Comment devenir Ingénieur Électricien ?
En bref
- Salaire : 38k à 52k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+5 (5 ans après le bac)
- Domaine : Industrie & Ingénierie
- Conditions d'exercice : Bureau d'études / Site industriel
- Code ROME : H1209
L'ingénieur électricien (ou ingénieur en génie électrique) conçoit, dimensionne et met en œuvre des systèmes de production, transport, distribution et utilisation de l'énergie électrique. Il intervient sur les réseaux haute tension (RTE, Enedis), les postes électriques HTA/HTB, les machines tournantes (moteurs, alternateurs), l'électronique de puissance (variateurs, onduleurs, convertisseurs), les installations industrielles tertiaires et les systèmes embarqués énergie. Avec la transition énergétique, il joue un rôle clé dans le raccordement des énergies renouvelables, le déploiement du smart grid, l'électrification des usages (mobilité, chaleur, industrie) et l'intégration de l'hydrogène vert.
En 2026, le secteur de l'énergie électrique vit une transformation historique. Selon RTE et la PPE 2 (Programmation Pluriannuelle de l'Énergie), la France doit doubler son réseau haute tension d'ici 2035 pour intégrer 100 GW de capacités renouvelables et raccorder les 6 EPR2, le SMR Nuward et les gigafactories. Enedis investit 100 milliards d'euros sur 15 ans dans la modernisation des réseaux. Les besoins en ingénieurs électriciens sont considérables : RTE recrute 1 000 ingénieurs/an, Enedis 1 500, EDF Hydro et nucléaire 2 000, et les énergéticiens privés (Engie, TotalEnergies, Voltalia) plusieurs centaines. Le code ROME associé est H1209 — Intervention technique en études et conception en automatisme.
Une journée type combine études électriques (calcul de courant de court-circuit, sélectivité, plan de protection), modélisation réseau (DigSilent PowerFactory, EMTP-RV, ETAP), conception CAO (See Electrical, Eplan, AutoCAD Electrical), revues techniques avec les exploitants ou clients, et présence sur sites industriels (postes électriques, ateliers, parcs renouvelables). Les environnements vont du bureau d'études aux salles de contrôle (CCR, dispatching), aux postes 400 kV, aux centrales hydroélectriques ou nucléaires, et aux chantiers de raccordement éolien/solaire/offshore.
Les conditions de travail combinent bureau et terrain, avec des déplacements fréquents sur sites. Le télétravail est possible sur les phases d'études et de calculs (1 à 2 jours/semaine), mais limité dès qu'il faut accéder aux installations électriques. Les contraintes : habilitation électrique B0/B2/BR/BC obligatoire, EPI (gants, casques, vêtements arc flash), interventions sous tension ou consignations longues, astreintes pour les exploitants de réseau, normes strictes (NF C 15-100, NF C 13-100, IEC 61850, IEC 61936). Les perspectives 2026-2035 sont exceptionnelles : la transition énergétique, la réindustrialisation et l'électrification des usages créent une demande structurelle d'ingénieurs électriciens en France.
Salaire
38k - 52k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+5 · Durée : 5 ans après le bac
Missions principales
- Concevoir des installations électriques HTA/HTB, des postes 20 kV à 400 kV, des tableaux BT et tertiaires
- Réaliser les études électriques : calcul de courants de court-circuit, sélectivité, chute de tension, bilan de puissance
- Dimensionner les câbles, les jeux de barres, les disjoncteurs, les transformateurs et les protections
- Modéliser les réseaux sur DigSilent PowerFactory, EMTP-RV, ETAP, PSCAD
- Concevoir des plans CAO sur Eplan Electric P8, See Electrical, AutoCAD Electrical
- Spécifier et choisir les équipements (Schneider, Siemens, ABB, Hitachi Energy, GE)
- Garantir la conformité aux normes NF C 15-100, NF C 13-100, IEC 61439, IEC 61850, IEC 61936
- Piloter les essais HV/MV, FAT (Factory Acceptance Test) et SAT (Site Acceptance Test)
- Coordonner les fournisseurs et sous-traitants (équipementiers, intégrateurs, installateurs)
- Contribuer aux projets renouvelables : raccordement parcs éoliens onshore/offshore, solaires, hydroélectriques
- Participer aux projets smart grid : compteurs Linky, microgrids, stockage batterie, V2G
- Réaliser la veille technologique : électronique de puissance, GaN/SiC, hydrogène, recharge ultra-rapide
Compétences requises
- Génie électrique : transformateurs, machines tournantes, électronique de puissance
- Calcul électrique : court-circuit, sélectivité, chute de tension, harmoniques
- Logiciels réseau : DigSilent PowerFactory, EMTP-RV, ETAP, PSCAD, NEPLAN
- CAO électrique : Eplan Electric P8, See Electrical, AutoCAD Electrical, SolidWorks Electrical
- Normes électriques : NF C 15-100, NF C 13-100, IEC 61439, IEC 61850, IEC 61936
- Habilitation électrique B0, B1V, B2V, BR, BC, H1V, H2V (UTE C 18-510)
- Connaissance des équipements HTB : transformateurs, disjoncteurs SF6, sectionneurs, parafoudres
- Notions en automatisation et protections numériques (Sepam, Easergy, REF615, Siprotec)
- Programmation : Python, MATLAB pour le calcul scientifique
- Anglais technique courant (langue de travail dans les projets internationaux)
- Gestion de projet (FIDIC, EPC, EPCM)
- Sensibilisation au smart grid, stockage batterie, hydrogène, V2G
- Connaissance de l'électronique de puissance (IGBT, SiC, GaN) pour les variateurs et onduleurs
- Démarche qualité ISO 9001, ISO 14001, ISO 45001
Formations pour devenir Ingénieur Électricien
- Diplôme d'ingénieur CentraleSupélec (ex-Supélec) — référence française génie électrique (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENSEEIHT Toulouse — Institut National Polytechnique, département EE (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur INSA Lyon / INSA Toulouse — département Génie Électrique (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur Phelma Grenoble INP — filière Génie Électrique et Énergie (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ESPCI Paris-PSL — physique et chimie industrielle (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur Polytech (Sorbonne, Lyon, Marseille, Nantes) — spécialité Électronique-Énergie-Automatisme (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENSE3 Grenoble INP — Énergie, Eau, Environnement (CTI, Bac+5)
- Master Génie Électrique / Énergies Renouvelables — universités Paris-Saclay, Lyon, Grenoble, Lille (Bac+5)
- Mastère spécialisé MS Smart Grid, MS Énergies renouvelables, MS Hydrogène (Centrale, Mines, Bac+6)
- Admissions parallèles fréquentes via prépa MP/PC/PSI ou BUT GEII, alternance largement développée chez RTE, Enedis et EDF
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 38 000 – 46 000 € brut/an
- Confirmé (2-5 ans) : 48 000 – 62 000 € brut/an
- Senior (5-10 ans) : 62 000 – 85 000 € brut/an
- Lead / Expert / Chef de projet (10+ ans) : 80 000 – 120 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Filière en plein essor portée par la transition énergétique (100 GW de renouvelables d'ici 2035)
- Forte demande structurelle (RTE, Enedis et EDF recrutent plusieurs milliers d'ingénieurs/an)
- Diversité des spécialités (réseau, production, renouvelables, industrie, mobilité, hydrogène)
- Salaire compétitif dès le début de carrière (38-52 k€ jeune diplômé)
- Stabilité de l'emploi et possibilité d'évolution vers expertise ou management
Les moins
- Grilles ingénieur cadre Syntec en début de carrière, écart entre statuts EDF/RTE/Enedis (avantages CE, retraite) et privé (Schneider, Engie)
- Travail sur sites industriels : habilitation électrique obligatoire, EPI arc flash, consignations longues, risque mortel en cas d'erreur
- Astreintes 24/7 chez les exploitants de réseau (RTE, Enedis), interventions d'urgence en cas d'incident grand public
- Pression mentale liée à la sûreté du système électrique national et à la gestion des crises (black-out, surcharges)
- Déplacements fréquents sur sites isolés (postes haute tension en zone rurale, parcs offshore en mer)
- Normes électriques très évolutives (IEC 61850, IEC 61936) qui imposent une formation continue
Secteurs qui recrutent
- Gestionnaires de réseau : RTE (transport HTB), Enedis (distribution HTA/BT), TenneT, Elia
- Producteurs : EDF (nucléaire, hydraulique, thermique, EnR), Engie, TotalEnergies, EDF Renouvelables
- Énergies renouvelables : Voltalia, Neoen, EDP Renewables, Iberdrola, Boralex, Q Energy
- Équipementiers : Schneider Electric, Siemens Energy, ABB, Hitachi Energy, GE Vernova, Nexans, Prysmian
- Bureaux d'études énergie : Egis, Tractebel (Engie), Setec, Artelia, Apave, Bureau Veritas
- ESN d'ingénierie : Capgemini Engineering, Alten, Akka (Adecco), Segula, Expleo
- Ferroviaire électrification : SNCF Réseau, Alstom, Colas Rail, Eiffage Énergie Systèmes
- Mobilité électrique et recharge : TotalEnergies Charging, Electra, Allego, Ionity, Tesla Supercharger
- Industrie et tertiaire : Vinci Énergies, Eiffage Énergie, Spie, Bouygues Énergies & Services
- Hydrogène et nouvelles énergies : McPhy, Lhyfe, Air Liquide Hydrogène, HysetCo, Plug Power
Évolution de carrière
L'ingénieur électricien débute généralement comme ingénieur d'études électriques junior (38 000 à 46 000 € brut/an) chez RTE, Enedis, EDF, Engie, TotalEnergies Renewables, Schneider Electric, Siemens Energy ou en bureau d'études (Egis, Tractebel, Setec, Artelia). Après 3 à 6 ans, il accède au statut d'ingénieur confirmé ou référent technique (48 000 à 62 000 €), responsable d'un poste, d'une étude réseau ou d'un projet renouvelable. Avec 6 à 10 ans d'expérience, il peut devenir chef de projet, expert technique, ingénieur d'exploitation ou responsable d'unité (62 000 à 82 000 €). Au-delà de 10 ans, les évolutions vont vers manager d'équipe, architecte réseau, responsable de programme ou directeur technique (80 000 à 115 000 €). À 15-20 ans, les meilleurs accèdent à directeur d'unité, directeur technique régional ou directeur projet international (110 000 à 160 000 €+). De nombreux ingénieurs électriciens choisissent une mobilité internationale (Schneider, Siemens, ABB, Hitachi Energy, projets export RTE) ou rejoignent un cabinet de conseil énergie.
Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur Électricien
- Quelle école d'ingénieur pour devenir ingénieur électricien ?
- Les écoles de référence sont CentraleSupélec (ex-Supélec, génie électrique historique), l'ENSEEIHT Toulouse, INSA Lyon et INSA Toulouse, Phelma Grenoble INP, ENSE3 Grenoble INP, ESPCI Paris-PSL et le réseau Polytech (spécialité Électronique-Énergie-Automatisme). Toutes sont accréditées CTI. L'admission se fait après prépa MP/PC/PSI (concours commun INP, Centrale-Supélec, Mines-Ponts) ou en admission parallèle après BUT GEII, L2/L3 EEA ou cycle préparatoire intégré. L'alternance est largement développée chez RTE, Enedis et EDF.
- Quel est le salaire d'un ingénieur électricien en 2026 ?
- Selon les baromètres APEC, IESF et UIMM 2026, un ingénieur électricien débutant gagne entre 38 000 et 46 000 € brut/an. Un confirmé (2-5 ans) se situe entre 48 000 et 62 000 €. Un senior (5-10 ans) atteint 62 000 à 85 000 €. Les chefs de projet et experts dépassent 100 000 €. Les écarts sont notables entre statuts EDF/RTE/Enedis (avantages CE, retraite) et privé (Schneider, Siemens, Engie). Les profils smart grid, stockage batterie et hydrogène sont les mieux rémunérés en 2026.
- Quelle est la différence entre un ingénieur électricien et un ingénieur électronicien ?
- L'ingénieur électricien travaille sur les courants forts (HTA, HTB, BT) : production, transport, distribution, machines tournantes, électronique de puissance. L'ingénieur électronicien travaille sur les courants faibles (signaux, capteurs, microcontrôleurs, télécommunications, RF). Les deux métiers sont distincts mais utilisent un fond scientifique commun (électromagnétisme, traitement du signal). Les écoles CentraleSupélec, ENSEEIHT et Phelma forment aux deux spécialités. Un ingénieur génie électrique généraliste peut basculer entre les deux mondes en début de carrière.
- Le secteur de l'énergie électrique recrute-t-il en 2026 ?
- Oui, massivement. RTE recrute environ 1 000 ingénieurs par an (réseau HTB), Enedis 1 500 (HTA/BT et déploiement Linky), EDF 2 000 (nucléaire, hydraulique, EnR), et les énergéticiens privés (Engie, TotalEnergies, Voltalia, Neoen) plusieurs centaines. Les besoins sont tirés par la transition énergétique : 100 GW de renouvelables à raccorder, 6 EPR2 + SMR Nuward, gigafactories, mobilité électrique et hydrogène vert. Selon l'IESF, c'est l'une des spécialités d'ingénieur avec les meilleures perspectives d'embauche en 2026.
- Comment devenir ingénieur électricien via l'alternance ?
- L'alternance est très développée dans le génie électrique. RTE, Enedis, EDF, Schneider et Engie recrutent chaque année plusieurs centaines d'apprentis ingénieurs via les écoles ITII, ENSEEIHT, INSA Lyon, Polytech, ENSE3 ou les FITEC. Les rythmes sont généralement 3 semaines / 3 semaines, et les apprentis sont rémunérés (45 à 100 % du SMIC). Le taux d'embauche post-alternance dépasse 85 %, particulièrement chez les exploitants de réseau qui valorisent la connaissance terrain acquise en apprentissage.
Métiers similaires
- Chargé de Recherche et Développement Déchets — 38k - 60k € · Bac+5 et plus
- Chargé de Veille Législative et Réglementaire — 36k - 58k € · Bac+5 (Master droit, sciences politiques, affaires publiques)
- Chaudronnier — 24k - 45k € · CAP à Bac+2
- Chef D'exploitation des Remontées Mécaniques — 38k - 75k € · Bac+2 à Bac+5
- Chef de Projet Éolien — 38k - 70k € · Bac+5 et plus
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H1209 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Ingénieur Électricien (www.onisep.fr)
Explorer tout le domaine Industrie & Ingénierie
Découvrez les 174 métiers du domaine Industrie & Ingénierie : salaires, formations, débouchés et perspectives d'évolution.