Comment devenir Charpentier Métallique ?

En bref

  • Salaire : 22k à 38k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : CAP à Bac+2 (2 à 3 ans)
  • Domaine : BTP & Construction
  • Conditions d'exercice : Atelier / Terrain
  • Code ROME : H2914

Le charpentier métallique, également appelé monteur en construction métallique, est le spécialiste de la fabrication et du montage des structures en acier et en aluminium qui constituent l'ossature de nombreux ouvrages : bâtiments industriels, hangars, entrepôts logistiques, centres commerciaux, immeubles de bureaux, passerelles, ponts métalliques, pylônes et ouvrages d'art. Référencé sous le code ROME H2914 (Réalisation et montage en tuyauterie) et F1502 (Montage de structures métalliques), ce métier est au carrefour du BTP et de l'industrie métallurgique. En France, on compte environ 45 000 professionnels de la construction métallique en 2026, un secteur qui représente un chiffre d'affaires annuel de 5,8 milliards d'euros selon le Syndicat de la Construction Métallique de France (SCMF). La croissance du secteur est de 3 à 5 % par an, portée par la demande en bâtiments logistiques (e-commerce), en data centers et en ouvrages d'infrastructure (ponts, passerelles urbaines). Au quotidien, le charpentier métallique travaille en deux phases distinctes. En atelier, il lit les plans de construction métallique, trace et découpe les pièces (poutres IPE/HEA, cornières, tubes, tôles) à l'aide de machines de débit (cisailles, scies à ruban, plasma CN), réalise les perçages, le poinçonnage et l'assemblage par soudure (MIG, TIG, arc) ou boulonnage. Sur le chantier, il procède au montage de la structure en hauteur, assemble les éléments par boulonnage haute résistance (HR) et soudure, et contrôle les tolérances géométriques et la verticalité des poteaux. Le travail en hauteur est quotidien, avec des interventions parfois à plusieurs dizaines de mètres, nécessitant l'utilisation de nacelles, d'échafaudages et de harnais de sécurité. Les conditions de travail sont physiquement exigeantes, exposées aux intempéries et au bruit des machines. Les principaux employeurs sont les entreprises de construction métallique (Baudin Châteauneuf, Briand, Fayat Metal, Victor Buyck Steel Construction), les chaudronneries industrielles, les entreprises de maintenance industrielle et les majors du BTP via leurs filiales métalliques.

Salaire

22k - 38k € brut annuel

Niveau d'études : CAP à Bac+2 · Durée : 2 à 3 ans

Missions principales

  • Lire et interpréter les plans de construction métallique et les nomenclatures de pièces
  • Tracer, découper et préparer les pièces métalliques en atelier (débit, poinçonnage, cintrage)
  • Réaliser les assemblages par soudure (MIG, MAG, TIG, arc submergé) selon les procédures qualifiées
  • Effectuer les assemblages par boulonnage haute résistance (HR) et serrage au couple contrôlé
  • Monter les structures métalliques sur chantier à l'aide de grues et de nacelles élévatrices
  • Contrôler les tolérances géométriques, l'aplomb des poteaux et le nivellement des poutres
  • Appliquer les traitements de protection anticorrosion (grenaillage, métallisation, peinture)
  • Réaliser le bardage et la couverture métallique associés à la charpente (bac acier, panneaux sandwich)
  • Participer à la préparation des plans d'exécution avec le bureau d'études (Tekla Structures, Advance Steel)
  • Respecter les procédures de sécurité pour le travail en hauteur et le levage de charges lourdes
  • Réaliser les contrôles non destructifs (CND) des soudures : ressuage, magnétoscopie, ultrasons
  • Assurer la maintenance et la réparation de structures métalliques existantes

Compétences requises

  • Construction métallique (acier de construction S235/S355, aluminium, inox)
  • Soudure multi-procédés (MIG/MAG 135/136, TIG 141, arc enrobé 111, arc submergé 121)
  • Lecture de plans de structures métalliques et de nomenclatures
  • Normes Eurocode 3 (calcul des structures en acier) et NF EN 1090 (exécution)
  • Montage et levage sur chantier (CACES, élingage, plan de levage)
  • Logiciels de modélisation 3D (Tekla Structures, Advance Steel, SolidWorks)
  • Machines de débit et de mise en forme (cisailles, poinçonneuses, plieuses, rouleuses)
  • Boulonnage haute résistance (classes 8.8 et 10.9, serrage au couple)
  • Traitements anticorrosion (grenaillage, métallisation zinc/alu, systèmes de peinture)
  • Contrôles non destructifs des soudures (ressuage, magnétoscopie)
  • Géométrie et traçage sur tôle (développement, épure)
  • Connaissance des profilés normalisés (IPE, HEA, HEB, UPN, tubes)
  • Sécurité chantier et travail en hauteur (formation R486, harnais, échafaudages)
  • Utilisation de grues à tour et de grues mobiles pour le levage de charpentes

Formations pour devenir Charpentier Métallique

  • CAP Réalisations Industrielles en Chaudronnerie ou Soudage (en 2 ans, en apprentissage)
  • Bac professionnel Ouvrages du Bâtiment : Métallerie (en 3 ans après la 3e)
  • Bac professionnel Technicien en Chaudronnerie Industrielle (lycée technique)
  • BTS CRCI — Conception et Réalisation en Chaudronnerie Industrielle
  • Mention complémentaire Soudage (après CAP ou bac pro, en 1 an)
  • Titre professionnel Monteur en Construction Métallique (Afpa, en 8 à 10 mois)
  • Licence professionnelle Conception et Calcul de Structures Métalliques (IUT de Nantes)
  • Qualifications de soudeur selon NF EN ISO 9606-1 (organisme agréé : Institut de Soudure, Bureau Veritas)

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 21 000 – 26 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 26 000 – 34 000 € brut/an
  • Senior / Chef d'équipe (5-10 ans) : 34 000 – 44 000 € brut/an
  • Responsable / Conducteur de travaux (10+ ans) : 42 000 – 65 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Diversité des projets et des ouvrages (bâtiments, ponts, installations industrielles, off-shore)
  • Pénurie de main-d'œuvre assurant un accès rapide à l'emploi et un pouvoir de négociation salariale
  • Possibilité de voyager en France et à l'international sur des chantiers prestigieux
  • Fierté de contribuer à la construction d'ouvrages d'art et de bâtiments emblématiques
  • Primes de déplacement, de hauteur et d'insalubrité venant compléter le salaire de base

Les moins

  • Travail physiquement très exigeant, en hauteur et dans des conditions climatiques difficiles
  • Risques professionnels élevés (chutes, brûlures, exposition aux fumées de soudage, bruit)
  • Déplacements fréquents et prolongés, éloignement familial sur les grands chantiers
  • Rémunération de départ modeste qui ne compense pas toujours la pénibilité du travail

Secteurs qui recrutent

  • Entreprises de construction métallique (Baudin Châteauneuf, Briand, Fayat Metal, Victor Buyck)
  • Chaudronneries industrielles et ateliers de fabrication métallique
  • Entreprises de montage et de levage de structures (Sarens, Mediaco, Manitowoc)
  • Majors du BTP — filiales métalliques (Eiffage Métal, Vinci Construction Grands Projets)
  • Constructeurs de bâtiments industriels et logistiques (Canam, ArcelorMittal Construction)
  • Entreprises d'ouvrages d'art (ponts métalliques, passerelles, écluses)
  • Industrie offshore et éolien (plateformes, mâts, fondations métalliques)
  • Entreprises de maintenance industrielle et de réparation de structures
  • Constructeurs de data centers et de salles blanches
  • Entreprises de serrurerie-métallerie architecturale (verrières, escaliers, garde-corps)

Évolution de carrière

Le charpentier métallique débute avec un salaire annuel brut de 21 000 à 25 000 euros pour un titulaire de CAP, ou 23 000 à 28 000 euros avec un bac pro ou un BTS. Avec 3 à 5 ans d'expérience et des qualifications de soudeur reconnues, la rémunération atteint 27 000 à 33 000 euros. Les monteurs confirmés spécialisés dans le travail en grande hauteur ou sur des ouvrages complexes (ponts, tours, off-shore) perçoivent entre 32 000 et 40 000 euros, avec des primes de risque et de déplacement significatives. L'évolution vers le poste de chef d'équipe montage (35 000 à 42 000 euros) constitue le premier palier d'encadrement. Le responsable d'atelier de fabrication métallique gagne entre 38 000 et 48 000 euros. Les conducteurs de travaux en construction métallique atteignent 42 000 à 55 000 euros. À plus long terme, les perspectives s'ouvrent vers le poste de directeur technique d'entreprise de construction métallique (55 000 à 70 000 euros) ou la création de son propre atelier de charpente métallique. Les soudeurs hautement qualifiés (procédés spéciaux, nucléaire, off-shore) bénéficient de rémunérations majorées pouvant atteindre 45 000 à 55 000 euros.

Questions fréquentes sur le métier de Charpentier Métallique

Quelle est la différence entre un charpentier métallique et un serrurier-métallier ?
Le charpentier métallique travaille sur les structures porteuses de grande envergure : poteaux, poutres, fermes, contreventements, qui constituent l'ossature des bâtiments et des ouvrages d'art. Il manipule des pièces de grande dimension et de forte masse (profilés IPE, HEA, tubes de forte section) et intervient sur des chantiers de construction neuve ou de réhabilitation lourde. Le serrurier-métallier, quant à lui, fabrique et pose des ouvrages métalliques de second œuvre et de finition : escaliers, garde-corps, portails, grilles, verrières, mains courantes, menuiseries métalliques. Ses pièces sont généralement de plus petite dimension et nécessitent un travail plus fin, avec une attention particulière à l'esthétique et aux finitions. En pratique, les deux métiers partagent des compétences communes (soudure, lecture de plans, travail du métal), mais le charpentier métallique travaille davantage en hauteur et sur des structures de grande portée, tandis que le serrurier-métallier privilégie le travail en atelier et la pose de détail.
Les qualifications de soudeur sont-elles obligatoires pour exercer ?
Pour le travail courant en atelier ou sur chantier de bâtiment, les qualifications de soudeur ne sont pas toujours obligatoires au sens strict, mais elles sont très fortement recommandées et souvent exigées par les employeurs. En revanche, pour les ouvrages soumis à la norme NF EN 1090 (exécution des structures en acier et en aluminium), qui est la norme de référence en construction métallique depuis 2014, les soudeurs doivent posséder des qualifications valides selon la norme NF EN ISO 9606-1. Ces qualifications sont délivrées par des organismes agréés comme l'Institut de Soudure, Bureau Veritas ou Apave, après passage d'épreuves pratiques. Elles doivent être renouvelées tous les 2 ans. Pour les soudures sur ouvrages d'art (ponts, passerelles), sur équipements sous pression ou dans le nucléaire, les exigences sont encore plus strictes avec des qualifications spécifiques. Les soudeurs qualifiés multi-procédés (MIG, TIG, arc) sont très recherchés et bénéficient de rémunérations supérieures de 10 à 20 % par rapport aux non-qualifiés.
Peut-on évoluer vers le bureau d'études en tant que charpentier métallique ?
Oui, c'est une évolution de carrière courante et valorisée. Un charpentier métallique expérimenté qui connaît parfaitement les techniques de fabrication et de montage peut évoluer vers le bureau d'études en tant que dessinateur-projeteur en construction métallique. Il apprendra à utiliser les logiciels de modélisation 3D comme Tekla Structures (le standard du secteur), Advance Steel (Autodesk) ou StruCad, pour produire les plans de fabrication et de montage. Cette transition peut se faire progressivement en interne, par une formation continue (CNAM, Afpa, organismes spécialisés) ou par un BTS CRCI en formation continue. Le dessinateur-projeteur en construction métallique est un profil très recherché car il combine la connaissance pratique de l'atelier et du chantier avec la maîtrise des outils numériques. Sa rémunération est généralement supérieure à celle du monteur (30 000 à 45 000 euros selon l'expérience), et les conditions de travail sont moins pénibles physiquement.
Quels sont les grands chantiers de construction métallique en France en 2026 ?
La France connaît en 2026 une activité soutenue en construction métallique sur plusieurs fronts. Les grands projets d'infrastructure incluent la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse (ouvrages d'art métalliques), les extensions de lignes de métro du Grand Paris Express (gares et ouvrages techniques), et les passerelles urbaines dans les projets d'écoquartiers. Le secteur logistique, porté par le e-commerce, génère la construction de dizaines d'entrepôts et de plateformes de grande hauteur chaque année (Amazon, Carrefour Supply Chain, ID Logistics), nécessitant des charpentes métalliques de grande portée. Le boom des data centers en Île-de-France et dans les grandes métropoles (Equinix, Interxion, OVHcloud) mobilise également de nombreux charpentiers métalliques pour la construction de bâtiments à haute exigence technique. Enfin, la filière éolienne offshore (parcs de Saint-Nazaire, Fécamp, Saint-Brieuc) génère des besoins importants en fabrication et montage de structures métalliques marines.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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