Comment devenir Soudeur ?
En bref
- Salaire : 24k à 48k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : CAP à Bac Pro (2 à 3 ans après le collège)
- Domaine : BTP & Construction
- Conditions d'exercice : Atelier / Chantier
- Code ROME : H2913
Le soudeur est un professionnel hautement qualifié qui assemble, par fusion ou par pression, des pièces métalliques (acier carbone, inox, aluminium, titane, alliages réfractaires) à partir de plans techniques et de cahiers de soudage (DMOS/QMOS). Il maîtrise plusieurs procédés (TIG, MIG/MAG, à l'arc électrode enrobée, soudage à l'arc submergé, soudage laser ou par friction) et travaille sur des ouvrages aussi variés qu'une coque de sous-marin, une cuve sous pression, un pipeline, un châssis de TGV ou une structure d'avion. C'est un métier d'expertise où chaque cordon est contrôlé par radiographie ou ressuage avant d'être validé.
En 2026, le soudage figure en tête des métiers les plus en tension en France selon la DARES, France Travail et l'UIMM. La filière nucléaire (programme EPR2 d'EDF, six réacteurs annoncés), la construction navale militaire (programme SNLE Naval Group), la réindustrialisation France 2030, le développement de l'hydrogène vert et le boom des éoliennes offshore créent une demande massive : on parle de plus de 25 000 soudeurs qualifiés à recruter d'ici 2030. Le code ROME associé est H2913 — Soudage manuel, et de manière complémentaire H2914 — Réalisation et montage en tuyauterie pour les soudeurs tuyauteurs.
Une journée type commence par la lecture du DMOS (Descriptif du Mode Opératoire de Soudage), la préparation des pièces (chanfreinage, meulage, dégraissage), le préchauffage si nécessaire, puis le pointage et l'exécution du cordon. Le soudeur travaille debout, parfois en hauteur sur échafaudage, parfois en milieu confiné (cuve, fond de coque), avec son masque LCD, son tablier en cuir, ses gants longs, ses chaussures de sécurité et sa cagoule. Il enchaîne plusieurs procédés dans la journée selon les pièces et termine souvent par le contrôle visuel et dimensionnel de ses cordons. Selon l'employeur, il peut être en atelier (fixe) ou itinérant sur chantier (raffinerie, centrale nucléaire, plateforme pétrolière).
Le métier exige une excellente condition physique et une grande résistance : exposition à la chaleur, fumées, UV, postures contraignantes, port d'EPI lourds. Les TMS (épaule, dos, cervicales) et les pathologies oculaires (coup d'arc) sont les principaux risques. Le respect strict des qualifications de soudeur (NF EN ISO 9606-1 pour acier, 9606-2 pour aluminium) est obligatoire et doit être renouvelé tous les 6 mois à 3 ans selon le procédé. Un soudeur certifié multi-procédés multi-positions est rare, très recherché et peut négocier des salaires bien supérieurs à la grille UIMM standard. Le métier est officiellement classé en tension par France Travail.
Salaire
24k - 48k € brut annuel
Niveau d'études : CAP à Bac Pro · Durée : 2 à 3 ans après le collège
Missions principales
- Lire et interpréter les plans d'exécution, les DMOS et QMOS, les symboles de soudure (NF EN ISO 2553)
- Préparer les pièces à souder : chanfreinage, meulage, brossage, dégraissage, alignement
- Réaliser le pointage et le préchauffage selon les exigences du cahier de soudage
- Exécuter les cordons de soudure en TIG, MIG/MAG, à l'arc électrode enrobée (111), à l'arc submergé (121)
- Souder en toutes positions (à plat, en corniche, en montante, au plafond — positions PA à H-L045)
- Contrôler visuellement et dimensionnellement les cordons (jauges, gabarits, calibres)
- Réaliser les contrôles non destructifs de premier niveau : ressuage, magnétoscopie, ultrasons
- Respecter les paramètres électriques (intensité, tension, vitesse d'avance, gaz de protection)
- Maintenir et entretenir le poste à souder, changer les torches, les buses et les fils d'apport
- Participer aux qualifications soudeur NF EN ISO 9606 et renouveler ses certifications
- Renseigner les fiches suiveuses et les rapports de soudage pour la traçabilité qualité
- Respecter les consignes HSE : EPI, ventilation, prévention incendie, risque électrique
Compétences requises
- Procédés TIG (141) sur acier, inox, aluminium, titane
- Procédés MIG/MAG (131, 135, 136, 138)
- Soudage à l'arc électrode enrobée (111)
- Soudage à l'arc submergé SAW (121) pour pièces lourdes
- Soudage TIG orbital pour tuyauterie nucléaire et pharmaceutique
- Lecture de plans mécaniques et symboles de soudure NF EN ISO 2553
- Lecture et application des DMOS / QMOS
- Métallurgie de base : aciers carbone, inox 304/316L, alu 5083/6061, duplex
- Préparation des pièces : meulage, chanfreinage, dégraissage
- Contrôle non destructif niveau 1 : ressuage, magnétoscopie
- Qualifications soudeur NF EN ISO 9606-1 / 9606-2
- Habilitation électrique BS / B0
- Travail en hauteur (CACES R486 nacelle) et en espace confiné
- Notions d'anglais technique pour les missions à l'export
Formations pour devenir Soudeur
- CAP Réalisation Industrielle en Chaudronnerie ou Soudage RICS (2 ans après la 3e)
- Bac Pro TCI — Technicien en Chaudronnerie Industrielle (3 ans)
- Mention Complémentaire Soudage (1 an après le CAP)
- Titre Professionnel Soudeur TIG-MAG (AFPA, niveau 3)
- Titre Professionnel Soudeur Assembleur Industriel (AFPA / GRETA)
- BTS Conception et Réalisation en Chaudronnerie Industrielle CRCI (Bac+2)
- Licence Pro Soudage et Contrôle (Bac+3, en alternance avec l'Institut de Soudure)
- CQPM Soudeur Industriel (CFA UIMM) et qualifications NF EN ISO 9606-1 / 9606-2
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 22 000 – 28 000 € brut/an
- Confirmé multi-procédés (2-5 ans) : 28 000 – 38 000 € brut/an
- Senior haute qualification (5-10 ans) : 38 000 – 55 000 € brut/an
- Chef d'équipe / Coordinateur soudage IWS (8+ ans) : 45 000 – 70 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier extrêmement en tension : embauche quasi garantie en sortie de formation
- Salaires très évolutifs avec les qualifications (un soudeur TIG nucléaire peut dépasser 50 000 €)
- Forte demande à l'international avec des rémunérations attractives
- Possibilité de spécialisation noble (nucléaire, offshore, aéronautique, sous-marin)
- Accessible dès le CAP sans le bac, avec alternance financée
Les moins
- Grilles UIMM en début de carrière souvent proches du SMIC pour les profils non qualifiés multi-procédés
- Conditions physiques très exigeantes : chaleur, fumées, UV, postures contraignantes, TMS et risques de coup d'arc
- Travail fréquent en 3x8, weekends et grands déplacements (chantiers, plateformes offshore, raffineries)
- Pénibilité reconnue : exposition aux fumées de soudage classées cancérogènes par le CIRC depuis 2017
- Renouvellement obligatoire des qualifications NF EN ISO 9606 tous les 6 mois à 3 ans selon les procédés
- Métier exigeant de longues années pour devenir réellement polyvalent et bien rémunéré
Secteurs qui recrutent
- Nucléaire civil et militaire (EDF, Framatome, Orano, Naval Group, programme EPR2)
- Construction navale (Naval Group, Chantiers de l'Atlantique, CMN Cherbourg)
- Aéronautique et spatial (Airbus, Safran, ArianeGroup, Dassault Aviation)
- Pétrole, gaz et raffinage (TotalEnergies, Vallourec, Technip Energies)
- Ferroviaire (Alstom, SNCF, Bombardier)
- Chaudronnerie et tuyauterie industrielle (Endel, Spie Batignolles Énergie, Ponticelli)
- Énergies renouvelables : éolien offshore, hydrogène vert (Siemens Gamesa, GE Renewable, McPhy)
- Sidérurgie et métallurgie (ArcelorMittal, Vallourec, Aperam, Manoir Industries)
- Défense terrestre et naval (KNDS / Nexter, Naval Group, MBDA)
- BTP et charpentes métalliques (Eiffage Métal, Castel & Fromaget, Joseph Paris)
Évolution de carrière
Le soudeur démarre comme soudeur débutant (24 000 à 28 000 € brut/an), généralement sur un seul procédé. Après 2 à 4 ans et plusieurs qualifications (NF EN ISO 9606 multi-procédés, multi-positions), il devient soudeur qualifié multi-procédés (30 000 à 38 000 €), avec une vraie valeur sur le marché. Avec 5 à 8 ans, il peut devenir soudeur haute qualification (codap, ESPN, ASME), soudeur tuyauteur en nucléaire ou offshore (40 000 à 55 000 €+), ou chef d'équipe soudage (38 000 à 48 000 €). Les profils experts évoluent vers inspecteur en soudage IWI/IWS (Institut International de la Soudure), coordinateur en soudage IWS/IWE/IWT, ou contrôleur en CND niveau 2/3. Beaucoup partent aussi à l'export (Moyen-Orient, offshore mer du Nord) où les salaires peuvent doubler. Création d'entreprise de soudure et formateur AFPA sont d'autres voies fréquentes.
Questions fréquentes sur le métier de Soudeur
- Faut-il un diplôme pour devenir soudeur ?
- Oui, le CAP RICS (Réalisation Industrielle en Chaudronnerie) ou le Bac Pro TCI (Technicien en Chaudronnerie Industrielle) sont les voies royales. Mais l'élément vraiment décisif, ce sont les qualifications soudeur NF EN ISO 9606-1 (acier) et 9606-2 (aluminium), qui doivent être renouvelées régulièrement et qui attestent du niveau réel. Sans ces qualifications, impossible de souder sur des ouvrages contrôlés (nucléaire, pharmaceutique, sous pression, naval).
- Quel est le salaire d'un soudeur en 2026 ?
- En 2026, un soudeur débutant gagne entre 22 000 et 28 000 € brut/an selon la grille UIMM. Un soudeur confirmé multi-procédés (TIG + MIG/MAG, multi-positions) atteint 30 000 à 38 000 €. Un soudeur haute qualification en nucléaire ou aéronautique peut dépasser 45 000 € brut. À l'international (offshore mer du Nord, Moyen-Orient), les salaires peuvent doubler avec primes d'expatriation. Les soudeurs codap, ASME ou TIG orbital sont parmi les plus rares et les mieux payés.
- Quelle est la différence entre un soudeur, un chaudronnier et un tuyauteur ?
- Le chaudronnier conçoit et fabrique des ouvrages métalliques en feuilles ou en profilés (cuves, citernes, structures) — il trace, plie, roule, formate, puis soude. Le tuyauteur assemble des réseaux de tuyauterie industrielle (raffineries, nucléaire) en préparant et ajustant les piquages. Le soudeur, lui, est le spécialiste pur du cordon de soudure : il intervient sur ce que les autres ont préparé. Beaucoup de professionnels combinent ces compétences (chaudronnier-soudeur ou tuyauteur-soudeur).
- Le métier de soudeur est-il menacé par l'automatisation et les robots ?
- Partiellement. Les robots de soudage MIG/MAG remplacent peu à peu les soudeurs sur les pièces de série standardisées (automobile, mobilier urbain). Mais sur les pièces unitaires complexes (nucléaire, naval, aéronautique, tuyauterie en fond de cuve), aucun robot n'égale la dextérité d'un soudeur qualifié. France Travail classe le métier parmi les profils en tension durable, et la réindustrialisation France 2030 va créer des dizaines de milliers de postes d'ici 2030.
- Comment se reconvertir comme soudeur ?
- La reconversion est très accessible via les Titres Professionnels AFPA (TP Soudeur TIG-MAG, TP Soudeur Assembleur Industriel) ou les GRETA, en 6 à 9 mois en formation continue. Le CQPM Soudeur Industriel via les CFA UIMM est très reconnu par les employeurs. Le CPF, la POEI et le dispositif ProA permettent de financer la formation. À la sortie, l'embauche est quasi systématique dans les bassins industriels, avec des contrats CDI dès la fin du stage pratique.
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H2913 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Soudeur (www.onisep.fr)
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