Comment devenir Chef de Chantier en Installations Électriques ?

En bref

  • Salaire : 28k à 45k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+2 à Bac+3 (2 à 3 ans)
  • Domaine : BTP & Construction
  • Conditions d'exercice : Terrain
  • Code ROME : F1602

Le chef de chantier en installations électriques dirige la réalisation des travaux d'électricité dans les bâtiments résidentiels, tertiaires, industriels et les infrastructures. Référencé sous le code ROME F1602 (Électricité bâtiment) et F1202 (Direction de chantier du BTP), ce professionnel encadre les équipes d'électriciens, coordonne les interventions avec les autres corps de métier et assure la conformité des installations aux normes électriques en vigueur. En France, le secteur de l'installation électrique emploie environ 230 000 salariés en 2026, dont environ 25 000 chefs de chantier, un effectif en croissance de 5 à 6 % par an porté par la transition énergétique, le déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques (IRVE), l'essor du photovoltaïque et la digitalisation des bâtiments (GTB/GTC, smart building). Au quotidien, le chef de chantier en installations électriques organise le travail de son équipe (5 à 20 électriciens), vérifie la conformité des installations aux plans d'exécution et aux normes NF C 15-100 (bâtiments) et NF C 13-100/200 (haute tension), supervise le tirage de câbles, le raccordement des tableaux électriques, l'installation des chemins de câbles, le câblage des armoires et la mise en service des équipements. Il gère les approvisionnements en matériel électrique (câbles, disjoncteurs, tableaux, prises, luminaires), coordonne ses interventions avec le gros œuvre, la plomberie, le CVC et les courants faibles (VDI, sûreté, domotique). L'environnement de travail est exclusivement le terrain : chantiers de construction neuve, réhabilitation de bâtiments existants, sites industriels, hôpitaux, data centers. Les principaux employeurs sont les entreprises d'installation électrique (SPIE, Vinci Energies/Cegelec, Eiffage Énergie Systèmes, Bouygues Energies & Services, SNEF), les PME d'électricité du bâtiment et les entreprises de courants faibles. La maîtrise des normes électriques, la connaissance des systèmes de protection et la gestion rigoureuse de la sécurité électrique (habilitations) sont des compétences indispensables. Le métier évolue fortement vers le smart building, l'autoconsommation solaire et les réseaux intelligents.

Salaire

28k - 45k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+2 à Bac+3 · Durée : 2 à 3 ans

Missions principales

  • Encadrer et animer une équipe de 5 à 20 électriciens sur le chantier d'installations électriques
  • Organiser les tâches quotidiennes : tirage de câbles, raccordements, pose d'appareillage, mise en service
  • Vérifier la conformité des installations aux plans d'exécution et aux normes NF C 15-100 / NF C 13-100
  • Coordonner les interventions électriques avec les autres corps de métier (gros œuvre, CVC, plomberie)
  • Gérer les approvisionnements en matériel électrique et contrôler les réceptions de commandes
  • Superviser l'installation des tableaux de distribution, des armoires électriques et des systèmes de protection
  • Organiser les essais de mise en service et les contrôles de conformité avant la réception
  • Assurer le respect des habilitations électriques (B1V, B2V, BR, BC, H1V, H2V) sur le chantier
  • Rédiger les rapports d'avancement, le journal de chantier et les fiches de pointage
  • Préparer les dossiers de récolement (DOE) et les plans de recollement des installations
  • Participer à la réception des travaux et à la levée des réserves avec le maître d'œuvre
  • Assurer une veille sur les évolutions normatives et les nouvelles technologies (IRVE, photovoltaïque, GTB)

Compétences requises

  • Normes électriques NF C 15-100 (basse tension) et NF C 13-100/200 (haute tension)
  • Lecture de plans et de schémas électriques (unifilaires, multifilaires, implantation)
  • Dimensionnement des installations électriques (sections de câbles, protections, sélectivité)
  • Habilitations électriques selon NF C 18-510 (B1V, B2V, BR, BC, H1V, H2V)
  • Logiciels de conception électrique (Caneco BT/HTA, DIALux, AutoCAD Electrical, See Electrical)
  • Systèmes de courants faibles (VDI cat. 6a/7, contrôle d'accès, vidéosurveillance, SSI)
  • Gestion technique du bâtiment (GTB/GTC) et protocoles KNX, BACnet, LON
  • Installations de bornes de recharge IRVE (NF C 15-722, décret du 12 janvier 2017)
  • Photovoltaïque et autoconsommation (NF C 15-712, qualification QualiPV)
  • Management d'équipe et animation de chantier
  • Gestion des approvisionnements et suivi financier du lot électricité
  • Contrôle Consuel et préparation de la vérification initiale
  • Sécurité électrique et consignation/déconsignation des installations
  • Connaissance des matériels électriques des principaux fabricants (Schneider Electric, Legrand, Hager, ABB)

Formations pour devenir Chef de Chantier en Installations Électriques

  • BTS Électrotechnique (lycée technique, formation en 2 ans en alternance ou voie scolaire)
  • BTS FED — Fluides Énergies Domotique option B Froid et conditionnement d'air (volet électrique)
  • BUT Génie Électrique et Informatique Industrielle — GEII (IUT, 3 ans)
  • Bac professionnel MELEC — Métiers de l'Électricité et de ses Environnements Connectés
  • Licence professionnelle Électricité et Électronique, spécialité Installation Électrique (Université de Tours)
  • Titre professionnel Chef de chantier en installations électriques (Afpa, en 12 mois)
  • Diplôme d'ingénieur en génie électrique (ENSEM Nancy, ENSE3 Grenoble, ESTP Paris)
  • Formations qualifiantes IRVE (niveau P1, P2, P3) et QualiPV (photovoltaïque)

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 27 000 – 34 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 34 000 – 44 000 € brut/an
  • Senior (5-10 ans) : 42 000 – 54 000 € brut/an
  • Conducteur / Directeur de travaux élec (10+ ans) : 52 000 – 78 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Secteur en pleine expansion grâce à la transition énergétique (IRVE, photovoltaïque, smart building)
  • Forte demande d'emploi avec des recrutements constants dans toute la France
  • Responsabilités techniques importantes dès les premières années de carrière
  • Diversité des chantiers (résidentiel, tertiaire, industriel, hospitalier, data centers)
  • Évolution rapide vers des postes de conducteur de travaux ou de responsable d'affaires

Les moins

  • Travail physique sur chantier, parfois dans des conditions difficiles (poussière, bruit, espaces confinés)
  • Responsabilité lourde en matière de sécurité électrique (risque d'accident grave en cas d'erreur)
  • Coordination complexe avec les nombreux corps de métier intervenant sur le chantier
  • Pression sur les délais de livraison, les lots électriques étant souvent parmi les derniers à intervenir

Secteurs qui recrutent

  • Entreprises d'installation électrique (SPIE, Cegelec/Vinci Energies, Eiffage Énergie Systèmes)
  • Bouygues Energies & Services et SNEF (grands installateurs nationaux)
  • PME d'électricité du bâtiment et artisans électriciens (réseau Qualifelec)
  • Entreprises de courants faibles et de sécurité électronique (Sogetrel, Satelec, Hervé Thermique)
  • Constructeurs et exploitants de data centers (Equinix, Interxion, OVHcloud, Scaleway)
  • Secteur hospitalier et établissements de santé (AP-HP, CHU, cliniques privées)
  • Industrie et sites de production (agroalimentaire, automobile, chimie, pharmacie)
  • Entreprises d'installation de bornes IRVE (Izivia, ChargePoint, TotalEnergies)
  • Installateurs photovoltaïques et ENR (EDF ENR, Urbasolar, Apex Energies)
  • Bureaux d'études en électricité et en GTB (BET Ingerop, Artelia, Jacobs)

Évolution de carrière

Le chef de chantier en installations électriques débute généralement avec un salaire annuel brut de 27 000 à 33 000 euros pour un profil BTS, ou 30 000 à 36 000 euros pour un BUT/licence pro. Les primes de panier et de déplacement complètent la rémunération de base. Après 3 à 5 ans d'expérience confirmée sur des chantiers variés (tertiaire, industriel, hôpitaux), la rémunération atteint 35 000 à 44 000 euros. Les profils seniors (7-10 ans), responsables de chantiers d'envergure (hôpitaux, data centers, complexes tertiaires), perçoivent entre 42 000 et 52 000 euros. L'évolution naturelle conduit au poste de conducteur de travaux en électricité (45 000 à 58 000 euros), supervisant plusieurs chantiers simultanément. Les perspectives les plus ambitieuses mènent au poste de responsable d'affaires électricité (50 000 à 65 000 euros), de directeur de travaux (60 000 à 78 000 euros) ou de directeur technique d'agence (65 000 à 85 000 euros). La spécialisation dans les domaines porteurs comme le photovoltaïque, les bornes IRVE ou le smart building (GTB/GTC) offre des perspectives salariales bonifiées. Certains choisissent de créer leur propre entreprise d'installation électrique.

Questions fréquentes sur le métier de Chef de Chantier en Installations Électriques

Quelles habilitations électriques faut-il pour être chef de chantier en installations électriques ?
Le chef de chantier en installations électriques doit détenir des habilitations électriques de niveau élevé, conformément à la norme NF C 18-510. Les habilitations minimales requises sont généralement B2V (chargé de travaux en basse tension, travaux au voisinage) et BC (chargé de consignation basse tension). Pour les chantiers impliquant de la haute tension (postes de transformation, installations industrielles), les habilitations H2V et HC sont nécessaires. L'habilitation BR (chargé d'intervention générale) est également indispensable pour les interventions de dépannage et de mise en service. Ces habilitations sont délivrées par l'employeur après une formation théorique et pratique dispensée par un organisme agréé (Apave, Bureau Veritas, Socotec, Afnor). Elles doivent être recyclées tous les 3 ans. Le chef de chantier doit également s'assurer que chaque membre de son équipe possède les habilitations adaptées à ses tâches (B1V pour les exécutants, BE pour les opérations spécifiques).
Quel est l'impact de la transition énergétique sur ce métier ?
La transition énergétique transforme profondément le métier de chef de chantier en installations électriques. Plusieurs évolutions majeures modifient le périmètre de compétences. Premièrement, le déploiement massif des bornes de recharge pour véhicules électriques (IRVE) dans les parkings résidentiels, tertiaires et publics crée un marché en forte croissance : le décret du 12 janvier 2017 impose des pré-équipements dans les constructions neuves, et la loi LOM renforce ces obligations. Deuxièmement, l'installation de panneaux photovoltaïques en autoconsommation se généralise sur les toitures de bâtiments tertiaires et industriels, nécessitant des compétences en courant continu et en onduleurs. Troisièmement, la gestion technique du bâtiment (GTB/GTC) et les protocoles de communication (KNX, BACnet) permettent de piloter intelligemment la consommation d'énergie, ajoutant une dimension informatique au métier. Enfin, le stockage par batteries (Tesla Powerwall, BYD) et les systèmes de pilotage énergétique (EMS) complètent cette mutation. Ces évolutions représentent des opportunités considérables pour les chefs de chantier qui se forment à ces nouvelles technologies.
Comment se passe la coordination avec les autres corps de métier sur un chantier ?
La coordination est l'un des aspects les plus complexes et les plus importants du métier de chef de chantier en installations électriques. L'électricité intervient à plusieurs phases du chantier et interagit avec presque tous les autres lots. En phase gros œuvre, le chef de chantier doit coordonner la pose des réservations (fourreaux, trémies, boîtes de dérivation encastrées) avant le coulage du béton, ce qui nécessite une anticipation précise et une communication étroite avec le chef de chantier gros œuvre. En phase second œuvre, il doit synchroniser le tirage de câbles et la pose d'appareillage avec le plaquiste (faux plafonds, cloisons), le plombier-chauffagiste (alimentations pompes, chaudières) et le climaticien (alimentations CTA, groupes froid). Les chemins de câbles doivent être installés en coordination avec les autres réseaux (fluides, ventilation) pour respecter les distances réglementaires. Le lot courants faibles (VDI, alarme incendie, contrôle d'accès) est souvent traité par le même chef de chantier ou par un spécialiste dédié. Les réunions de coordination inter-lots, hebdomadaires en général, sont essentielles pour anticiper les conflits.
Quelle est la différence entre courants forts et courants faibles dans le bâtiment ?
Les courants forts désignent les installations électriques de puissance qui alimentent les équipements du bâtiment en énergie : distribution électrique depuis le poste de transformation ou le coffret de branchement, tableaux de distribution, circuits de prises de courant, éclairage, alimentations des équipements de CVC (climatiseurs, chaudières, pompes), moteurs d'ascenseurs, bornes de recharge IRVE, etc. Les tensions vont de 230V (monophasé) à 400V (triphasé) en basse tension, et jusqu'à 20 000V en haute tension (HTA). Les courants faibles, quant à eux, concernent les réseaux de communication et de sécurité à basse tension (généralement inférieure à 48V) : câblage informatique et téléphonique (VDI — Voix Données Images), vidéosurveillance (CCTV), contrôle d'accès (badges, lecteurs), système de sécurité incendie (SSI, détection, alarme), domotique et gestion technique du bâtiment (GTB), sonorisation et affichage dynamique. Le chef de chantier en installations électriques est principalement spécialisé en courants forts, mais il doit comprendre les courants faibles car les deux domaines partagent les mêmes chemins de câbles et les mêmes contraintes d'espace.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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