Fiche métier

Comment devenir Agriculteur ?

Agriculture & Animaux · CAP à Bac+5 · Exploitation agricole / Plein air

Variablesalaire de début, selon l'Onisep
CAP à Bac+5niveau d'études
2 à 5 ansdurée des études
Exploitation agricole / Plein airenvironnement
Photo de Lucas Urbain

ParLucas Urbain

Fondateur et Directeur Général de Fox'Up

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Qu'est-ce qu'un Agriculteur ?

L'agriculteur est un chef d'entreprise indépendant qui cultive des terres et/ou élève des animaux pour produire des denrées alimentaires (céréales, fruits, légumes, viande, lait, vin, fromage), des matières premières (oléagineux, fibres) ou de l'énergie (méthanisation, photovoltaïque). C'est un métier multifacette qui combine technicité agronomique, gestion d'entreprise, mécanique, commercialisation, et adaptation permanente aux aléas climatiques et économiques. L'agriculteur peut être exploitant individuel, associé en GAEC ou EARL, salarié d'un grand domaine, ou encore membre d'une coopérative. Sa journée est rythmée par les saisons, les cultures et les animaux dont il a la charge. En 2026, l'agriculture française fait face à un défi historique : selon le ministère de l'Agriculture et la Mutualité Sociale Agricole (MSA), près de 50 % des agriculteurs partiront à la retraite d'ici 2032, et la France peine à renouveler ses générations. On compte aujourd'hui environ 380 000 exploitations agricoles en France métropolitaine (contre 600 000 en 2000), et le besoin en jeunes agriculteurs est massif. Le code ROME associé est A1101 — Conduite d'engins agricoles et forestiers (et la famille A — Agriculture et pêche dans son ensemble). Le plan France 2030 et la loi d'orientation agricole de 2025 visent à installer 60 000 nouveaux agriculteurs d'ici 2030 grâce à la Dotation Jeune Agriculteur (DJA), au parcours d'installation des Chambres d'Agriculture, et à des aides à la transmission. Une journée type dépend totalement de la saison et de la production. En grandes cultures céréalières (blé, maïs, colza, tournesol), l'agriculteur travaille intensément au printemps (semis, traitements) et à la fin de l'été (moissons), avec des journées de 12 à 16 heures pendant ces périodes. En élevage laitier, il est mobilisé toute l'année avec deux traites quotidiennes (matin et soir), 365 jours par an. En maraîchage, il alterne récolte, conditionnement, vente directe sur les marchés et planification des semis. En viticulture, il vit au rythme du cycle de la vigne (taille en hiver, traitements et travaux en été, vendanges en septembre-octobre, vinification en automne-hiver). C'est un métier très exigeant physiquement et mentalement, où l'astreinte est permanente et où les week-ends et jours fériés n'ont pas vraiment de sens. Les environnements et statuts sont variés. L'exploitant individuel travaille seul ou en couple sur une petite ou moyenne structure (50-150 hectares en grandes cultures, 50-80 vaches laitières en élevage). Le GAEC (Groupement Agricole d'Exploitation en Commun) regroupe plusieurs associés, souvent des frères, sœurs ou voisins, pour mutualiser le matériel et le travail. L'EARL (Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée) sépare le patrimoine personnel et professionnel. Les grandes exploitations céréalières du Bassin parisien, les domaines viticoles bordelais ou champenois, et les exploitations laitières de l'Ouest emploient aussi des salariés agricoles (chefs de culture, ouvriers polyvalents). Le statut d'agriculteur ouvre droit à la couverture sociale MSA et à de nombreuses aides PAC (Politique Agricole Commune), dont les paiements directs et les aides à l'investissement.

Les missions

  • Planifier et conduire les travaux des champs (labour, semis, fertilisation, traitements, récoltes)
  • Élever et soigner les animaux (alimentation, soins vétérinaires, traite, reproduction, mise-bas)
  • Surveiller la santé des cultures et des animaux et adapter les interventions
  • Conduire et entretenir le matériel agricole (tracteur, moissonneuse-batteuse, ensileuse, robot de traite)
  • Tenir la comptabilité de l'exploitation et piloter sa trésorerie
  • Gérer les achats (semences, engrais, alimentation animale, carburant) et les ventes (coopérative, négoce, vente directe)
  • Commercialiser la production (coopératives, GMS, marchés, AMAP, transformation à la ferme)
  • Respecter la réglementation environnementale et sanitaire (PAC, conditionnalité, ICPE élevage, HACCP, plan Ecophyto)
  • Compléter les déclarations administratives (PAC, MSA, TVA, ICPE, registre phytosanitaire)
  • Diversifier l'exploitation : agritourisme, transformation, vente directe, méthanisation, photovoltaïque
  • Encadrer les salariés agricoles (saisonniers, ouvriers permanents, apprentis)
  • Suivre les évolutions techniques (agroécologie, agriculture de précision, robotique, OAD)
  • Anticiper les risques climatiques (sécheresse, gel, grêle) et économiques (volatilité des cours)
  • Participer aux structures collectives : coopératives, CUMA, syndicats agricoles, Chambre d'Agriculture

Compétences et qualités requises

Compétences techniques

Techniques culturales et agronomie (semis, fertilisation, traitements, rotations, agroécologie)Techniques d'élevage (alimentation, reproduction, soins vétérinaires, prophylaxie)Mécanique agricole et conduite d'engins (tracteurs, moissonneuses, robots, GPS RTK)Gestion d'entreprise et comptabilité agricole (BIC, BA, TVA agricole)Connaissance de la PAC (paiements directs, MAEC, écorégime, conditionnalité)Réglementation phytosanitaire et certificat Certiphyto (obligatoire)Réglementation sanitaire et environnementale (HACCP, ICPE, plans d'épandage)Bases vétérinaires et identification animale (boucles, IPG)Agriculture de précision : GPS, drones, OAD (outils d'aide à la décision), capteurs solsCommercialisation et marketing produit (vente directe, AMAP, circuits courts, e-commerce)Bases de la transformation alimentaire (fromagerie, charcuterie, vinification, conserverie)Gestion des risques climatiques (assurance récolte, irrigation, choix variétaux)Bases de l'énergie : méthanisation, photovoltaïque sur bâtiments agricolesAnglais ou espagnol (utile pour les saisonniers ou les exports)

Qualités personnelles

  • Polyvalence (travail des champs, mécanique, gestion, commercialisation)
  • Résistance physique exceptionnelle (journées longues, port de charges, météo difficile)
  • Sens de l'observation (cultures, animaux, météo, sols)
  • Autonomie totale et capacité de décision rapide
  • Patience et acceptation des aléas (climat, marchés, sanitaire)
  • Passion pour la terre, les animaux, la nature et le vivant
  • Sens de l'anticipation et planification long terme
  • Capacité de gestion financière et de prise de risque entrepreneurial
  • Engagement dans la durée (l'agriculture est un investissement de plusieurs décennies)
  • Esprit d'entraide et engagement collectif (coopératives, CUMA, voisins)

Formations pour devenir Agriculteur

CAPa Métiers de l'agriculture (Bac-2) — voie d'accès directe pour le travail en exploitation
Bac pro CGEA — Conduite et Gestion de l'Entreprise Agricole (Bac, 3 ans)
BPREA — Brevet Professionnel Responsable d'Entreprise Agricole (formation pour adultes, donne la capacité agricole)
BTSA ACSE — Analyse, Conduite et Stratégie de l'Entreprise Agricole (Bac+2)
BTSA Productions Animales (PA) ou Productions Végétales (PV)
Licence professionnelle Agronomie ou Conseil agricole (Bac+3)
Diplôme d'ingénieur agronome (AgroParisTech, Institut Agro Rennes, Bordeaux Sciences Agro, Purpan, ESA Angers)
Capacité agricole obligatoire pour bénéficier de la DJA et s'installer (Bac pro CGEA, BPREA, BTSA minimum)

Salaire et évolution

« Variable en fonction du type et de la taille de l'exploitation. »

Source : Onisep, fiche « Agriculteur / Agricultrice », consultée le 3 octobre 2026. Au-delà des débuts, le salaire dépend de l'expérience, de l'employeur et de la région : Fox'Up n'affiche pas de chiffre sans source.

Évolution de carrière

L'agriculteur ne suit pas une évolution de carrière classique mais plutôt une progression entrepreneuriale étalée sur des décennies. La diversification (agritourisme, transformation, vente directe, méthanisation) ajoute généralement 20 à 40 % au revenu agricole de base. Les évolutions possibles incluent : devenir formateur en lycée agricole ou CFA, conseiller en Chambre d'Agriculture, technicien en coopérative (Vivescia, InVivo, Soufflet), élu syndical (FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération paysanne), ou élu local (maire de commune rurale, conseiller départemental). De plus en plus d'agriculteurs deviennent aussi entrepreneurs à part entière avec des marques propres, des activités e-commerce, ou des projets d'agriculture urbaine et de tech alimentaire.

Secteurs qui recrutent

  • Grandes cultures céréalières (blé, maïs, colza, tournesol) — Beauce, Picardie, Champagne
  • Élevage bovin laitier — Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Auvergne
  • Élevage bovin viande — Limousin, Charolais, Aubrac, Salers
  • Élevage ovin et caprin — Massif central, Sud-Ouest, Provence
  • Viticulture — Champagne, Bordeaux, Bourgogne, Loire, Languedoc, Provence
  • Maraîchage et arboriculture — Provence, Vallée de la Loire, Sud-Ouest, Bretagne
  • Élevage porcin et avicole — Bretagne, Pays de la Loire (filières souvent intégrées)
  • Agriculture biologique (toutes filières) — en forte croissance, soutenue par les aides PAC
  • Coopératives agricoles (Vivescia, InVivo, Sodiaal, Tereos, Limagrain, Terrena)
  • Agriculture urbaine et fermes pédagogiques — émergence forte en périurbain

Les plus et les moins

Les plus

  • Métier entrepreneurial avec une vraie autonomie de décision
  • Travail en plein air, en lien direct avec la nature, les animaux et les saisons
  • Sens et utilité sociale forts : nourrir la population, entretenir les paysages
  • Aides à l'installation attractives
  • Possibilités de diversification multiples (vente directe, transformation, agritourisme, énergie)

Les moins

  • Revenus très variables et parfois faibles, dépendants du climat et des cours mondiaux
  • Astreinte permanente, en particulier en élevage (week-ends, jours fériés, vacances impossibles)
  • Pénibilité physique forte (port de charges, postures, météo, longues journées)
  • Endettement important et risque entrepreneurial réel (foncier, cheptel, matériel)

Questions fréquentes

Comment s'installer agriculteur en France en 2026 ?

Le parcours d'installation passe par 4 étapes principales. 1) Obtenir la capacité agricole via un diplôme reconnu : Bac pro CGEA, BPREA, BTSA ACSE/PA/PV minimum. 2) Suivre le Plan de Professionnalisation Personnalisé (PPP) auprès du Point Accueil Installation (PAI) de la Chambre d'Agriculture. 3) Constituer son projet (Étude économique, plan d'entreprise EP) et le présenter à la CDOA (Commission Départementale d'Orientation de l'Agriculture). Il faut être âgé de moins de 40 ans pour bénéficier de ces aides. Le délai entre le démarrage du projet et l'installation effective est en moyenne de 2 ans.

Quel est le revenu moyen d'un agriculteur en France en 2026 ?

Le revenu agricole est très hétérogène. La diversification (vente directe, agritourisme, transformation, méthanisation) ajoute 20-40 % au revenu de base. L'agriculteur étant indépendant, il faut raisonner en revenu d'exploitation (RBE) plutôt qu'en salaire.

Faut-il forcément être issu d'une famille d'agriculteurs pour s'installer ?

Non, et c'est même une idée reçue qu'il faut combattre. En 2026, environ 40 % des nouvelles installations en France se font hors cadre familial (HCF), c'est-à-dire par des personnes qui n'ont pas hérité d'une exploitation. Ces installations bénéficient même d'une DJA majorée. Les Chambres d'Agriculture, les Espaces Test Agricoles, et les associations comme Terre de Liens accompagnent les porteurs de projet HCF. Les filières les plus accessibles aux HCF sont le maraîchage bio, l'élevage caprin et fromager, l'apiculture, la PPAM (plantes à parfum et médicinales), et l'arboriculture en circuits courts. L'investissement initial reste néanmoins important.

Quel diplôme choisir pour devenir agriculteur ?

Pour s'installer, il faut a minima détenir un diplôme de niveau Bac (Bac pro CGEA, BPREA) qui valide la capacité agricole. Le BTSA ACSE (Analyse, Conduite et Stratégie de l'Entreprise Agricole) est aujourd'hui le cursus le plus complet pour devenir chef d'exploitation : il combine technique agronomique, gestion d'entreprise et stratégie commerciale. Pour les profils qui visent des fonctions de conseil, de formateur ou de chef de grande exploitation, une licence professionnelle ou un diplôme d'ingénieur agronome (AgroParisTech, Institut Agro, Purpan, ESA Angers) ouvre davantage de portes. Le BPREA (formation pour adultes en reconversion) est très adapté aux personnes en seconde carrière qui souhaitent s'installer après 30-40 ans, et il est reconnu par la DJA.

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