres chevaux uniquement) ou « public » (possibilité d'entraîner pour des propriétaires tiers). Des formations complémentaires à l'AFASEC ou via l'IFCE peuvent renforcer le dossier. La licence est renouvelable chaque année et soumise au respect du règlement des courses.

Quel est le salaire réel d'un entraîneur de chevaux en France ?

Le salaire d'un entraîneur varie considérablement selon la taille de son écurie et ses résultats. Un jeune entraîneur avec 10 à 15 chevaux en province percevra souvent un revenu modeste de 22 000 à 30 000 € brut annuels, car les pensions facturées aux propriétaires couvrent à peine les charges (personnel, nourriture, vétérinaire, ferrure, location des boxes). Le complément vient des primes de courses : l'entraîneur touche traditionnellement 10 % des gains de ses chevaux. Un entraîneur confirmé à Chantilly ou Grosbois avec 40 à 60 chevaux et des victoires régulières peut atteindre 50 000 à 80 000 € annuels. Les grands entraîneurs français comme André Fabre, qui a remporté plus de 30 fois le titre de champion, ou Jean-Michel Bazire au trot, génèrent des revenus bien supérieurs à 150 000 € grâce aux victoires en courses de Groupe I et aux commissions sur les ventes de chevaux.

Quelle est la différence entre un entraîneur de galop et un entraîneur de trot ?

Les deux spécialités relèvent d'univers distincts avec leurs propres institutions, règlements et techniques. L'entraîneur de galop, licencié par France Galop, prépare des pur-sang anglais pour des courses de plat (distances de 1 000 à 4 000 m) ou d'obstacle (haies, steeple-chase). Le travail met l'accent sur la vitesse pure, les galops chronométrés et la sélection du jockey. L'entraîneur de trot, licencié par la Société Le Trot, travaille avec des trotteurs français pour des courses de trot attelé (en sulky) ou monté. L'enjeu est de maintenir le cheval au trot sans qu'il ne « galope » (ce qui entraîne la disqualification). Les techniques d'entraînement, l'équipement (sulky, enrênement, ferrure spécifique) et les circuits de course sont différents. En trot, l'entraîneur est souvent aussi driver (il conduit lui-même ses chevaux en course), ce qui est impossible en galop où le jockey est un professionnel distinct.

L'entraîneur de chevaux peut-il vivre de son métier en province ?

Oui, mais c'est un défi économique plus grand qu'à Chantilly ou Grosbois. En province, les entraîneurs bénéficient de charges réduites (location de boxes moins chère, coût de la vie inférieur) mais disposent d'un bassin de propriétaires plus restreint et d'un accès moins fréquent aux courses riches. Les primes de courses régionales sont nettement inférieures à celles des hippodromes parisiens (Longchamp, Vincennes, Auteuil). Un entraîneur provincial doit souvent combiner son activité avec du pré-entraînement, de la convalescence de chevaux ou de l'élevage pour équilibrer ses comptes. Certaines régions offrent cependant de bonnes opportunités : le Sud-Ouest (Pau, Mont-de-Marsan) pour l'obstacle, la Normandie (Deauville, Caen) pour le plat et le trot. Le PMU, qui finance une grande partie des allocations, maintient un réseau d'hippodromes provincial dense avec environ 230 hippodromes actifs en France, ce qui assure un calendrier de courses régulier.

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