Comment devenir Ingénieur Recherche et Développement (r et D) en Énergies Renouvelables ?

En bref

  • Salaire : 38k à 62k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : Industrie & Ingénierie
  • Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
  • Code ROME : H1206

L'ingénieur R&D en énergies renouvelables conçoit, modélise, prototype et optimise les technologies qui alimentent la transition énergétique française : éolien terrestre et offshore flottant, solaire photovoltaïque nouvelle génération (pérovskite, bifacial), hydraulique et hydrolien, géothermie profonde, hydrogène vert (électrolyseurs PEM, SOEC), biomasse et biogaz, stockage (batteries lithium-ion, vanadium redox, volants d'inertie), smart grids et jumeaux numériques. Il est le moteur scientifique de la décarbonation et joue un rôle majeur dans l'atteinte des objectifs climatiques de la France (55 % de réduction des émissions d'ici 2030).

En 2026, les recrutements explosent dans ce secteur. EDF R&D (Saclay), Engie Lab Crigen, TotalEnergies OneTech, Naval Energies, le CEA Liten (Grenoble) et l'IFP-EN (Rueil-Malmaison) embauchent plus de 2 500 ingénieurs R&D chaque année. L'Union Européenne, via le plan REPowerEU, a débloqué plus de 300 milliards d'euros pour accélérer la transition énergétique, et la France construit ses premiers parcs éoliens en mer (Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Fécamp, Dieppe-Le Tréport). Le code ROME associé est H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel, parfois complété par K2402 — Recherche en sciences de l'univers, de la matière et du vivant pour les profils CNRS/CEA. Le taux d'insertion à 6 mois dépasse 95 % pour les diplômés spécialisés.

Au quotidien, l'ingénieur R&D EnR alterne entre des phases de modélisation numérique (CFD Fluent/Star-CCM+, LS-DYNA, Matlab, Python), de prototypage en laboratoire, de tests en soufflerie ou bassin, d'analyses de résultats expérimentaux, de rédaction de publications scientifiques et de brevets, et de collaborations internationales (Horizon Europe, IEA Wind). Une journée type peut commencer par un point projet avec l'équipe, se poursuivre par des simulations CFD, inclure une réunion de revue de budget avec le responsable programme et se terminer par une session de rédaction d'un article pour une conférence internationale (EWEA, PVSEC).

Les environnements de travail sont très diversifiés : centres de recherche publics (CEA Liten Grenoble, IFP-EN, CNRS, INES Chambéry, Ifremer Brest), R&D privée (EDF Saclay, Engie Crigen Stains, TotalEnergies Pau), startups deeptech (Sylfen, Lhyfe, HysetCo, Ampere, Verkor, Hoffmann Green Cement), et bureaux d'études (Tractebel Engie, Valorem, RES France). Le télétravail est largement pratiqué (2 à 3 jours/semaine), sauf lors des campagnes expérimentales. Les déplacements sur sites (parcs éoliens, centrales solaires, bassins d'essais Ifremer) rythment également la vie professionnelle. La culture scientifique est très forte : publications dans des revues internationales, dépôts de brevets, participation à des congrès comme EWEA, PVSEC, IEA Wind Task ou WHEC Hydrogen. Les équipes sont internationales par nature, avec des collaborations étroites avec l'Allemagne, le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suisse et les États-Unis. Le secteur attire une nouvelle génération d'ingénieurs motivée par l'impact environnemental et l'urgence climatique, et se féminise rapidement. Les possibilités de reconversion depuis les secteurs fossiles (pétrole, gaz) sont réelles et encouragées par les grands groupes eux-mêmes qui transforment leurs métiers historiques vers la transition énergétique.

Salaire

38k - 62k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Modéliser et simuler numériquement le comportement des systèmes énergétiques renouvelables (CFD, EF, Matlab, Python)
  • Concevoir et prototyper de nouveaux composants (pales d'éoliennes, cellules photovoltaïques, électrolyseurs, batteries)
  • Mener des campagnes expérimentales en laboratoire, en soufflerie, en bassin ou sur sites pilotes
  • Développer des algorithmes de contrôle-commande et de gestion optimisée des systèmes énergétiques
  • Analyser les performances, les rendements, la fiabilité et le LCOE (Levelized Cost of Energy) des technologies
  • Réaliser des études technico-économiques et des analyses de cycle de vie (ACV) pour mesurer l'impact environnemental
  • Rédiger et déposer des brevets à l'INPI et à l'OEB pour protéger les innovations développées
  • Publier dans des revues scientifiques à comité de lecture (Renewable Energy, Applied Energy, Energy Conversion & Management)
  • Répondre à des appels à projets européens (Horizon Europe, Innovation Fund) et nationaux (ADEME, France 2030)
  • Collaborer avec des partenaires académiques (CNRS, universités, écoles d'ingénieurs) et industriels
  • Participer aux conférences internationales (EWEA, PVSEC, AWEA, IEA Wind Task) et aux comités de normalisation
  • Transférer les résultats de recherche vers les équipes industrialisation et suivre les démonstrateurs préindustriels

Compétences requises

  • Modélisation numérique CFD (Ansys Fluent, Star-CCM+, OpenFOAM)
  • Calcul mécanique par éléments finis (Ansys Mechanical, Abaqus, Nastran)
  • Programmation scientifique (Python, Matlab/Simulink, R, Julia)
  • Thermodynamique, mécanique des fluides et transferts thermiques
  • Électrotechnique, électronique de puissance et conversion DC/AC
  • Matériaux pour l'énergie (silicium PV, pérovskites, électrolytes solides, matériaux magnétiques)
  • Systèmes énergétiques : éolien, solaire, hydrogène, batteries, smart grids
  • Analyse de cycle de vie (ACV) et bilan carbone (logiciels SimaPro, GaBi)
  • Études technico-économiques et calcul du LCOE
  • Normes et standards (IEC 61400 éolien, IEC 61730 PV, ISO 14040 ACV)
  • Anglais scientifique et technique (publications, conférences internationales)
  • Gestion de projet R&D et appels à projets européens (Horizon Europe, ADEME)
  • Rédaction scientifique (papers, brevets, rapports techniques)
  • Notions d'IA et de machine learning pour l'optimisation énergétique

Formations pour devenir Ingénieur Recherche et Développement (r et D) en Énergies Renouvelables

  • Diplôme d'ingénieur INSA Lyon — Génie Énergétique et Environnement (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur Mines ParisTech — option Énergie (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur Centrale-Supélec — mention Énergie (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur IFP School Rueil-Malmaison — Énergie et Produits ou ENSPM (Bac+6)
  • Diplôme d'ingénieur Grenoble INP Ense3 — Énergie Eau Environnement (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur Arts et Métiers ParisTech — Énergétique (Bac+5)
  • Master Énergies Renouvelables — Université Paris-Saclay, Perpignan, Grenoble (Bac+5)
  • Mastère spécialisé OSE Énergies Renouvelables — Mines ParisTech Sophia Antipolis (Bac+6)
  • Doctorat en Énergétique / Matériaux pour l'énergie — CEA Liten, IFP-EN, INES (Bac+8)
  • Mastère spécialisé Hydrogène — Centrale Nantes / Mines Albi

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-3 ans) : 38 000 – 48 000 € brut/an
  • Confirmé (3-7 ans) : 48 000 – 68 000 € brut/an
  • Senior (7-12 ans) : 68 000 – 95 000 € brut/an
  • Expert / Responsable programme (12+ ans) : 90 000 – 140 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Secteur porteur avec des recrutements massifs (REPowerEU, France 2030)
  • Sens du travail : participer activement à la transition énergétique
  • Salaires attractifs dès la sortie d'école (38-52 k€ junior)
  • Variété technologique : éolien, PV, hydrogène, batteries, smart grids
  • Forte culture scientifique (publications, brevets, conférences internationales)
  • Télétravail largement pratiqué (2-3 jours/semaine)
  • Collaborations internationales (Europe, USA, Asie) très enrichissantes

Les moins

  • Cycles de recherche longs (5 à 10 ans entre R&D et commercialisation)
  • Financements dépendants d'appels à projets fluctuants (ANR, ADEME, Horizon Europe)
  • Salaires R&D publique parfois en retrait par rapport au privé (CEA, CNRS)
  • Pression à la publication et à la valorisation qui peut être stressante
  • Déplacements possibles sur sites industriels parfois isolés (éolien offshore)
  • Concurrence internationale forte (Allemagne, Danemark, Chine, USA)
  • Postes doctoraux et postdoctoraux en contrats courts avant le CDI
  • Convention collective : IEG IDCC 5001 ou Syntec IDCC 1486 ; statut cadre au forfait jour annualisé (218 jours/an), heures supplémentaires non rémunérées et amplitude horaire souvent supérieure à 45h/semaine en pointe projet.

Secteurs qui recrutent

  • EDF R&D (Saclay, Chatou, Les Renardières) — nucléaire, EnR, smart grids
  • Engie Lab Crigen (Stains) — hydrogène, biométhane, flexibilité réseau
  • TotalEnergies OneTech (Pau, Paris-Saclay) — solaire, batteries, hydrogène
  • CEA Liten Grenoble — matériaux et procédés pour l'énergie, batteries, PV
  • IFP Énergies Nouvelles (Rueil-Malmaison, Solaize) — hydrogène, biocarburants
  • Naval Energies (Nantes) — éolien flottant et énergie thermique des mers
  • INES Chambéry — Institut National de l'Énergie Solaire
  • Verkor (Dunkerque, Grenoble), Lhyfe (Nantes), Sylfen, HysetCo — scale-ups EnR
  • Ifremer Brest — houlomoteur et hydrolien
  • Ampere (Stellantis), ACC (PSA-Saft-Mercedes) — batteries lithium-ion

Évolution de carrière

Après 3 à 5 ans, l'ingénieur R&D EnR peut devenir Chef de projet R&D (55 000 à 72 000 € brut/an), avec responsabilité sur un programme européen ou un démonstrateur industriel. Avec 5 à 10 ans, il accède au poste d'Expert senior (70 000 à 95 000 €) ou de Responsable de laboratoire (75 000 à 100 000 €). Les profils à haute visibilité scientifique deviennent Directeur de programme R&D (95 000 à 140 000 €), Directeur technique (CTO) d'une scale-up énergie (Verkor, Lhyfe, Sylfen, Hoffmann Green), ou Directeur de laboratoire CNRS/CEA. Beaucoup se tournent vers le consulting stratégique (Carbone 4, EY Parthenon Climate, Roland Berger), le capital-risque climate tech, ou l'enseignement-recherche (maître de conférences, professeur d'université).

Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur Recherche et Développement (r et D) en Énergies Renouvelables

Quelle formation pour devenir ingénieur R&D en énergies renouvelables ?
Les écoles les plus reconnues sont Mines ParisTech, Centrale-Supélec, INSA Lyon, Grenoble INP Ense3, IFP School, Arts et Métiers, et les masters Énergies Renouvelables de Paris-Saclay, Perpignan et Grenoble. Un doctorat (3 ans) est un vrai plus pour accéder aux postes R&D dans les grands organismes (CEA, CNRS, EDF R&D, IFPEN) et permet de prétendre aux fonctions d'expert ou de chef de projet programme.
Quel salaire pour un ingénieur R&D EnR en 2026 ?
Un junior gagne entre 38 000 et 48 000 € brut/an. Un profil confirmé (3-7 ans) se situe entre 48 000 et 68 000 €. Un senior atteint 68 000 à 95 000 €. Les experts et responsables programme dépassent 100 000 €. Les startups deeptech (Verkor, Lhyfe, Sylfen) proposent souvent des packages avec BSPCE qui peuvent valoriser significativement la rémunération globale.
Faut-il un doctorat pour travailler en R&D énergies renouvelables ?
Pas obligatoire, mais fortement recommandé pour les postes purement recherche en centres publics (CEA, CNRS, IFPEN, INRAE) et dans les laboratoires R&D des grands groupes (EDF R&D, Engie Lab, TotalEnergies OneTech). Pour les startups deeptech et les bureaux d'études, un ingénieur Bac+5 avec expérience est souvent suffisant. Le doctorat ouvre les carrières d'expert senior et de directeur scientifique.
Quelles sont les filières EnR les plus prometteuses en 2026 ?
L'hydrogène vert (électrolyseurs PEM et SOEC), l'éolien flottant, le solaire tandem pérovskite-silicium, les batteries nouvelle génération (sodium-ion, état solide), les pompes à chaleur haute température pour l'industrie et les jumeaux numériques de systèmes énergétiques sont les domaines les plus dynamiques. La géothermie profonde et le stockage longue durée attirent aussi de plus en plus d'investissements.
Le métier implique-t-il beaucoup de déplacements ?
Variable selon les projets. Les phases de modélisation et simulation se font majoritairement au bureau avec télétravail partiel. Les campagnes expérimentales, les visites de sites pilotes (parcs éoliens, centrales solaires, démonstrateurs hydrogène) et les conférences internationales génèrent 15 à 30 % de déplacements annuels. Les projets européens Horizon Europe impliquent souvent des réunions trimestrielles chez les partenaires à l'étranger.
Peut-on basculer vers ce métier depuis l'industrie fossile ?
Oui, c'est même fréquent. Beaucoup d'ingénieurs issus de l'oil & gas (TotalEnergies, Schlumberger, Technip) rejoignent les EnR via les nouvelles divisions internes (TotalEnergies OneTech, Engie transition énergétique). Les compétences en thermodynamique, procédés, modélisation numérique et gestion de grands projets sont largement transférables. Des formations continues Cnam et Mastères spécialisés (OSE Mines ParisTech) facilitent cette reconversion.

Métiers similaires

Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

Explorer tout le domaine Industrie & Ingénierie

Découvrez les 174 métiers du domaine Industrie & Ingénierie : salaires, formations, débouchés et perspectives d'évolution.