Comment devenir Ingénieur Production en Aéronautique ?
En bref
- Salaire : 38k à 55k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
- Domaine : Industrie & Ingénierie
- Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
- Code ROME : H1402
L'ingénieur production en aéronautique est responsable de l'organisation, de l'animation et de l'optimisation des lignes de fabrication d'aéronefs, de moteurs, de pièces structurelles ou d'équipements aéronautiques. Sa mission consiste à livrer les avions, hélicoptères, lanceurs ou systèmes embarqués dans les délais, au coût attendu et avec la qualité irréprochable exigée par le secteur. Il pilote des équipes de techniciens et d'opérateurs, gère les flux de matières et de composants, suit les indicateurs de performance industrielle (TRS, OTD, FTQ, lead time) et conduit des projets d'amélioration continue dans un environnement extrêmement réglementé.
En 2026, le métier vit une période de tension forte. Après le creux Covid-19, la filière aéronautique française connaît une reprise massive, avec des cadences Airbus A320 visant 75 avions par mois et un carnet de commandes record d'Airbus, Safran, Dassault et ATR. Cette montée en cadence ("ramp-up") transforme l'ingénieur production en figure stratégique, en charge de tenir le rythme tout en intégrant les contraintes nouvelles : transition vers les carburants durables d'aviation (SAF — Sustainable Aviation Fuel), industrialisation de l'avion à hydrogène ZEROe d'Airbus, normes environnementales renforcées et exigences accrues du référentiel EN 9100 et de la certification EASA Part 21G (organisme de production). Selon le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales), la filière prévoit plus de 25 000 recrutements par an jusqu'en 2028, dont une part significative d'ingénieurs production. Le code ROME associé est H1402 — Management et ingénierie méthodes et industrialisation.
Au quotidien, l'ingénieur production aéronautique alterne entre l'atelier (animation des stand-ups Lean, résolution de problèmes terrain, suivi qualité, audits 5S), le bureau (analyse des indicateurs, réunions de pilotage, gestion budgétaire, planification) et les fournisseurs (audits de capacité, gestion des non-conformités, suivi de la performance supplier). Une journée type commence souvent par un point équipe à 7 h, suivi d'une visite atelier, d'une réunion qualité avec le contrôle EN 9100, d'un comité hebdomadaire de production et d'une session d'analyse Six Sigma. Il travaille en lien étroit avec les méthodes (industrialisation), la qualité (PPAP, FAI, FOD), la supply chain et le BE pour résoudre les écarts entre conception et fabrication.
Les environnements de travail sont prestigieux. L'ingénieur production aéronautique peut exercer chez Airbus (Toulouse, Saint-Nazaire, Hambourg), Safran (Aircraft Engines, Nacelles, Helicopter Engines, Landing Systems), Dassault Aviation (Mérignac, Argenteuil, Biarritz), ATR (Toulouse), Stelia Aerospace, Daher, Latécoère, Liebherr Aerospace ou ArianeGroup. Il peut aussi rejoindre les nombreux équipementiers et sous-traitants de rang 1, 2 ou 3 répartis dans les bassins industriels d'Occitanie, Pays de la Loire, Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine. Les certifications IPC-A-610 (assemblage électronique) et NADCAP (procédés spéciaux) sont des atouts supplémentaires. C'est un métier prestigieux, exigeant, valorisé et durablement porteur, qui combine excellence opérationnelle, rigueur réglementaire et engagement collectif autour des grands programmes aéronautiques français et européens.
Salaire
38k - 55k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus
Missions principales
- Piloter une ou plusieurs lignes de production aéronautique pour atteindre les objectifs cadence (ramp-up A320, Falcon, Rafale, ATR)
- Manager des équipes d'opérateurs, techniciens et chefs d'équipe (10 à 100 personnes selon le périmètre)
- Suivre et analyser les indicateurs clés : OTD (On Time Delivery), TRS, FTQ (First Time Quality), lead time, WIP, scrap rate
- Mettre en œuvre la démarche Lean Manufacturing aéronautique : VSM, kanban, kaizen, 5S, SMED, poka-yoke, andon
- Garantir la conformité aux référentiels qualité EN 9100, EASA Part 21G (organisme de production agréé) et NADCAP (procédés spéciaux)
- Gérer les non-conformités, traiter les FAI (First Article Inspection) et PPAP (Production Part Approval Process)
- Piloter les chantiers d'amélioration continue et de réduction des coûts récurrents
- Assurer le respect des règles HSE (sécurité au travail, FOD — Foreign Object Damage, gestion des produits chimiques REACH)
- Coordonner avec les méthodes, l'industrialisation, la qualité, la supply chain et la maintenance
- Manager les fournisseurs : audits de capacité, suivi performance supplier, plans de progrès
- Préparer et piloter les revues de production avec la direction industrielle (Daily, Weekly, Monthly)
- Conduire les projets d'introduction de nouveaux produits (NPI) et de transferts industriels entre sites
Compétences requises
- Lean Manufacturing aéronautique (VSM, kanban, SMED, poka-yoke, kaizen, 5S, andon)
- Six Sigma (Green Belt minimum, Black Belt apprécié)
- Référentiels qualité aéronautiques : EN 9100, EASA Part 21G, NADCAP
- Méthodes d'assemblage : IPC-A-610 (électronique), AWS D17.1 (soudure aéro), AS9102 (FAI)
- Pilotage de la performance industrielle (KPI : OTD, TRS, FTQ, scrap rate, lead time)
- Gestion de production et ERP (SAP PP/MM, Oracle, Infor LN)
- Manufacturing Execution System (MES) et traçabilité produit
- Management d'équipes opérationnelles (10 à 100 personnes)
- Résolution de problèmes : 8D, A3, Ishikawa, 5 Pourquoi, FMEA
- Lecture de plans techniques aéronautiques et tolérancement GPS / ISO 1101
- Anglais technique courant (référentiel et fournisseurs internationaux)
- Connaissance des procédés aéronautiques : usinage, assemblage rivetage, composites, traitement de surface
- Gestion budgétaire et reporting CAPEX/OPEX
- Conduite du changement et accompagnement des équipes en ramp-up
Formations pour devenir Ingénieur Production en Aéronautique
- Diplôme d'ingénieur ISAE-SUPAERO Toulouse (référence aéronautique mondiale) — Bac+5
- Diplôme d'ingénieur ESTACA Saint-Quentin — spécialité Aéronautique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur IPSA Paris — spécialité Génie Industriel Aéronautique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENAC Toulouse (École Nationale de l'Aviation Civile) — option ingénierie aéronautique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENSMA Poitiers (Aéronautique et Spatial) — Bac+5
- Diplôme d'ingénieur INSA Toulouse, INSA Lyon — département Génie Mécanique ou Génie Industriel (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENSAM (Arts et Métiers ParisTech) — option Génie Industriel et Aéronautique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur Polytech Nantes, Polytech Marseille — Génie Industriel (Bac+5)
- Master Génie Industriel parcours Aéronautique — universités Toulouse, Bordeaux (Bac+5)
- Mastère Spécialisé Management des Opérations Industrielles — ISAE-SUPAERO, Centrale Lyon (Bac+6)
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 38 000 – 45 000 € brut/an
- Confirmé (2-5 ans) : 45 000 – 60 000 € brut/an
- Senior (5-10 ans) : 60 000 – 80 000 € brut/an
- Directeur production (10+ ans) : 80 000 – 130 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Secteur prestigieux et passionnant, projets d'avions et de fusées emblématiques
- Salaire confortable (38-55 k€ junior, jusqu'à 130 k€+ pour les directeurs)
- Forte demande sur le marché (+25 000 recrutements/an dans la filière jusqu'en 2028)
- Évolution rapide vers le management ou la gestion de programme
- Mobilité géographique facile (Occitanie, PdL, IDF, Nouvelle-Aquitaine)
- Fierté de contribuer à des programmes d'excellence française et européenne
- Forte stabilité de l'emploi et carnet de commandes record
Les moins
- Pression mentale très intense liée aux objectifs cadence et aux pénalités de retard avion
- Horaires parfois étendus en phase de ramp-up (soir, week-end, jours fériés)
- Stress lié aux non-conformités et aux pénalités client (Airbus, Boeing)
- Conditions atelier exigeantes : bruit, EPI, station debout prolongée
- Forte responsabilité sécurité (FOD, accidents du travail, conformité Part 21G)
- Charge mentale importante en management d'équipes multiples
- Salaire junior inférieur à d'autres branches d'ingénierie de pointe (data, finance)
Secteurs qui recrutent
- Constructeurs aéronefs (Airbus Toulouse/Saint-Nazaire/Nantes, ATR, Dassault Aviation Mérignac/Argenteuil)
- Motoristes aéronautiques (Safran Aircraft Engines, Safran Helicopter Engines, GE Aerospace France)
- Équipementiers structures (Stelia Aerospace, Daher, Latécoère, Mecachrome, Figeac Aéro)
- Équipementiers systèmes (Safran Landing Systems, Liebherr Aerospace, Thales Avionics, Collins Aerospace)
- Spatial et lanceurs (ArianeGroup, Thales Alenia Space, MaiaSpace, CNES)
- Hélicoptéristes (Airbus Helicopters Marignane, Safran Helicopter Engines)
- Sous-traitants de rang 1/2/3 (UMM Aero, Aubert & Duval, Lisi Aerospace, Latelec)
- Maintenance et réparation MRO (Air France Industries, AFI KLM E&M, Sabena Technics)
- Défense et missiles (MBDA, Nexter/KNDS, Dassault Aviation défense)
- Cabinets d'ingénierie aéronautique (Akkodis, Expleo, Segula, Alten, Assystem)
Évolution de carrière
Après 3 à 5 ans, l'ingénieur production aéronautique peut devenir responsable de ligne ou chef d'atelier (50 000 à 65 000 € brut/an) en pilotant une zone autonome de production. À 5-10 ans, il peut accéder au poste de responsable production site (60 000 à 80 000 €), de responsable ramp-up programme (65 000 à 85 000 €) ou de chef de département industriel. À 10-15 ans, les fonctions de directeur production site (85 000 à 130 000 €), directeur industriel multi-sites ou directeur de programme s'ouvrent. Certains profils bifurquent vers le conseil en excellence opérationnelle (TJM 700 à 1 200 €/jour), rejoignent les cabinets de conseil aéronautique (McKinsey, PwC, Roland Berger), deviennent expert Lean ou s'orientent vers le supply chain et la gestion de programmes complexes. La maîtrise des nouvelles technologies (avion hydrogène, fabrication additive, jumeau numérique) ouvre des opportunités stratégiques très valorisées chez Airbus et Safran.
Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur Production en Aéronautique
- Quel diplôme faut-il pour devenir ingénieur production en aéronautique ?
- Un diplôme d'ingénieur Bac+5 est nécessaire. Les écoles spécialisées aéronautiques sont la voie royale : ISAE-SUPAERO Toulouse, ENAC, ESTACA, IPSA, ENSMA Poitiers. Les écoles généralistes avec spécialisation industrielle sont également très valorisées : INSA Toulouse/Lyon, ENSAM (Arts et Métiers), Centrale, Polytech. Un mastère spécialisé en Management des Opérations Industrielles à ISAE-SUPAERO ou Centrale Lyon est un excellent accélérateur de carrière.
- Quel est le salaire d'un ingénieur production aéro en 2026 ?
- En 2026, un ingénieur production aéronautique junior gagne entre 38 000 et 45 000 € brut/an chez Airbus ou Safran. Un confirmé (2-5 ans) atteint 45 000 à 60 000 €. Un senior (5-10 ans) se situe entre 60 000 et 80 000 €. Un directeur de production peut dépasser 100 000 €. Les profils maîtrisant le Lean aéronautique, le ramp-up et les certifications EN 9100/Part 21G bénéficient d'un premium important.
- Quelle convention collective s'applique au métier ?
- L'ingénieur production en aéronautique relève de la convention collective nationale de la métallurgie (UIMM, IDCC 3248), entrée en vigueur en 2024 et qui couvre désormais Airbus, Safran, Dassault, ATR et l'ensemble des équipementiers aéronautiques français. Cette convention encadre les classifications, salaires minima et avantages des cadres ingénieurs. Le GIFAS représente la branche professionnelle au niveau national.
- Quelle est la différence entre ingénieur production et ingénieur méthodes en aéronautique ?
- L'ingénieur production pilote l'atelier au quotidien, manage les équipes d'opérateurs et tient les objectifs cadence/qualité. L'ingénieur méthodes prépare la fabrication en amont : il définit les gammes d'assemblage, les outillages, les temps standards et industrialise les nouveaux produits (NPI). Les deux profils collaborent étroitement, et certains ingénieurs production évoluent vers les méthodes (ou inversement) au cours de leur carrière.
- Qu'est-ce que la certification EASA Part 21G et pourquoi est-elle cruciale ?
- L'EASA Part 21G est la certification des organismes de production aéronautiques délivrée par l'Agence européenne de la sécurité aérienne. Elle garantit qu'un industriel respecte un système qualité complet (procédures, traçabilité, contrôles, audit interne) pour produire des pièces aéronautiques certifiables. Tous les sites d'Airbus, Safran, Dassault sont certifiés Part 21G. L'ingénieur production doit maîtriser parfaitement ce référentiel et travailler en lien avec l'organisme de production agréé.
- Quels sont les enjeux liés à l'avion à hydrogène et au SAF ?
- Airbus prépare le ZEROe (avion à hydrogène) avec une mise en service visée à l'horizon 2035, tandis que les SAF (carburants durables d'aviation) montent rapidement en cadence pour répondre aux objectifs ReFuelEU Aviation. Ces transformations imposent de nouvelles exigences en production : matériaux compatibles hydrogène, nouvelles architectures moteur (Safran Aircraft Engines), procédés industriels bas carbone. Les ingénieurs production formés à ces enjeux bénéficient d'opportunités stratégiques majeures.
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Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H1402 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Ingénieur Production en Aéronautique (www.onisep.fr)
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