Comment devenir Responsable de Scierie ?

En bref

  • Salaire : 25k à 40k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 (3 à 5 ans)
  • Domaine : BTP & Construction
  • Conditions d'exercice : Contact humain
  • Code ROME : H2204

Le responsable de scierie dirige une unité de première transformation du bois qui découpe les grumes issues de la forêt en produits sciés (planches, poutres, solives, volige, parquets bruts). Il assure la gestion opérationnelle (approvisionnements, production, qualité, expédition), commerciale (clients, prix, contrats) et humaine (équipes, sécurité). Le code ROME associé est H2204 — Conduite de machine de transformation des panneaux bois, complété par B1603 — Réalisation d'ouvrages décoratifs et d'aménagement en bois.

En 2026, le secteur de la scierie française vit une transition historique. Selon la FNB (Fédération Nationale du Bois) et France Bois Forêt, la France compte 1 200 scieries actives (contre 3 000 il y a 25 ans) qui emploient 13 000 personnes directes et transforment 8 millions de m³ de grumes par an. La filière bois représente 415 000 emplois directs et indirects (FIBOIS France). La construction bois est en pleine expansion : le marché représente 14 milliards € en 2024 (Observatoire FIBOIS) avec une croissance annuelle de 8-12 %, portée par la RE2020 qui valorise le bois bas carbone, les constructions CLT (Cross-Laminated Timber) de grande hauteur (règles d'urbanisme autorisant tours bois R+10 à R+20), et la politique France Relance Bois (300 millions €). Les scieries sont en pleine modernisation (investissements Bpifrance, aides ADEME, plan de renouvellement des scieries feuillus).

Au quotidien, le responsable de scierie gère la réception et le tri des grumes (mesures au cube, classement qualité selon NF EN 1316 pour feuillus ou NF EN 1927 pour résineux), pilote la production (paramétrage des scies de tête et de reprise, canters, déligneuses, optimisateurs laser 3D), organise le séchage (séchoirs à air chaud pulsé) et le tri des sciages. Il négocie avec les forestiers (fournisseurs de grumes), les clients (charpentiers, menuisiers, négoces de bois, industrie du meuble, emballage) et les transporteurs. Il pilote aussi l'équipe (10-80 salariés selon la taille), la sécurité (métier accidentogène), les investissements matériel et la démarche qualité (certifications PEFC/FSC, Bois de France, CE marquage, EN 14081).

Les environnements de travail sont variés : grandes scieries industrielles résineuses (Monnet-Sève 500 personnes, Margaritelli 300, Piveteau Bois 400, Sivalbp 150), scieries feuillus régionales (souvent PME familiales 15-50 personnes), scieries intégrées aux constructeurs bois (Arbonis-Vinci, Wood Structures, Mathis, Ossabois), coopératives forestières (UCFF, Unisylva), industriels du panneau et du bois lamellé (Egger, Kronospan Isoroy). Le secteur est principalement rural, avec une implantation dans les régions boisées (Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Aquitaine).

Salaire

25k - 40k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 · Durée : 3 à 5 ans

Missions principales

  • Piloter l'approvisionnement en grumes (négociation avec forestiers ONF, privés, coopératives ; contrats pluriannuels)
  • Réceptionner et classer les grumes (cubage selon NF B 53-020, classement qualité NF EN 1316/1927)
  • Organiser et optimiser la production (paramétrage scies de tête, canters, déligneuses, optimisateurs laser 3D Microtec)
  • Gérer le séchage des sciages (séchoirs Mühlböck, Italtec, Incomac — cycles 2-6 semaines selon essence)
  • Piloter le tri et le conditionnement des produits finis (palettisation, cerclage, bâchage)
  • Encadrer l'équipe (10-80 personnes : caristes, scieurs, séchoiristes, affûteurs, expéditeurs, administratifs)
  • Gérer la sécurité (secteur accidentogène — scies circulaires, coupes, chutes de grumes) et le document unique
  • Négocier et gérer la relation clients (charpentiers, menuisiers, négoces, emballage, construction bois)
  • Piloter la démarche qualité et les certifications (PEFC, FSC, marquage CE EN 14081, Bois de France)
  • Gérer les investissements matériel (scie Linck, EWD, HewSaw pour résineux, Braun pour feuillus) 200 k€ à 5 M€
  • Respecter la réglementation environnementale (ICPE 2410 rubrique, récupération des chutes, cogénération)
  • Pilotage financier (marge sur grume, prix de vente sciages, coût heure machine, investissements)

Compétences requises

  • Connaissance des essences de bois (résineux : épicéa, sapin, douglas, mélèze ; feuillus : chêne, hêtre, châtaignier, frêne, peuplier)
  • Techniques de sciage (scie de tête à ruban, scie circulaire, canter, déligneuse multi-lames, scie parallèle)
  • Optimisation du rendement matière (logiciels d'optimisation 3D Microtec, Baljer & Zembrod)
  • Classement des grumes (NF EN 1316 feuillus, NF EN 1927 résineux) et des sciages (NF EN 1611 visuel, NF EN 14081 mécanique)
  • Séchage du bois (théorie et pratique : cycles, humidité d'équilibre, contraintes internes, séchoirs Mühlböck, Italtec)
  • Certifications qualité : marquage CE EN 14081 bois massif structural, PEFC, FSC, Bois de France, Sapin ECO
  • Logiciels de gestion scierie : TCN Millwizard, SAGE Scierie, SAP industry bois
  • Réglementation ICPE (rubrique 2410 pour travail mécanique du bois, rubrique 1532 stockage grumes)
  • Gestion économique (prix de grume bord de route, prix de vente sciages, marge atelier, BFR)
  • Management d'équipe (encadrement ouvriers qualifiés, conducteurs de ligne, caristes, maintenance)
  • Sécurité machine (directive 2006/42/CE, NF EN 1870 pour scies, marquage CE, EPI)
  • Commercial BtoB (négociation contrats, CGV, délais, incoterms) et logistique (transport, palettisation)
  • Notions forestières (futaies, taillis, exploitation, code forestier, PEFC chaîne de contrôle)
  • Anglais pour import grumes (scandinaves, allemandes) et export sciages (Italie, Maghreb)

Formations pour devenir Responsable de Scierie

  • BTS Technico-commercial spécialité Bois et Dérivés — Bac+2
  • BTS SCBH (Systèmes Constructifs Bois et Habitat) — Bac+2
  • BUT QLIO spécialité Bois (Qualité, Logistique Industrielle et Organisation) — Bac+3
  • Licence Professionnelle Métiers du Bois (gestion de production, commerce) — nombreuses universités (Bac+3)
  • Diplôme d'ingénieur ESB (École Supérieure du Bois, Nantes) — référence française — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur ENSTIB (École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois, Épinal) — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur AgroParisTech parcours forêt-bois — Bac+5
  • Master professionnel Sciences et Technologies du Bois — Nancy Université (Bac+5)
  • MBA Management de la Filière Bois — HEC, EM Lyon, ESB (Bac+6)
  • Formation continue FIBOIS (fédération), formations techniques INRS sécurité machines bois

Grille salariale détaillée

  • Chef d'équipe / responsable atelier (0-3 ans) : 32 000 – 40 000 € brut/an
  • Responsable production / chef d'exploitation (3-8 ans) : 40 000 – 55 000 € brut/an
  • Responsable de scierie (8-15 ans) : 45 000 – 65 000 € brut/an
  • Directeur de site / DG PME (15+ ans) : 60 000 – 120 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Secteur porteur (construction bois +10 %/an, RE2020 favorable, bois bas carbone)
  • Métier concret et passionnant (matière noble, ancrage territorial)
  • Autonomie de gestion et responsabilités étendues dès ce niveau
  • Évolutions possibles vers la direction industrielle ou la reprise d'entreprise
  • Diversité des missions (commercial, technique, financier, RH, sécurité)
  • Ancrage rural fort (qualité de vie, localisation en région boisée)
  • Politique France Relance Bois (300 millions €) favorise la modernisation

Les moins

  • Métier industriel avec risque d'accidents (scieries parmi les secteurs les plus accidentogènes)
  • Marges serrées (2-5 %) nécessitant une rigueur financière stricte
  • Dépendance aux aléas climatiques et sanitaires (scolytes sur épicéa, sécheresse)
  • Pression concurrentielle (importations scandinaves, allemandes, baltes)
  • Charge émotionnelle (gestion d'équipe, sécurité, fermetures de sites dans les PME fragiles)
  • Volatilité des prix grumes/sciages (marché mondial du bois)
  • Horaires chargés (présence terrain + commercial + administratif)

Secteurs qui recrutent

  • Grandes scieries résineuses industrielles — Monnet-Sève (500 collab., leader français), Piveteau Bois (400), Sivalbp (150), Margaritelli France (300)
  • Scieries feuillus régionales — PME familiales de 15 à 50 personnes, réparties en Bourgogne, Centre, Grand Est, Sud-Ouest
  • Scieries intégrées aux constructeurs bois — Arbonis (Vinci Construction Bois, 3 sites), Wood Structures, Mathis (groupe Socopa), Ossabois
  • Coopératives forestières gérant des scieries — UCFF (Union de la Coopération Forestière Française), Unisylva, Sylv'Accro
  • Industriels du panneau et du bois lamellé — Egger (Autriche), Kronospan Isoroy (Brésil), Piveteau Bois (lamellé-collé)
  • Distributeurs et négoces bois — Carré, Chausson Matériaux, Point.P Bois (Saint-Gobain), Doras
  • Industriels de l'emballage et de la palette — Piveteau Emballage, Smurfit Kappa, Euro Pool System
  • Industrie du meuble — IKEA (fournisseurs français), Gautier, Parisot Meubles, Grange
  • Entreprises de construction bois — Mathis (groupe Socopa), Ossabois, Wood Structures, Cougnaud Bois
  • Groupes forestiers-industriels — Fiducial Bois, Siat Braun (Alsace), Groupe Scierie Lemaître

Évolution de carrière

Le responsable de scierie démarre souvent comme chef d'équipe ou responsable d'atelier (32 000 à 40 000 € brut/an) après un BTS SCBH ou une formation ESB/ENSTIB. Après 3-5 ans, il devient responsable de production ou chef d'exploitation (40 000 à 55 000 €). Avec 5-10 ans, il accède au poste de responsable de scierie complet (45 000 à 65 000 €) gérant un site de 15 à 80 personnes. Les directeurs de sites importants (100+ personnes, scieries Monnet-Sève, Piveteau) perçoivent 60 000 à 85 000 €. Les profils plus expérimentés visent directeur industriel de groupe scierie, directeur commercial multi-sites, directeur général d'une PME (70 000 à 120 000 €+). La reprise ou création d'une scierie est une voie possible pour les entrepreneurs (investissement 500 000 à 5 millions €, reprise familiale fréquente). Les évolutions transversales incluent : conseil aux scieries (consultant indépendant, ESB formation), enseignant-chercheur (ENSTIB Épinal, ESB Nantes), responsable bois dans un groupe construction (Ossabois, Mathis, Arbonis), commercial bois construction (Monnet-Sève, Piveteau Bois, Sivalbp). Le secteur bénéficie de la croissance de la construction bois (+10 %/an) mais reste fragmenté (nombreuses reprises à venir, 500 dirigeants partant à la retraite d'ici 2030). Convention collective applicable : CCN des Scieries et Industries du Bois (IDCC 158).

Questions fréquentes sur le métier de Responsable de Scierie

Comment devenir responsable de scierie en 2026 ?
Le parcours classique passe par un diplôme Bac+5 spécialisé : ESB (École Supérieure du Bois, Nantes) ou ENSTIB (École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois, Épinal) — les deux écoles de référence françaises de la filière bois. Alternatives : diplôme d'ingénieur AgroParisTech parcours forêt-bois, Master professionnel Sciences et Technologies du Bois à Nancy, ou Licence Professionnelle Métiers du Bois (Bac+3) pour les techniciens supérieurs. Une formation préalable BTS SCBH (Systèmes Constructifs Bois et Habitat) ou BTS Technico-commercial Bois offre une bonne base. L'expérience terrain en scierie (chef d'atelier, responsable production) pendant 3-5 ans est indispensable avant d'accéder au poste de responsable.
Quel est le salaire d'un responsable de scierie en 2026 ?
Un chef d'équipe ou responsable d'atelier débutant gagne 32 000 à 40 000 € brut/an. Un responsable de production ou chef d'exploitation (3-8 ans d'expérience) perçoit 40 000 à 55 000 €. Un responsable de scierie pleine fonction (8-15 ans) atteint 45 000 à 65 000 €. Les directeurs de sites importants (Monnet-Sève, Piveteau Bois, Sivalbp avec 100+ personnes) dépassent 60 000 à 85 000 €. Les directeurs généraux de PME scierie ou directeurs industriels de groupes bois peuvent atteindre 80 000 à 120 000 € avec bonus sur résultats. Convention collective : CCN des Scieries et Industries du Bois (IDCC 158). Les primes sur tonnage scié et marge commerciale peuvent ajouter 10-20 %.
Quelle différence entre scierie résineux et scierie feuillus ?
Les deux secteurs sont très différents. Les scieries de résineux (épicéa, sapin, douglas, mélèze, pin) sont industrielles et automatisées, avec des volumes élevés (50 000 à 500 000 m³/an). Les produits finis sont standardisés pour la charpente, la construction bois, la palette. Les équipements sont automatisés (canters, optimisateurs 3D laser) avec peu d'intervention humaine. Les scieries de feuillus (chêne, hêtre, châtaignier, frêne) sont plus artisanales, avec des volumes moindres (5 000 à 50 000 m³/an). Les produits finis sont plus techniques (avivés pour menuiserie, placage, tonnellerie, merrains pour chêne), avec plus de manipulation humaine et de tri visuel. Le chêne français est très recherché pour la tonnellerie (fûts de vin, cognac) avec des prix élevés (800-2 000 €/m³ selon qualité vs 150-300 €/m³ pour un épicéa résineux courant).
Comment fonctionne l'approvisionnement en grumes ?
L'approvisionnement est crucial (60-70 % du coût de revient d'une scierie). Les sources sont : (1) ONF (Office National des Forêts, 8 000 collab.) qui gère les forêts publiques (forêts domaniales et communales, 4,7 millions d'hectares en France) via ventes aux enchères publiques (adjudications annuelles printemps/automne). (2) Forêts privées (12 millions d'hectares, 75 % de la forêt française, 3,5 millions de propriétaires) via les coopératives forestières (UCFF, Unisylva) ou contrats directs avec propriétaires. (3) CRPF (Centres Régionaux de la Propriété Forestière) qui structurent la gestion forestière privée. (4) Importations grumes pour combler les manques (scandinaves résineux, allemands chêne). Les contrats pluriannuels se développent (10-30 % du volume) pour sécuriser l'approvisionnement. Les grumes sont cubées selon NF B 53-020 et classées selon NF EN 1316 (feuillus) ou NF EN 1927 (résineux) avant sciage.
Quel avenir pour le métier en 2026 ?
Excellent avenir. La filière bois bénéficie de plusieurs tendances porteuses : (1) RE2020 favorable au bois bas carbone (1 m³ de bois stocke 1 tonne de CO2) et construction CLT grande hauteur autorisée (tours R+10 à R+20 type Hypérion à Bordeaux). (2) France Relance Bois (300 millions €) et politique ADEME favorisent la modernisation des scieries. (3) Plan de renouvellement forêt française (1,5 milliard € d'ici 2030, 200 millions d'arbres à planter) sécurise la ressource. (4) Construction bois en pleine expansion (+10-12 %/an, 6 % du marché neuf en 2024 vs 3 % en 2020). (5) Renouvellement générationnel : 500 dirigeants de scieries partent à la retraite d'ici 2030, créant des opportunités de reprise. Les jeunes responsables formés à ESB/ENSTIB sont particulièrement recherchés pour moderniser les scieries familiales. Le métier offre donc une excellente visibilité sur 20-30 ans, avec des enjeux passionnants (bas carbone, construction bois, filière locale).

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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