Comment devenir Animalier de Laboratoire ?

L'animalier de laboratoire (aussi appelé technicien animalier) est un professionnel du soin et de l'élevage des animaux utilisés dans la recherche scientifique et biomédicale. Travaillant dans des animaleries relevant d'instituts de recherche publics (Inserm, CNRS, INRAE, Institut Pasteur, Institut Curie) ou d'entreprises pharmaceutiques (Sanofi, Pierre Fabre), il assure le bien-être quotidien de rongeurs, poissons-zèbres, lapins ou primates non humains destinés à des études en cancérologie, neurosciences, génétique ou toxicologie. Véritable garant du respect de la directive européenne 2010/63/UE sur la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, il travaille en collaboration étroite avec les chercheurs, vétérinaires et zootechniciens.

En 2026, le métier d'animalier de laboratoire reste un secteur confidentiel mais stable, avec environ 7 000 postes en France. Selon France Travail et la SFEAP (Société Française d'Études pour l'Expérimentation Animale), les besoins en renouvellement sont constants, notamment dans les animaleries SPF (Specific Pathogen Free) des grands instituts de recherche. Le code ROME associé est A1503 — Aide aux soins animaux. Les profils titulaires d'un titre RNCP Technicien Animalier de Laboratoire délivré par le CNRS (Gif-sur-Yvette) ou l'Inserm trouvent facilement un poste en CDI dans les 6 mois suivant leur formation, avec une forte tension observée en Île-de-France.

Au quotidien, l'animalier de laboratoire commence sa journée très tôt (souvent 6h30-7h) par un tour de contrôle des salles d'hébergement. Il distribue la nourriture et l'eau, change les litières, nettoie et désinfecte les cages, surveille l'état sanitaire des animaux et signale immédiatement tout signe de souffrance ou de maladie. Il peut également assister les scientifiques lors de manipulations (prélèvements, injections, pesées), participer à la reproduction des lignées génétiques et tenir à jour les registres de traçabilité. Le travail se déroule en tenue de protection (combinaison stérile, charlotte, masque, surchaussures) dans un environnement contrôlé en température, humidité et cycle lumineux.

Les environnements de travail sont exigeants et très variés selon les espèces prises en charge : animaleries SPF confinées avec sas d'entrée et douches obligatoires, salles de confinement A2/A3 pour les études infectiologiques sur pathogènes humains, élevages de grande taille pour les études pharmaceutiques, aquariums pour les poissons-zèbres (Danio rerio), volières pour les études comportementales, locaux spécialement adaptés aux primates non humains dans les rares centres habilités (Rousset-sur-Arc, Silabe Strasbourg). Le métier requiert un solide équilibre émotionnel face à l'euthanasie et aux procédures expérimentales, ainsi qu'une vraie passion pour le bien-être animal et le respect de la vie. Les opportunités existent dans trois secteurs principaux : la recherche publique (Inserm, CNRS, Institut Pasteur, Institut Curie, INRAE, CEA), représentant environ 50 % des postes ; l'industrie pharmaceutique (Sanofi, Pierre Fabre, Servier, Ipsen, Boiron) pour 20 % ; et les CRO (Contract Research Organizations) comme Charles River Laboratories, Envigo, Porsolt et CiToxLAB pour 30 %. Le statut dépend de l'employeur : Fonction Publique d'État (catégorie C) pour les EPST tels que l'Inserm ou le CNRS, CCN de l'industrie pharmaceutique (IDCC 176) pour le privé pharmaceutique, ou CCN des métiers de l'éducation, de la formation et de la culture animalière pour les centres spécialisés.

Salaire

22k - 32k € brut annuel

Niveau d'études : CAP à Bac+2 · Durée : 2 à 3 ans

Missions principales

  • Assurer les soins quotidiens aux animaux de laboratoire : distribution de la nourriture, de l'eau et vérification des conditions d'hébergement
  • Nettoyer, désinfecter et stériliser les cages, les biberons et les accessoires selon les protocoles SPF (Specific Pathogen Free)
  • Surveiller l'état sanitaire et comportemental des animaux et alerter le vétérinaire en cas d'anomalie
  • Tenir à jour les registres de traçabilité (identification, généalogie, interventions) conformément à la directive 2010/63/UE
  • Assister les chercheurs lors des procédures expérimentales (contention, prélèvements, injections, pesées, marquages)
  • Participer à la gestion de la reproduction des lignées génétiques (accouplements, sevrage, suivi des portées)
  • Appliquer strictement les mesures de biosécurité (port des EPI, douches d'entrée/sortie, gestion des déchets biologiques)
  • Réaliser l'euthanasie des animaux dans le respect des protocoles éthiques et réglementaires validés par le comité d'éthique
  • Participer à l'enrichissement du milieu de vie pour favoriser le bien-être animal (nids, matériel à ronger, socialisation)
  • Gérer les stocks de consommables (litière, alimentation, médicaments, matériel de contention) et effectuer les commandes
  • Contribuer à l'accueil et à la formation des nouveaux arrivants (stagiaires, doctorants, CDD)
  • Rédiger les comptes rendus d'observation et renseigner les logiciels de gestion de colonie (Mosaic, Orchid, Softmouse)

Compétences requises

  • Zootechnie et biologie animale (rongeurs, lagomorphes, poissons-zèbres, primates non humains)
  • Maîtrise des protocoles SPF (Specific Pathogen Free) et des zones de confinement A1/A2/A3
  • Connaissance approfondie de la directive 2010/63/UE et de la réglementation française (décret 2013-118)
  • Techniques de contention, manipulation et identification (puces, tatouage, clip auriculaire)
  • Techniques de prélèvement et d'injection (IP, SC, IV) sous supervision vétérinaire
  • Principes de bien-être animal, éthologie et enrichissement du milieu
  • Hygiène, asepsie et gestion des déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI)
  • Techniques d'euthanasie validées (CO2, dislocation cervicale, injection létale) selon l'annexe IV de la directive
  • Gestion de colonies animales et logiciels de traçabilité (Mosaic, Orchid, Softmouse, PyRAT)
  • Notions de génétique et de lignées consanguines (C57BL/6, BALB/c, NOD/SCID)
  • Lecture de l'anglais scientifique pour comprendre les protocoles expérimentaux
  • Maintenance de premier niveau des équipements (laveurs-désinfecteurs, autoclaves, ventilation IVC)
  • Gestes et postures pour le port de charges et l'ergonomie au poste

Formations pour devenir Animalier de Laboratoire

  • Bac Pro Technicien Conseil Vente en Animalerie ou Bac Pro Productions Animales
  • Titre RNCP Niveau 4 Technicien Animalier de Laboratoire délivré par l'Inserm ou le CNRS (Gif-sur-Yvette)
  • BTSA Productions Animales (Bac+2) avec spécialisation expérimentation animale
  • BTSA Analyses Agricoles, Biologiques et Biotechnologiques (ANABIOTEC, Bac+2)
  • Formation certifiante des personnes intervenant sur les animaux d'expérimentation (Niveau I applicateur, FELASA cat. A)
  • CAP Soigneur Animalier (pré-requis) complété par une spécialisation laboratoire
  • DUT/BUT Génie Biologique option Biologie Médicale ou Agronomie
  • Formation continue FELASA (Federation of European Laboratory Animal Science Associations) catégories A, B, C, D

Secteurs qui recrutent

  • Recherche publique — Inserm (Paris, Marseille, Lyon, Montpellier, Strasbourg)
  • CNRS — Institut de Neurosciences Paris-Saclay, centres de Gif-sur-Yvette et Orléans
  • Institut Pasteur Paris et réseau international (Lille, Lyon)
  • Institut Curie Paris et Orsay (animalerie dédiée cancérologie)
  • INRAE — Centre de Jouy-en-Josas, Clermont-Ferrand, Toulouse
  • Industrie pharmaceutique — Sanofi Vitry-sur-Seine, Pierre Fabre Toulouse, Servier Croissy
  • CRO — Charles River Laboratories, Envigo, Porsolt, CiToxLAB
  • IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et CEA Fontenay-aux-Roses
  • Genopole Évry et Généthon (thérapies géniques)
  • Facultés de médecine et de pharmacie (animaleries universitaires de Sorbonne Université, Université Paris Cité, Aix-Marseille)

Évolution de carrière

Après 3 à 5 ans d'expérience, l'animalier de laboratoire peut évoluer vers le poste de Responsable d'Animalerie (30 000 à 40 000 € brut/an) où il supervise une équipe de soigneurs et gère la planification des protocoles. Avec 5 à 10 ans d'expérience et une formation complémentaire (FELASA catégorie C, BTSA ANABIOTEC), il peut accéder au poste de Zootechnicien supérieur ou Technicien d'expérimentation animale (32 000 à 45 000 €), en charge de la conception et de la réalisation des protocoles expérimentaux. Les profils très expérimentés peuvent viser le poste de Directeur d'animalerie dans un institut de recherche (45 000 à 60 000 €) ou de Référent bien-être animal (RBEA). D'autres choisissent une reconversion vers le métier de technicien vétérinaire, d'auxiliaire spécialisé vétérinaire (ASV) ou de formateur en bien-être animal dans des écoles spécialisées. Le passage dans l'industrie pharmaceutique (Sanofi, Servier, Pierre Fabre) permet également des augmentations salariales significatives par rapport au public.

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