Comment devenir Ingénieur en Génie Climatique ?

En bref

  • Salaire : 30k à 45k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : BTP & Construction
  • Conditions d'exercice : Terrain
  • Code ROME : F1106

L'ingénieur en génie climatique est un spécialiste de la conception, du dimensionnement et de la maintenance des systèmes CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation) et plomberie-sanitaires pour les bâtiments tertiaires, résidentiels collectifs, industriels et hospitaliers. Son rôle est d'obtenir la température de consigne, l'humidité et la qualité d'air attendues tout en optimisant la consommation énergétique et en réduisant l'empreinte carbone du bâtiment. Il conçoit les installations de production (chaudières gaz, PAC air-eau, PAC géothermique, groupes froid, centrales VMC double flux), de distribution (réseaux hydrauliques, aérauliques, gaine, gainage) et d'émission (radiateurs, plancher chauffant, ventilo-convecteurs, poutres froides, CTA). Le code ROME associé est F1106 — Ingénierie et études du BTP, complété par F1603 pour l'installation d'équipements sanitaires et thermiques.

En 2026, le métier est au cœur de la transition énergétique et bénéficie d'une demande explosive. Selon l'UECF-FFB (Union des Entreprises de Chauffage, Froid, Climatisation et Sanitaires de la FFB), le secteur compte 250 000 emplois en France dont 25 000 ingénieurs, cadres et chefs de projet. La RE2020 (applicable depuis le 1er janvier 2022) impose de se passer progressivement du gaz dans le neuf au profit des PAC (pompes à chaleur) et des réseaux de chaleur bas carbone. Le décret tertiaire (loi ELAN 2018) oblige -40 % de consommation en 2030 et -60 % en 2050 pour les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m². MaPrimeRénov' Chauffage (remplacement de chaudière gaz/fioul par PAC ou biomasse) représente 1,5 milliard € annuel en 2024. Les marchés porteurs incluent le retrofit PAC (remplacement chaudières gaz), la géothermie de surface, la climatisation adiabatique bas consommation, l'hydrogène décarboné, les réseaux de chaleur urbains.

Au quotidien, l'ingénieur génie climatique alterne entre le bureau (études de dimensionnement, schémas de principe, notes de calcul, plans d'exécution avec DAO AutoCAD/Revit MEP, simulations Pléiades/TRNSYS, consultations de sous-traitants) et le terrain (visites de sites, contrôles de mise en œuvre, réception de chantier, mesures de performance énergétique post-travaux). Une journée type commence par une visite de chantier en cours (contrôle installation groupe froid sur toiture-terrasse), suit avec une note de calcul de déperditions pour un projet en phase APS (Avant-Projet Sommaire), inclut une réunion de synthèse avec l'architecte et les fluides, et se termine par la rédaction du CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) d'un appel d'offres.

Les environnements de travail sont variés : bureaux d'études fluides (Alterea, Inex, Cardonnel Ingénierie, Louis Choulet, Solec, Pôle Énergie-Santé, BETS), bureaux d'études pluridisciplinaires (Egis, Artelia, Ingerop, AREP), majors du BTP (ENGIE Solutions, Vinci Energies, Eiffage Energie Systèmes, Bouygues Energies & Services, Equans), installateurs CVC/plomberie (Dalkia, Idex, Cofely), constructeurs d'équipements (Atlantic, Saunier Duval, Daikin, Mitsubishi Electric, Viessmann, Vaillant), bureaux de contrôle (Apave, Bureau Veritas, Socotec). Le télétravail est partiellement possible (1 à 2 jours/semaine).

Salaire

30k - 45k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Calculer les déperditions thermiques d'un bâtiment selon NF EN 12831 (méthode européenne de calcul)
  • Dimensionner les installations de chauffage (chaudières gaz/biomasse, PAC air-eau, géothermie, chauffage urbain)
  • Dimensionner les installations de production frigorifique (groupes froid, PAC réversibles, climatisation tertiaire)
  • Concevoir les réseaux aérauliques et hydrauliques (CVC, ECS) selon les normes NF EN 13779, NF EN 16798
  • Modéliser les installations en BIM MEP (Revit MEP, MagiCAD, AutoCAD MEP) et produire les plans d'exécution
  • Rédiger les CCTP (Cahiers des Clauses Techniques Particulières) et DPGF (Décomposition du Prix Global Forfaitaire)
  • Réaliser les études de faisabilité et d'opportunité pour raccordement à un réseau de chaleur urbain
  • Simuler dynamiquement les performances énergétiques (Pléiades Comfie, TRNSYS, EnergyPlus) en STD
  • Consulter les entreprises d'installation CVC et analyser les offres techniques et financières
  • Superviser le chantier, contrôler la mise en œuvre, commissionner les installations et former les exploitants
  • Réaliser les audits CVC de bâtiments existants et proposer des plans de rénovation énergétique
  • Assurer une veille technologique continue (PAC CO2, PAC haute température, hydrogène décarboné, MCI à absorption)

Compétences requises

  • Thermique du bâtiment (déperditions NF EN 12831, charges thermiques d'été, bilan enthalpique)
  • Thermodynamique (cycle frigorifique, COP, SCOP, EER, SEER, détente directe, à absorption)
  • Mécanique des fluides (pertes de charge, débits, vitesses, sélection de pompes et ventilateurs)
  • Qualité de l'air intérieur (norme NF EN 16798, CO2, COV, PM2.5, radon, amiante, plomb)
  • Logiciels de dimensionnement CVC : Perrenoud, BBS Slama, ClimaWin, Polysun, logiciels constructeurs
  • BIM MEP : Revit MEP, MagiCAD, AutoCAD MEP, Navisworks (coordination spatiale 3D)
  • Simulation thermique dynamique : Pléiades Comfie, TRNSYS, EnergyPlus, IDA ICE
  • Énergies renouvelables thermiques : PAC air-eau, géothermie de surface, biomasse, solaire thermique
  • Réglementations : RE2020, RT2012 existant, décret tertiaire 2019, règlement F-gaz 517/2014 (réfrigérants)
  • Normes techniques : DTU 65.3 à 65.14 (plomberie, chauffage), Eurocodes, arrêté 2 août 2013 (PAC)
  • Labels et certifications : HQE, BREEAM, LEED, Passivhaus, WELL, Living Building Challenge
  • Connaissances en régulation et GTB (Gestion Technique du Bâtiment) : KNX, BACnet, Modbus, LoRaWAN
  • Notions d'électricité courante (triphasé, puissance, protection, compatibilité électromagnétique)
  • Anglais technique courant (normes ISO, documentation fabricants internationaux)

Formations pour devenir Ingénieur en Génie Climatique

  • Diplôme d'ingénieur INSA Strasbourg spécialité Génie Climatique et Énergétique (référence française) — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur INSA Lyon département Génie Énergétique et Environnement — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur ESTP Paris option Bâtiment Énergie Environnement — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur Polytech Clermont, Grenoble spécialité Énergie-Environnement — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur ENSAM (Arts et Métiers) parcours Génie Énergétique — Bac+5
  • Diplôme d'ingénieur EPF, CESI, ESIGELEC spécialité énergie — Bac+5
  • Master Énergétique et Environnement — Paris-Saclay, Lyon 1, Poitiers, La Rochelle (Bac+5)
  • Master Génie Civil et Énergétique — Paris-Est, INSA Lyon (Bac+5)
  • Mastère Spécialisé (MS) Construction et Habitat Durables — ESTP, ENPC, Mines ParisTech (Bac+6)
  • Pour les techniciens : BTS FED (Fluides Énergies Domotique) options A, B, C, BUT GIM (Bac+2/3)

Grille salariale détaillée

  • Ingénieur junior / études fluides débutant (0-3 ans) : 35 000 – 42 000 € brut/an
  • Chargé d'affaires / ingénieur projet (3-8 ans) : 45 000 – 58 000 € brut/an
  • Chef de projet / expert fluides senior (8-15 ans) : 55 000 – 75 000 € brut/an
  • Directeur technique / directeur d'agence (15+ ans) : 75 000 – 130 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Secteur en très forte croissance (décret tertiaire, RE2020, transition PAC, retrofit chaudières)
  • Évolutions rapides et nombreuses (ingénieur études → chef de projet → directeur technique)
  • Marché solvabilisé par aides publiques massives (MaPrimeRénov', CEE, Fonds Chaleur ADEME)
  • Métier très technique avec enjeu fort de décarbonation (sens du travail)
  • Diversité des bâtiments (logement, tertiaire, hospitalier, industriel, laboratoire)
  • Mix terrain-bureau équilibré, télétravail partiel possible
  • Compétences transférables à l'international (marché européen décarbonation CVC)

Les moins

  • Complexité croissante (multiplication des réglementations, RE2020, décret tertiaire, F-gaz)
  • Pression sur les délais d'étude (bureaux d'études saturés depuis l'explosion des aides)
  • Responsabilité technique lourde (sous-dimensionnement = inconfort, sur-dimensionnement = surconsommation)
  • Chantiers parfois difficiles (combles, sous-sols, toitures-terrasses pour groupes froid)
  • Concurrence forte sur les missions d'études (baisse historique des honoraires BET)

Secteurs qui recrutent

  • Bureaux d'études fluides — Alterea, Inex Ingenierie, Cardonnel Ingénierie, Louis Choulet, Solec, Pôle Énergie-Santé, BETS
  • Bureaux d'études pluridisciplinaires — Egis, Artelia, Ingerop, AREP (architecture + ingénierie), Setec, AIA Life Designers
  • Majors du BTP — ENGIE Solutions (180 000 collab.), Vinci Energies, Eiffage Énergie Systèmes, Bouygues Energies & Services, Equans (Bouygues)
  • Installateurs CVC/plomberie — Dalkia (groupe EDF, 30 000 collab.), Idex, Cofely, Sodex, Axima (Équans)
  • Constructeurs d'équipements CVC — Atlantic (7 500 collab., leader français PAC), Saunier Duval, Daikin, Mitsubishi Electric, Viessmann, Vaillant
  • Promoteurs et bailleurs sociaux — services techniques de Nexity, Bouygues Immobilier, CDC Habitat, 3F
  • Grandes entreprises industrielles — EDF, Orano, Safran, Airbus (services énergie-maintenance)
  • Hôpitaux et établissements de santé (CHU, cliniques privées, EHPAD) — services techniques
  • Bureaux de contrôle — Apave, Bureau Veritas, Socotec, Dekra (mission de contrôle CVC)
  • Énergéticiens — EDF, Engie (Dalkia), TotalEnergies, ENEDIS (raccordements et réseaux chaleur)

Évolution de carrière

L'ingénieur génie climatique junior débute en bureau d'études comme ingénieur études fluides (35 000 à 42 000 € brut/an) sur des missions de dimensionnement et d'études simples. Après 3 à 5 ans, il devient chargé d'affaires ou ingénieur projet (45 000 à 58 000 €), gérant des projets complets de la faisabilité à la réception. Avec 5 à 10 ans d'expérience, il accède à chef de projet senior, responsable d'études, expert fluides (55 000 à 75 000 €). Les profils expérimentés (10 ans et plus) deviennent directeur technique, directeur d'agence de bureau d'études, directeur opérations chez un installateur, associé ou fondateur de cabinet (75 000 à 130 000 €+). Évolutions possibles : consultant indépendant, auditeur énergétique certifié, expert judiciaire, directeur R&D chez un constructeur (Atlantic, Saunier Duval, Daikin, Viessmann), chef de projet chez un énergéticien (EDF, Engie, Dalkia), responsable patrimoine d'un grand opérateur (bailleur social, hôpital, université, industrie). Le marché est structurellement porteur (forte demande PAC retrofit, décret tertiaire, JO 2024 héritage) et la mobilité internationale facile. Les conventions collectives applicables : SYNTEC (IDCC 1486) pour les bureaux d'études, Cadres du Bâtiment (IDCC 2420) pour les installateurs, Métallurgie pour les équipementiers.

Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur en Génie Climatique

Comment devenir ingénieur en génie climatique en 2026 ?
La voie classique est un diplôme d'ingénieur Bac+5 dans une école spécialisée en génie énergétique : INSA Strasbourg (référence française avec sa spécialité Génie Climatique et Énergétique), INSA Lyon, ESTP Paris option BEE, Polytech Clermont/Grenoble, ENSAM Arts et Métiers, CESI. Une voie universitaire existe via un Master Énergétique et Environnement (Paris-Saclay, Lyon 1, Poitiers, La Rochelle). Un Mastère Spécialisé (MS) Construction et Habitat Durables à l'ESTP, à l'ENPC ou à Mines ParisTech complète utilement la formation. Pour accéder au métier par les techniciens, un BTS FED (Fluides Énergies Domotique) options A (Génie climatique), B (Froid/climatisation) ou C (Domotique) puis admission parallèle en école d'ingénieurs est possible.
Quel est le salaire d'un ingénieur génie climatique en 2026 ?
Un ingénieur junior débute entre 35 000 et 42 000 € brut/an en bureau d'études, 40 000 à 48 000 € chez un installateur-majors (ENGIE Solutions, Équans, Vinci Energies). Après 3-5 ans, un chargé d'affaires se situe entre 45 000 et 58 000 €. Un chef de projet senior (8-15 ans) atteint 55 000 à 75 000 €. Les directeurs techniques et directeurs d'agence dépassent 75 000 à 130 000 €. Chez les constructeurs d'équipements (Atlantic, Daikin, Viessmann), les ingénieurs produits ou commerciaux sont également bien rémunérés avec variable commercial. Les conventions collectives applicables : SYNTEC (IDCC 1486) pour les BE, Cadres du Bâtiment (IDCC 2420) pour les installateurs.
Quelle est la différence entre ingénieur génie climatique et ingénieur thermicien ?
Les deux métiers sont proches mais distincts. L'ingénieur génie climatique se concentre sur la conception et le dimensionnement des systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation) et plomberie-sanitaires : il dimensionne concrètement les équipements, trace les réseaux, rédige les CCTP et supervise les installations. L'ingénieur thermicien ou ingénieur efficacité énergétique a un rôle plus transversal : il calcule le bilan énergétique global du bâtiment (RT2012, RE2020), réalise les simulations thermiques dynamiques, audite la performance énergétique et conseille la maîtrise d'ouvrage sur les stratégies de décarbonation. En pratique, un ingénieur fluides confirmé intègre généralement les deux dimensions.
Quels logiciels utilise l'ingénieur génie climatique ?
Plusieurs familles d'outils : (1) Dimensionnement CVC : Perrenoud, BBS Slama, ClimaWin, Polysun ; (2) Calculs réglementaires RE2020 : ClimaWin, Archiwizard, Perrenoud ; (3) BIM MEP : Revit MEP, MagiCAD, AutoCAD MEP, Navisworks (coordination 3D) ; (4) Simulation thermique dynamique : Pléiades Comfie, TRNSYS, EnergyPlus, IDA ICE ; (5) Dimensionnement photovoltaïque (si couplage) : PVsyst, PVsol ; (6) Dessin et plans : AutoCAD, Revit, ArchiCAD ; (7) Logiciels constructeurs pour sélection d'équipements (Daikin, Mitsubishi, Viessmann, Atlantic). La maîtrise du BIM niveau 2 et 3 est devenue un prérequis sur les grands projets.
Quel est l'avenir du métier en 2026 ?
Excellent. Le métier est au cœur de la transition énergétique et bénéficie d'une demande structurellement forte. La RE2020 élimine progressivement le gaz au profit des PAC (+300 % de ventes de PAC air-eau en 5 ans selon Uniclima), le décret tertiaire impose -40 % de consommation en 2030 pour les bâtiments tertiaires, et MaPrimeRénov' finance massivement le remplacement des chaudières fioul/gaz (1,5 milliard €/an). Les compétences émergentes à valoriser : PAC CO2 transcritique, PAC haute température (80°C pour retrofit radiateurs existants), géothermie de surface, hydrogène décarboné, réseaux de chaleur 5e génération, climatisation adiabatique bas carbone. Les perspectives 2026-2040 sont très solides, avec 20 000-25 000 postes d'ingénieurs à pourvoir sur la période.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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