Comment devenir Conseiller en Génétique ?

En bref

  • Salaire : 35k à 55k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 (5 ans)
  • Domaine : Sécurité & Défense
  • Conditions d'exercice : Contact humain / Bureau
  • Code ROME : J1402

Le conseiller en génétique est un professionnel de santé reconnu par la loi de bioéthique du 6 août 2004 (article L. 1132-1 du Code de la santé publique). Collaborateur direct du médecin généticien, il joue un rôle d'intermédiaire et apporte une information scientifique complexe aux patients et à leurs familles confrontés à des maladies génétiques, héréditaires ou à des prédispositions (cancers familiaux, maladies rares, maladies neurodégénératives). Son rôle est triple : informer les patients sur les maladies génétiques et leurs modes de transmission, accompagner psychologiquement les familles face à des résultats de tests souvent lourds de sens, et coordonner les parcours de soins en lien avec les services cliniques (pédiatrie, gynécologie-obstétrique, oncologie, neurologie).

En 2026, le métier de conseiller en génétique est en plein essor en France, porté par le développement de la médecine personnalisée, de la génomique et du Plan France Médecine Génomique 2025. Selon l'ABCGF (Association des Biologistes et Conseillers en Génétique Français) et le CNP de Génétique, la France compte environ 300 conseillers en génétique exercice, majoritairement dans les CHU et instituts spécialisés. Le code ROME associé est J1402 — Conseil en santé publique. Le besoin est en forte croissance avec l'explosion des demandes de tests BRCA1/2 (cancer du sein et de l'ovaire), Lynch (cancer colorectal), et des dépistages prénatals non invasifs (DPNI). L'insertion est quasi immédiate après le Master, notamment à Aix-Marseille, seule formation agréée en France.

Au quotidien, le conseiller en génétique alterne entre des consultations de génétique en binôme avec un médecin généticien (3 à 5 consultations par jour), la reconstitution d'arbres généalogiques détaillés sur 3 à 4 générations, la présentation des tests génétiques disponibles et leurs implications, la restitution de résultats avec accompagnement psychologique, la coordination avec les laboratoires de génétique moléculaire et cytogénétique, et la rédaction de comptes rendus médicaux. Il anime également des staffs pluridisciplinaires en oncogénétique ou en génétique prénatale, participe à des programmes de dépistage familial (cascade testing) et forme les étudiants en médecine et en biologie.

Les environnements de travail sont essentiellement hospitaliers : services de génétique médicale des CHU (AP-HP Necker, Robert Debré, Trousseau, Bicêtre, HCL Bron, Hôpital Nord Marseille, CHU Bordeaux/Toulouse/Lille/Strasbourg), instituts spécialisés (Institut Curie et Institut Gustave Roussy pour l'oncogénétique, Institut Imagine à Necker pour les maladies rares, Institut Jérôme Lejeune), centres de référence maladies rares labellisés, laboratoires de génétique des grands groupes privés (Cerba, Eurofins Biomnis, Synlab). Le statut est celui de praticien hospitalier contractuel (FPH) ou d'ingénieur hospitalier selon l'établissement, avec des grilles salariales proches de celles des biologistes hospitaliers. L'exercice est strictement encadré par le décret n° 2007-1220 définissant la profession.

Salaire

35k - 55k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 · Durée : 5 ans

Missions principales

  • Assurer des consultations de génétique en binôme avec un médecin généticien, pour les patients et leurs familles
  • Reconstituer l'arbre généalogique détaillé (pedigree) sur 3 à 4 générations pour identifier les antécédents familiaux
  • Informer les patients sur les maladies génétiques, leurs modes de transmission (autosomique dominant/récessif, lié à l'X, mitochondrial)
  • Présenter les tests génétiques disponibles (NGS, WES, WGS, FISH, caryotype) et leurs implications cliniques et psychologiques
  • Accompagner les familles lors de la restitution de résultats (présymptomatique, prénatal, diagnostic constitutionnel)
  • Coordonner les parcours de soins avec les cliniciens (oncologues, gynécologues, pédiatres, neurologues, cardiologues)
  • Organiser le dépistage familial en cascade (cascade testing) pour les maladies héréditaires à risque élevé
  • Participer aux réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) d'oncogénétique et de génétique prénatale
  • Rédiger les comptes rendus de consultation et les courriers aux médecins prescripteurs
  • Former les patients et les familles à la compréhension des résultats et au partage de l'information aux apparentés
  • Participer à la recherche clinique et aux essais thérapeutiques dans le domaine des maladies rares
  • Assurer une veille scientifique permanente sur les avancées de la génomique et les nouvelles variantes pathogènes

Compétences requises

  • Maîtrise approfondie de la génétique humaine, médicale et moléculaire
  • Connaissance des principales maladies génétiques : BRCA1/2, Lynch, mucoviscidose, X fragile, trisomie 21, Huntington
  • Interprétation des variants génétiques selon les recommandations ACMG (classification 1 à 5)
  • Techniques de pédigrée et logiciels de représentation (Cyrillic, Progeny, HaploPainter)
  • Connaissance des techniques de laboratoire : NGS, Sanger, FISH, MLPA, caryotype, array-CGH
  • Techniques d'entretien et de consultation en génétique (counseling non directif)
  • Accompagnement psychologique et gestion des émotions face à des résultats lourds
  • Connaissance de la loi de bioéthique française et des enjeux éthiques (consentement éclairé, droit de savoir/ne pas savoir)
  • Anglais scientifique courant pour la lecture de la littérature internationale
  • Méthodologie de la recherche clinique et rédaction scientifique
  • Utilisation des bases de données génétiques (OMIM, ClinVar, Orphanet, Varsome, gnomAD)
  • Notions de statistiques et d'épidémiologie
  • Coordination et travail en équipe pluridisciplinaire (médecins, biologistes, psychologues, infirmiers)

Formations pour devenir Conseiller en Génétique

  • Master Professionnel Pathologie Humaine, parcours Conseil en Génétique et Médecine Prédictive — Université d'Aix-Marseille (unique formation agréée en France)
  • Prérequis : Licence en Sciences de la Vie, Santé, Biologie, Biochimie ou validation de 2e année de médecine/pharmacie
  • Formation en 2 ans (Master 1 + Master 2), avec stages hospitaliers en service de génétique médicale
  • Diplôme reconnu par la loi de bioéthique 2004 et encadré par le décret n° 2007-1220
  • Formation continue obligatoire (DPC) et séminaires de l'ABCGF
  • Participation aux congrès internationaux de génétique humaine (ESHG, ASHG)
  • Master Recherche en Génétique Humaine (pour évolution vers un doctorat)
  • DU (Diplômes Universitaires) complémentaires en oncogénétique, génétique prénatale, maladies rares

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 33 000 – 42 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 42 000 – 52 000 € brut/an
  • Senior (5-10 ans) : 50 000 – 65 000 € brut/an
  • Référent / Coordinateur (10+ ans) : 60 000 – 80 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier récent et passionnant à la frontière de la médecine et de la recherche
  • Rémunération attractive pour un professionnel non médecin (35 000 à 55 000 € dès l'entrée)
  • Contribution directe à la médecine personnalisée et aux avancées scientifiques majeures
  • Travail en équipe pluridisciplinaire stimulante avec des médecins spécialistes
  • Forte demande et insertion quasi immédiate à la sortie du Master d'Aix-Marseille
  • Diversité des disciplines : oncogénétique, génétique prénatale, maladies rares, neurogénétique
  • Formation continue et participation à des congrès internationaux

Les moins

  • Une seule formation en France (Aix-Marseille), sélectivité importante (20 places/an)
  • Charge émotionnelle extrême face à des diagnostics lourds (cancer, trisomie 21, Huntington)
  • Responsabilité médicale et éthique majeure (restitution de résultats présymptomatiques)
  • Pression mentale liée à l'annonce de nouvelles difficiles aux familles
  • Complexité croissante des tests génétiques (variants de signification inconnue VUS)
  • Position juridique encore fragile de la profession malgré la reconnaissance de 2004
  • Peu de postes disponibles en dehors des grands CHU et instituts spécialisés
  • Risque de burnout lié à la charge émotionnelle cumulée des consultations lourdes

Secteurs qui recrutent

  • Services de génétique médicale des CHU — AP-HP (Necker, Robert Debré, Trousseau, Bicêtre, Pitié-Salpêtrière), HCL (Bron), AP-HM (Hôpital Nord)
  • CHU régionaux — CHU Bordeaux (Pellegrin), Toulouse (Purpan), Lille, Strasbourg (Hautepierre), Nantes, Rennes, Montpellier, Rouen
  • Institut Imagine à l'Hôpital Necker — institut de référence maladies rares génétiques
  • Instituts de cancérologie — Institut Curie (oncogénétique), Institut Gustave Roussy, Centre Léon Bérard, Paoli-Calmettes
  • Institut Jérôme Lejeune (Paris) — trisomie 21 et déficiences intellectuelles génétiques
  • Centres de Référence Maladies Rares (CRMR) labellisés FSMR
  • Centres Pluridisciplinaires de Diagnostic Prénatal (CPDPN) pour le diagnostic prénatal
  • Laboratoires de génétique des grands groupes privés — Cerba HealthCare (Laboratoire Cerba), Eurofins Biomnis, Synlab Barla, Genologic
  • Inserm — unités de recherche en génétique humaine et génomique fonctionnelle
  • Agence de la Biomédecine (Saint-Denis) et Orphanet (plateforme européenne maladies rares)

Évolution de carrière

Après 3 à 5 ans d'expérience, le conseiller en génétique peut évoluer vers des postes de conseiller référent en oncogénétique, en génétique prénatale ou en maladies rares (40 000 à 55 000 € brut/an), avec des responsabilités d'encadrement des stagiaires et de coordination de parcours. Avec 5 à 10 ans d'expérience, il peut devenir Coordinateur de service de génétique ou Responsable d'un programme de dépistage familial (50 000 à 70 000 €). Les profils les plus expérimentés peuvent accéder à des postes de cadre de santé dans un service de génétique (55 000 à 75 000 €), d'enseignant-formateur à Aix-Marseille (Université), ou de chef de projet en recherche clinique dans les instituts de génomique (Institut Imagine, Institut Curie). D'autres choisissent de poursuivre vers un doctorat (PhD) en génétique humaine pour s'orienter vers la recherche fondamentale et translationnelle. Enfin, certains rejoignent les laboratoires privés (Cerba, Eurofins Biomnis) en tant que conseillers référents pour l'accompagnement des prescripteurs.

Questions fréquentes sur le métier de Conseiller en Génétique

Comment devenir conseiller en génétique en France ?
La seule formation agréée en France est le Master Professionnel Pathologie Humaine, parcours Conseil en Génétique et Médecine Prédictive de l'Université d'Aix-Marseille. La formation dure 2 ans (Master 1 + Master 2) et est accessible après une Licence en Sciences de la Vie, Santé, Biologie ou une validation de 2e année de médecine/pharmacie. La sélection est très exigeante (environ 20 places par an). Le diplôme est reconnu par la loi de bioéthique 2004 et encadré par le décret n° 2007-1220.
Quel est le salaire d'un conseiller en génétique en 2026 ?
En début de carrière, un conseiller en génétique gagne entre 33 000 et 42 000 € brut/an dans un CHU (statut praticien hospitalier contractuel ou ingénieur hospitalier). Un profil confirmé atteint 42 000 à 52 000 €. Un référent ou coordinateur avec 10 ans d'expérience peut gagner 60 000 à 80 000 €. Les grilles hospitalières incluent les primes de sujétion, les indemnités de responsabilité et le 13e mois. Dans le secteur privé (Cerba, Eurofins Biomnis), les rémunérations peuvent être légèrement supérieures.
Quelle est la différence entre un conseiller en génétique et un généticien médecin ?
Le médecin généticien (médecin spécialiste en génétique médicale, 11 ans d'études) est responsable de la décision médicale, de la prescription des tests et de la synthèse diagnostique. Le conseiller en génétique (Master Bac+5) est son collaborateur direct : il reconstitue les pédigrées, explique les tests, accompagne psychologiquement les familles, coordonne les parcours. Les deux travaillent en binôme lors des consultations et leur complémentarité est la clé d'une prise en charge génétique de qualité.
Le métier est-il reconnu légalement en France ?
Oui, la profession est reconnue par la loi de bioéthique du 6 août 2004 (article L. 1132-1 du Code de la santé publique) et encadrée par le décret n° 2007-1220 du 10 août 2007. Seuls les titulaires du Master de Conseil en Génétique d'Aix-Marseille (ou équivalent reconnu) peuvent exercer le métier. Le conseiller en génétique exerce obligatoirement sous la responsabilité d'un médecin généticien et fait partie des professions paramédicales au sens du Code de la santé publique.
Est-ce un métier psychologiquement difficile ?
Oui, c'est l'un des aspects les plus exigeants du métier. Le conseiller en génétique accompagne des familles confrontées à des diagnostics lourds : cancers héréditaires, maladies neurodégénératives (Huntington), diagnostics prénatals (trisomie 21, mucoviscidose), tests présymptomatiques. La charge émotionnelle est importante, d'où l'importance d'une supervision régulière, d'une analyse de pratiques en équipe, et d'une formation continue en psychologie du counseling génétique. Le risque de burnout est réel et doit être anticipé.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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