Comment devenir Technicien de Police Technique et Scientifique ?
En bref
- Salaire : 26k à 45k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+2 à Bac+5 (2 à 5 ans)
- Domaine : Sécurité & Défense
- Conditions d'exercice : Laboratoire / Terrain
- Code ROME : K1706
Le technicien de police technique et scientifique (TPTS) est un fonctionnaire de catégorie B de la Police nationale, agent du ministère de l'Intérieur, spécialisé dans la collecte, le traitement et l'exploitation des traces et indices relevés sur les scènes d'infraction. Il intervient à la demande des officiers de police judiciaire (OPJ) pour figer la scène, photographier, prélever les traces papillaires, biologiques (ADN, sang, cheveux), balistiques, numériques, chimiques et textiles, puis transmettre les scellés au laboratoire pour analyse. Rattaché au code ROME K1706 — Surveillance municipale et rurale, ou plus spécifiquement au corps des techniciens de la PTS relevant du décret n° 2002-811 du 3 mai 2002, il travaille au sein de services territoriaux (Services locaux de police technique — SLPT, Services de l'identité judiciaire — SIJ) ou dans les cinq laboratoires de l'Institut National de Police Scientifique (INPS) implantés à Écully (siège, Lyon), Lille, Marseille, Paris et Toulouse.
En 2026, la France compte environ 2 200 techniciens de police technique et scientifique actifs (PN + Gendarmerie), auxquels s'ajoutent les personnels de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) basé à Cergy-Pontoise, qui joue un rôle équivalent pour la gendarmerie. Le recrutement s'effectue par concours externe (ouvert aux titulaires d'un bac scientifique, bac pro, BTS ou BUT) ou interne (pour les fonctionnaires), organisé par le Service des Concours et des Examens professionnels (SCEP) du ministère de l'Intérieur. Après réussite au concours, les lauréats suivent une formation initiale de 8 mois à l'École Nationale de Police d'Oissel (ENP) ou de Nîmes, incluant des modules théoriques (criminalistique, droit pénal, procédure pénale) et des travaux pratiques sur scènes fictives.
Au quotidien, le TPTS intervient sur des affaires variées : cambriolages, vols aggravés, agressions, homicides, incendies criminels, accidents mortels de la circulation. Ses missions incluent la révélation d'empreintes digitales par poudrage ou fumigation, les prélèvements ADN sous couvert d'une chaîne de traçabilité stricte, la prise de vues photographiques et vidéo métriques (logiciels FARO, photogrammétrie 3D), les relevés d'indices balistiques (douilles, projectiles, impacts), ainsi que la rédaction de rapports de constatations intégrés à la procédure judiciaire. Il travaille en étroite collaboration avec les OPJ, magistrats instructeurs et experts judiciaires inscrits sur les listes des cours d'appel.
Le statut est celui d'agent public titulaire de catégorie B relevant du statut spécial de la Police nationale (indice brut 366 à 638, soit environ 1 850 euros nets en début de carrière). Le grade comporte trois échelons : technicien (indice 366-488), technicien principal (indice 444-592), technicien en chef (indice 512-638). Les primes spécifiques (ISSP — Indemnité de Sujétion Spéciale de Police de 26 %, prime de résultat, prime de qualification) majorent significativement la rémunération. L'évolution s'effectue par concours interne vers le corps des ingénieurs de police technique et scientifique (catégorie A) ou par détachement vers les laboratoires de l'INPS, où se concentrent les expertises les plus pointues (ADN, balistique, documents, toxicologie, incendies).
Salaire
26k - 45k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+2 à Bac+5 · Durée : 2 à 5 ans
Missions principales
- Intervenir sur les scènes d'infraction à la demande des officiers de police judiciaire pour figer les traces et indices
- Réaliser les prises de vues photographiques et vidéo métriques de la scène (gros plans, plans d'ensemble, repères numérotés)
- Révéler et prélever les traces papillaires (empreintes digitales) par poudrage, ninhydrine, cyanoacrylate ou DFO
- Effectuer les prélèvements biologiques (ADN, sang, cheveux, salive) dans le respect strict de la chaîne de traçabilité
- Prélever et conditionner les indices balistiques (douilles, projectiles, armes), chimiques et textiles
- Alimenter les fichiers automatisés (FAED empreintes, FNAEG ADN, FNAB ballistique) après traitement au laboratoire
- Assurer la gestion rigoureuse des scellés judiciaires et leur transmission aux experts et magistrats
- Réaliser des schémas côtés, plans et reconstitutions 3D des scènes avec les logiciels dédiés (FARO, Autopano, 3DVista)
- Rédiger les procès-verbaux de constatations techniques annexés à la procédure judiciaire
- Témoigner éventuellement devant les juridictions (tribunal correctionnel, cour d'assises) sur les constatations effectuées
- Assurer une veille scientifique et technique permanente sur les évolutions de la criminalistique
- Participer à la formation continue obligatoire en interne (INPS Écully) et aux exercices pratiques sur scènes fictives
Compétences requises
- Maîtrise des techniques de relevés papillaires (poudrage, révélation chimique, lumière spéciale Crime-Lite, polilight)
- Connaissance approfondie de la procédure pénale et du Code de procédure pénale (régime des scellés, chaîne de traçabilité)
- Techniques photographiques judiciaires (macro, éclairage tangentiel, UV, infrarouge)
- Prélèvements ADN et biologiques selon normes ISO 17025 et recommandations du FNAEG
- Logiciels de photogrammétrie et scanner 3D (FARO Focus, Leica BLK360, Agisoft Metashape)
- Balistique opérationnelle : identification des calibres, des armes, étude des trajectoires et impacts
- Criminalistique incendie (recherche du point de départ, hypothèses de cause, prélèvements accélérants)
- Manipulation sécurisée des produits chimiques (ninhydrine, cyanoacrylate, DFO) et EPI associés
- Rédaction administrative et judiciaire rigoureuse (PV de constatations, rapports techniques)
- Connaissance des principales familles de drogues et de produits stupéfiants pour constatations de terrain
- Bases d'informatique forensique (imagerie disque, hash MD5/SHA, chaîne de possession numérique)
- Utilisation des logiciels métiers : FAED (empreintes), CODIS/FNAEG (ADN), IBIS (balistique)
- Bonne culture scientifique (biologie, chimie, physique) pour dialoguer avec les experts de l'INPS
Formations pour devenir Technicien de Police Technique et Scientifique
- Concours externe de technicien de police technique et scientifique (catégorie B) — niveau bac minimum, scientifique conseillé
- Formation initiale de 8 mois à l'École Nationale de Police (ENP) d'Oissel ou de Nîmes après réussite au concours
- BTS Bioanalyses et Contrôles, BTS Métiers de la Chimie, BTS Systèmes Photoniques (bonnes bases scientifiques)
- BUT Chimie, BUT Génie Biologique, BUT Mesures Physiques (préparation solide au concours)
- Licence et Master en Biologie, Chimie, Physique ou Sciences Forensiques (Université de Lausanne, Paris-Saclay, Cergy)
- Master Criminalistique et Droit de la Preuve — Université Paris-Saclay, Université de Lille
- Institut National de Police Scientifique (INPS) — laboratoires d'Écully, Lille, Marseille, Paris, Toulouse (formation continue)
- Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) — Cergy-Pontoise (pour la filière gendarmerie)
- Classes préparatoires intégrées (CPI) de la Police nationale pour préparer le concours externe
- Formation continue obligatoire organisée par le SCEP et l'ENSP (École Nationale Supérieure de la Police)
Grille salariale détaillée
- Technicien débutant (indice brut 366-430) + ISSP 26 % — 0-5 ans : 26 000 – 30 000 € brut/an
- Technicien principal (indice brut 444-520) — 5-15 ans : 30 000 – 36 000 € brut/an
- Technicien en chef (indice brut 512-600) — 15-25 ans : 34 000 – 42 000 € brut/an
- Ingénieur de PTS après concours interne (catégorie A) — 20+ ans : 38 000 – 52 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Sécurité de l'emploi de fonctionnaire de catégorie B avec statut spécial de la Police nationale
- Métier passionnant à forte technicité scientifique, concret et utile à la justice
- Primes significatives : ISSP de 26 %, prime de résultat, prime de qualification technique
- Formation initiale rémunérée et de qualité à l'ENP avec hébergement
- Évolution possible vers le corps des ingénieurs de PTS (catégorie A) par concours interne
- Diversité des affaires traitées (cambriolages, homicides, incendies, accidents)
- Accès à des techniques scientifiques de pointe (photogrammétrie 3D, révélation chimique, ADN)
Les moins
- Concours très sélectif (taux de réussite autour de 5-8 % au concours externe en 2026)
- Confrontation régulière à des scènes éprouvantes (homicides, décès violents, accidents mortels)
- Astreintes fréquentes, interventions de nuit et week-ends selon les services
- Mobilité géographique imposée en début de carrière (affectation dans les services demandeurs)
- Charge mentale et psychologique liée à la nature des constatations
- Procédures administratives lourdes et contraintes hiérarchiques du statut policier
Secteurs qui recrutent
- Institut National de Police Scientifique (INPS) — laboratoires d'Écully, Lille, Marseille, Paris, Toulouse
- Services Locaux de Police Technique (SLPT) dans les commissariats de police urbaine
- Services de l'Identité Judiciaire (SIJ) des Directions Départementales de la Sécurité Publique
- Sous-direction de la Police Technique et Scientifique (SDPTS) au ministère de l'Intérieur
- Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) à Cergy-Pontoise (filière gendarmerie)
- Cellules d'investigation criminelle (CIC) départementales
- Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) — services régionaux et centraux
- École Nationale Supérieure de la Police (ENSP) Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (formation / recherche)
- Organismes internationaux : INTERPOL Lyon, Europol La Haye (détachements)
Évolution de carrière
La carrière du technicien de PTS suit la grille indiciaire des techniciens de catégorie B de la Police nationale (décret n° 2002-811). Les trois grades sont : technicien (indice brut 366 à 488, salaire net 1 850 à 2 250 euros avec ISSP 26 %), technicien principal (IB 444 à 592, 2 150 à 2 700 euros nets), technicien en chef (IB 512 à 638, 2 500 à 3 100 euros nets). L'avancement se fait au choix ou par examen professionnel. Les débouchés en interne incluent le concours d'ingénieur de police technique et scientifique (catégorie A, indice 434 à 821, jusqu'à 4 000 euros nets avec primes), permettant d'accéder aux postes de responsabilité dans les laboratoires de l'INPS ou dans les services centraux (Sous-direction de la Police Technique et Scientifique, SDPTS). D'autres passerelles sont possibles vers le corps des officiers de police (commandant puis commissaire), vers l'expertise judiciaire inscrite sur les listes des cours d'appel (cumul possible en fin de carrière), ou vers l'enseignement à l'École Nationale Supérieure de la Police (ENSP) de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Certains TPTS rejoignent également l'INTERPOL, Europol ou des organismes internationaux de coopération policière.
Questions fréquentes sur le métier de Technicien de Police Technique et Scientifique
- Comment devenir technicien de police technique et scientifique en 2026 ?
- Il faut réussir le concours externe de technicien de police technique et scientifique organisé par le Service des Concours et des Examens Professionnels (SCEP) du ministère de l'Intérieur. Le concours est ouvert aux titulaires d'un bac (scientifique conseillé), d'un bac pro, d'un BTS ou d'un BUT. Les épreuves comportent une admissibilité écrite (français, maths, spécialité technique) et une admission orale (entretien avec le jury, mise en situation). Après réussite, les lauréats suivent une formation initiale rémunérée de 8 mois à l'École Nationale de Police (ENP) d'Oissel ou de Nîmes, puis sont affectés dans un service territorial (SLPT, SIJ) ou dans un laboratoire de l'INPS.
- Quelle est la différence entre un TPTS et un ingénieur de police technique et scientifique ?
- Le technicien de PTS (catégorie B) intervient principalement sur les scènes d'infraction pour relever et conditionner les traces, puis les transmettre au laboratoire. L'ingénieur de PTS (catégorie A) travaille majoritairement en laboratoire à l'INPS, où il analyse les scellés avec des équipements de pointe (séquenceurs ADN, microscopes électroniques, spectromètres). L'ingénieur peut également encadrer des équipes, diriger des laboratoires et effectuer des expertises judiciaires de haut niveau. Le passage du corps B au corps A s'effectue par concours interne ouvert aux TPTS justifiant de plusieurs années d'ancienneté.
- Quel est le salaire d'un technicien de police technique et scientifique ?
- Le salaire suit la grille indiciaire des techniciens de catégorie B de la Police nationale. Un débutant (indice brut 366) perçoit environ 1 850 euros nets mensuels avec l'Indemnité de Sujétion Spéciale de Police (ISSP) de 26 % incluse. Un technicien principal expérimenté atteint 2 400 à 2 700 euros nets, et un technicien en chef en fin de carrière peut atteindre 3 000 à 3 100 euros nets. Après concours interne d'ingénieur de PTS (catégorie A), la rémunération peut dépasser 4 000 euros nets en fin de carrière. Des primes de qualification technique (spécialisation balistique, ADN, documents) viennent s'ajouter.
- Quelles sont les qualités indispensables pour ce métier ?
- La minutie et la rigueur sont absolument fondamentales car la moindre erreur de manipulation ou d'étiquetage peut compromettre l'exploitation judiciaire d'une preuve. Le sang-froid est indispensable face à des scènes parfois éprouvantes (homicides, accidents mortels, scènes d'incendie). La discrétion et le respect du secret de l'instruction sont exigés par le statut de la Police nationale. Une solide culture scientifique (biologie, chimie, physique) est nécessaire pour dialoguer avec les experts de l'INPS. Enfin, la capacité à travailler en équipe avec les OPJ, les magistrats et les experts judiciaires est essentielle dans le cadre de la procédure pénale.
- Quelle différence entre la PTS de la Police nationale et celle de la Gendarmerie ?
- Les deux filières sont équivalentes en termes de missions mais relèvent d'institutions distinctes. La Police nationale dispose de l'Institut National de Police Scientifique (INPS) avec ses cinq laboratoires (Écully, Lille, Marseille, Paris, Toulouse) et de ses techniciens en catégorie B. La Gendarmerie nationale dispose de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) à Cergy-Pontoise, composé de militaires sous-officiers et officiers spécialisés dans la criminalistique. Les deux institutions collaborent régulièrement sur les affaires complexes et partagent certains fichiers automatisés (FAED, FNAEG, IBIS). Le choix de la filière dépend du statut recherché (civil vs militaire).
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME K1706 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Technicien de Police Technique et Scientifique (www.onisep.fr)
Explorer tout le domaine Sécurité & Défense
Découvrez les 96 métiers du domaine Sécurité & Défense : salaires, formations, débouchés et perspectives d'évolution.