Comment devenir Ingénieur Structures ?

En bref

  • Salaire : 30k à 45k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : BTP & Construction
  • Conditions d'exercice : Terrain
  • Code ROME : F1106

L'ingénieur structures (aussi appelé ingénieur béton armé, ingénieur calcul ou ingénieur structure) conçoit, dimensionne et justifie l'ossature porteuse des constructions : fondations, murs porteurs, poutres, dalles, planchers, poteaux, charpentes, ouvrages d'art. Il garantit la stabilité, la résistance mécanique et la durabilité de l'ouvrage face aux charges permanentes (poids propre), aux charges d'exploitation (occupants, mobilier, véhicules), aux actions climatiques (vent, neige, température) et aux actions accidentelles (séisme, choc, explosion). Son travail s'appuie sur les Eurocodes européens (EC0 à EC8) qui remplacent depuis 2010 les anciennes normes françaises. Il exerce en bureau d'études structures, chez un constructeur général (Vinci, Bouygues, Eiffage), dans un cabinet d'architectes ou chez un bureau de contrôle. Le code ROME associé est F1106 — Ingénierie et études du BTP.

En 2026, le métier d'ingénieur structures est en tension structurelle. La France compte environ 8 000 ingénieurs structures actifs selon le SYNTEC-INGÉNIERIE et la FFB, répartis entre les grands bureaux d'études (Egis, Artelia, Ingerop, Setec), les cabinets de structure spécialisés (Terrell International, BERIM, Rice, Khephren Ingénierie, Bollinger+Grohmann), les majors du BTP et les bureaux de contrôle (Apave, Bureau Veritas, Socotec). Les grands projets structurants (Grand Paris Express avec ses ouvrages d'art, Jeux Olympiques 2024 héritage, nouveau nucléaire EPR2 avec enceintes de confinement, éolien offshore avec fondations sous-marines) génèrent une demande forte. La rénovation et le confortement sismique (zonage France 2011, Eurocode 8), la construction bois de grande hauteur (tours en CLT) et les bâtiments zéro carbone (matériaux biosourcés, béton bas carbone) ouvrent de nouveaux marchés.

Au quotidien, l'ingénieur structures partage son temps entre le bureau (modélisation aux éléments finis, calculs, plans, notes, coordination architectes) et le terrain (visites de chantier, contrôles de conformité, essais sur matériaux). Une journée type peut débuter par une modélisation Robot Structural Analysis d'une structure en béton armé de 15 étages, se poursuivre par la rédaction d'une note de calcul de fondations profondes sur pieux, inclure une réunion de synthèse BIM avec l'architecte et les fluides, et se terminer par une visite d'un chantier en cours pour contrôler le ferraillage d'un voile. Les phases critiques incluent le début d'exécution (ferraillage), les coulages importants (structures précontraintes), et la réception.

Les environnements de travail sont variés : bureaux d'études structures pluridisciplinaires (Egis, Artelia, Ingerop, Setec), cabinets de structure spécialisés de renommée (Terrell International, BERIM, Rice, Khephren, Bollinger+Grohmann — qui travaillent avec les plus grands architectes comme Zaha Hadid, Jean Nouvel, BIG), majors du BTP (directions techniques et bureaux méthodes de Vinci, Bouygues, Eiffage, Demathieu Bard), bureaux de contrôle (Apave, Bureau Veritas, Socotec, Dekra, Qualiconsult), cabinets d'architectes intégrant une équipe structure (AREP, Dietmar Feichtinger). Le télétravail est partiellement possible (1 à 2 jours/semaine) mais les réunions de synthèse et le chantier exigent la présence.

Salaire

30k - 45k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Concevoir l'ossature structurelle d'un bâtiment ou ouvrage d'art (choix du système structurel, matériaux, géométrie)
  • Dimensionner les éléments porteurs (fondations, poteaux, voiles, poutres, dalles) selon les Eurocodes (EC0 à EC8)
  • Modéliser la structure en éléments finis (Robot Structural Analysis, ETABS, SAP2000, Graitec Arche, RFEM, SCIA)
  • Étudier les charges (permanentes, d'exploitation, climatiques vent/neige, sismiques, accidentelles) selon EC0 et EC1
  • Calculer les fondations (superficielles, semi-profondes, profondes par pieux ou barrettes) selon EC7 et DTU 13
  • Dimensionner les structures béton armé selon EC2 (NF EN 1992-1-1) et DTU 21
  • Dimensionner les structures métalliques selon EC3 (NF EN 1993-1-1) et DTU 32
  • Dimensionner les structures bois (CLT, lamellé-collé, bois massif) selon EC5 (NF EN 1995-1-1)
  • Vérifier la tenue au séisme selon EC8 (NF EN 1998-1) avec prise en compte du zonage France 2011
  • Produire les plans de coffrage et de ferraillage sur AutoCAD, Revit Structure, Tekla Structures (BIM niveau 3)
  • Rédiger les notes de calcul justificatives, descentes de charges, dossiers de synthèse pour bureau de contrôle
  • Superviser le chantier en phase réalisation (contrôle ferraillage, nivellement, réception des ouvrages)

Compétences requises

  • Résistance des matériaux RDM (flexion, compression, cisaillement, flambement) et théorie des plaques
  • Calcul aux éléments finis (EF, MEF) — maîtrise des logiciels Robot SA, ETABS, SAP2000, RFEM, SCIA, ANSYS
  • Eurocodes EC0 à EC8 (bases, actions, béton armé, métal, bois, géotechnique, séisme, accidentelles)
  • DTU du gros œuvre (DTU 13 fondations, DTU 21 béton armé, DTU 32 métal, DTU 31 bois)
  • Conception des structures béton armé — béton précontraint (post-tension, pré-tension)
  • Conception des structures métalliques (profilés IPE, HEA, HEB, PRS, tubes, assemblages boulonnés/soudés)
  • Conception des structures bois (CLT Cross-Laminated Timber, lamellé-collé, bois massif, assemblages bois)
  • Géotechnique (étude des sols, fondations, soutènements, stabilité des pentes selon EC7 et DTU 13)
  • Sismique (zonage France 2011, règles parasismiques EC8, méthodes spectrales, time-history)
  • BIM Structure (Revit Structure, Tekla Structures, ArchiCAD, Navisworks, norme ISO 19650, IFC)
  • Matériaux de construction (béton haute performance BHP, béton bas carbone, aciers HA, bois, composites)
  • Logiciels de dessin 2D/3D : AutoCAD, Revit, Tekla, Allplan, Advance Steel
  • Anglais technique (Eurocodes en anglais, publications internationales, projets exports)
  • Connaissance des règles de construction parasismique dans les DOM (Antilles, Réunion zones 3-4)

Formations pour devenir Ingénieur Structures

  • Diplôme d'ingénieur École des Ponts ParisTech (ENPC, référence française historique) — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur ESTP Paris spécialisation Génie Civil Bâtiment — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur ESITC Caen/Metz/Cachan spécialité structure — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur INSA Strasbourg, Rennes, Lyon département Génie Civil — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur ENTPE Lyon (École Nationale des Travaux Publics de l'État) — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur Centrale Nantes, CentraleSupélec, École des Mines parcours Génie Civil — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur ENSAM (Arts et Métiers ParisTech) parcours Génie Civil — Bac+5
  • Master Génie Civil — Paris-Est (UGE), Paris-Saclay, Sorbonne Université — Bac+5
  • Mastère Spécialisé (MS) Conception et Construction des Ouvrages d'Art — ENPC — Bac+6
  • Doctorat en Génie Civil / Mécanique des Structures (Bac+8) pour R&D, enseignement supérieur, BE innovants

Grille salariale détaillée

  • Ingénieur junior / études structure débutant (0-3 ans) : 37 000 – 44 000 € brut/an
  • Chargé d'affaires / ingénieur projet (3-8 ans) : 48 000 – 62 000 € brut/an
  • Chef de projet / expert structure senior (8-15 ans) : 60 000 – 80 000 € brut/an
  • Directeur technique / associé cabinet renom (15+ ans) : 80 000 – 140 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier à forte technicité et valorisation intellectuelle (calculs complexes, créativité structurelle)
  • Évolutions rapides et salaires compétitifs dès le début de carrière
  • Diversité des projets (logement, tertiaire, tour, ouvrage d'art, offshore, nucléaire)
  • Collaboration avec les plus grands architectes mondiaux (cabinets de renom)
  • Rôle créatif important (conception de la structure = dimension artistique et technique)
  • Reconnaissance internationale possible (grands cabinets exportent leur savoir-faire)
  • Mix bureau-chantier équilibré, télétravail partiel possible (1-2 jours/semaine)

Les moins

  • Responsabilité très lourde (stabilité des ouvrages, décennale, risques humains en cas de défaillance)
  • Pression temporelle et phases critiques intenses (démarrage chantier, réception)
  • Conflits fréquents avec architectes (parfois visions créatives au détriment de la structure)
  • Complexité croissante des Eurocodes et logiciels (mise à jour continue des compétences)
  • Sédentarité partielle (grande part de travail sur écran aux éléments finis)
  • Concurrence forte entre BE pour décrocher les grandes missions prestigieuses

Secteurs qui recrutent

  • Bureaux d'études structures spécialisés — Terrell International, BERIM, Rice, Khephren Ingénierie, Bollinger+Grohmann (cabinets de renom international travaillant avec les plus grands architectes mondiaux)
  • Bureaux d'études pluridisciplinaires — Egis (20 000 collab.), Artelia (8 000), Ingerop (2 500), Setec, Arcadis
  • Majors du BTP — Vinci Construction, Bouygues Construction, Eiffage Construction, Spie Batignolles, Demathieu Bard (directions techniques et bureaux méthodes)
  • Bureaux de contrôle — Apave (12 000 collab.), Bureau Veritas (85 000), Socotec, Dekra, Qualiconsult (mission de contrôle solidité et sécurité)
  • Cabinets d'architectes avec équipe structure intégrée — AREP (groupe SNCF), Ateliers Jean Nouvel, Dietmar Feichtinger Architectes
  • Grands projets d'infrastructure — Société du Grand Paris (Grand Paris Express 42 milliards €), SNCF Réseau (pont LGV, gares), RATP
  • Industrie énergie et nucléaire — EDF (EPR2 Penly, Gravelines, Bugey France 2030), Orano, ArianeGroup
  • Éolien offshore — Vestas, Siemens Gamesa, EDF Renouvelables, Engie Green (fondations gravitaires, mono-pieux, jacket)
  • Ouvrages d'art et infrastructure — SETRA, CEREMA, directions interdépartementales des routes (DIR)
  • International — grands projets exportés (JO 2032 Brisbane, Expo Osaka 2025, tours supertall Moyen-Orient)

Évolution de carrière

L'ingénieur structures débute sa carrière comme ingénieur études junior (37 000 à 44 000 € brut/an) en bureau d'études spécialisé ou pluridisciplinaire, sur des projets structurels de taille moyenne (logement collectif, tertiaire). Après 3 à 5 ans, il devient chargé d'affaires structure ou ingénieur projet (48 000 à 62 000 €), capable de piloter ses propres projets de la conception à la réception. Avec 5 à 10 ans d'expérience, il accède à chef de projet senior, expert structure ou responsable d'études (60 000 à 80 000 €), sur des projets complexes (tours, ouvrages d'art, sites sensibles). Les profils très expérimentés (10-15 ans et plus) visent directeur technique, directeur d'agence, associé dans un cabinet de renom (Terrell, Bollinger+Grohmann, Rice) ou fondateur d'un BE (80 000 à 140 000 €+). Les ingénieurs structures les plus réputés internationalement (cabinets travaillant avec les Pritzker Prize) peuvent atteindre des rémunérations très élevées et jouir d'une reconnaissance artistique (rôle créatif partagé avec l'architecte). D'autres évolutions : expertise judiciaire (inscription cour d'appel), enseignant-chercheur (MCF, PR aux Ponts, ESTP, INSA, Centrale), direction technique d'un major du BTP, expert bureau de contrôle, consultant indépendant sur projets complexes, BIM manager structure. Les conventions collectives applicables : SYNTEC (IDCC 1486) pour les BE, Cadres du Bâtiment (IDCC 2420) pour les entreprises de travaux.

Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur Structures

Comment devenir ingénieur structures en 2026 ?
La voie la plus prestigieuse est l'École des Ponts ParisTech (ENPC), référence française historique en génie civil, accessible sur concours après prépa MP/PC ou en admission parallèle. Alternatives très réputées : ESTP Paris (spécialisation Génie Civil Bâtiment), ESITC Caen/Metz/Cachan, INSA Strasbourg/Rennes/Lyon, ENTPE Lyon (fonction publique d'État), Centrale Nantes, CentraleSupélec, École des Mines, Arts et Métiers ParisTech. Un Mastère Spécialisé Conception et Construction des Ouvrages d'Art à l'ENPC est la formation d'excellence pour viser les cabinets de renom international (Terrell, Bollinger+Grohmann, Rice). Un doctorat est requis pour les postes en R&D et recherche académique.
Quel est le salaire d'un ingénieur structures en 2026 ?
Un ingénieur structures junior débute entre 37 000 et 44 000 € brut/an en bureau d'études (+10-15 % à Paris). Après 3 à 5 ans, un chargé d'affaires se situe entre 48 000 et 62 000 €. Un chef de projet senior ou expert (8-15 ans) atteint 60 000 à 80 000 €. Les directeurs techniques, associés ou fondateurs de cabinets de renom dépassent 80 000 à 140 000 €, et les ingénieurs les plus réputés (type Peter Rice, Cecil Balmond, Knut Stockhusen Werner Sobek) ont des rémunérations de niveau international. Dans les majors du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage), les grilles sont légèrement supérieures aux BE avec bonus sur résultat de chantier.
Quelle différence entre ingénieur structures et ingénieur BTP ?
L'ingénieur BTP est un généraliste qui peut piloter un chantier dans toute sa complexité (gros œuvre, second œuvre, coordination, budget, planning, commercial). L'ingénieur structures est un spécialiste pointu du calcul et de la conception des ossatures porteuses : fondations, poteaux, poutres, dalles, charpentes. Ses outils et méthodes sont très techniques (Eurocodes, éléments finis, BIM Structure). Un ingénieur BTP chef de chantier peut piloter une équipe d'ouvriers mais ne calcule pas lui-même la structure ; c'est l'ingénieur structures (souvent en bureau d'études) qui produit les plans et notes de calcul qu'il faut respecter. Les deux métiers se complètent sur chaque projet.
Quels sont les Eurocodes ?
Les Eurocodes sont les normes européennes de conception et de calcul des structures, applicables obligatoirement en France depuis mars 2010 (elles remplacent les anciennes règles BAEL/BPEL/CM/CB). Ils comprennent 10 parties : EC0 (Bases de calcul des structures), EC1 (Actions — charges, vent, neige, température), EC2 (Béton armé et précontraint), EC3 (Acier), EC4 (Mixte acier-béton), EC5 (Bois), EC6 (Maçonnerie), EC7 (Géotechnique, fondations), EC8 (Résistance au séisme), EC9 (Aluminium). Chaque Eurocode comporte plusieurs parties (EC2-1-1 bâtiment, EC2-2 ponts béton, etc.) et une annexe nationale française (NF EN + annexe nationale) qui précise les paramètres à utiliser en France. La maîtrise des Eurocodes est le prérequis absolu du métier.
Quel avenir pour le métier d'ingénieur structures en 2026 ?
Excellentes perspectives. Le secteur est en tension structurelle (8 000 ingénieurs structures en France pour une demande croissante). Les moteurs de croissance 2026-2040 : (1) Grand Paris Express (42 milliards €, 68 gares et 200 km de tunnels, ouvrages d'art nombreux) ; (2) Nouveau nucléaire France 2030 (EPR2 Penly, Gravelines, Bugey — 6 réacteurs, enceintes de confinement critiques) ; (3) Éolien offshore (50 parcs en mer, fondations complexes gravitaires/mono-pieux/jacket) ; (4) Construction bois de grande hauteur (R+12 à R+20 en CLT, marché émergent) ; (5) Matériaux bas carbone (béton bas carbone, paille, terre crue — repenser les calculs) ; (6) Confortement sismique du patrimoine (Eurocode 8, zones 3-4 en métropole, DOM) ; (7) Rénovation énergétique massive (5 millions de logements, travaux de structure fréquents). Les compétences en BIM niveau 3, jumeau numérique structurel et calcul paramétrique/génératif (Rhinoceros + Grasshopper + Karamba) sont très valorisées.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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