Comment devenir Teinturier et Blanchisseur ?
En bref
- Salaire : 21k à 35k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : CAP à Bac Pro (2 à 3 ans)
- Domaine : Artisanat & Métiers d'art
- Conditions d'exercice : Atelier / Contact client
- Code ROME : D1203
Le teinturier et blanchisseur — également appelé pressing ou nettoyeur à sec — est un artisan spécialisé dans l'entretien, le nettoyage, la teinture et la remise en état des textiles, vêtements, linges de maison et articles délicats. Véritable médecin du vêtement, il accueille les clients, identifie la nature des fibres (coton, lin, laine, soie, synthétiques, cuirs, fourrures, textiles techniques), évalue les salissures et détermine le traitement le plus adapté : nettoyage à sec au perchloroéthylène (PERC) ou au K4/KWL/siloxanes (solvants alternatifs plus respectueux de l'environnement), lavage à l'eau (aquanettoyage), détachage manuel, blanchiment, teinture, pressage, finition et repassage. Le code ROME associé est D1203 — Entretien des textiles — nettoyage industriel. Le métier se pratique en pressing de proximité, en blanchisserie industrielle, en blanchisserie hospitalière (linge de CHU, EHPAD, cliniques) ou dans des ateliers spécialisés (maroquinerie, haute couture, costumes de spectacle, robes de mariée).
En 2026, la France compte environ 5 500 pressings de proximité employant 18 000 personnes, complétés par 350 blanchisseries industrielles et plus de 400 blanchisseries hospitalières. La convention collective applicable est la CCN de la Blanchisserie, Laverie, Location de Linge, Nettoyage à Sec, Pressing et Teinturerie (IDCC 2002) pour la grande majorité des entreprises, tandis que les blanchisseries hospitalières publiques relèvent de la Fonction Publique Hospitalière (FPH) avec le statut d'Agent des Services Hospitaliers (ASH) ou d'Ouvrier Professionnel Qualifié (OPQ). La réglementation a fortement évolué : depuis le 1er janvier 2022, l'utilisation du perchloroéthylène est interdite en France pour les machines installées en rez-de-chaussée d'immeubles d'habitation, obligeant les pressings à basculer vers des solvants alternatifs (hydrocarbures K4/KWL, siloxanes D5, aquanettoyage) ou à investir dans des machines fermées dernière génération avec récupération des vapeurs. Les organismes professionnels de référence sont la Fédération Française des Pressings et Blanchisseries (FFPB) et le Syndicat National de la Nettoyeur-Blanchisseur (SYNAB).
Au quotidien, le teinturier-blanchisseur accueille et conseille les clients, identifie les étiquettes d'entretien normalisées (ISO 3758), trie le linge selon la matière, la couleur et le degré de salissure, procède au détachage manuel (acide, alcalin, solvant, enzymatique), charge les machines de nettoyage à sec ou d'aquanettoyage, contrôle les paramètres (température, temps, distillation des solvants), sort le linge, effectue la finition (presses à vapeur, tunnels de finition, table à détacher), repasse les articles délicats au fer professionnel, met sous housse, étiquette et restitue les articles au client. Le poste exige une connaissance fine des fibres textiles, des produits chimiques (tensioactifs, détachants, teintures réactives et directes), une attention permanente aux accidents (décolorations, rétrécissements, transferts de couleur). Le salaire brut annuel d'un opérateur débutant en pressing se situe entre 21 000 et 23 000 euros (SMIC conventionnel niveau 2 CCN 2002), pouvant atteindre 28 000 à 35 000 euros pour un gérant ou un chef de blanchisserie industrielle expérimenté. La reprise ou la création d'un pressing par un artisan indépendant est également une voie fréquente, avec des revenus variables selon la localisation (de 25 000 à 60 000 euros annuels nets).
Salaire
21k - 35k € brut annuel
Niveau d'études : CAP à Bac Pro · Durée : 2 à 3 ans
Missions principales
- Accueillir les clients, identifier les vêtements et établir les bons de dépôt informatisés
- Examiner et trier les textiles selon la fibre, la couleur, le traitement recommandé et la salissure
- Identifier les taches et appliquer les détachants appropriés (acide, alcalin, solvant, enzymatique)
- Charger et programmer les machines de nettoyage à sec (perchloroéthylène, K4, KWL, siloxanes) ou aquanettoyage
- Contrôler les paramètres de lavage (température, temps, distillation des solvants, rinçage)
- Réaliser le séchage contrôlé dans des sécheuses industrielles selon la matière
- Effectuer la finition et le repassage à la presse à vapeur, tunnel de finition ou au fer professionnel
- Réaliser des teintures (textiles, cuirs, daims) selon les nuanciers et les commandes clients
- Assurer de petites retouches de couture (ourlets, boutons, fermetures éclair)
- Conditionner les articles (housses, cintres, étiquettes) et gérer la restitution aux clients
- Entretenir les machines et effectuer la maintenance préventive de premier niveau
- Respecter strictement les règles d'hygiène, de sécurité (EPI) et la gestion des déchets chimiques
Compétences requises
- Connaissance approfondie des fibres textiles naturelles et synthétiques (coton, lin, laine, soie, polyester, polyamide)
- Identification et interprétation des étiquettes d'entretien normalisées ISO 3758
- Techniques de détachage manuel et connaissance des détachants spécifiques (acides, alcalins, solvants, enzymes)
- Maîtrise du nettoyage à sec au perchloroéthylène, aux hydrocarbures K4/KWL et siloxanes D5
- Techniques d'aquanettoyage (lavage à l'eau professionnel avec lessives biodégradables)
- Programmation et conduite des machines de lavage, séchage et finition industrielles
- Techniques de repassage à la presse à vapeur, au tunnel de finition et au fer professionnel
- Techniques de teinture textile (teintures réactives, directes, acides, dispersées)
- Notions de mécanique et d'entretien de premier niveau des équipements (courroies, filtres, distillation)
- Connaissance de la réglementation environnementale (ICPE, gestion des déchets chimiques, COV, REACH)
- Petites retouches de couture (ourlets, boutons, fermetures, reprises simples)
- Sens du service client et techniques d'accueil en boutique
- Gestion d'une caisse, encaissement, tenue de bons de dépôt informatisés
- Connaissance des CCN 2002 (Blanchisserie) et de la réglementation ICPE rubrique 2345
Formations pour devenir Teinturier et Blanchisseur
- CAP Métiers du Pressing (2 ans après la 3e) — CFA des Métiers de la Mode, Paris, Lyon, Marseille
- CAP Entretien des Articles Textiles en Entreprises Industrielles (2 ans) — pour la blanchisserie industrielle
- BP Industrie du Pressing (2 ans en apprentissage après le CAP, niveau 4)
- BAC PRO Métiers de la Mode-Vêtements (3 ans) avec spécialisation entretien textile
- Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) Teinturier en Pressing et Blanchisserie Industrielle
- Titre Professionnel Blanchisseur Industriel (AFPA, niveau 3) — formation courte de 6 à 8 mois
- Formation continue FFPB : nouveaux solvants, aquanettoyage, détachage avancé, teintures
- Formation à la sécurité chimique et à la réglementation ICPE 2345 (installation classée perchloroéthylène)
- Stages spécialisés dans les ateliers de haute couture (Dior, Chanel, Hermès) pour les articles de luxe
- Concours ASH ou OPQ blanchisserie pour l'accès à la Fonction Publique Hospitalière (FPH catégorie C)
Grille salariale détaillée
- Opérateur débutant (0-2 ans) — Niveau 2 CCN 2002, SMIC conventionnel : 21 000 – 23 000 € brut/an
- Teinturier confirmé (2-5 ans) — Niveau 3 CCN 2002 : 23 000 – 28 000 € brut/an
- Chef d'équipe, responsable qualité (5-10 ans) — Niveau 4-5 CCN 2002 : 26 000 – 33 000 € brut/an
- Gérant de pressing, chef de production blanchisserie industrielle (10+ ans) : 30 000 – 60 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier artisanal valorisant et concret avec des résultats immédiats
- Accès au métier sans diplôme élevé (CAP suffisant, formation courte)
- Secteur stable avec une demande récurrente (vêtements à entretenir en permanence)
- Possibilité de reprise ou création d'entreprise (autonomie, liberté du gérant)
- Relations humaines régulières avec les clients fidèles de quartier
- Formations continues FFPB et CQP permettant une montée en qualification
- Évolution possible vers la blanchisserie industrielle ou hospitalière (postes stables)
Les moins
- Rémunération modeste dans la grille CCN 2002 (SMIC conventionnel au niveau 2)
- Exposition à des produits chimiques (perchloroéthylène, K4, siloxanes, détachants)
- Ambiance chaude et humide des ateliers (vapeur, séchoirs, presses)
- Stations debout prolongées et gestes répétitifs (risque de TMS)
- Horaires étendus en pressing de proximité (souvent 8h-19h, samedis travaillés)
- Charge mentale forte (responsabilité d'articles parfois très coûteux)
- Contraintes réglementaires lourdes (ICPE 2345, interdictions progressives du PERC)
Secteurs qui recrutent
- Pressings de proximité indépendants (5 500 enseignes en France)
- Chaînes de pressings (5 à Sec, Maison de la Blanche, BlancheSec, Pressing du Moulin)
- Blanchisseries industrielles (Elis, Initial Workwear, RLD, Kalhyge, Anett, MAJ)
- Blanchisseries hospitalières (GCS blanchisserie, CHU, CH, cliniques, EHPAD)
- Blanchisseries hôtelières (prestataires pour hôtels 4/5 étoiles, palaces parisiens)
- Ateliers de maisons de haute couture (Dior, Chanel, Hermès, Louis Vuitton) pour l'entretien du luxe
- Ateliers de costumes pour le spectacle (Opéra de Paris, Comédie-Française, cinéma)
- Teintureries industrielles (rare en France, quelques unités en Nord-Pas-de-Calais et Rhône)
- Pressings spécialisés cuir et fourrure (Suède Blanc, Renova)
- Collectivités disposant d'une blanchisserie interne (armées, police, pompiers)
Évolution de carrière
Le teinturier-blanchisseur dispose de plusieurs voies d'évolution. Après quelques années d'expérience et l'obtention d'un BP ou d'un CQP, il peut accéder au poste de Chef de Production en blanchisserie industrielle (25 000 à 35 000 euros bruts annuels), de Responsable d'Équipe en atelier pressing (24 000 à 32 000 euros), ou de Gérant de pressing indépendant. La reprise ou la création d'un pressing de proximité est la voie la plus fréquente : avec un investissement de 80 000 à 250 000 euros (machines, fonds de commerce, bail commercial), l'artisan devient son propre patron et peut générer entre 25 000 et 60 000 euros de revenus nets annuels selon la localisation, la clientèle et le chiffre d'affaires. Dans les blanchisseries industrielles (Elis, Initial Workwear, RLD, Kalhyge, Anett) ou hospitalières, les perspectives incluent les postes de Chef de Production (35 000 à 45 000 euros), Responsable Qualité et Hygiène (32 000 à 42 000 euros), Responsable d'Exploitation (45 000 à 60 000 euros), voire Directeur de Site. Dans la Fonction Publique Hospitalière, les agents de blanchisserie hospitalière relèvent du grade d'Agent des Services Hospitaliers (ASH) ou d'Ouvrier Professionnel Qualifié (OPQ) catégorie C, avec une grille indiciaire démarrant à l'IM 361 et culminant à l'IM 486 (environ 1 850 à 2 450 euros bruts mensuels). La mobilité vers des ateliers spécialisés en haute couture, maroquinerie de luxe ou entretien de costumes de spectacle (théâtres, opéras, cinéma) est une voie valorisante pour les profils passionnés.
Questions fréquentes sur le métier de Teinturier et Blanchisseur
- Quelle formation suivre pour devenir teinturier-blanchisseur en 2026 ?
- La voie de référence est le CAP Métiers du Pressing (2 ans après la 3e), dispensé dans les CFA des Métiers de la Mode à Paris, Lyon et Marseille. Il peut être complété par un BP Industrie du Pressing (2 ans en apprentissage, niveau 4), qui permet d'accéder aux postes de chef d'équipe ou de gérant. Le CAP Entretien des Articles Textiles en Entreprises Industrielles est plus orienté blanchisserie industrielle. Le Bac Pro Métiers de la Mode-Vêtements peut également être une porte d'entrée. Des Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) Teinturier en Pressing sont délivrés par la branche via la FFPB (Fédération Française des Pressings et Blanchisseries) et permettent une reconversion adulte en 6 à 12 mois via le CPF ou un contrat de professionnalisation.
- Le perchloroéthylène est-il encore autorisé en France ?
- Depuis le 1er janvier 2022, l'utilisation du perchloroéthylène (PERC ou perchlo) est interdite en France dans les machines installées en rez-de-chaussée d'immeubles d'habitation ou mitoyens à des locaux occupés (arrêté ministériel du 5 décembre 2012 modifié). Le PERC est classé CMR (Cancérogène, Mutagène, Reprotoxique) et ses vapeurs sont un risque pour les riverains. Les pressings ont dû basculer vers des solvants alternatifs : hydrocarbures K4 ou KWL (ShellSol), siloxanes D5 (GreenEarth), ou aquanettoyage (lavage à l'eau professionnel avec lessives biodégradables et machines spécialisées). Les installations classées ICPE rubrique 2345 sont soumises à déclaration, enregistrement ou autorisation selon leur taille.
- Quel est le salaire d'un teinturier en pressing en 2026 ?
- Le salaire est fixé par la Convention Collective Nationale de la Blanchisserie-Pressing (IDCC 2002). Un opérateur débutant au niveau 2 perçoit le SMIC conventionnel (environ 1 767 euros bruts mensuels en 2026, soit 21 200 euros annuels). Un teinturier confirmé au niveau 3 gagne 1 900 à 2 200 euros bruts, et un chef d'équipe ou gérant d'atelier (niveau 4-5) atteint 2 200 à 2 750 euros. Les gérants indépendants de pressing peuvent générer des revenus nets très variables selon la localisation et le chiffre d'affaires : de 25 000 euros dans un quartier modeste à plus de 60 000 euros dans un quartier aisé ou en centre-ville d'une grande métropole. Les chefs de production en blanchisserie industrielle atteignent 35 000 à 45 000 euros.
- Peut-on ouvrir son propre pressing ?
- Oui, la création ou reprise de pressing est une voie fréquente pour les teinturiers expérimentés. Il faut justifier d'un diplôme professionnel (CAP, BP, Bac Pro Métiers de la Mode) ou de 3 ans d'expérience pour s'inscrire à la Chambre de Métiers et de l'Artisanat comme artisan. L'investissement initial varie de 80 000 à 250 000 euros selon la taille, la localisation et l'état du matériel (machines à nettoyer à sec ou aquanettoyage, presses, tunnels de finition, fonds de commerce, bail commercial, stocks). Il est impératif de se conformer à la réglementation ICPE rubrique 2345 (installation classée pour la protection de l'environnement) avec déclaration ou enregistrement en préfecture. Les organismes comme la FFPB, BPI France et CCI accompagnent les porteurs de projet.
- Quelles sont les alternatives au perchloroéthylène ?
- Trois alternatives principales ont été développées. L'aquanettoyage (wet cleaning) utilise de l'eau tiède et des lessives biodégradables avec des machines spécialement conçues (Electrolux, Kannegiesser, Miele Professional) : il traite 80 % des vêtements habituellement nettoyés à sec et est considéré comme le procédé le plus écologique. Les hydrocarbures K4 ou KWL (ShellSol) sont des solvants pétroliers plus doux que le PERC mais inflammables (machines fermées obligatoires). Les siloxanes D5 (GreenEarth) sont des silicones volatils non classés CMR, plus respectueux de l'environnement et des fibres délicates. Chaque alternative a ses avantages (coût, performance, écologie) et son choix dépend du positionnement de l'atelier. La FFPB accompagne les pressings dans ces reconversions technologiques.
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Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME D1203 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Teinturier et Blanchisseur (www.onisep.fr)
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