Comment devenir Skipper ?

En bref

  • Salaire : 30k à 80k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+2 à Bac+5 (2 à 5 ans)
  • Domaine : Hôtellerie & Restauration
  • Conditions d'exercice : Terrain
  • Code ROME : N3102

Le skipper professionnel est le chef de bord d'un navire de plaisance à voile ou à moteur, responsable de la navigation, de la sécurité de l'équipage et du bon fonctionnement du bateau. Il exerce soit en charter (location avec équipage pour touristes, 6-12 passagers sur catamarans ou voiliers 10-20 m), soit en régate professionnelle (course au large comme Vendée Globe, Route du Rhum, Ocean Race), soit en convoyage (transfert de bateaux neufs des chantiers navals aux marinas clients), soit en monitorat (enseignement de la voile, écoles de voile FFV). Le code ROME associé est N3102 — Équipage de la navigation maritime.

En 2026, la France compte environ 4 500 skippers professionnels selon la FFV Fédération Française de Voile. Le marché français de la plaisance représente 1 million de pratiquants, 650 000 bateaux immatriculés, 370 ports de plaisance (175 ports Pavillon Bleu), 6 milliards d'euros de CA (FIN Fédération des Industries Nautiques). Principaux pôles : Bretagne (La Trinité-sur-Mer, Brest, Lorient), Méditerranée (Saint-Tropez, Marseille, Cannes), Côte d'Azur, Antilles (Guadeloupe, Martinique destinations charter). Les acteurs majeurs sont Dream Yacht Charter (leader mondial charter français, 1 100 bateaux), Sunsail (groupe TUI), Moorings (The Moorings USA), Le Boat (navigation fluviale), et pour les régates les Team Vendée Globe (Banque Populaire, LinkedOut, Arkea Paprec), Ocean Race (11th Hour Racing, Holcim-PRB). Le secteur est en forte croissance (+12 %/an post-Covid, tourisme nautique à la mode).

Au quotidien, le skipper charter prépare le bateau avant départ (vérifications sécurité, briefing équipage, avitaillement pour 1 semaine 6-12 personnes), navigue 6-8h/jour (6-10 milles nautiques/heure soit 40-80 km/jour), mouille le soir dans des baies (Porquerolles, Calanques, Îles Lavezzi), cuisine les repas à bord (banques, petits déjeuners, dîners), anime les passagers (plongée, pêche, snorkeling, visites îles), gère la logistique (carburant, eau douce, provisions, linge), effectue la maintenance courante (voiles, moteur, gréement). Horaires longs (6h-23h en saison) mais pauses midi à terre. Saisonnalité forte : juin-octobre Méditerranée, décembre-avril Antilles. Le skipper régate prépare le bateau 6-12 mois à l'avance, court la course (10-90 jours selon régate : Route du Rhum 10 jours, Vendée Globe 80 jours en solo autour du monde), gère équipage 2-10 marins en équipage, sponsors.

Les environnements de travail sont en mer (Méditerranée, Atlantique, Caraïbes, Pacifique pour expéditions), sur les bateaux (catamarans 40-60 pieds, voiliers monocoques 10-20 m, yachts luxe 20-50 m), en marinas (ports de plaisance Saint-Tropez, Monaco, Cannes, Palma de Majorque, Rodney Bay Antilles). Conditions : tempêtes, vents 30-50 nœuds, vagues 3-10 m, salinité, UV intenses, houles, courants. Vie spartiate à bord (cabines 4-6 m², salle d'eau partagée, autonomie limitée eau/énergie). Statut majoritairement indépendant (micro-entreprise), contractuel sur grandes courses (Team managers Vendée Globe, Ocean Race), salarié en écoles de voile (CCN Sports IDCC 2511). Sécurité maritime régie par Code des Transports, Convention SOLAS Safety of Life at Sea, STCW Convention Standards of Training Certification and Watchkeeping.

Salaire

30k - 80k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+2 à Bac+5 · Durée : 2 à 5 ans

Missions principales

  • Commander un navire de plaisance à voile ou à moteur (6-12 passagers, catamarans 40-60 pieds)
  • Assurer la sécurité de l'équipage et des passagers (EPI, briefings, procédures urgence)
  • Naviguer selon conditions météo (routage, prévisions, adaptation route)
  • Gérer les manœuvres : appareillage, mouillage, accostage, ancrage, récupération homme à la mer
  • Préparer le bateau avant départ : vérifications sécurité (brassières, fusées, VHF), avitaillement
  • Former les passagers aux manœuvres (hissage voiles, safran, mouillage) et vie en mer
  • Cuisiner les repas à bord : petits déjeuners, déjeuners, dîners pour 6-12 personnes
  • Animer les passagers : plongée PMT, pêche, snorkeling, visites îles, dégustations vins
  • Entretenir le bateau : voiles, gréement, moteur, électronique, peinture, anti-fouling
  • Gérer la logistique : carburant, eau douce, provisions, linge, déchets (tri, stockage)
  • Suivre les conditions météo maritime : Windy, Predictwind, Iridium GO satellite, VHF
  • Effectuer les formalités administratives : douanes, immigration, journal de bord
  • Gérer les incidents et urgences : avaries, homme à la mer, incendie, voies d'eau, blessures
  • Rédiger les rapports techniques post-navigation (incidents, maintenance, améliorations)

Compétences requises

  • Navigation hauturière et côtière : cartes marines SHOM, GPS Garmin/B&G, traceurs Navionics
  • Manœuvre de voilier : prise de ris, empannage, virement de bord, spinnaker, gennaker
  • Manœuvre de catamaran : spécificités 2 coques, moteurs individuels, embarquement passerelles
  • Météorologie marine : fronts, dépressions, houle, alizés, tramontane, mistral, Foehn
  • Routage : Predictwind, Windy, Ocean Wave, optimisation route avec météo à 10 jours
  • Mécanique navale : moteurs diesel Volvo Penta, Yanmar, vérification huile, gasoil, refroidissement
  • Électronique marine : VHF ASN, AIS Automatic Identification System, radar, sondeur, loch speedo
  • Sécurité en mer : EPI brassières, radeaux de survie, fusées de détresse, EPIRB balise satellite
  • Premiers secours en mer : PSC1/PSE1 + STCW Convention (certificat marins pros)
  • Anglais maritime : SMCP Standard Marine Communication Phrases, procédures VHF, radio
  • Connaissance zones de navigation : Méditerranée, Atlantique, Caraïbes (mouillages, bathymétrie)
  • Réglementation : Code des Transports, Convention SOLAS, MARPOL pollution, COLREGS règles route
  • Gestion micro-entreprise : URSSAF, facturation, comptabilité simplifiée, assurances pro
  • Cuisine : repas équilibrés, provisions 1 semaine, normes HACCP à bord, gestion allergies

Formations pour devenir Skipper

  • Capitaine 200 Voile (jusqu'à 200 UMS, 24h de navigation) — formation CRPMEM 4 mois (Bac+2 équivalent)
  • Capitaine 500 Voile ou Yacht (navigation illimitée) — ENSM École Nationale Supérieure Maritime (Bac+5)
  • Brevet Yacht Master RYA Royal Yachting Association UK (référence internationale)
  • Brevet Capitaine 500 Moteur pour yachts à moteur > 24m
  • STCW Convention Certification : Basic Training Safety Certificate (STCW 95) obligatoire
  • Monitorat FFV Fédération Française de Voile : BE BPJEPS Voile (Brevet État Bac) pour écoles voile
  • ISAF Safety and Survival at Sea (obligatoire régates offshore)
  • RYA Yachtmaster Ocean (certification hauturière internationale)
  • Formation secourisme maritime : STCW Basic Safety Training (5 jours)
  • Permis plaisance côtier + hauturier (recréatif, pré-requis professionnels parfois demandé)

Grille salariale détaillée

  • Skipper saisonnier charter (0-3 ans) : 30 000 – 42 000 € brut/an
  • Skipper charter confirmé ou convoyage (3-7 ans) : 40 000 – 60 000 € brut/an
  • Capitaine yacht luxe / Skipper régate (7-15 ans) : 55 000 – 100 000 € brut/an
  • Capitaine yacht > 30m / Skipper Vendée Globe / Directeur charter (15+ ans) : 70 000 – 200 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier passion en mer, grands espaces, soleil, voyages
  • Salaires corrects à très élevés pour yachts luxe et régates (70-150 k€+)
  • Rencontres humaines et culturelles riches (passagers monde entier)
  • Liberté et autonomie (majorité en micro-entreprise)
  • Logement et nourriture fournis en charter et yacht (économies salaire)
  • Expatriation possible (Antilles, Méditerranée, Océan Indien Seychelles)
  • Évolutions vers direction base, yacht luxe, événementiel voile

Les moins

  • Saisonnalité forte (6 mois actifs majoritairement)
  • Éloignement famille (missions 1-4 semaines, saisons lointaines)
  • Conditions physiques rudes (manœuvres, tempêtes, UV, salinité)
  • Promiscuité avec passagers 24h/24 (6-12 personnes dans 40 m²)
  • Formation longue et coûteuse (Capitaine 500 Voile 3 000-5 000 €)
  • Précarité indépendante (CA variable, pas chômage, assurances coûteuses)
  • Risques physiques réels (homme à la mer, tempêtes, blessures)

Secteurs qui recrutent

  • Dream Yacht Charter : leader mondial charter français (1 100 bateaux, 60 bases mondiales, 5 continents)
  • Sunsail : filiale TUI, 50 bases mondiales, 900 bateaux charter
  • The Moorings : groupe américain, 25 bases mondiales, yachts luxe charter
  • Le Boat : navigation fluviale (Canal du Midi, Canaux Bourgogne, Hollande), 650 bateaux
  • Teams Vendée Globe (course solitaire autour monde tous les 4 ans) : Banque Populaire, LinkedOut
  • Teams Ocean Race (anciennement Volvo Ocean Race) : 11th Hour Racing USA, Holcim-PRB FR
  • Chantiers navals : Lagoon (leader mondial catamarans), Beneteau (800 M€ CA), Jeanneau, Bavaria
  • FFV Fédération Française de Voile : 1 400 écoles de voile FFV, 260 000 licenciés
  • Marinas luxe : Saint-Tropez, Monaco Port Hercule, Cannes Vieux Port, Antibes, Marseille Vieux Port
  • Événements nautiques : Route du Rhum (tous les 4 ans), Vendée Globe, Transat Jacques Vabre, SailGP

Évolution de carrière

Le skipper charter débute comme Skipper saisonnier (juin-octobre Méditerranée ou décembre-avril Antilles) : 2 500-3 500 euros nets/mois + pourboires + frais de bouche/hébergement pris en charge. Équivalent 30 000-45 000 euros bruts annuels avec seulement 5-6 mois de travail actif. Après 3-5 ans d'expérience et fidélisation clientèle, 45-60 k€. Les skippers yacht luxe (captains de yachts 20-50 m, clients fortunés Monaco, Saint-Tropez) : 70-120 k€/an + logement permanent à bord + avantages. Skipper convoyage (transfert bateaux neufs chantiers vers marinas) : 400-800 euros/jour, 30-50 k€ annuel. Skipper régate (Team Vendée Globe, Ocean Race) : 60 000-150 000 euros/an pour têtes d'affiche (Charlie Dalin, Kevin Escoffier, Clarisse Crémer) + primes course + sponsors. Évolutions possibles : Directeur de base charter Dream Yacht Charter/Sunsail/Moorings (60-85 k€), Directeur d'école de voile (50-70 k€), Entraîneur équipe nationale voile FFV (Fédération Française de Voile, 50-80 k€), Commercial en chantiers navals (Lagoon, Beneteau, Jeanneau, 50-75 k€), Journaliste spécialisé voile (Voiles et Voiliers, 40-60 k€). Certains skippers créent leur propre société charter (flotte 3-10 bateaux) : 80-200 k€/an selon succès. Reconversion : consultant nautique, expert maritime (enquête sinistres), professeur de voile école FFV.

Questions fréquentes sur le métier de Skipper

Comment devenir skipper professionnel en 2026 ?
Plusieurs voies selon spécialisation. Pour charter/yacht : Brevet Capitaine 200 Voile (formation CRPMEM 4 mois, jusqu'à 200 UMS et 24h navigation, Bac+2 équivalent) puis Capitaine 500 Voile (ENSM École Nationale Supérieure Maritime Nantes, Marseille, Le Havre, 2 ans post-Bac, navigation illimitée). Certifications internationales équivalentes : Yacht Master RYA Royal Yachting Association UK (référence mondiale), RYA Yachtmaster Ocean. Pour régates : parcours compétition (Championnats de France junior, circuit Figaro) puis Team Vendée Globe après 10-15 ans de courses. Pour monitorat : BPJEPS Voile Brevet État (Bac) pour écoles FFV. Pré-requis : STCW Basic Safety Training (5 jours obligatoire), Brevet marine marchande de base. Expérience : 1 500-2 000 heures navigation documentées dans livret maritime. Anglais C1 indispensable (clientèle internationale, régates).
Quel est le salaire d'un skipper en 2026 ?
Skipper charter saisonnier (6 mois Méditerranée ou Caraïbes) : 2 500-3 500 euros nets/mois + pourboires 300-1 500 euros/semaine + frais bouche/hébergement fournis = 30 000-42 000 euros bruts annuels équivalent. Skipper charter confirmé (3-7 ans) ou convoyage : 40-60 k€/an (convoyage 400-800 €/jour). Skipper yacht luxe (yachts 20-30m, clients Monaco, Saint-Tropez) : 70-100 k€/an + logement permanent + avantages. Capitaine yacht > 30m (yacht luxe Feadship, Benetti, Lürssen) : 100-200 k€/an + pourboires 20-50 k€. Skipper régate Vendée Globe têtes d'affiche (Charlie Dalin, Kevin Escoffier, Clarisse Crémer) : 100-150 k€ salaire + primes course + sponsors = 200-500 k€ total. Directeur de base charter (Dream Yacht Charter, Sunsail) : 60-85 k€. Skippers Ocean Race : 80-150 k€.
Quelles études pour devenir skipper ?
Voies principales : (1) Brevet Capitaine 200 Voile (CRPMEM 4 mois, accessible post-Bac), (2) Brevet Capitaine 500 Voile ou Yacht (ENSM École Nationale Supérieure Maritime, 2 ans post-Bac, navigation illimitée), (3) Yacht Master RYA Royal Yachting Association UK (certification internationale référence), (4) RYA Yachtmaster Ocean (hauturier international), (5) Brevet Capitaine 500 Moteur pour yachts > 24m. Pour enseignement : BPJEPS Voile (Brevet État Bac) pour écoles FFV Fédération Française de Voile. Pour régates : formation Figaro, centre Fédération à La Baule ou Port Olona Les Sables d'Olonne. Formations sécurité obligatoires : STCW Basic Safety Training (5 jours, renouvellement 5 ans), ISAF Safety and Survival at Sea (régates offshore). Anglais maritime SMCP Standard Marine Communication Phrases obligatoire.
Quelles évolutions pour un skipper ?
3-7 ans : skipper charter confirmé (40-60 k€), skipper convoyage (30-50 k€), skipper monitorat école FFV (30-45 k€). 7-15 ans : capitaine yacht luxe 20-30m (70-100 k€), skipper régate Class 40/Figaro (80-120 k€), directeur de flotte charter 5-10 bateaux. 15+ ans : capitaine yacht > 30m (100-200 k€), skipper Vendée Globe/Ocean Race (150-500 k€), directeur base charter Dream Yacht (60-85 k€), directeur école de voile (50-70 k€), entraîneur équipe nationale FFV (50-80 k€), commercial chantier naval (Lagoon, Beneteau, Jeanneau, 50-75 k€), journaliste spécialisé voile (Voiles et Voiliers, 40-60 k€). Création société charter propre (flotte 3-10 bateaux) : 80-200 k€. Reconversion : consultant nautique, expert maritime sinistres, moniteur-formateur.
Quel avenir pour le métier de skipper ?
Secteur en forte croissance : marché nautique français +12 %/an post-Covid (FIN Fédération Industries Nautiques), 1 million de pratiquants, 650 000 bateaux. Tendances porteuses : voile durable et éco-responsable (bateaux électriques Greenline, Sunreef Eco, solaires), slow sailing (retour aux fondamentaux, zéro carbone), charter premium (expériences immersives, gastronomie à bord), régates ouvertes au grand public (Class 40 accessible, course 6.50). Croissance forte des catamarans (2/3 nouveaux bateaux charter vs 1/3 monocoques). Les JO 2024 Paris avec épreuves voile à Marseille ont relancé l'intérêt pour la voile en France. Développements tech : IA prévision météo, navigation assistée, robots maintenance sous-marine. Menaces : changement climatique (ouragans Caraïbes plus fréquents, imprévus Méditerranée), réglementations environnementales durcissant (MARPOL, zones protégées). L'avenir belle pour les skippers verts, multilingues, polyvalents. Vendée Globe 2028 prévoit nouveaux sponsors record (80 bateaux au départ).

Métiers similaires

Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

Explorer tout le domaine Hôtellerie & Restauration

Découvrez les 32 métiers du domaine Hôtellerie & Restauration : salaires, formations, débouchés et perspectives d'évolution.