Comment devenir Chargé d'Études en Risques Naturels ?

En bref

  • Salaire : 28k à 85k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 à Bac+8 (5 à 8 ans)
  • Domaine : Environnement & Écologie
  • Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
  • Code ROME : F1105

Le chargé d'études en risques naturels (aussi appelé ingénieur risques naturels, hydrologue, géotechnicien risques, chargé d'études aléas, ingénieur en prévention des risques ou chargé de mission PPR selon la structure employeuse) est un scientifique et ingénieur spécialisé dans l'identification, la caractérisation, la cartographie, la modélisation et la prévention des risques naturels majeurs : inondations fluviales et par ruissellement, submersion marine, glissements de terrain, chutes de blocs, avalanches, séismes, tsunamis, tempêtes, cyclones tropicaux (Antilles, Réunion, Mayotte), feux de forêt (Incendie de Forêts et d'Espaces Naturels IFEN), mouvements de terrain, effondrements de cavités, retrait-gonflement des argiles, éruptions volcaniques (Réunion, Guadeloupe, Martinique). Le code ROME associé est F1105 — Études géologiques, avec des passerelles vers H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel et K2402 — Recherche en sciences de l'univers, de la matière et du vivant.

Le cadre réglementaire est structuré par le Code de l'environnement (articles L.562-1 à L.566-13 sur les Plans de Prévention des Risques Naturels Prévisibles PPRN et la gestion des zones inondables), la loi Barnier du 2 février 1995 qui a créé les PPR (Plans de Prévention des Risques), la loi du 30 juillet 2003 sur la prévention des risques technologiques et naturels, la Directive Européenne Inondation (2007/60/CE du 23 octobre 2007) transposée en droit français en 2010 qui a instauré les PGRI (Plans de Gestion des Risques d'Inondation) par district hydrographique et les TRI (Territoires à Risques Importants d'inondation). La loi MAPTAM de 2014 a créé la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) transférée aux intercommunalités depuis le 1er janvier 2018, financée par une taxe affectée plafonnée à 40 euros par habitant et par an. La loi Climat & Résilience du 22 août 2021 a renforcé les obligations de prévention des risques face au changement climatique et introduit l'obligation de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d'ici 2050. Le régime Cat Nat (Catastrophes Naturelles) créé par la loi du 13 juillet 1982 et géré par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) indemnise les sinistres pour un montant moyen de 1,5 à 3 milliards d'euros par an en France métropolitaine.

La convention collective applicable varie selon l'employeur : les bureaux d'études privés relèvent de la CCN Syntec (Bureaux d'Études Techniques IDCC 1486), les entreprises de géotechnique relèvent également de Syntec, les organismes publics (BRGM, INRAE, CEREMA, Ifsttar, IRD, IFREMER) suivent les statuts de l'EPIC et les collectivités territoriales appliquent le décret n° 2016-201 pour les ingénieurs territoriaux (catégorie A, FPT). Le Service Central d'Hydrométéorologie et d'Appui à la Prévision des Inondations (SCHAPI), basé à Toulouse et rattaché au ministère de la Transition Écologique, est responsable de la vigilance crues nationale (Vigicrues) et coordonne les Services de Prévision des Crues (SPC) des DREAL de bassin. En 2026, la France compte environ 8 000 professionnels dédiés à la prévention et à l'étude des risques naturels, employés par les bureaux d'études (Artelia, Egis Eau, BRL Ingénierie, Burgéap, Hydratec, SAFEGE, Sogreah), les organismes publics (BRGM, INRAE, CEREMA, Ifsttar, Météo-France, ONF-RTM), les collectivités et les services de l'État (DREAL, DDT, DDTM, SPC).

Les principaux organismes publics recruteurs sont le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières, EPIC basé à Orléans, 1 100 agents, service géologique national français) qui est l'expert de référence sur les risques du sous-sol (séismes, mouvements de terrain, cavités, retrait-gonflement des argiles), le CEREMA (Centre d'Études et d'Expertise sur les Risques, l'Environnement, la Mobilité et l'Aménagement, créé en 2014, 2 500 agents) qui appuie les politiques publiques de prévention, l'INRAE (recherche sur les risques agricoles et les impacts du changement climatique), Ifsttar (devenu l'Université Gustave Eiffel en 2020), l'Ineris (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques, Verneuil-en-Halatte, 550 agents), l'OFB, le MNHN UMS PatriNat, les parcs nationaux de montagne (Écrins, Vanoise, Mercantour, Pyrénées) pour les risques d'avalanches et le service RTM de l'ONF (Restauration des Terrains en Montagne, présent dans les 11 départements de montagne des Alpes, Pyrénées et Massif Central).

Les formations de référence sont le Master Risques Naturels et Génie Civil (Universités de Grenoble Alpes, Savoie Mont Blanc, Nice Côte d'Azur, Montpellier, Strasbourg, Bretagne Occidentale), le Master Géosciences Appliquées, le Master Hydrologie et Hydrogéologie, le Master Géotechnique et le Master Risques et Environnement. Les diplômes d'ingénieur spécialisés sont ceux de l'ENGEES Strasbourg (École Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg), l'ENTPE Lyon (École Nationale des Travaux Publics de l'État), l'École des Mines de Nancy, l'ENSG Nancy (École Nationale Supérieure de Géologie, au sein de l'Université de Lorraine), l'École des Ponts ParisTech, CentraleSupélec, l'ENSTA Paris, Polytech Grenoble et Polytech Nice Sophia. Les licences professionnelles en Génie Géologique ou Sciences de la Terre constituent une voie d'accès pour les techniciens supérieurs. Les salaires s'échelonnent de 28 000 euros bruts annuels pour un chargé d'études débutant à 58 000 euros et plus pour un chef de projet confirmé ou un expert senior dans un grand bureau d'études ou en service public.

Salaire

28k - 85k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 à Bac+8 · Durée : 5 à 8 ans

Missions principales

  • Cartographier les zones exposées aux risques naturels (inondations, submersions marines, glissements de terrain, séismes, avalanches, feux de forêt)
  • Modéliser les aléas naturels avec des outils hydrauliques 1D/2D (HEC-RAS, MIKE 11/21, MASCARET, Infoworks, Telemac 2D) et géotechniques
  • Évaluer la vulnérabilité des territoires, des biens et des populations exposés aux aléas (études de vulnérabilité, recensement des enjeux)
  • Rédiger les PPRN (Plans de Prévention des Risques Naturels) et les PPRI (Plans de Prévention des Risques Inondation) pour les DDT et DREAL
  • Élaborer les PGRI (Plans de Gestion des Risques d'Inondation) et les stratégies locales de gestion des risques d'inondation (SLGRI) dans les TRI
  • Assurer le suivi des crues en temps réel et contribuer à la vigilance Vigicrues coordonnée par le SCHAPI et les SPC
  • Accompagner les collectivités (communes, intercommunalités, départements) dans la mise en œuvre de leurs Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) obligatoires depuis la loi du 13 août 2004
  • Réaliser des expertises géotechniques, des études de stabilité de pentes, des diagnostics de cavités souterraines et des études de retrait-gonflement des argiles
  • Instrumenter des sites sensibles (capteurs géotechniques, inclinomètres, piézomètres, extensomètres, stations météo, DGPS) pour la surveillance continue
  • Rédiger les dossiers techniques réglementaires (études d'impact, études de dangers, notices hydrauliques, mémoires en réponse)
  • Animer les réunions publiques, les comités de pilotage (COPIL) et les consultations d'enquête publique
  • Assurer la veille scientifique et réglementaire (Code de l'environnement, Directive Inondation, jurisprudence)
  • Intervenir en cas de crise (crues, séismes, glissements) pour expertiser les dommages et conseiller les autorités

Compétences requises

  • Géologie, géomorphologie, pédologie et hydrogéologie (fonctionnement des nappes, écoulements souterrains)
  • Modélisation hydraulique 1D et 2D : HEC-RAS (USACE), MIKE 11/21 (DHI), MASCARET (EDF), Infoworks, Telemac 2D (EDF-LNHE)
  • Modélisation géotechnique : logiciels Plaxis, Flac, Talren, Geoslope, Rocscience, Slide (stabilité de pentes)
  • Hydrologie et hydraulique fluviale : théorie des crues, hydrogrammes, courbes de tarage, bassins versants
  • SIG et cartographie : QGIS, ArcGIS, MapInfo, traitement de données LIDAR, télédétection satellitaire (Sentinel, SPOT)
  • Réglementation PPRN, PPRI, PGRI, SLGRI, GEMAPI, Code de l'environnement, Directive Inondation 2007/60/CE
  • Instrumentation géotechnique : inclinomètres, piézomètres, extensomètres, stations météo, DGPS, capteurs IoT
  • Météorologie et climatologie (prévision des crues, radars Météo-France, modèles AROME, ARPEGE, climatologie régionale)
  • Rédaction d'études réglementaires (études de dangers, études d'impact, dossiers loi sur l'eau, PPRN)
  • Connaissance du régime Cat Nat (Catastrophes Naturelles) et du fonctionnement de la CCR (Caisse Centrale de Réassurance)
  • Bases de données nationales : Gaspar (base risques), BRGM InfoTerre, Prim.net, BdCavités, BdMvt (mouvements de terrain)
  • Langages scientifiques : Matlab, Python, R, Fortran (pour la modélisation et le traitement de données)
  • Anglais scientifique et technique pour la littérature internationale et les projets européens (programme Horizon Europe, Copernicus)
  • Gestion de projet, pilotage d'études, relation maître d'ouvrage, coordination d'équipes pluridisciplinaires

Formations pour devenir Chargé d'Études en Risques Naturels

  • Licence Sciences de la Terre ou Sciences de l'Environnement (Bac+3) — universités françaises
  • Licence Professionnelle Génie Géologique ou Protection de l'Environnement — Universités d'Avignon, Chambéry, Pau, La Rochelle
  • Master Risques Naturels et Génie Civil — Universités de Grenoble Alpes, Savoie Mont Blanc, Nice Côte d'Azur, Montpellier
  • Master Géosciences Appliquées / Hydrogéologie / Géotechnique — Universités de Lorraine (Nancy), Grenoble Alpes, Rennes 1, Strasbourg, Montpellier
  • Master Hydrologie et Hydraulique — Universités de Montpellier, Brest UBO, La Rochelle, Rennes 1
  • Master Risques et Environnement / Ingénierie des Risques Naturels et Technologiques — Universités de Bordeaux, Clermont Auvergne, Toulouse
  • Diplôme d'ingénieur ENGEES (École Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg) — référence nationale pour l'eau
  • Diplôme d'ingénieur ENTPE Lyon (École Nationale des Travaux Publics de l'État) — risques naturels et génie civil
  • Diplôme d'ingénieur ENSG Nancy (École Nationale Supérieure de Géologie, Université de Lorraine) — sciences de la Terre appliquées
  • Diplôme d'ingénieur École des Mines de Nancy, École des Ponts ParisTech, CentraleSupélec, ENSTA Paris, Polytech Grenoble / Nice Sophia
  • Doctorat en sciences de la Terre, hydrologie, géotechnique ou risques naturels (financement CIFRE, thèse ANR, bourse ministérielle)

Grille salariale détaillée

  • Chargé d'études débutant (0-3 ans) — CCN Syntec IDCC 1486 ou ingénieur territorial catégorie A : 28 000 – 35 000 € brut/an
  • Chargé d'études confirmé / Chef de projet junior (3-8 ans) — bureau d'études ou BRGM/CEREMA : 34 000 – 45 000 € brut/an
  • Chef de projet senior / Expert risques naturels (8-15 ans) — grande structure d'études : 42 000 – 58 000 € brut/an
  • Directeur de projets / Responsable de pôle risques / Expert judiciaire (15+ ans) : 52 000 – 85 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier porteur de sens lié à la protection des populations et des biens face au changement climatique
  • Diversité des missions (terrain, modélisation, rédaction, expertise, réunions publiques)
  • Secteur en forte croissance avec l'augmentation des aléas liés au changement climatique
  • Variété des employeurs (public, privé, recherche, assurance)
  • Rémunérations attractives pour les ingénieurs confirmés et les experts
  • Ouverture internationale (projets Horizon Europe, Copernicus, coopération avec PNUE, Banque Mondiale)
  • Possibilités d'expertise judiciaire et de conseil stratégique à haut niveau

Les moins

  • Pression forte en cas de crise ou de sinistre majeur (responsabilité morale des études)
  • Déplacements fréquents sur des sites parfois difficiles d'accès (montagne, zones sinistrées)
  • Charge administrative et rédactionnelle importante (rapports de plusieurs centaines de pages)
  • Temps long des études et des procédures réglementaires (PPRN sur plusieurs années)
  • Interactions parfois tendues avec les collectivités, propriétaires et habitants concernés
  • Évolutions réglementaires fréquentes nécessitant une veille juridique permanente

Secteurs qui recrutent

  • Bureaux d'études privés : Artelia, Egis Eau, BRL Ingénierie, Burgéap, Hydratec, SAFEGE, Sogreah, BG Ingénieurs Conseils, Antea Group, Hydrexco, Setec
  • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) — EPIC basé à Orléans, 1 100 agents, service géologique national
  • CEREMA (Centre d'Études et d'Expertise sur les Risques, l'Environnement, la Mobilité et l'Aménagement) — créé en 2014, 2 500 agents
  • Ineris (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques) — Verneuil-en-Halatte, 550 agents, risques industriels et naturels
  • INRAE, IRD, IFREMER, Ifsttar (devenu Université Gustave Eiffel), CNRS — recherche publique
  • DREAL (Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) — services risques et SPC (Services de Prévision des Crues)
  • DDT et DDTM (Directions Départementales des Territoires et de la Mer) — élaboration des PPRN
  • SCHAPI (Service Central d'Hydrométéorologie et d'Appui à la Prévision des Inondations) — Toulouse, Vigicrues
  • Collectivités territoriales : régions, départements, métropoles, intercommunalités (GEMAPI depuis 2018)
  • Services ONF-RTM (Restauration des Terrains en Montagne) et parcs nationaux de montagne (Vanoise, Écrins, Mercantour, Pyrénées)
  • Compagnies d'assurance et réassureurs : CCR (Caisse Centrale de Réassurance), SCOR, Munich Re, Swiss Re, AXA, Allianz

Évolution de carrière

Le chargé d'études en risques naturels débute généralement comme ingénieur junior dans un bureau d'études privé (Artelia, Egis Eau, BRL Ingénierie, Burgéap, Hydratec, SAFEGE, Sogreah, Antea Group) ou au BRGM, avec un salaire de 28 000 à 35 000 euros bruts annuels (CCN Syntec IDCC 1486). Après 3 à 5 ans d'expérience, il devient chargé d'études confirmé puis chef de projet, avec des responsabilités de coordination d'équipes et de pilotage de dossiers complexes (PPRN multi-aléas, études de dangers). Il peut atteindre 38 000 à 48 000 euros bruts annuels. Après 8 à 15 ans d'expérience, les trajectoires d'évolution conduisent vers des postes d'expert senior, directeur de projets, responsable de pôle risques naturels en bureau d'études, ingénieur principal au BRGM ou au CEREMA, chercheur à l'Ineris, à l'INRAE ou à l'Ifsttar (Université Gustave Eiffel), chargé de mission à la direction générale de la prévention des risques (DGPR) du ministère de la Transition Écologique. Les salaires peuvent atteindre 50 000 à 70 000 euros bruts annuels dans les grands bureaux d'études internationaux. Certains évoluent vers des postes d'expert judiciaire auprès des tribunaux (missions d'expertise en cas de sinistres et de contentieux), de consultant en gestion de crise, ou de responsable prévention des risques dans une collectivité (métropole, département, région). Les passerelles vers le secteur privé des assurances conduisent à des postes d'ingénieur risques à la CCR (Caisse Centrale de Réassurance, qui gère le régime Cat Nat), chez SCOR, Munich Re, Swiss Re ou dans les compagnies d'assurance (AXA, Allianz, Generali, MAIF, MACIF) au sein des directions techniques et actuarielles. Les doctorats ouvrent les portes de la recherche académique (maître de conférences, chargé de recherche CNRS, chercheur BRGM). Le changement climatique et l'augmentation des aléas (inondations, submersions, sécheresses, feux de forêt, retrait-gonflement des argiles) créent une forte demande et des perspectives d'emploi dynamiques.

Questions fréquentes sur le métier de Chargé d'Études en Risques Naturels

Comment devenir chargé d'études en risques naturels en 2026 ?
Le parcours classique nécessite un Bac+5 minimum. Plusieurs voies sont possibles : un Master Risques Naturels et Génie Civil (Universités de Grenoble Alpes, Savoie Mont Blanc, Nice Côte d'Azur, Montpellier), un Master Géosciences Appliquées/Hydrogéologie (Universités de Lorraine Nancy, Grenoble Alpes, Rennes 1, Strasbourg), un Master Hydrologie et Hydraulique ou un Master Risques et Environnement. Les diplômes d'ingénieur les plus prisés sont ceux de l'ENGEES Strasbourg (spécialisé eau et environnement), l'ENTPE Lyon (travaux publics et génie civil), l'ENSG Nancy (géologie appliquée, Université de Lorraine), l'École des Mines de Nancy, l'École des Ponts ParisTech, CentraleSupélec, l'ENSTA Paris, Polytech Grenoble ou Polytech Nice Sophia. Les stages en bureau d'études (Artelia, Egis Eau, BRL Ingénierie, Burgéap, Hydratec), au BRGM ou au CEREMA sont essentiels. Pour les postes de recherche ou d'expertise de haut niveau, un doctorat (thèse de 3 à 4 ans, financement CIFRE en bureau d'études, allocation ministérielle ou contrat ANR) est très valorisé. L'accès aux postes de la Fonction Publique se fait par concours (ingénieur des ponts, des eaux et des forêts IPEF, ingénieur territorial).
Quel est le salaire d'un chargé d'études en risques naturels en 2026 ?
Un chargé d'études débutant dans un bureau d'études privé (Artelia, Egis Eau, BRL Ingénierie, Burgéap, Hydratec) perçoit 28 000 à 35 000 euros bruts annuels selon la CCN Syntec IDCC 1486. Avec 3 à 5 ans d'expérience, le chargé d'études confirmé atteint 34 000 à 42 000 euros bruts annuels. Un chef de projet junior gagne 40 000 à 50 000 euros bruts annuels, et un chef de projet senior ou expert risques naturels (8 à 15 ans d'expérience) peut atteindre 48 000 à 65 000 euros bruts annuels. Les directeurs de projets, responsables de pôle et experts judiciaires dans les grands bureaux d'études internationaux dépassent 65 000 à 85 000 euros bruts annuels. Dans la Fonction Publique (BRGM, CEREMA, Ineris, DREAL, ingénieur territorial catégorie A), les rémunérations démarrent à 28 000 euros bruts annuels et atteignent 55 000 à 65 000 euros en fin de carrière avec les grades d'ingénieur principal, divisionnaire ou général. Les experts judiciaires auprès des tribunaux sont rémunérés à la mission (honoraires fixés par le juge), avec des revenus complémentaires très variables.
Qu'est-ce qu'un PPRN et un PGRI ?
Le PPRN (Plan de Prévention des Risques Naturels) est un document réglementaire créé par la loi Barnier du 2 février 1995 et codifié aux articles L.562-1 à L.562-9 du Code de l'environnement. Il est élaboré sous l'autorité du préfet de département, sur la base d'études techniques menées par les DDT/DDTM ou par des bureaux d'études mandatés. Le PPRN identifie les zones exposées aux risques naturels (inondations, mouvements de terrain, séismes, avalanches, feux de forêt) et définit des prescriptions opposables aux tiers : zones inconstructibles (zone rouge), zones constructibles sous conditions (zone bleue) et zones non exposées (zone blanche). Il est annexé aux Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) des communes. En 2026, la France compte environ 23 000 PPRN approuvés, dont 12 500 PPR Inondation et 4 500 PPR Mouvements de terrain. Le PGRI (Plan de Gestion des Risques d'Inondation) est un document issu de la transposition de la Directive Européenne Inondation 2007/60/CE, élaboré à l'échelle des 14 districts hydrographiques français (grands bassins versants) par les Comités de Bassin et les DREAL coordonnatrices. Il fixe les objectifs et les dispositions pour réduire les conséquences des inondations sur les personnes, les biens, les activités économiques et l'environnement. Il est révisé tous les 6 ans.
Qu'est-ce que le régime Cat Nat et la CCR ?
Le régime des catastrophes naturelles (Cat Nat) est un mécanisme unique en Europe, créé en France par la loi du 13 juillet 1982. Il repose sur un partenariat public-privé obligatoire : toute personne ayant souscrit un contrat d'assurance habitation, automobile ou multirisque entreprise paie une prime additionnelle (12% de la prime dommages pour l'habitation, 6% pour les véhicules) qui alimente un fonds d'indemnisation dédié aux sinistres déclarés Cat Nat par arrêté interministériel après reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle (publication au Journal Officiel). Les sinistres indemnisés couvrent les inondations, les mouvements de terrain, les séismes, les avalanches, les submersions marines, les cyclones Outre-mer et les sécheresses provoquant le retrait-gonflement des argiles. La Caisse Centrale de Réassurance (CCR), détenue à 100% par l'État français, est le réassureur public qui garantit les assureurs privés contre les sinistres Cat Nat majeurs (au-delà d'un seuil fixé). Elle joue un rôle clé d'accumulation d'expertise scientifique et technique sur les risques et emploie des dizaines d'ingénieurs spécialisés. Le régime Cat Nat indemnise en moyenne 1,5 à 3 milliards d'euros par an en France métropolitaine. La sécheresse-argile (retrait-gonflement des argiles) représente le premier poste d'indemnisation depuis 2015 avec environ 700 millions à 1 milliard d'euros par an.
Qu'est-ce que le BRGM et son rôle sur les risques naturels ?
Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) est l'établissement public français de référence pour les sciences de la Terre appliquées. Créé en 1959, il est un EPIC (Établissement Public à caractère Industriel et Commercial) placé sous la tutelle des ministères de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, de l'Économie et de la Transition Écologique. Son siège est à Orléans (Loiret) et il dispose de directions régionales dans toutes les régions françaises et en Outre-mer. Il emploie environ 1 100 agents (ingénieurs, chercheurs, techniciens). Le BRGM est le service géologique national français et l'expert public de référence sur les risques du sous-sol : séismes (via le RéNaSS Réseau National de Surveillance Sismique et la base SisFrance), mouvements de terrain (base BDMvt), cavités souterraines (base BDCavités), retrait-gonflement des argiles (cartographie nationale), géothermie, ressources en eau souterraine et pollution des sols. Il alimente la base nationale InfoTerre et la base Gaspar (Gestion Assistée des Procédures Administratives relatives aux Risques naturels et technologiques). Il intervient en expertise d'urgence lors des catastrophes naturelles (séismes aux Antilles, effondrements, glissements) et accompagne les collectivités dans leurs études de prévention. Il est un employeur majeur pour les ingénieurs géologues, hydrogéologues, géotechniciens et chargés d'études en risques naturels.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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