Comment devenir Économiste de la Construction ?
En bref
- Salaire : 30k à 55k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+2 à Bac+5 (2 à 5 ans)
- Domaine : BTP & Construction
- Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
- Code ROME : F1108
L'économiste de la construction est le spécialiste de l'estimation, du chiffrage et du suivi financier des projets de bâtiment et de travaux publics. Véritable expert du coût global, il intervient dès les premières esquisses d'un projet pour estimer le budget prévisionnel et accompagne le maître d'ouvrage jusqu'à la livraison finale en veillant au respect de l'enveloppe financière. En France, on dénombre environ 12 000 économistes de la construction en activité en 2026, un effectif en progression régulière de 3 à 5 % par an, porté par la complexité croissante des projets (BIM, RE 2020, économie circulaire) et les exigences de maîtrise budgétaire des maîtres d'ouvrage publics et privés. Le code ROME de référence est F1108 (Métré de la construction). Au quotidien, l'économiste de la construction analyse les plans architecturaux et les documents techniques pour décomposer le projet en lots (gros œuvre, charpente, CVC, électricité, plomberie, second œuvre) et établir les métrés détaillés. Il rédige les pièces écrites des marchés — CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières), DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire), BPU (Bordereau de Prix Unitaires) — qui serviront de base aux consultations d'entreprises. Il analyse les offres reçues, négocie avec les entreprises et conseille le maître d'ouvrage dans le choix des attributaires. En phase chantier, il vérifie les situations de travaux, traite les avenants et les réclamations, et établit le décompte général définitif. Il travaille en étroite collaboration avec les architectes, les bureaux d'études techniques et les entreprises de construction. Les principaux employeurs sont les cabinets d'économie de la construction (Mazars Construction, Michel Music et Associés), les cabinets d'architecture intégrant un pôle économie, les maîtres d'ouvrage publics (collectivités, bailleurs sociaux, hôpitaux), les promoteurs immobiliers (Nexity, Vinci Immobilier, Bouygues Immobilier) et les entreprises générales de BTP. La digitalisation du secteur avec le BIM (Building Information Modeling) transforme profondément le métier en permettant l'extraction automatisée des quantités depuis les maquettes numériques.
Salaire
30k - 55k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+2 à Bac+5 · Durée : 2 à 5 ans
Missions principales
- Estimer le coût global prévisionnel d'un projet de construction dès la phase d'esquisse ou d'APS
- Réaliser les métrés détaillés tous corps d'état à partir des plans architecturaux et des documents techniques
- Rédiger les pièces écrites des marchés (CCTP, DPGF, BPU, CCAP) conformément au Code de la commande publique
- Lancer les consultations d'entreprises et analyser les offres reçues selon des critères techniques et financiers
- Conseiller le maître d'ouvrage sur le choix des entreprises et participer aux négociations contractuelles
- Suivre l'évolution des coûts en phase chantier et alerter en cas de dérive budgétaire
- Vérifier les situations de travaux mensuelles et les demandes d'avenants des entreprises
- Établir le décompte général définitif à la réception des ouvrages et solder les marchés
- Réaliser des études de faisabilité économique pour les projets en phase programme
- Intégrer les données du BIM (maquette numérique) pour automatiser l'extraction des quantités
- Effectuer une veille sur les prix des matériaux, les indices BT et les évolutions réglementaires
- Participer aux réunions de chantier et rédiger les comptes-rendus financiers du projet
Compétences requises
- Estimation et chiffrage de projets de construction tous corps d'état
- Rédaction de CCTP, DPGF, BPU et pièces contractuelles des marchés publics et privés
- Analyse comparative des offres d'entreprises et négociation de marchés
- Connaissance approfondie de tous les corps d'état du bâtiment (gros œuvre, CVC, électricité, second œuvre)
- Logiciels d'économie de la construction (Attic+, DeviSOC, Optim'BTP, WinQuantify)
- Maquette numérique BIM et extraction de quantités (Revit, Navisworks, Solibri)
- Code de la commande publique et réglementation des marchés (loi MOP, CCAG-Travaux)
- Indices et bases de prix (Batiprix, Bordereau Général d'Évaluation, indices BT01)
- Suivi financier de chantier et gestion des avenants
- Lecture et interprétation de plans architecturaux et de détails techniques
- Réglementation thermique RE 2020 et impact sur les coûts de construction
- Tableurs avancés (Excel, macros VBA) pour les estimations et tableaux de bord financiers
- Connaissance des matériaux biosourcés et de l'économie circulaire dans la construction
- Communication écrite et orale pour la rédaction de rapports et la présentation aux maîtres d'ouvrage
Formations pour devenir Économiste de la Construction
- BTS Études et Économie de la Construction (EEC) — principal diplôme d'accès au métier, proposé en lycée ou CFA
- BUT Génie Civil - Construction Durable parcours Économie de la construction — IUT de Cergy, Reims, Rennes
- Licence professionnelle Économie de la construction et management de projet BIM — Université Paris-Est, IUT de Marne-la-Vallée
- Diplôme d'ingénieur Génie Civil avec spécialisation économie de la construction — ESTP Paris, INSA Lyon
- Master Génie Civil parcours économie et management de la construction — Université Gustave Eiffel
- Titre professionnel Économiste de la construction (niveau 5) — AFPA, Greta
- Formation continue en BIM et économie de la construction — UNTEC (Union Nationale des Économistes de la Construction)
- Certification BIM Management (BuildingSMART) complémentaire pour les profils confirmés
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 28 000 – 34 000 € brut/an
- Confirmé (2-5 ans) : 35 000 – 45 000 € brut/an
- Senior (5-10 ans) : 45 000 – 58 000 € brut/an
- Directeur / Expert (10+ ans) : 58 000 – 80 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier central dans tout projet de construction, offrant une vision globale technique et financière
- Forte demande sur le marché de l'emploi avec peu de candidats qualifiés, surtout en marchés publics
- Diversité des projets traités (logements, bureaux, hôpitaux, équipements culturels, infrastructures)
- Évolution vers l'expertise judiciaire ou le conseil indépendant avec une rémunération attractive
- Transformation numérique (BIM) qui valorise les compétences et modernise les pratiques du métier
Les moins
- Pression importante sur les délais lors des phases de consultation et d'analyse des offres
- Responsabilité financière lourde en cas d'erreur d'estimation pouvant impacter le budget du projet
- Travail parfois répétitif sur les métrés détaillés nécessitant une grande concentration
- Complexité croissante de la réglementation des marchés publics et des normes environnementales
Secteurs qui recrutent
- Cabinets d'économie de la construction (UNTEC, Mazars Construction, Michel Music et Associés)
- Cabinets d'architecture intégrant un pôle économie et maîtrise d'œuvre
- Maîtres d'ouvrage publics (collectivités territoriales, bailleurs sociaux, hôpitaux, ministères)
- Promoteurs immobiliers (Nexity, Vinci Immobilier, Bouygues Immobilier, Altarea Cogedim)
- Entreprises générales de BTP (Vinci Construction, Bouygues Bâtiment, Eiffage Construction)
- Bureaux d'études techniques pluridisciplinaires (Egis, Artelia, Setec)
- Sociétés d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO) spécialisées en programmation
- Bailleurs sociaux et offices HLM pour la gestion patrimoniale et la réhabilitation
- Établissements hospitaliers et universitaires pour la gestion de leur patrimoine immobilier
- Collectivités territoriales (services techniques, directions de l'immobilier)
Évolution de carrière
L'économiste de la construction débute généralement comme métreur ou assistant économiste avec un salaire brut annuel de 28 000 à 34 000 euros. Après trois à cinq ans d'expérience sur des projets variés (logements, bureaux, équipements publics), il accède à un poste d'économiste confirmé avec une rémunération de 35 000 à 45 000 euros brut par an. Les profils expérimentés (sept à dix ans) évoluent vers des fonctions de responsable de pôle économie ou d'économiste principal, avec des salaires de 45 000 à 58 000 euros. Au-delà de dix ans, les postes de directeur de cabinet d'économie de la construction, d'expert judiciaire en coûts de construction ou de consultant indépendant permettent d'atteindre 58 000 à 80 000 euros brut annuels. L'expertise en BIM et en marchés publics complexes constitue un accélérateur de carrière significatif. Certains économistes s'orientent vers l'expertise judiciaire auprès des tribunaux pour les litiges liés aux coûts de construction, une activité complémentaire très rémunératrice. La création d'un cabinet indépendant est également une voie d'évolution fréquente après une dizaine d'années d'expérience.
Questions fréquentes sur le métier de Économiste de la Construction
- Quelle est la différence entre un économiste de la construction et un métreur ?
- Le métreur est un technicien qui réalise principalement les mesures et les quantifications à partir des plans (métrés), tandis que l'économiste de la construction a un rôle beaucoup plus large qui englobe le métré mais s'étend à l'estimation financière globale, la rédaction des pièces de marché, l'analyse des offres, le conseil au maître d'ouvrage et le suivi financier du chantier. L'économiste de la construction intervient sur toutes les phases d'un projet, de la faisabilité à la réception, et possède des compétences en droit des marchés, en négociation et en management de projet. En pratique, le métreur est souvent le poste de début de carrière qui évolue vers celui d'économiste confirmé avec l'expérience et la montée en compétences. Le BTS EEC forme initialement à ces deux fonctions.
- Le BIM va-t-il remplacer l'économiste de la construction ?
- Le BIM ne remplace pas l'économiste de la construction mais transforme profondément ses méthodes de travail. La maquette numérique permet d'automatiser l'extraction des quantités (métrés automatiques depuis Revit ou IFC), ce qui réduit le temps consacré au comptage manuel. En revanche, l'économiste reste indispensable pour valider la cohérence des données extraites, appliquer les prix unitaires adaptés au contexte local, rédiger les pièces contractuelles, analyser les offres et conseiller le maître d'ouvrage. Le BIM ajoute même de nouvelles compétences requises : maîtrise des logiciels de maquette numérique, compréhension des formats IFC, participation à la coordination BIM. Les économistes qui maîtrisent le BIM sont aujourd'hui les profils les plus recherchés du marché.
- Peut-on exercer en libéral comme économiste de la construction ?
- Oui, l'exercice en libéral ou en indépendant est une voie d'évolution très courante après une dizaine d'années d'expérience. L'économiste indépendant peut facturer des honoraires de 2 à 4 % du montant des travaux selon la complexité du projet, ou travailler au forfait. Le chiffre d'affaires annuel d'un cabinet d'un à deux économistes se situe généralement entre 80 000 et 200 000 euros. Les charges sont relativement faibles car le métier nécessite peu d'investissement matériel (ordinateur, logiciels, véhicule). Il est recommandé de se constituer un réseau solide d'architectes, de maîtres d'ouvrage et de bureaux d'études avant de se lancer. L'adhésion à l'UNTEC (Union Nationale des Économistes de la Construction) apporte visibilité et crédibilité.
- Quelles sont les perspectives d'emploi pour les économistes de la construction en 2026 ?
- Les perspectives d'emploi sont excellentes en 2026. Le secteur de la construction en France génère environ 150 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et la complexification des projets (RE 2020, BIM obligatoire sur les marchés publics, économie circulaire, réemploi des matériaux) nécessite des compétences pointues en économie de la construction. Les cabinets spécialisés et les maîtres d'ouvrage publics peinent à recruter, notamment pour les profils maîtrisant le BIM et les marchés publics complexes. La rénovation énergétique du parc immobilier existant (MaPrimeRénov', décret tertiaire) crée également de nombreuses opportunités. Les régions Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et PACA concentrent la majorité des offres, mais le besoin est national. Le taux de chômage dans cette profession est quasi nul.
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME F1108 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Économiste de la Construction (www.onisep.fr)
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