Études de santé post-bac en France : PASS, LAS, médecine, pharmacie, kiné, IDE, sage-femme. Durée, salaires, débouchés et spécialités lycée à choisir.
Les études de santé en France ont profondément changé depuis la réforme de 2020. Si tu en as entendu parler par un grand frère ou une grande sœur entré en PACES avant 2020, oublie : la première année de médecine n'existe plus sous cette forme. À la place, deux portes d'entrée coexistent : le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) et la LAS (Licence Accès Santé). On y revient en détail plus loin.
Autre changement majeur : la suppression du numerus clausus, ce fameux quota fixé nationalement qui limitait depuis 1971 le nombre d'étudiants admis en 2ème année de médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique. Il a été remplacé par le numerus apertus, déterminé localement par chaque université en lien avec les besoins de santé du territoire. En théorie, les places ont été augmentées d'environ 20 % depuis la réforme. En pratique, la sélectivité reste très forte : les universités n'ont pas multiplié leurs capacités d'accueil dans les CHU, et la pression sur les places de stage hospitalier reste un goulot d'étranglement bien réel.
Le paysage des études de santé post-bac couvre aujourd'hui 14 filières principales, qui ne passent pas toutes par PASS/LAS. Médecine, pharmacie, maïeutique, odontologie et kinésithérapie passent obligatoirement par PASS ou LAS. En revanche, les filières paramédicales comme infirmier, ergothérapeute, orthophoniste, psychomotricien ou audioprothèse ont leurs propres voies d'accès — souvent via Parcoursup directement, parfois via concours spécifique. Confondre ces deux univers est l'une des erreurs les plus fréquentes en Terminale.
Sur le plan démographique, la France fait face à un déficit massif de soignants : on estime à plus de 11 000 le nombre de médecins manquants en 2026, avec des déserts médicaux qui s'étendent même en zone urbaine. La situation est comparable côté infirmier (~60 000 postes non pourvus en hôpital public — voir notre guide d'admission en IFSI) et kiné. Pour un lycéen qui s'oriente vers la santé aujourd'hui, le marché de l'emploi à la sortie est l'un des plus tendus — au sens "tu trouveras du travail facilement" — de toute l'économie française. Côté métiers paramédicaux moins connus, l'alternance en santé ouvre aussi des voies courtes (BTS Diététique, ambulancier, opticien) souvent ignorées par les lycéens.
Mais soyons clairs : ces études sont parmi les plus exigeantes du paysage post-bac. Volume horaire, charge mentale, exposition à la souffrance, durée du parcours, salaires modestes en début d'internat... La vocation seule ne suffit pas. Il faut un projet, des méthodes de travail solides et une compréhension lucide du quotidien des soignants. Ce guide t'aide à y voir clair, sans romantiser ni dramatiser.
La réforme PASS/LAS a 6 ans en 2026. Les premières promotions sont en internat — on commence à avoir des données fiables sur la qualité de la formation et les taux de réussite réels par filière.
Voici un tableau récapitulatif des 14 grandes voies d'études santé accessibles après le bac en France. Toutes ne passent pas par PASS/LAS — c'est un point essentiel à comprendre avant de remplir tes vœux Parcoursup.
| Filière | Durée | Voie d'accès | Diplôme final |
|---|---|---|---|
| Médecine | 9 à 12 ans | PASS / LAS | DE Docteur en médecine + DES |
| Pharmacie | 6 à 9 ans | PASS / LAS | DE Docteur en pharmacie |
| Maïeutique (sage-femme) | 5 ans | PASS / LAS | DE Sage-femme (grade master) |
| Odontologie (dentaire) | 6 à 9 ans | PASS / LAS | DE Docteur en chirurgie dentaire |
| Kinésithérapie | 5 ans (1 an PASS/LAS + 4 IFMK) | PASS / LAS (selon univ.) | DE Masseur-kinésithérapeute |
| Infirmier (IDE) | 3 ans | Parcoursup → IFSI | DE Infirmier (grade licence) |
| Ostéopathie | 5 ans | École privée (post-bac) | DO Ostéopathe (titre RNCP 7) |
| Pédicure-podologue | 3 ans | Parcoursup → école | DE Pédicure-podologue |
| Psychomotricien | 3 ans | Parcoursup / concours | DE Psychomotricien |
| Ergothérapeute | 3 ans | Parcoursup / IFE | DE Ergothérapeute |
| Diététicien | 2 à 3 ans | Parcoursup → BTS / BUT | BTS Diététique ou BUT GB |
| Orthophoniste | 5 ans | Concours sélectif | CCO (grade master) |
| Audioprothèse | 3 ans | Concours / Parcoursup | DE Audioprothésiste |
| Optique-lunetterie | 2 à 5 ans | Parcoursup → BTS / Licence pro | BTS OL puis licence pro |
Quelques observations utiles. D'abord, seules 5 filières dépendent strictement de PASS/LAS : médecine, pharmacie, maïeutique, odontologie, et la kiné dans la majorité des universités. Toutes les autres ont leur propre voie. Cela change la donne pour un lycéen qui veut "faire de la santé" sans forcément vouloir tenter le concours MMOPK.
Ensuite, la durée des études varie de 2 ans (BTS diététique) à 12 ans (médecine spécialiste). C'est un facteur déterminant. Tout le monde n'a pas le même rapport au temps long ni les mêmes contraintes financières. Une formation de 3 ans menant à un emploi stable et bien rémunéré (IDE, ergothérapeute, podologue) peut être un meilleur choix qu'une médecine "par défaut" parce que c'est prestigieux.
Enfin, l'arbitrage PASS vs LAS n'est pas anodin et mérite une section à part entière.
C'est la question qui obsède 80 % des lycéens qui visent médecine. Et c'est normal : ce choix structure ta première année et influence (sans déterminer) tes chances de réussite.
Le PASS est une L1 dont la majeure est en santé (~80 % du volume horaire) et qui intègre une option mineure dans une autre discipline (droit, biologie, lettres, psycho, STAPS...). C'est l'héritier le plus proche de l'ancienne PACES. Il est conçu pour les étudiants qui sont à 100 % sur leur projet santé.
Si tu valides ta L1 de PASS avec un classement suffisant (variable selon université, généralement les 25-35 % du haut), tu accèdes en 2ème année de la filière MMOPK que tu vises. Si tu ne passes pas, tu ne peux pas redoubler en PASS. Tu dois rebondir en L2 de la mineure que tu as choisie (d'où l'importance de la choisir au sérieux), puis retenter via la voie LAS.
La LAS est une licence classique (droit, bio, chimie, psycho, STAPS, économie, lettres...) avec une option santé (~10 h/semaine ajoutées au cursus). Tu peux candidater à l'admission MMOPK à la fin de la L1, de la L2 ou de la L3 — soit jusqu'à 3 tentatives possibles, contre 1 seule en PASS.
L'avantage : si tu rates l'admission santé, tu poursuis ta licence sans rupture. Le diplôme est cohérent, les passerelles vers d'autres masters existent, et tu n'as pas "perdu" ton année. L'inconvénient : la charge de travail est lourde — tu dois performer dans ta licence majeure ET dans ton option santé. Et le volume de cours santé est moindre, ce qui rend le concours plus dur à préparer en parallèle.
Si tu es très bon élève en sciences, motivé à 100 % par la santé, prêt à dédier 60 h/semaine à tes études, le PASS reste la voie la plus directe. Choisis ta mineure en pensant à un plan B sérieux (droit pour le droit médical, bio pour la recherche, psycho pour les sciences humaines de la santé).
Si tu es bon élève mais avec un profil moins matheux, ou si tu hésites encore entre santé et autre chose (recherche, droit, psycho), la LAS est plus protectrice. Tu gardes une porte de sortie crédible en cas d'échec, et tu disposes de 3 tentatives au lieu d'une. Si tu vises une LAS Droit, lis notre panorama complet des études juridiques ; pour une LAS Psycho, vois le guide pilier psychologie ; pour une LAS STAPS, le tour d'horizon des filières sport détaille mention par mention.
Lis notre comparatif détaillé PASS vs LAS pour aller plus loin sur les arbitrages selon profil.
Le bon réflexe en Terminale : choisis l'université autant que la voie. Le taux de réussite en PASS varie de 20 % à 45 % selon les facs. Renseigne-toi sur les chiffres locaux avant de remplir Parcoursup.
Tu as réussi le concours MMOPK et tu es admis en 2ème année de médecine. Bravo. Maintenant, ce sont au minimum 5 années supplémentaires qui t'attendent — et beaucoup plus si tu vises une spécialité hospitalière. Voici la carte du parcours.
Le Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales couvre les fondamentaux : anatomie approfondie, physiologie, sémiologie, biochimie, pharmacologie de base. Premiers stages d'observation à l'hôpital. Charge horaire élevée mais moins anxiogène que la 1ère année — la sélection est passée. Validation par modules avec rattrapages.
Le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales, dit "externat", combine cours et stages hospitaliers. Tu deviens étudiant hospitalier, avec un statut salarié (~250 à 400 € net par mois pour 25 h hebdo de stage). Tu participes aux soins sous supervision : examen clinique des patients, observations, gestes simples.
La 6ème année est cruciale : c'est l'année des ECNi (Épreuves Classantes Nationales informatisées), un concours qui détermine ton classement national. Le choix de ta spécialité et de ta ville d'internat dépend de ce classement. Les premiers choisissent radio, ophtalmo, dermato, cardio dans les CHU prestigieux. Les derniers se rabattent souvent sur la médecine générale en zone moins demandée.
L'internat correspond au DES (Diplôme d'Études Spécialisées). Sa durée varie selon la spécialité :
L'interne est un médecin en formation, salarié, avec une responsabilité réelle sur les patients (sous supervision du senior). C'est un statut intense : 48 à 60 h hebdo officielles, souvent davantage en pratique. Les gardes de nuit et de week-end rythment la vie. Un interne touche entre 1 500 € et 2 500 € net mensuels selon l'année et les gardes effectuées.
Pour un médecin généraliste : 1 an PASS/LAS + 5 ans externat + 3 ans DES = 9 ans minimum après le bac.
Pour un spécialiste en discipline non-chirurgicale : 9 + 2 ans = 11 ans.
Pour un chirurgien : 9 + 3 ans (DES) + souvent 1 à 2 ans de post-internat / clinicat = 12 à 14 ans.
Voir notre fiche métier de médecin généraliste pour les débouchés concrets et le quotidien.
La médecine concentre l'attention médiatique, mais les 4 autres filières MMOPK offrent des parcours souvent moins tendus, des durées d'études plus courtes et des débouchés solides. Tour d'horizon.
Après le passage PASS/LAS, le cursus pharmacie dure 5 années supplémentaires en officine, ou 9 ans avec un internat (pharmacie hospitalière, biologie médicale, industrie pharmaceutique). Trois grands débouchés :
Salaire débutant en officine : ~3 200 à 3 800 € brut mensuels pour un adjoint. Un titulaire (gérant) tire entre 60 000 et 120 000 € net annuels selon la taille de l'officine.
Après PASS/LAS, tu intègres un IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie) pour 4 ans. La sélection est extrêmement dure : 5 à 15 % d'admis selon les universités. Une fois diplômé, c'est l'inverse : la demande explose, l'installation en libéral est quasi-immédiate, et les revenus sont solides.
Voir notre fiche métier de kinésithérapeute. Salaires : ~30 à 35 k€ brut annuel salarié, 50 à 80 k€ en libéral selon le volume de consultations.
La maïeutique dure 4 ans après PASS/LAS, soit 5 ans au total, validés par un Diplôme d'État au grade master. La sage-femme est une profession médicale autonome (pas paramédicale) : elle peut prescrire, suivre une grossesse normale de A à Z, pratiquer des accouchements, prescrire la contraception. C'est l'une des rares filières quasi-féminines (95 % des diplômées).
Salaire débutant en hôpital public : ~1 950 € net mensuel. En libéral, 3 500 à 5 500 € net selon la patientèle. Les places en école sont rares : 3 à 5 % d'admis post-PASS/LAS.
Après PASS/LAS, le cursus dentaire dure 5 ans (cycle court, exercice libéral) ou 8 ans (internat, spécialités : orthodontie, chirurgie orale, médecine bucco-dentaire). C'est l'une des filières aux débouchés financiers les plus élevés de la santé : un dentiste libéral installé tire entre 80 000 et 130 000 € net annuels en moyenne, et un orthodontiste peut dépasser 200 000 €.
Le revers : investissement initial lourd (cabinet, équipement de 80 à 200 k€), responsabilité civile élevée, et un quotidien très technique qui ne plaît pas à tout le monde. Si tu n'aimes pas le travail manuel précis, fuis cette filière.
On l'a dit : de nombreuses filières santé n'imposent pas PASS/LAS. C'est une bonne nouvelle pour les lycéens qui veulent travailler dans le soin sans subir le stress du concours médical. Voici les principales options et leurs voies d'accès.
L'Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) recrute via Parcoursup depuis 2019 (avant : concours d'entrée). Tu candidates avec ton dossier scolaire + lettre de motivation + parfois entretien. La sélectivité est modérée : ~50 % d'admis sur les vœux confirmés. Formation 3 ans, alternance théorie / stages cliniques (60 semaines de stage en 3 ans). Pour réussir ta candidature, lis notre modèle de lettre de motivation pour les filières du soin et notre fiche dédiée à la sélection IFSI.
Diplôme d'État Infirmier reconnu grade licence. Métier le plus en tension de France : ~60 000 postes vacants en 2026 dans le public hospitalier, et autant en libéral et clinique privée. Voir notre fiche métier d'infirmier pour le quotidien et les évolutions de carrière (cadre de santé, IPA, IADE, IBODE, puériculture).
L'ergothérapeute rééduque les patients qui ont perdu une autonomie (AVC, accident, vieillissement) pour leur permettre de retrouver les gestes du quotidien. Formation 3 ans en IFE (Institut de Formation en Ergothérapie), accessible via Parcoursup ou concours selon les écoles. Métier en forte demande, surtout avec le vieillissement de la population.
L'orthophoniste traite les troubles du langage oral, écrit, de la déglutition et de la voix. Formation longue (5 ans, grade master) et accès via concours sélectif propre à chaque université (CFUO). Taux d'admission : 2 à 5 %. La majorité des candidats fait 1 à 2 ans de prépa privée pour augmenter ses chances. Métier saturé en zones urbaines, en tension partout ailleurs.
Le psychomotricien intervient sur le lien entre corps et psychisme : enfants avec TDAH, troubles autistiques, personnes âgées, handicap. Formation 3 ans en IFP, accès via concours (oral + écrit) ou Parcoursup selon les instituts. Sélectivité moyenne (~10-20 %).
Ces 4 filières, parfois oubliées dans les guides, offrent des parcours plus courts (2 à 3 ans), des concours moins tendus et des débouchés concrets. Le pédicure-podologue est presque systématiquement libéral, l'audioprothésiste profite du vieillissement de la population (boom du marché des aides auditives), l'opticien reste un classique avec un BTS Optique-Lunetterie possible en alternance.
Beaucoup de lycéens voient ces filières paramédicales comme un "lot de consolation" si médecine ne marche pas. C'est une vision biaisée et souvent fausse. Un IDE qui aime son métier et qui se spécialise (IADE, IBODE, IPA) peut atteindre 50 à 70 k€ annuels avec une vie privée préservée. Un kiné libéral peut gagner autant qu'un médecin généraliste avec 5 ans d'études en moins. La hiérarchie symbolique entre médecine et paramédical ne reflète pas toujours la réalité du quotidien ni de la rémunération.
Si tu veux travailler dans le soin sans subir 2 années de PASS/LAS, sache que les voies paramédicales représentent ~70 % des postes effectivement créés chaque année dans le secteur santé en France.
La réforme du bac de 2019 a redonné de l'importance au choix des spécialités dès la 1ère et la Terminale. Pour la santé, ce choix n'est pas anodin : il pèse à la fois sur ton dossier Parcoursup et sur ta capacité à survivre en PASS/LAS où le rythme est foudroyant.
C'est la combinaison la plus cohérente pour viser PASS/LAS, et de loin la plus représentée dans les promotions médecine, pharma, dentaire, kiné. Pourquoi ?
Si tu ne gardes pas la spécialité Maths en Terminale, prends impérativement l'option Maths complémentaires. C'est le minimum pour ne pas couler en PASS sur les statistiques et la biophysique. L'absence totale de maths en Terminale est presque rédhibitoire pour tenter MMOPK — sauf en infirmier ou ergothérapeute où c'est plus tolérable.
SVT + Physique-Chimie + Bio-écologie (lycées agricoles) : valable mais moins fréquent. Bon profil pour vétérinaire ou kiné, plus rare en médecine pure.
Maths + Physique-Chimie + NSI : intéressant si tu vises pharma industrielle, biostatistique, ou recherche médicale. Mais si tu lâches SVT, prépare-toi à un rattrapage massif en L1.
HGGSP + SES + autre : combinaison à éviter si tu vises PASS/LAS. Tu auras un bagage scientifique trop léger. Pour les filières infirmier, psychomotricien ou diététique, c'est plus tolérable mais reste sous-optimal.
Pour infirmier (IFSI), ergothérapeute, psychomotricien, le profil scientifique est un plus mais pas une obligation. Une élève avec spécialités SES/HGGSP/SVT peut être prise en IFSI si son dossier global est solide et sa motivation claire. La voie paramédicale est plus ouverte aux profils non-scientifiques que MMOPK.
Voir notre guide complet sur les spécialités du bac pour aller plus loin et explorer les autres combinaisons.
Et si tu hésites encore sur ta voie en santé, fais le quiz d'orientation Fox'Up : il croise tes intérêts avec la base de métiers santé pour pointer les filières les plus alignées avec ton profil.
Parler argent quand on parle de santé reste tabou. À tort. Le niveau de rémunération conditionne ta qualité de vie sur 40 ans et mérite d'être regardé en face avant de choisir. Voici les fourchettes nettes mensuelles et annuelles par profession, basées sur les données Apec, DREES et France Travail 2024-2025.
| Profession | Salaire débutant | Salaire confirmé | Insertion |
|---|---|---|---|
| Infirmier (IDE) hôpital public | ~24-26 k€/an net | ~30-35 k€/an net | Quasi 100 % à 6 mois |
| IDE libéral | ~30 k€/an net | 40-55 k€/an net | Demande très forte |
| Aide-soignant | ~20-22 k€/an net | ~25-28 k€/an net | ~100 % en hôpital |
| Kiné libéral | ~30-35 k€/an net | 50-80 k€/an net | Installation immédiate |
| Sage-femme hospitalière | ~25-28 k€/an net | ~35-42 k€/an net | Très forte |
| Sage-femme libérale | ~35 k€/an net | 45-65 k€/an net | Demande croissante |
| Pharmacien adjoint officine | ~38-40 k€/an net | ~45-55 k€/an net | Bonne |
| Pharmacien titulaire | ~50 k€/an net | 60-120 k€/an net | Selon emplacement |
| Médecin généraliste libéral | ~70-80 k€/an net | 90-120 k€/an net | Pénurie totale |
| Médecin spécialiste libéral | ~80-100 k€/an net | 120-200 k€/an net | Forte (variable) |
| Chirurgien libéral | ~120 k€/an net | 150-300 k€/an net | Forte |
| Dentiste libéral | ~70-90 k€/an net | 80-130 k€/an net | Très forte |
| Orthodontiste | ~100 k€/an net | 150-250 k€/an net | Forte |
| Orthophoniste libéral | ~28-32 k€/an net | 35-45 k€/an net | Saturation urbaine |
| Ergothérapeute | ~22-25 k€/an net | 30-38 k€/an net | Très bonne |
| Diététicien libéral | ~22-25 k€/an net | 28-40 k€/an net | Variable selon zone |
Quelques nuances importantes à garder en tête. D'abord, les salaires libéraux affichés sont avant cotisations sociales et frais de cabinet — comptez 30 à 40 % de charges en plus à déduire pour le revenu net "dans la poche". Ensuite, les écarts géographiques sont massifs : un kiné en Île-de-France saturée peut gagner 35 k€ alors que son confrère en zone rurale en sous-densité dépasse 80 k€. Enfin, les médecins en début d'internat (1ère et 2ème année) gagnent souvent moins qu'un IDE confirmé, ce qui surprend toujours les lycéens.
L'insertion professionnelle est, en revanche, l'un des grands atouts de la santé. Quasiment aucune filière santé ne connaît le chômage. Les seules tensions tiennent à la zone géographique (orthos saturés à Paris, dentistes saturés à Bordeaux) ou à des spécialités très demandées (ophtalmo en libéral). C'est un confort psychologique et financier rare dans le paysage des études supérieures françaises.
Le salaire ne fait pas tout : un médecin spécialiste à 200 k€ qui travaille 70 h/semaine et qui dort mal n'est pas forcément plus heureux qu'un IDE libéral à 50 k€ qui rentre à 18 h. Croise toujours rémunération et qualité de vie.
"J'ai toujours su que je voulais être médecin." Cette phrase, je l'entends régulièrement de la bouche de lycéens — et elle est presque toujours fausse, ou en tout cas insuffisante. Ce qu'on appelle "vocation" est souvent une combinaison de représentations familiales, médiatiques et scolaires qui mérite d'être questionnée avant de s'engager dans 9 à 12 ans d'études. Si l'envie d'aider est ton moteur principal, jette un œil à notre dossier métiers pour ceux qui aiment aider les autres — tu y trouveras d'autres voies (éducateur, ergothérapeute, sage-femme, travailleur social) parfois plus alignées qu'une médecine choisie par défaut.
La vocation médicale est un récit puissant, mais il est partiellement construit. Les enfants de médecins représentent une part disproportionnée des promotions de médecine en France (~25 % alors qu'ils représentent moins de 1 % de la population). Pas par "vocation héritée", mais parce qu'ils ont vu de l'intérieur ce que c'est, et qu'ils ont le capital culturel et économique pour réussir le concours.
À l'inverse, beaucoup de lycéens "rêvent" de médecine sans avoir jamais mis les pieds dans un hôpital. Ils ont vu des séries (Grey's Anatomy, Hippocrate), entendu leurs parents valoriser le métier, lu des fiches métiers idéalisées. Ce n'est pas suffisant pour s'engager. La vocation, ça se vérifie sur le terrain.
Une bonne orientation en santé combine 3 ingrédients. La vocation (ou au moins une attirance forte et vérifiée pour le soin), la capacité scolaire (les études sont dures, il faut un socle solide en sciences), et le réalisme sur le quotidien (gardes, responsabilité, exposition à la mort, charge mentale). Si l'un des trois manque, le risque de décrochage en 2ème ou 3ème année est élevé — et le coût personnel, énorme.
Si tu hésites encore, le quiz d'orientation Fox'Up peut t'aider à clarifier ton profil. Il croise tes intérêts, ta personnalité et tes contraintes pour pointer si la santé est cohérente avec qui tu es — ou si une voie connexe (recherche biomédicale, droit médical, ingénierie biomédicale, santé publique) serait plus alignée. Voir aussi notre guide orientation lycéen pour structurer ta réflexion globale.
Dernier mot : le doute est sain. Les lycéens qui n'ont pas le moindre doute en Terminale sont souvent ceux qui décrochent en 2ème année. Avoir des questions, c'est avoir l'esprit critique nécessaire pour réussir dans ce métier exigeant.
Si tu n'as jamais mis les pieds dans un hôpital, ne choisis pas médecine. Trouve un stage d'observation cette année — même 2 jours suffisent pour confirmer ou infirmer ton attirance.
Découvrez d'autres conseils pour réussir votre orientation post-bac.
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