Comment devenir Constructeur de Routes et d'Aménagements Urbains ?

En bref

  • Salaire : 23k à 38k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : CAP à Bac pro (1 à 3 ans)
  • Domaine : BTP & Construction
  • Conditions d'exercice : Terrain
  • Code ROME : F1702

Le constructeur ou la constructrice de routes et d'aménagements urbains — communément appelé routier — construit, entretient et remet en état les infrastructures de voirie : routes, autoroutes, voies piétonnières, pistes cyclables, parkings, places publiques, trottoirs et aménagements paysagers urbains. En France, le secteur routier emploie environ 90 000 personnes et représente le premier poste d'investissement en travaux publics, avec un chiffre d'affaires annuel de plus de 15 milliards d'euros. Le métier est rattaché au code ROME F1702 (Construction de routes et voies). La demande est soutenue par les programmes de rénovation du réseau routier français (1,1 million de kilomètres), le développement des mobilités douces (pistes cyclables, zones de rencontre) et les grands projets d'aménagement urbain. Au quotidien, le constructeur de routes intervient sur toutes les phases de réalisation d'une chaussée. Il commence par les terrassements : décapage de la terre végétale, création de la plateforme, mise en œuvre des couches de forme et de fondation. Il pose ensuite les bordures, les caniveaux, les avaloirs et les éléments de drainage des eaux pluviales. La phase principale est la mise en œuvre des couches de chaussée : grave non traitée (GNT), grave bitume (GB), béton bitumineux semi-grenu (BBSG) ou béton bitumineux mince (BBM) pour la couche de roulement. Il travaille aussi les revêtements de trottoirs et d'espaces publics : pavés, dalles, enrobés colorés, bétons désactivés. Le routier utilise des outils manuels (râteau, dame, règle) et des engins de chantier (mini-pelle, compacteur, finisseur). Il travaille en étroite coordination avec le chef d'équipe, le géomètre et le laboratoire de contrôle des matériaux. Les conditions de travail sont exigeantes : travail en extérieur par tous les temps, à proximité de la circulation sur les chantiers de réfection. Les principaux employeurs sont les grandes entreprises routières (Eurovia/Vinci, Colas/Bouygues, Eiffage Route), les PME régionales de VRD et les collectivités territoriales. C'est un métier concret où le résultat du travail est visible et durable.

Salaire

23k - 38k € brut annuel

Niveau d'études : CAP à Bac pro · Durée : 1 à 3 ans

Missions principales

  • Réaliser les terrassements et les couches de forme pour la fondation des chaussées
  • Poser les bordures, caniveaux, avaloirs et éléments de drainage des eaux pluviales
  • Mettre en œuvre les enrobés bitumineux : grave bitume, BBSG, BBM, enrobés à froid
  • Appliquer les revêtements de voirie : pavés, dalles, bétons désactivés, enrobés colorés
  • Réaliser les marquages au sol et la signalisation horizontale des chaussées
  • Compacter les couches de chaussée avec les engins appropriés (cylindre, compacteur à pneus)
  • Implanter les ouvrages de voirie à partir des plans et des données du géomètre
  • Poser les réseaux d'assainissement pluvial (canalisations, regards, grilles)
  • Entretenir et réparer les chaussées dégradées : bouchage de nids-de-poule, reprofilage
  • Réaliser les aménagements urbains : ralentisseurs, plateaux surélevés, giratoires
  • Respecter les consignes de sécurité et de balisage à proximité de la circulation
  • Contrôler la qualité des matériaux et des épaisseurs de couches avec le laboratoire

Compétences requises

  • Mise en œuvre d'enrobés bitumineux à chaud et à froid
  • Pose de bordures, caniveaux et éléments préfabriqués de voirie
  • Terrassement et compactage des couches de chaussée
  • Topographie de base : utilisation du niveau laser, de la station totale et du GPS
  • Lecture de plans VRD et de profils en long/travers
  • Conduite de petits engins de chantier (mini-pelle, compacteur, bobcat) — CACES R482
  • Connaissance des matériaux routiers : granulats, bitumes, émulsions, bétons
  • Techniques de pose de pavés et de dalles (calepinage, coupe, joints)
  • Réalisation des réseaux d'assainissement pluvial sous chaussée
  • Application des règles de balisage et de signalisation temporaire de chantier
  • Contrôle de la qualité des enrobés : température, épaisseur, compacité
  • Techniques de réparation et d'entretien des chaussées (point à temps, enduit superficiel)
  • Connaissance des normes routières (CCTG, fascicules du SETRA/CEREMA)
  • Utilisation des engins de répandage et de compactage (finisseur, cylindre)

Formations pour devenir Constructeur de Routes et d'Aménagements Urbains

  • CAP Constructeur de routes et d'aménagements urbains — CFA TP de Bruay, CFCTP d'Égletons
  • Bac pro Travaux publics — Lycée Le Garros (Auch), Lycée des métiers du BTP (Égletons)
  • Titre professionnel Maçon en voiries et réseaux divers (AFPA)
  • BP Conducteur d'engins de chantier de TP — pour les profils polyvalents engins/voirie
  • BTS Travaux publics — pour évoluer vers chef de chantier ou conducteur de travaux
  • Formation AIPR (Autorisation d'Intervention à Proximité des Réseaux) — obligatoire
  • CACES R482 catégorie A (mini-engins) — recommandé
  • Formations Eurovia Academy ou Colas Campus — parcours internes des majors routières

Grille salariale détaillée

  • Débutant (0-2 ans) : 23 000 – 26 000 € brut/an
  • Ouvrier qualifié (2-5 ans) : 26 000 – 32 000 € brut/an
  • Chef d'équipe voirie (5-10 ans) : 32 000 – 40 000 € brut/an
  • Chef de chantier / Conducteur de travaux VRD (10+ ans) : 40 000 – 55 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Forte demande de main-d'œuvre qualifiée avec un taux d'emploi très élevé
  • Rémunération complétée par de nombreuses primes et indemnités de chantier
  • Résultat du travail visible et durable : routes, places, aménagements urbains
  • Possibilités d'évolution rapide vers l'encadrement dans les grandes entreprises routières
  • Diversité des chantiers : neuf, réfection, aménagement urbain, autoroute

Les moins

  • Travail physiquement exigeant en extérieur par tous les temps, y compris forte chaleur
  • Exposition aux fumées de bitume et à la chaleur des enrobés (150-180 °C)
  • Chantiers parfois de nuit pour limiter la gêne à la circulation
  • Déplacements fréquents sur des chantiers géographiquement dispersés

Secteurs qui recrutent

  • Grandes entreprises routières : Eurovia (Vinci), Colas (Bouygues), Eiffage Route
  • PME de VRD et de voirie régionales (entreprises indépendantes ou filiales)
  • Collectivités territoriales : services voirie des communes, départements, métropoles
  • Carriers et centrales d'enrobés : Eurovia Granulats, Colas Midi-Méditerranée
  • Entreprises de travaux publics généralistes
  • Aménageurs urbains et paysagistes (espaces publics, zones piétonnes)
  • Sociétés autoroutières : VINCI Autoroutes, APRR, Sanef, ASF
  • Entreprises d'entretien routier et de marquage au sol
  • Bureaux d'études VRD : Artelia, Egis, Setec
  • Entreprises de génie civil et de réseaux (VRD + canalisations)

Évolution de carrière

Le constructeur de routes débutant perçoit un salaire brut annuel compris entre 23 000 et 26 000 euros, auquel s'ajoutent les primes de panier, de déplacement et les heures supplémentaires (pouvant représenter 3 000 à 5 000 euros annuels supplémentaires). Après 3 à 5 ans d'expérience, il devient ouvrier qualifié ou compagnon professionnel (26 000 à 31 000 euros) et peut se spécialiser dans un domaine : enrobés, pavage, assainissement pluvial. L'évolution vers le poste de chef d'équipe voirie (30 000 à 38 000 euros) est rapide pour les profils motivés, avec la responsabilité d'une équipe de 3 à 8 personnes. Les postes de chef de chantier route (35 000 à 42 000 euros) et de conducteur de travaux VRD (40 000 à 55 000 euros) sont accessibles avec une formation complémentaire ou une promotion interne. Les grandes entreprises routières (Eurovia, Colas, Eiffage Route) disposent de parcours d'évolution structurés. D'autres voies existent : responsable de centrale d'enrobés (32 000 à 40 000 euros), technicien de laboratoire routier, formateur technique ou responsable matériel. La création d'une entreprise de VRD est envisageable après une dizaine d'années d'expérience.

Questions fréquentes sur le métier de Constructeur de Routes et d'Aménagements Urbains

Quelle formation pour devenir constructeur de routes ?
La formation de référence est le CAP Constructeur de routes et d'aménagements urbains, un diplôme en 2 ans accessible après la 3e, qui se prépare en apprentissage dans un CFA des travaux publics (Bruay-la-Buissière, Égletons, Saint-Herblain, Lyon). Le Bac pro Travaux publics offre une formation plus complète en 3 ans incluant la lecture de plans, la topographie et les bases du management. Le titre professionnel Maçon en VRD, proposé par l'AFPA, est une alternative pour les adultes en reconversion (formation de 6 à 8 mois). De nombreuses entreprises routières recrutent aussi des débutants sans diplôme et les forment en interne. Eurovia, Colas et Eiffage Route disposent de leurs propres centres de formation (Eurovia Academy, Colas Campus) qui accueillent des apprentis et des salariés en formation continue.
Quelles sont les conditions de travail d'un routier ?
Le constructeur de routes travaille exclusivement en extérieur, sur des chantiers qui peuvent être en rase campagne, en milieu urbain ou sur des axes routiers en service. Les journées commencent tôt (6 h 30 à 7 h) et durent 8 à 10 heures. Le travail de nuit est fréquent pour les chantiers de réfection de chaussée sur routes circulées, afin de limiter la gêne aux usagers. L'exposition à la chaleur est double : soleil en été et chaleur des enrobés qui sortent de la centrale à 150-180 °C. Les fumées de bitume, bien que réduites par les enrobés tièdes et à froid, restent une préoccupation sanitaire. Le port d'EPI (gilet haute visibilité, chaussures de sécurité, gants, casque) est obligatoire en permanence. La convention collective des Travaux Publics prévoit des indemnités de panier et de déplacement qui complètent le salaire.
Le métier de constructeur de routes a-t-il de l'avenir ?
Oui, le métier de constructeur de routes a un avenir solide et en évolution. La France dispose d'un réseau routier de 1,1 million de kilomètres qui nécessite un entretien et une rénovation permanents : on estime que 15 à 20 % des routes départementales et communales sont en mauvais état. Les politiques de mobilité durable créent de nouveaux marchés : pistes cyclables (plan national vélo), zones de rencontre, aménagements de sécurité, transport en commun en site propre (BHNS, tramway). Les techniques évoluent : enrobés tièdes et à froid (réduction des émissions), enrobés drainants et phoniques, bétons décoratifs, revêtements perméables pour la gestion des eaux pluviales. Le routier de 2026 est plus technicien qu'ouvrier, utilisant des outils numériques de guidage et de contrôle qualité.
Quelle est la différence entre un constructeur de routes et un maçon VRD ?
Le constructeur de routes et le maçon VRD (Voirie et Réseaux Divers) exercent des métiers proches mais avec des spécialités différentes. Le constructeur de routes est focalisé sur la réalisation des chaussées et des revêtements de voirie : terrassement, couches de fondation, enrobés bitumineux, bordures et finitions. Le maçon VRD a un périmètre plus large : il intervient sur les réseaux enterrés (assainissement, adduction d'eau, télécoms), les ouvrages de voirie (regards, chambres, caniveaux) et les petits ouvrages de génie civil (murs de soutènement, murets, escaliers). En pratique, les deux métiers se chevauchent fréquemment et beaucoup de professionnels maîtrisent les deux. Sur les petits chantiers de lotissement ou d'aménagement urbain, un même ouvrier peut poser les réseaux et réaliser la voirie.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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