Comment devenir Armurier ?
En bref
- Salaire : 22k à 55k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : CAP à Bac+2 (2 à 4 ans)
- Domaine : Artisanat & Métiers d'art
- Conditions d'exercice : Atelier / Boutique
- Code ROME : H3404
L'armurier est un artisan hautement spécialisé qui conçoit, fabrique, répare, entretient, transforme et commercialise les armes à feu de chasse, de tir sportif, de collection, de défense et parfois les armes de guerre. En France, la profession est strictement encadrée par le décret n° 2013-700 du 30 juillet 2013 portant application du Code de la sécurité intérieure (livre III) et par le Code de l'environnement (articles R. 312-1 et suivants). L'exercice commercial suppose l'obtention d'un agrément préfectoral d'armurier (autorisation de commerce et de fabrication d'armes, munitions et leurs éléments), une carte professionnelle d'armurier délivrée par le ministère de l'Intérieur, un casier judiciaire vierge et le suivi d'une formation professionnelle obligatoire. Le code ROME de référence est H3404 — Peinture industrielle (pour certaines spécialités) et B1805 — Stylisme (pour les armes d'art), bien que la nomenclature la plus utilisée soit l'appellation spécifique « armurier » dans la fiche ROME H2401.
En 2026, selon la Chambre Syndicale Nationale des Armuriers et les données de la Direction Générale des Entreprises (DGE), la France compte environ 1 800 armuriers professionnels dont près de 1 200 commerçants détaillants (boutiques de chasse et de tir), 350 armuriers fabricants et restaurateurs (souvent en atelier individuel), 150 armuriers d'art et de prestige (haut de gamme, gravure, damasquinage), et une centaine d'armuriers militaires et de sécurité (armées, police, douanes, sécurité privée). La France compte plusieurs pôles historiques de l'armurerie : Saint-Étienne (Loire), berceau historique de la manufacture française d'armes depuis le XIVe siècle ; Tulle (Corrèze), ancienne Manufacture d'Armes de Tulle (MAT) ; Châtellerault (Vienne), ancienne Manufacture d'Armes de Châtellerault ; et Paris pour les armes d'art et de prestige (Verney-Carron, Chapuis Armes, Fabrique Nationale d'Armes de Paris).
Au quotidien, l'armurier exerce des missions techniques et commerciales très diversifiées selon sa spécialité. L'armurier détaillant conseille et vend des armes neuves et d'occasion, des munitions, des accessoires (optiques, étuis, vêtements de chasse), assure les démarches administratives de déclaration (passage du fichier AGRIPPA, tenue des registres réglementaires), livre et reprend les armes en respectant les catégories A, B, C et D. L'armurier fabricant et restaurateur conçoit les canons (forage, rayage), ajuste les mécanismes (platines à percussion, à silex, à verrou), réalise les crosses en noyer massif, polit les métaux, bronzise ou browning les aciers, règle les détentes, effectue les tests de tir. L'armurier d'art ajoute à ces compétences les techniques de gravure manuelle au burin ou à la bouterolle, le damasquinage (incrustation d'or et d'argent), la marqueterie de crosse et la finition haut de gamme pour des commandes pouvant atteindre 50 000 à 200 000 euros.
La convention collective de référence est la CCN des services commerciaux de l'armement (IDCC 1686) ou la CCN de la métallurgie pour les fabricants industriels. Le salaire brut annuel d'un armurier débutant en boutique (CAP Armurerie) est d'environ 22 000 à 26 000 euros, atteint 28 000 à 35 000 euros après 5 à 10 ans d'expérience, et peut dépasser 45 000 à 55 000 euros pour un armurier d'art spécialisé en gravure ou en restauration de pièces de prestige. Les armuriers à leur compte (boutique ou atelier) génèrent des chiffres d'affaires variables allant de 150 000 à 800 000 euros selon la clientèle. Les évolutions de carrière incluent la reprise ou la création d'une armurerie, la spécialisation en armurier d'art, l'expertise auprès des commissaires-priseurs et musées, ou l'intégration dans les manufactures nationales (MAS Saint-Étienne, ex-GIAT Industries devenu Nexter puis KNDS).
Salaire
22k - 55k € brut annuel
Niveau d'études : CAP à Bac+2 · Durée : 2 à 4 ans
Missions principales
- Conseiller et vendre des armes à feu, munitions et accessoires aux chasseurs, tireurs sportifs, collectionneurs et professionnels de la sécurité
- Fabriquer, assembler ou réparer les mécanismes d'armes (platines, percussions, verrous, extracteurs, mécanismes de détente)
- Forger, usiner, rayer et rôder les canons d'armes de chasse, de tir sportif ou de collection
- Réaliser ou ajuster les crosses en bois (noyer, loupe de noyer) selon la morphologie du tireur
- Bronziser, browning ou vernir les pièces métalliques pour protection et esthétique
- Effectuer les opérations de maintenance, nettoyage, graissage et contrôle réglementaire des armes confiées par la clientèle
- Assurer les démarches administratives obligatoires (déclaration préfecture, fichier AGRIPPA, tenue du registre réglementaire d'armurier)
- Contrôler la validité des titres de détention (permis de chasser, licence FFTir, autorisation préfectorale) avant toute vente ou cession
- Vérifier les classements des armes selon les catégories A, B, C et D du Code de la sécurité intérieure
- Réaliser les tirs de test et de réglage des armes (ballistique, précision, groupement au banc de tir)
- Restaurer les armes anciennes de collection en respectant les techniques historiques (armes à silex, à percussion, du XIXe siècle)
- Graver, damasquiner ou personnaliser les armes haut de gamme pour la clientèle de prestige (armurerie d'art)
Compétences requises
- Connaissance approfondie du Code de la sécurité intérieure (livre III — armes) et des catégories A, B, C, D
- Maîtrise du fichier AGRIPPA (Application de Gestion du Répertoire Informatisé des Propriétaires et Possesseurs d'Armes)
- Techniques d'ajustage mécanique de précision (limage, fraisage, tournage, rectification)
- Usinage sur machines-outils conventionnelles et numériques (tour, fraiseuse, rectifieuse)
- Rayage et rôdage de canons par fluotournage ou électroérosion
- Techniques de forge et de trempe des aciers (ressorts, percuteurs, pièces travaillantes)
- Finition et bronzage des métaux (bronzage à chaud, browning au sel, parkérisation)
- Sculpture et ajustage du bois (travail du noyer, incrustation, marqueterie de crosse)
- Gravure manuelle à la bouterolle et au burin (pour l'armurerie d'art)
- Balistique intérieure et extérieure (calibres, poudres, vitesses initiales, trajectoires)
- Lecture de plans techniques et schémas de mécanismes complexes
- Utilisation de logiciels CAO/DAO spécialisés (SolidWorks, Fusion 360 pour la modélisation)
- Connaissance des normes CIP (Commission Internationale Permanente pour l'épreuve des armes à feu portatives)
- Gestion commerciale, stock, devis et relation client en boutique
Formations pour devenir Armurier
- CAP Armurerie (fabrication et réparation) — 2 ans, voie scolaire ou apprentissage — Lycée Benoît Fourneyron de Saint-Étienne
- Bac professionnel Technicien en Chaudronnerie Industrielle avec option armurerie
- BMA Armurerie (Brevet des Métiers d'Art, Bac+2) — Lycée Benoît Fourneyron Saint-Étienne, unique en France
- DMA (Diplôme des Métiers d'Art) Armurerie — Lycée Benoît Fourneyron Saint-Étienne
- Titre professionnel « Armurier » du ministère du Travail (niveau 4) — AFPA et centres agréés
- Licence Pro Métiers de la mode et des industries connexes (option armurerie d'art) à l'université Jean Monnet de Saint-Étienne
- Formations spécifiques gravure et damasquinage — École Boulle Paris (pour les armuriers d'art)
- Formations internes Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (MAS) — ancien pôle de formation historique
- Carte professionnelle d'armurier délivrée par le ministère de l'Intérieur (formation continue de 40 heures obligatoire)
- Agrément préfectoral d'armurier obligatoire pour l'exercice commercial (casier vierge, local sécurisé, assurance)
Grille salariale détaillée
- Armurier débutant / Employé de boutique (0-3 ans) — CAP Armurerie : 22 000 – 26 000 € brut/an
- Armurier confirmé / Responsable atelier (3-10 ans) — BMA Armurerie : 26 000 – 35 000 € brut/an
- Armurier expert / Gérant boutique (10-20 ans) : 35 000 – 50 000 € brut/an
- Armurier d'art / Maître graveur / Propriétaire manufacture (20+ ans) : 45 000 – 80 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier de passion alliant mécanique de précision, histoire et artisanat d'art
- Forte demande dans un secteur en tension (1 800 armuriers pour 5 millions de chasseurs et tireurs en France)
- Possibilité de se mettre à son compte et de reprendre une armurerie existante
- Spécialisations rémunératrices possibles (armurerie d'art, gravure, restauration de collection)
- Clientèle fidèle et passionnée (chasseurs, tireurs sportifs, collectionneurs, professionnels)
- Métier reconnu patrimoine vivant avec label EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) pour les meilleurs ateliers
- Contact quotidien avec l'histoire et les techniques traditionnelles françaises
Les moins
- Formation rare en France (quasi-monopole du Lycée Benoît Fourneyron de Saint-Étienne pour les diplômes spécialisés)
- Cadre réglementaire très contraignant (agrément préfectoral, registres, normes de sécurité du local)
- Investissement initial lourd pour s'installer (local sécurisé, stock, assurance, 100 000 à 300 000 euros)
- Rémunération modeste en début de carrière (proche du SMIC en boutique)
- Responsabilité pénale importante en cas de non-respect du cadre légal
- Risques de cambriolage et de vol du stock nécessitant une vigilance permanente
- Pression médiatique et politique régulière sur l'accès aux armes
Secteurs qui recrutent
- Armureries détaillantes indépendantes (1 200 boutiques en France — réseau Armurerie du Nord, Maison Bahon Rault, Armurerie Lavaux)
- Manufactures d'armes de chasse et de tir (Verney-Carron à Saint-Étienne, Chapuis Armes à Saint-Bonnet-le-Château, Fabrique Nationale d'Armes de Paris)
- Industrie de l'armement et défense (KNDS France ex-Nexter, Manufacture d'Armes de Saint-Étienne MAS historique, Famas et MR-762)
- Chaînes et réseaux spécialisés (Décathlon/Solognac pour la chasse grand public, Armurerie Frank Imbert, Zangwill)
- Manufactures d'armes d'art et de prestige (Armurerie Barrucand, Granger, Masson, Lacoste — clientèle internationale)
- Centre National de Tir Sportif et fédérations (FFTir — Fédération Française de Tir, FFBT — Ball Trap)
- Administrations et services publics (Armée de Terre, Gendarmerie Nationale, Police Nationale, Douanes, RAID, GIGN)
- Musées et institutions patrimoniales (Musée de l'Armée Invalides Paris, Musée d'Art et d'Industrie Saint-Étienne, Musée de la Chasse)
- Expertise judiciaire et commissaires-priseurs (Drouot, Sotheby's, Christie's — armes de collection)
- Restauration et entretien pour les collectionneurs privés et les clubs de tir sportif
Évolution de carrière
L'armurier dispose de plusieurs voies d'évolution selon sa spécialité et son ambition entrepreneuriale. En début de carrière (0-5 ans), il travaille comme employé en boutique ou ouvrier d'atelier (CAP Armurerie, salaire brut 22 000 à 26 000 euros annuels, proche du SMIC avec primes). Après 5 à 10 ans, un armurier confirmé peut devenir responsable d'atelier ou chef d'équipe en manufacture (28 000 à 38 000 euros), ou se mettre à son compte en reprenant ou créant une armurerie (nécessite un agrément préfectoral, un local sécurisé répondant aux normes du Code de la sécurité intérieure, et un capital initial de 100 000 à 300 000 euros selon la taille). Les armuriers d'art spécialisés en gravure, damasquinage ou restauration de pièces de collection accèdent aux rémunérations les plus élevées (45 000 à 70 000 euros), avec une clientèle internationale de collectionneurs, chefs d'État et grandes maisons (Verney-Carron, Chapuis, Merkel, Holland & Holland). Certains profils rejoignent les manufactures étatiques (ex-GIAT devenu Nexter puis KNDS, Manufacture d'Armes de Saint-Étienne) ou deviennent experts auprès des commissaires-priseurs, musées (Musée de l'Armée des Invalides, Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne) et services de l'État. L'expertise judiciaire en armurerie est également une voie possible après inscription sur la liste des experts de cour d'appel.
Questions fréquentes sur le métier de Armurier
- Comment devenir armurier en France en 2026 ?
- Pour devenir armurier professionnel en France, il faut suivre une formation spécialisée puis obtenir les autorisations administratives. La voie royale est le CAP Armurerie (fabrication et réparation) puis le BMA Armurerie (Brevet des Métiers d'Art, Bac+2), tous deux dispensés principalement au Lycée Benoît Fourneyron de Saint-Étienne, quasi-unique établissement formant à ce métier en France. Pour exercer en boutique à titre commercial, il faut ensuite obtenir l'agrément préfectoral d'armurier (casier judiciaire vierge obligatoire), la carte professionnelle d'armurier délivrée par le ministère de l'Intérieur après formation de 40 heures, et satisfaire aux normes de sécurité du local (coffre-fort, système d'alarme, caméras, assurance spécifique).
- Quel est le salaire d'un armurier en 2026 ?
- Le salaire d'un armurier varie fortement selon sa spécialité et son statut. Un armurier débutant en boutique (CAP Armurerie, employé) perçoit environ 22 000 à 26 000 euros brut annuels (1 500 à 1 750 euros nets mensuels), proche du SMIC augmenté de quelques primes. Après 5 à 10 ans d'expérience, un armurier confirmé gagne 28 000 à 38 000 euros (1 900 à 2 500 euros nets). Les armuriers d'art spécialisés en gravure, damasquinage ou restauration de pièces de prestige peuvent atteindre 45 000 à 70 000 euros. Les armuriers indépendants ayant leur propre boutique génèrent des revenus variables selon le chiffre d'affaires (150 000 à 800 000 euros) et la marge commerciale (15 à 30 %).
- Quelles sont les différentes catégories d'armes en France ?
- Le Code de la sécurité intérieure classe les armes à feu en quatre catégories principales. Catégorie A : armes interdites (armes automatiques de guerre, munitions perforantes). Catégorie B : armes soumises à autorisation préfectorale (armes de poing semi-automatiques, certaines carabines de tir sportif, accessibles aux licenciés FFTir avec certificat médical). Catégorie C : armes soumises à déclaration (fusils de chasse à canon rayé, carabines à verrou, arcs d'une certaine puissance, accessibles aux chasseurs avec permis de chasser validé). Catégorie D : armes en vente libre aux majeurs (certaines armes anciennes antérieures à 1900, armes de catégorie D comme les sprays de défense). L'armurier doit vérifier la catégorie de chaque arme avant toute transaction.
- Où se forme-t-on pour devenir armurier en France ?
- Le Lycée Benoît Fourneyron de Saint-Étienne (Loire) est le quasi-unique établissement français à former au métier d'armurier dans le cadre de l'Éducation nationale. Il dispense le CAP Armurerie (2 ans), le BMA Armurerie (Brevet des Métiers d'Art, Bac+2) et le DMA Armurerie (Diplôme des Métiers d'Art). L'AFPA et certains centres agréés proposent également le titre professionnel « Armurier » du ministère du Travail (niveau 4). Les armuriers d'art se perfectionnent souvent en parallèle à l'École Boulle Paris pour la gravure et le damasquinage. Des stages en entreprise dans les manufactures historiques (Verney-Carron, Chapuis Armes, manufactures étrangères comme Merkel en Allemagne ou Holland & Holland au Royaume-Uni) complètent utilement la formation initiale.
- Quelles sont les évolutions possibles pour un armurier ?
- L'armurier dispose de plusieurs voies d'évolution. Après quelques années d'expérience en boutique ou en atelier, il peut se mettre à son compte en reprenant ou créant une armurerie (nécessite un agrément préfectoral, un capital de 100 000 à 300 000 euros et un local sécurisé). Les armuriers passionnés peuvent se spécialiser en armurerie d'art (gravure, damasquinage, restauration de pièces de collection) et travailler pour une clientèle internationale de collectionneurs et chefs d'État. D'autres évolutions incluent l'intégration dans les manufactures étatiques (KNDS ex-Nexter, ex-MAS), l'expertise judiciaire auprès des tribunaux (après inscription sur la liste des experts de cour d'appel), l'expertise auprès des commissaires-priseurs (Drouot, Sotheby's), ou le conseil technique auprès des musées (Musée de l'Armée des Invalides, Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne).
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Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H3404 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Armurier (www.onisep.fr)
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