Comment devenir Ingénieur en Imagerie Médicale ?

En bref

  • Salaire : 40k à 80k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 (5 ans)
  • Domaine : Santé & Paramédical
  • Conditions d'exercice : Bureau / Laboratoire
  • Code ROME : H1206

L'ingénieur en imagerie médicale est un spécialiste de haut niveau qui conçoit, développe, optimise et maintient les dispositifs et logiciels d'imagerie médicale utilisés dans les établissements de santé : scanners à rayons X (CT-scan), échographes, Doppler, IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), TEP-scan (Tomographie par Émission de Positrons), gamma-caméras, mammographes, radiographies numériques, cone beam CT. À la croisée de la physique médicale, de l'électronique, du traitement du signal et de l'informatique, il développe les algorithmes d'acquisition et de reconstruction d'images qui permettent aux médecins radiologues et nucléaires d'affiner leurs diagnostics en cancérologie, neurologie, cardiologie, orthopédie et gynécologie-obstétrique. En 2026, son rôle s'est considérablement enrichi avec l'explosion de l'intelligence artificielle en imagerie médicale (détection automatique de lésions, segmentation, diagnostic assisté).

En 2026, le métier d'ingénieur en imagerie médicale est en forte tension en France, porté par l'innovation technologique (IA, IRM 7 Tesla, scanners photon-counting, imagerie hybride TEP-IRM) et le développement massif du parc d'imagerie dans les hôpitaux et cliniques. Selon le SNITEM et l'APHP, la France compte environ 3 200 ingénieurs spécialisés en imagerie médicale, dont 60 % chez les fabricants (GE Healthcare, Siemens Healthineers, Philips Medical, Canon Medical, Fujifilm) et 40 % dans les structures de santé (hôpitaux, centres d'imagerie, startups medtech françaises comme Gleamer, Milvue, Owkin, Cardiologs). Le code ROME associé est H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel. Le taux d'insertion est de 98 % à 6 mois, et les rémunérations débutent à 40 000 € brut/an, avec des évolutions très rapides.

Au quotidien, l'ingénieur en imagerie médicale alterne entre la conception et le développement de nouvelles fonctionnalités logicielles (séquences IRM, protocoles scanner, algorithmes de reconstruction, pipelines deep learning), les tests techniques et cliniques (fantômes, patients volontaires, études prospectives), la validation réglementaire (marquage CE MDR 2017/745, FDA 510k pour l'export aux USA), la collaboration avec les médecins radiologues pour adapter les protocoles, l'installation et la mise en service des équipements dans les hôpitaux, la formation des manipulateurs en électroradiologie (MERM) et la maintenance technique avancée. Une journée type peut débuter par une réunion R&D avec une équipe de physiciens médicaux, se poursuivre par du codage Python/C++ pour optimiser un algorithme de reconstruction, et se terminer par une visite dans un hôpital partenaire pour tester un prototype.

Les environnements de travail sont diversifiés : fabricants d'imagerie médicale (GE Healthcare à Buc près de Paris, Siemens Healthineers, Philips Medical, Canon Medical, Fujifilm, Samsung Medical), centres d'imagerie hospitalière (services de radiologie des CHU, centres de radiologie privés Imagenum, Simago, Medipath), startups medtech françaises (Owkin en IA santé, Gleamer en IA radiologique, Milvue, Cardiologs, Raidium, AZmed, Brainomix), instituts de recherche (Inserm, CNRS, CEA Neurospin à Saclay, Institut du Cerveau ICM, Institut Curie, Institut Gustave Roussy), éditeurs de logiciels médicaux (Sectra, Carestream, Agfa, Medexprim), et laboratoires universitaires (ISIR Sorbonne, LTSI Rennes, CREATIS Lyon). Le statut est celui de cadre (CCN de la Métallurgie IDCC 3248 ou CCN SYNTEC IDCC 1486) dans l'industrie, statut fonctionnaire FPH (catégorie A) dans les CHU publics, ou contrat cadre dans les startups. Le métier est strictement encadré par le règlement européen MDR 2017/745 et les normes ISO 13485, ISO 14971 et IEC 62304 (logiciels embarqués).

Salaire

40k - 80k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 · Durée : 5 ans

Missions principales

  • Concevoir et développer les logiciels et algorithmes d'acquisition et de reconstruction d'images médicales
  • Programmer les séquences IRM, protocoles scanner et algorithmes de traitement d'image en Python, C++, CUDA
  • Intégrer l'intelligence artificielle dans les dispositifs d'imagerie (deep learning, CNN, transformers)
  • Tester les équipements sur fantômes de validation et sur patients volontaires en lien avec les radiologues
  • Valider les dispositifs selon les normes réglementaires (MDR 2017/745, FDA 510k, ISO 13485)
  • Installer et mettre en service les équipements dans les hôpitaux et centres d'imagerie
  • Former les manipulateurs en électroradiologie (MERM), physiciens médicaux et radiologues à l'utilisation
  • Optimiser les protocoles d'acquisition en collaboration avec les équipes médicales (dosimétrie, qualité d'image)
  • Assurer la maintenance technique avancée et le support de 2e ou 3e niveau
  • Participer à la recherche clinique et aux publications scientifiques en imagerie
  • Rédiger la documentation technique, les dossiers réglementaires et les rapports de validation
  • Assurer une veille technologique sur les innovations en imagerie (IRM 7T, photon-counting, IA générative)

Compétences requises

  • Physique médicale et principes de l'imagerie (RX, CT, IRM, ultrasons, médecine nucléaire)
  • Traitement du signal et de l'image (filtrage, segmentation, recalage, reconstruction tomographique)
  • Intelligence artificielle et deep learning appliqués à l'imagerie (PyTorch, TensorFlow, Keras, MONAI)
  • Programmation scientifique : Python, C++, MATLAB, CUDA pour l'accélération GPU
  • Standards d'interopérabilité médicale : DICOM, HL7, FHIR, PACS, RIS
  • Réglementation européenne MDR 2017/745 et FDA 21 CFR Part 820 pour l'export aux USA
  • Normes qualité ISO 13485, ISO 14971 (gestion des risques), IEC 62304 (logiciels embarqués)
  • Radioprotection et dosimétrie (pour les équipements ionisants)
  • Méthodes de validation clinique et biostatistique
  • Anatomie, physiologie et principales pathologies (oncologie, neurologie, cardiologie)
  • Anglais technique et scientifique courant
  • Gestion de projet R&D et méthodes agiles (SCRUM, Jira, Git, GitLab)
  • Notions de cybersécurité appliquée aux dispositifs médicaux connectés

Formations pour devenir Ingénieur en Imagerie Médicale

  • Master Sciences Imagerie Médicale — Paris Cité (Faculté de Médecine), Sorbonne Université, Paris-Saclay
  • Phelma Grenoble INP (filière biomédicale et signal), spécialité Ingénierie pour la Santé
  • Télécom Paris (ex-ENST) avec spécialisation Image, Données, Signal
  • Mines ParisTech, Mines Saint-Étienne (master spécialisé Bio-ingénierie)
  • ISBS Compiègne (UTC), ISIS Castres (Institut Supérieur d'Ingénierie Santé)
  • INSA Lyon (département Génie Électrique), INSA Rouen, INSA Strasbourg
  • ESPCI Paris, Centrale Supélec (filière biomédicale)
  • Doctorat en Imagerie Médicale, Physique Médicale, Traitement du Signal (pour R&D et recherche)

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 38 000 – 48 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 48 000 – 65 000 € brut/an
  • Senior / Expert (5-10 ans) : 60 000 – 85 000 € brut/an
  • Lead / Directeur R&D (10+ ans) : 80 000 – 130 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Rémunération très attractive dès le début de carrière (40 000 à 50 000 € pour un junior)
  • Secteur en forte croissance porté par l'IA et l'innovation en imagerie (IRM 7T, photon-counting)
  • Missions stimulantes à l'interface médecine, physique et informatique
  • Perspectives d'évolution rapides (Lead Engineer, Product Manager, Directeur R&D)
  • Impact direct sur la qualité du diagnostic et la santé des patients
  • Écosystème français dynamique avec plusieurs startups medtech leaders mondiaux
  • Mobilité internationale (USA, Allemagne, Royaume-Uni, Japon pour Canon Medical)

Les moins

  • Formation longue et sélective (Bac+5 à Bac+8 en école d'ingénieur ou doctorat)
  • Responsabilité médicale majeure (les logiciels médicaux peuvent influencer le diagnostic)
  • Pression temporelle forte sur les projets R&D et les mises sur le marché
  • Complexité réglementaire croissante (MDR 2017/745, IA Act européen)
  • Charge mentale liée à la technique pointue et aux évolutions technologiques rapides
  • Exposition aux rayonnements ionisants lors des tests sur sites hospitaliers (faibles doses)
  • Salaires moins élevés dans la fonction publique hospitalière que dans l'industrie privée
  • Pression concurrentielle sur le marché mondial (USA, Chine, Allemagne, Japon)

Secteurs qui recrutent

  • Fabricants d'imagerie médicale — GE Healthcare (Buc, France), Siemens Healthineers, Philips Medical, Canon Medical, Fujifilm, Samsung Medical, United Imaging
  • Startups medtech françaises en IA — Owkin (IA santé), Gleamer (radiographie), Milvue (radiographie pédiatrique), Cardiologs (ECG), Raidium, AZmed, Incepto Medical
  • Services de radiologie des CHU — AP-HP (Pitié-Salpêtrière, Necker, Bichat, Saint-Louis), HCL (Edouard Herriot), AP-HM (La Timone), CHU Bordeaux (Pellegrin)
  • CEA Neurospin (Saclay) — recherche en IRM à ultra-haut champ (7T, 11.7T)
  • Institut du Cerveau et de la Moelle (ICM, Paris), Institut Curie, Institut Gustave Roussy
  • Centres d'imagerie privés — Imagenum, Simago, Medipath, ICP, GIE Paris Imagerie
  • Inserm, CNRS, INRIA (laboratoires mixtes de recherche en imagerie)
  • Éditeurs de logiciels médicaux — Sectra, Carestream, Agfa Healthcare, Medexprim, Olea Medical
  • Laboratoires universitaires de recherche — CREATIS Lyon, LTSI Rennes, ISIR Sorbonne, LIS Marseille
  • ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) et HAS

Évolution de carrière

Après 3 à 5 ans d'expérience, l'ingénieur en imagerie médicale peut évoluer vers le poste d'Ingénieur Senior ou Expert Technique (55 000 à 75 000 € brut/an), avec une spécialisation en imagerie (IRM, scanner, TEP) ou en IA médicale. Avec 5 à 10 ans d'expérience, il peut accéder aux postes de Lead Engineer, Chef de Projet R&D, Product Manager ou Technical Lead (70 000 à 100 000 €), en charge de la conception d'une nouvelle gamme de produits. Les profils très expérimentés peuvent viser des postes de Directeur R&D, Directeur Technique, Architecte Logiciel en Chef ou CTO d'une startup medtech (90 000 à 150 000 €+ avec stock-options). Dans les hôpitaux publics (CHU, CEA Neurospin), l'évolution se fait vers les postes de Responsable Technique d'un plateau d'imagerie ou de Chercheur (MCF, PU avec doctorat). D'autres choisissent l'entrepreneuriat en créant leur propre startup medtech (Owkin, Gleamer, Milvue, Cardiologs sont des exemples français), ou deviennent consultants spécialisés en IA médicale (McKinsey Health, Bain & Company).

Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur en Imagerie Médicale

Quelle formation pour devenir ingénieur en imagerie médicale ?
Les principales formations sont le Master Sciences Imagerie Médicale de Paris Cité (référence française), Phelma Grenoble INP (filière biomédicale), Télécom Paris (spécialisation Image, Données, Signal), Mines ParisTech, ISBS Compiègne (UTC), ESPCI Paris. Un Doctorat en imagerie médicale, physique médicale ou traitement du signal est indispensable pour les postes en R&D industrielle (GE, Siemens, Philips) ou en recherche (CEA Neurospin, ICM, Institut Curie). L'anglais technique courant est obligatoire.
Quel est le salaire d'un ingénieur en imagerie médicale en 2026 ?
En début de carrière, un ingénieur en imagerie médicale gagne entre 38 000 et 48 000 € brut/an. Un profil confirmé atteint 48 000 à 65 000 €. Un senior ou expert technique avec 5-10 ans d'expérience peut gagner 60 000 à 85 000 €. Les postes de Lead Engineer, Directeur R&D ou CTO en startup offrent 80 000 à 130 000 € brut/an, avec des stock-options dans les startups medtech. Les rémunérations sont plus élevées aux USA (120 000 à 200 000 $ annuels) et à Munich (Siemens Healthineers).
L'IA transforme-t-elle le métier d'ingénieur en imagerie médicale ?
Oui, complètement. Depuis 2020, l'intelligence artificielle (deep learning, réseaux convolutionnels, transformers) est au cœur de l'innovation en imagerie médicale. Les startups medtech françaises comme Owkin, Gleamer, Milvue et Cardiologs développent des logiciels d'IA pour détecter automatiquement les lésions, segmenter les organes et assister les radiologues. Les ingénieurs en imagerie doivent désormais maîtriser PyTorch, TensorFlow, MONAI et les techniques de validation clinique des algorithmes d'IA. C'est devenu une compétence incontournable.
Quelle est la différence entre un ingénieur biomédical et un ingénieur en imagerie médicale ?
L'ingénieur biomédical est un généraliste qui gère l'ensemble du parc biomédical d'un hôpital (tous les dispositifs médicaux : moniteurs, respirateurs, pompes, imagerie). L'ingénieur en imagerie médicale est un spécialiste pointu qui se consacre exclusivement aux dispositifs d'imagerie (scanner, IRM, TEP, échographe), avec une expertise approfondie en physique médicale, traitement du signal et IA. Les deux métiers collaborent dans les services d'imagerie hospitaliers mais ont des formations et des trajectoires de carrière distinctes.
Peut-on travailler dans une startup medtech française en imagerie ?
Oui, la France compte plusieurs startups medtech leaders mondiaux en imagerie : Owkin (IA santé, $300M levés), Gleamer (radiographie), Milvue (radiographie pédiatrique), Cardiologs (ECG rachetée par Philips en 2022), Raidium, AZmed, Incepto Medical. Ces startups offrent des missions stimulantes, des rémunérations attractives (60 000 à 120 000 € + stock-options), et la possibilité de travailler sur des produits cliniques commercialisés dans le monde entier. La French Tech Santé est très dynamique en 2026 avec plus de 500 startups.

Métiers similaires

Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

Explorer tout le domaine Santé & Paramédical

Découvrez les 78 métiers du domaine Santé & Paramédical : salaires, formations, débouchés et perspectives d'évolution.