Comment devenir Matelot à la Pêche ?
En bref
- Salaire : 20k à 40k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : CAP à Bac pro (1 à 3 ans)
- Domaine : Environnement & Écologie
- Conditions d'exercice : Terrain / Embarqué
- Code ROME : A1405
Le matelot à la pêche est un professionnel de la mer qui participe à l'ensemble des opérations de capture et de conservation des produits de la mer à bord de navires de pêche. En France, la pêche maritime emploie environ 12 500 marins-pêcheurs embarqués sur quelque 4 200 navires, principalement basés en Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine et dans les départements d'outre-mer. Le métier est rattaché au code ROME A1405 (Pêche et aquaculture). En 2026, le secteur fait face à des défis importants (quotas européens, raréfaction de certaines espèces, transition énergétique des flottes) mais continue de recruter activement, avec environ 500 à 700 postes de matelot à pourvoir chaque année en raison des départs en retraite et du turn-over. Au quotidien, le matelot participe à toutes les phases de l'activité de pêche. Avant la sortie en mer, il prépare les engins de pêche (filets, chaluts, casiers, lignes, dragues) et vérifie leur état. En mer, il effectue la mise à l'eau et le relevage des engins sous la direction du patron de pêche, participe aux manœuvres du navire, trie les captures selon les espèces et les tailles réglementaires, conditionne et glace le poisson dans la cale. Il assure également l'entretien courant du navire et du matériel (ramendage des filets, graissage des treuils, peinture). Le matelot travaille dans des conditions parfois extrêmes : mer agitée, froid, humidité, horaires décalés (départs nocturnes, marées de plusieurs jours). Il peut exercer en pêche côtière (sorties à la journée, moins de 24h), en pêche au large (marées de 4 à 15 jours) ou en grande pêche (campagnes de plusieurs semaines à plusieurs mois). Les principales techniques pratiquées sont le chalutage (de fond ou pélagique), le filet maillant, le casier (crabes, homards), la drague (coquilles Saint-Jacques), la palangre et la senne. La rémunération du matelot est très spécifique au secteur maritime : elle est généralement « à la part », c'est-à-dire proportionnelle à la valeur de la pêche débarquée, ce qui signifie que les revenus varient considérablement selon les marées et les saisons.
Salaire
20k - 40k € brut annuel
Niveau d'études : CAP à Bac pro · Durée : 1 à 3 ans
Missions principales
- Préparer et vérifier les engins de pêche avant chaque sortie en mer (filets, chaluts, casiers, lignes, dragues)
- Effectuer la mise à l'eau et le relevage des engins de pêche sous la direction du patron de pêche
- Participer aux manœuvres du navire : appareillage, navigation, accostage, amarrage
- Trier les captures par espèce et par calibre en respectant les tailles minimales réglementaires
- Conditionner, glacer et stocker les prises dans la cale en respectant la chaîne du froid
- Ramender les filets et réparer les engins de pêche endommagés (matelotage, nœuds, épissures)
- Assurer l'entretien courant du navire : nettoyage du pont, graissage des treuils, peinture de la coque
- Veiller à la sécurité à bord : vérification des équipements de sécurité, exercices de sauvetage
- Respecter les quotas de pêche, les zones autorisées et la réglementation européenne (PCP)
- Participer au débarquement des captures à la criée et à la vente sous criée électronique
- Assurer le quart de veille en navigation selon les instructions du capitaine
- Contribuer à la tenue du journal de bord et au remplissage des déclarations de capture (e-logbook)
Compétences requises
- Techniques de pêche : chalutage, filet maillant, casier, drague, palangre, senne
- Matelotage : nœuds marins, épissures, ramendage des filets, gréement
- Sécurité maritime : STCW, utilisation des équipements de survie (radeaux, VFI, fusées)
- Navigation côtière : lecture de cartes marines, GPS, radar, sondeur, VHF
- Conservation des produits de la mer : glaçage, réfrigération, règles d'hygiène HACCP
- Conduite de treuils, vire-casiers et apparaux de pont
- Connaissance des espèces marines : identification, tailles minimales, quotas
- Météorologie marine : lecture des bulletins Météo France, interprétation des conditions de mer
- Réglementation de la pêche : PCP européenne, licences, zones, périodes de pêche
- Mécanique de base : entretien des moteurs, détection de pannes simples
- Premiers secours en mer : PSE1, gestes d'urgence en milieu isolé
- Utilisation des outils numériques de bord : traceur, sondeur multifaisceaux, e-logbook
- Résistance physique et capacité à travailler en équipe dans un espace confiné
- Connaissance des marées, courants et fonds marins de la zone de pêche
Formations pour devenir Matelot à la Pêche
- CAP Maritime de Matelot — formation de base en 2 ans dans un lycée professionnel maritime (LPM)
- Bac pro CGEM (Conduite et Gestion des Entreprises Maritimes) option pêche — formation en 3 ans
- Certificat de Matelot de Pêche — délivré par les ENSM (École Nationale Supérieure Maritime)
- Brevet de Capitaine 200 Pêche — permet de commander un navire de moins de 25 mètres
- CFBS (Certificat de Formation de Base à la Sécurité) — obligatoire pour tout embarquement
- Formation STCW (Standards of Training, Certification and Watchkeeping) — normes internationales
- Brevet de Patron de Pêche — accessible après expérience, permet de commander un navire de pêche
- Certificat de Mécanicien 750 kW — spécialisation en mécanique navale pour matelot polyvalent
Grille salariale détaillée
- Matelot débutant (0-2 ans) : 20 000 – 25 000 € brut/an
- Matelot confirmé (2-5 ans) : 25 000 – 35 000 € brut/an
- Second / Bosco (5-10 ans) : 35 000 – 50 000 € brut/an
- Patron de pêche / Armateur (10+ ans) : 45 000 – 80 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Rémunération potentiellement attractive grâce au système de rémunération à la part sur les bonnes marées
- Camaraderie et esprit d'équipage très fort, avec des liens humains intenses forgés en mer
- Pas de routine : chaque marée est différente selon les conditions de mer, les captures et les saisons
- Régime de retraite avantageux via l'ENIM (Établissement National des Invalides de la Marine)
- Accès rapide à l'emploi avec des formations courtes et une forte demande de recrutement
Les moins
- Conditions de travail parmi les plus dures de tous les métiers : froid, mer agitée, fatigue, danger permanent
- Éloignement familial prolongé lors des marées de plusieurs jours ou semaines
- Revenus très variables d'une marée à l'autre et d'une saison à l'autre, créant une incertitude financière
- Métier classé parmi les plus dangereux en France avec un taux d'accidents du travail élevé
Secteurs qui recrutent
- Pêche artisanale côtière : petits métiers, fileyeurs, caseyeurs (ports bretons, normands, charentais)
- Pêche au large : chalutiers et fileyeurs hauturiers (Boulogne-sur-Mer, Lorient, Concarneau)
- Grande pêche : chalutiers-congélateurs, thoniers-senneurs (Compagnie Française du Thon Océanique)
- Armements de pêche : Intermarché/Scapêche, Dhellemmes, Armement Bigouden, France Pélagique
- Criées et halles à marée : Boulogne-sur-Mer, Lorient, Le Guilvinec, Les Sables-d'Olonne
- Organisations de producteurs : FROM Nord, PMA, OP Cobrenord, Les Pêcheurs de Bretagne
- Comités des pêches : CNPMEM, comités régionaux et départementaux
- Aquaculture et conchyliculture (reconversion possible) : huîtres, moules, bars, truites de mer
- Lycées professionnels maritimes : LPM de Paimpol, Étel, Saint-Malo, Ciboure, Sète
- Marine nationale (passerelle possible pour les marins expérimentés)
Évolution de carrière
Le matelot à la pêche débutant perçoit une rémunération variable, généralement « à la part » : le minimum garanti est le SMIC maritime (environ 20 000 à 22 000 euros bruts annuels), mais la rémunération effective dépend des résultats de la pêche. Un matelot confirmé en pêche côtière gagne 24 000 à 32 000 euros bruts annuels, tandis qu'en pêche au large ou hauturière, les revenus peuvent atteindre 30 000 à 45 000 euros bruts grâce à des marées plus longues et des captures plus importantes. L'évolution principale passe par les brevets maritimes : le matelot peut devenir patron de pêche (Brevet de Patron de Pêche) pour commander son propre navire, avec des revenus de 35 000 à 55 000 euros bruts. L'objectif ultime pour beaucoup est de devenir patron armateur, propriétaire de son navire, avec des revenus très variables (40 000 à 80 000 euros bruts selon le navire et la pêche). D'autres évolutions sont possibles : mécanicien embarqué, bosco (chef d'équipage sur les gros navires), marin de commerce, ou reconversion à terre vers la marée (criée, poissonnerie), la conchyliculture, l'aquaculture ou la formation maritime.
Questions fréquentes sur le métier de Matelot à la Pêche
- Comment fonctionne la rémunération « à la part » dans la pêche ?
- Le système de rémunération à la part est une spécificité du secteur de la pêche maritime. Le produit de la vente des captures à la criée est divisé en « parts » : une partie revient à l'armement (propriétaire du navire) pour couvrir les frais d'exploitation (carburant, entretien, assurances), et l'autre partie est répartie entre les membres d'équipage selon un barème prédéfini. Le patron de pêche reçoit généralement 1,5 à 2 parts, le mécanicien 1,2 à 1,5 part, et le matelot 1 part. Un minimum garanti (proche du SMIC) est assuré même en cas de mauvaise marée. Ce système a l'avantage de motiver l'ensemble de l'équipage puisque tout le monde a intérêt à pêcher efficacement. En contrepartie, les revenus sont très variables : une bonne marée peut rapporter 1 500 à 3 000 euros nets en quelques jours, tandis qu'une mauvaise marée ne couvrira que le minimum garanti.
- La pêche est-elle un métier d'avenir avec les quotas et la raréfaction des poissons ?
- Malgré les défis environnementaux, la pêche reste un métier d'avenir pour plusieurs raisons. La demande en produits de la mer ne cesse de croître (les Français consomment en moyenne 34 kg de produits aquatiques par an). Les quotas européens, bien que contraignants, ont permis la reconstitution de stocks importants (cabillaud en mer du Nord, merlu dans le golfe de Gascogne). Le renouvellement des flottes vers des navires plus économes en énergie (moteurs hybrides, voiles de traction type Airseas) ouvre de nouvelles perspectives. La pêche sélective et les labels (Pavillon France, MSC) valorisent les pratiques responsables. En outre, le secteur recrute activement : environ 500 à 700 postes de matelot sont à pourvoir chaque année en France, avec des difficultés de recrutement dans certaines régions. Les formations sont courtes, l'insertion est rapide, et les passerelles vers d'autres métiers de la mer existent.
- Quelles sont les conditions physiques requises pour devenir matelot à la pêche ?
- Le métier de matelot à la pêche est l'un des plus physiquement exigeants. Il faut être en bonne condition physique générale, avec une bonne endurance cardio-vasculaire et une certaine force musculaire (manipulation de filets, casiers et caisses de poisson pouvant peser 20 à 50 kg). Une visite médicale d'aptitude à la navigation est obligatoire avant tout embarquement : elle vérifie l'acuité visuelle (y compris la vision des couleurs, indispensable pour distinguer les feux de navigation), l'audition, l'état cardiovasculaire et l'absence de pathologie incompatible avec la vie en mer. Le mal de mer est un sujet fréquent : beaucoup de marins en souffrent au début, mais la plupart s'habituent après quelques jours. L'aptitude à travailler en horaires décalés (quarts de 4 à 6 heures, nuits courtes) et à supporter le froid et l'humidité est essentielle. Il n'y a pas de critère de taille ou de poids, mais une bonne santé globale est indispensable.
- Peut-on devenir matelot à la pêche en reconversion professionnelle adulte ?
- Oui, la reconversion vers le métier de matelot est tout à fait possible et même encouragée par le secteur qui peine à recruter. La première étape est d'obtenir le CFBS (Certificat de Formation de Base à la Sécurité), formation de 5 jours obligatoire pour tout embarquement, qui coûte environ 400 à 600 euros et est finançable par le CPF ou Pôle Emploi. Ensuite, un stage d'immersion en mer de quelques jours permet de vérifier sa motivation et son aptitude. Les lycées professionnels maritimes proposent des formations accélérées pour adultes (3 à 6 mois). Certains armements recrutent directement des débutants et forment en interne. L'association ANEMO et les comités des pêches accompagnent les reconversions. L'âge n'est pas un frein majeur, mais la condition physique est déterminante. Beaucoup de matelots en reconversion viennent de métiers manuels (BTP, agriculture, restauration) et apprécient le changement de cadre de vie radical qu'offre la pêche.
Métiers similaires
- Conducteur D'engins Forestiers de Récolte en Entreprises de Travaux Forestiers — 30k - 45k € · Bac+2 à Bac+5
- Conducteur de Machines Agricoles — 30k - 45k € · Bac+2 à Bac+5
- Conducteur de Matériel Roulant de Collecte de Déchets — 30k - 45k € · Bac+2 à Bac+5
- Conducteur de Travaux en Entreprise de Travaux Agricoles — 30k - 45k € · Bac+2 à Bac+5
- Conseiller Agricole — 30k - 45k € · Bac+5 et plus
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME A1405 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Matelot à la Pêche (www.onisep.fr)
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