Comment devenir Rentrayeur de tapis et tapisserie ?
En bref
- Salaire : 30k à 45k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 (3 à 5 ans)
- Domaine : Artisanat & Métiers d'art
- Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
- Code ROME : B1801
Le rentrayeur est un artisan d'art ultra-spécialisé qui restaure les tapis, tapisseries et textiles anciens par la technique du rentrayage : il répare, refait ou complète les zones abîmées en tissant ou nouant à l'identique, avec les mêmes matériaux (laine teinte à la main, soie, fil d'or, coton) et les mêmes techniques (point de Savonnerie, point noué, point tissé plat type Aubusson) que la pièce originale. Le code ROME associé est B1801 — Couture main / B1201 Réalisation d'objets artistiques et artisanaux.
En 2026, la France compte environ 80 à 150 rentrayeurs professionnels selon l'INMA et les Ateliers de la Manufacture des Gobelins. Le métier est classé patrimoine immatériel français. Le Mobilier National (ancien Garde-Meuble de la Couronne, créé 1604) est le principal employeur avec ses 3 manufactures emblématiques : Manufacture des Gobelins (Paris 13e, tapisseries de haute lisse depuis 1662), Manufacture de Beauvais (basse lisse, Beauvais depuis 1664), Manufacture de la Savonnerie (tapis noués, Lodève depuis 1627). France Travail classe le métier comme extrêmement rare avec 3 à 8 postes ouverts par an (recrutement quasi exclusivement sur concours au Mobilier National). La convention collective des personnels du Mobilier National (fonction publique) ou IDCC 1596 (métiers d'art) s'applique.
Au quotidien, le rentrayeur reçoit la pièce à restaurer (tapisserie du XVIIe-XVIIIe, tapis Savonnerie, Aubusson, d'Orient XIXe). Il commence par une étude approfondie (identification de l'atelier d'origine, datation, matériaux, nuances de couleur sous UV et IR), puis nettoie la pièce (aspiration, nettoyage sec, bain aqueux pour taches), repère les zones altérées, dénoue les nœuds usés, tisse ou noue à l'identique avec des fils teints à la main sur mesure pour reproduire les nuances originales. Une restauration de tapisserie d'environ 4 m² peut nécessiter 500 à 2 000 heures de travail étalées sur 6-18 mois.
Les environnements incluent le Mobilier National (administration de l'État au Ministère de la Culture, 300 personnels dont 50 restaurateurs), les Manufactures des Gobelins, Beauvais et Savonnerie (ateliers de création ET de restauration), les Monuments Historiques (Château de Versailles, Château de Fontainebleau, Louvre), les ateliers privés spécialisés (Atelier de Restauration de Tapisseries Chevalier Bruno Paris, Atelier Anne Ilgenfritz Strasbourg), les collectionneurs privés (via maisons de vente Sotheby's, Christie's, Artcurial pour tapisseries et tapis anciens). Le télétravail est impossible.
Salaire
30k - 45k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 · Durée : 3 à 5 ans
Missions principales
- Étudier la pièce à restaurer (identification atelier d'origine, date, technique, matériaux)
- Analyser les couleurs originales (microscopie, UV, IR, spectrométrie)
- Nettoyer la pièce (aspiration, nettoyage sec, bain aqueux contrôlé)
- Identifier les zones altérées (trous, usures, coutures défaites, décolorations)
- Dénouer les nœuds usés avec précaution (pour les tapis noués Savonnerie, Orient)
- Teindre les laines à la main pour reproduire les nuances originales exactes
- Rentraire les tapisseries : tisser à l'identique en haute lisse (Gobelins) ou basse lisse (Beauvais)
- Renouer les tapis selon la technique originale (point Savonnerie, point turc, point persan)
- Consolider les chaînes et trames affaiblies (doublage, renforcement)
- Réaliser des compléments pour les zones manquantes (reconstitutions à l'identique)
- Doubler la pièce (toile de lin, velcro pour accrochage, renforcements)
- Documenter précisément la restauration (photos avant/pendant/après, rapport de traitement)
- Appliquer les protocoles de conservation-restauration (réversibilité, authenticité)
Compétences requises
- Techniques de tissage : haute lisse (Gobelins, vertical), basse lisse (Beauvais, horizontal)
- Techniques de nouage : Savonnerie (noeud turc), points d'Orient (turc, persan, chinois)
- Teinture à la main : teintures naturelles (garance, gaude, indigo, cochenille) et chimiques
- Colorimétrie et reproduction de nuances (microscopie, comparaison, mélanges)
- Matières : laines (mérinos, Berry, Australie), soies (grèges, filées), or/argent cannetille
- Analyse scientifique : UV (résidus anciens), IR (couches cachées), microscopie
- Histoire de la tapisserie française : Gobelins (1662), Aubusson (1665 royal), Beauvais (1664)
- Connaissance des ateliers historiques (écoles, périodes, cartons, manufactures concurrentes)
- Techniques de consolidation : doublage, couture invisible, velcro pour accrochage
- Protocoles de conservation-restauration (réversibilité, documentation, minimalisme)
- Outils : métiers à tisser, aiguilles courbes, peignes, ciseaux chirurgicaux
- Anglais professionnel (échanges internationaux, musées, Metropolitan NY)
- Lecture des cartons de tapisseries (dessins originaux Le Brun, Boucher, Oudry)
Formations pour devenir Rentrayeur de tapis et tapisserie
- Concours de l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) option Tapisserie
- DMA Arts textiles option Tapisserie (Bac+2) — École Duperré Paris
- Diplôme de restaurateur du patrimoine — Institut National du Patrimoine (INP) — spécialité Arts textiles
- Apprentissage au Mobilier National — Manufactures des Gobelins, Beauvais, Savonnerie
- Master Conservation-Restauration Arts Textiles — Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Formation continue INMA (Institut National des Métiers d'Art)
- École de la Cambre Bruxelles — formation internationale
- Royal School of Needlework (Royaume-Uni) — formation complémentaire
- Textile Conservation Centre (Royaume-Uni, Glasgow) — expertise internationale
- Apprentissage (5-10 ans) dans un atelier privé spécialisé
Grille salariale détaillée
- Débutant / apprenti (0-5 ans) : 24 000 – 30 000 € brut/an
- Confirmé (5-15 ans) : 32 000 – 45 000 € brut/an
- Maître rentrayeur (15-25 ans) : 45 000 – 65 000 € brut/an
- Chef d'atelier / direction (25+ ans) : 65 000 – 100 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier d'art d'exception classé patrimoine immatériel
- Collaboration avec les Manufactures les plus prestigieuses (Gobelins, Beauvais, Savonnerie)
- Restauration de chefs-d'œuvre historiques (Versailles, Louvre)
- Stabilité de l'emploi en fonction publique (Mobilier National)
- Label EPV et Maître d'Art accessibles
- Pièces d'exception traversant les siècles
- Culture artistique et historique enrichissante
Les moins
- Métier extrêmement rare (80-150 rentrayeurs en France)
- Apprentissage très long (10-15 ans pour la maîtrise complète)
- Postes permanents très rares (3-8 par an au Mobilier National)
- Rémunérations modestes en fonction publique
- Position prolongée courbée (TMS possibles)
- Fatigue oculaire (travail au microscope)
Secteurs qui recrutent
- Mobilier National (Ministère de la Culture) — 300 personnels dont 50 restaurateurs, administration d'État
- Manufactures des Gobelins (Paris 13e) — haute lisse, création ET restauration, depuis 1662
- Manufacture de Beauvais — basse lisse, depuis 1664
- Manufacture de la Savonnerie (Lodève) — tapis noués, depuis 1627
- Monuments Historiques et châteaux nationaux — Versailles, Fontainebleau, Louvre, Chambord
- Ateliers privés spécialisés — Atelier Chevalier Bruno (Paris), Atelier Anne Ilgenfritz (Strasbourg), Atelier Bobin
- Musées internationaux — Victoria & Albert Museum Londres, Metropolitan Museum New York, Musée du Louvre
- Maisons de vente aux enchères — Sotheby's, Christie's, Artcurial (experts tapisseries)
- Collectionneurs privés haut de gamme — restauration de tapis anciens d'Orient, d'Aubusson
- Formation — ENSAD Paris, École Duperré Paris, INP (Institut National du Patrimoine)
Évolution de carrière
Le rentrayeur débutant (apprenti Mobilier National ou atelier privé) gagne 24 000 à 30 000 € brut annuels. Un confirmé (5-10 ans) atteint 32 000 à 45 000 €. Au Mobilier National (fonction publique, catégorie B pour les agents techniques, A pour les restaurateurs avec diplôme INP), les salaires vont de 28 000 à 55 000 € selon la carrière (grilles de la fonction publique d'État). En atelier privé (Chevalier Bruno Paris, ateliers spécialisés), les rémunérations peuvent être plus élevées pour les maîtres (45 000 à 75 000 €+). Les évolutions : maître rentrayeur (50 000 à 70 000 €), chef d'atelier (55 000 à 80 000 €), direction technique d'une manufacture (70 000 à 100 000 €). Le concours Meilleur Ouvrier de France (MOF) section Rentrayeur existe mais reste très rare. Les Maîtres d'Art (Ministère de la Culture) bénéficient d'un soutien public. Les profils diplômés de l'INP (Institut National du Patrimoine) sont particulièrement valorisés pour la restauration patrimoniale. Reconversions possibles : enseignement (ENSAD, École Duperré, INP), expertise pour maisons de vente (Sotheby's, Christie's spécialistes tapisseries), conseil pour musées internationaux (Metropolitan NY, Victoria & Albert Londres, Louvre).
Questions fréquentes sur le métier de Rentrayeur de tapis et tapisserie
- Comment devenir rentrayeur en 2026 ?
- La voie principale passe par l'apprentissage au Mobilier National dans les Manufactures des Gobelins, Beauvais ou Savonnerie. Pour la restauration, le diplôme de restaurateur du patrimoine (Institut National du Patrimoine INP, 5 ans post-bac, concours très sélectif) option Arts textiles est la formation de référence. Le DMA Arts textiles (École Duperré Paris) et le Master Conservation-Restauration (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) sont complémentaires. Les stages au Mobilier National sont déterminants.
- Quel est le salaire en 2026 ?
- Un rentrayeur débutant gagne 24 000 à 30 000 € brut annuels. Un confirmé (5-15 ans) 32 000 à 45 000 €. Au Mobilier National (fonction publique), la grille indiciaire catégorie A (restaurateurs avec diplôme INP) va de 28 000 à 55 000 €. Un maître rentrayeur en atelier privé peut atteindre 45 000 à 75 000 €+.
- Quelles études pour devenir rentrayeur ?
- Diplôme INP (Institut National du Patrimoine) spécialité Arts textiles, Master Conservation-Restauration (Paris 1), DMA Arts textiles (École Duperré). L'apprentissage au Mobilier National (Manufactures Gobelins, Beauvais, Savonnerie) est la voie d'excellence. Les concours de la fonction publique pour intégrer le Mobilier National sont très sélectifs.
- Quelles évolutions possibles ?
- Maître rentrayeur, chef d'atelier, direction technique d'une manufacture. Reconversions vers l'enseignement (ENSAD, École Duperré, INP), l'expertise pour maisons de vente (Sotheby's, Christie's) ou le conseil pour musées internationaux (Metropolitan NY, Victoria & Albert Londres). Le label Maître d'Art (Ministère de la Culture) est la reconnaissance suprême.
- Le métier a-t-il un avenir ?
- Oui, bien que très niche. Le Mobilier National reste stable comme institution (patrimoine classé). Les Manufactures des Gobelins, Beauvais et Savonnerie continuent création et restauration. Les Monuments Historiques (Versailles, Fontainebleau, Louvre) maintiennent des programmes de restauration. Les musées internationaux (Victoria & Albert, Metropolitan) font appel aux rentrayeurs français. L'INMA et le Ministère de la Culture protègent le métier. Le marché privé (collectionneurs) reste demandeur pour les tapis d'Orient et d'Aubusson anciens.
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME B1801 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Rentrayeur de tapis et tapisserie (www.onisep.fr)
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