Comment devenir Ingénieur Combustion et Brûleurs ?

En bref

  • Salaire : 38k à 58k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : Industrie & Ingénierie
  • Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
  • Code ROME : H1206

L'ingénieur combustion et brûleurs est un expert de la thermique industrielle qui conçoit, optimise et fait évoluer les chaudières, fours et systèmes de combustion utilisés dans l'industrie lourde, la production d'énergie, la pétrochimie, le verre, la cimenterie ou l'agroalimentaire. Son rôle est de garantir une combustion la plus efficace possible tout en respectant des normes environnementales de plus en plus strictes en matière d'émissions polluantes (NOx, CO, particules fines, CO2). Il maîtrise les phénomènes de transfert thermique, la mécanique des fluides, la chimie des flammes, la modélisation CFD (Computational Fluid Dynamics) et la régulation des procédés thermiques.

En 2026, ce métier est au cœur de la transition énergétique française. Avec le Plan Climat, la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE) et la stratégie France 2030, les industriels investissent massivement pour décarboner leurs procédés thermiques. L'ingénieur combustion et brûleurs travaille sur le passage des combustibles fossiles (gaz naturel, fioul lourd) vers des solutions bas carbone : hydrogène vert, biogaz, biométhane, syngas, mais aussi sur les brûleurs hybrides et les technologies oxy-combustion. Selon France Travail, le secteur recrute activement des profils maîtrisant la combustion bas-NOx et l'intégration de l'hydrogène, et le taux d'insertion à six mois dépasse 92 %. Le code ROME associé est H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel.

Au quotidien, l'ingénieur combustion et brûleurs alterne entre des phases de conception en bureau d'études (calculs thermodynamiques, dimensionnement de brûleurs, simulations CFD avec ANSYS Fluent ou Star-CCM+), des essais sur banc d'essai (mesure des émissions, optimisation du rapport air/combustible, analyse de la stabilité de flamme) et des interventions sur site client lors de la mise en service ou du retrofit d'installations existantes. Il collabore étroitement avec les exploitants, les bureaux d'études HSE et les organismes certificateurs comme le CETIM pour valider la conformité aux directives européennes Émissions Industrielles (IED) et aux normes EN 676, EN 267 ou EN 12953. Une journée type peut inclure une revue de plans, une réunion de pilotage projet, un essai en cellule de combustion et la rédaction d'un rapport technique.

Les environnements de travail sont variés et exigeants. L'ingénieur combustion et brûleurs peut exercer chez un constructeur d'équipements thermiques (Fives, Babcock Wanson, Riello, Weishaupt), chez un grand énergéticien (EDF, Engie, TotalEnergies), au sein d'un bureau d'études spécialisé, dans un centre de recherche (CETIM, CEA, IFP Énergies nouvelles) ou directement chez un industriel utilisateur. Les déplacements fréquents en clientèle font partie intégrante du métier, notamment pour les phases de mise en service et de dépannage. Le rythme peut être soutenu, avec des astreintes ponctuelles lors d'arrêts techniques d'unités de production. C'est un métier d'expertise pointue, valorisé et porteur, qui combine science fondamentale, ingénierie de terrain et enjeux environnementaux majeurs.

Salaire

38k - 58k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Concevoir et dimensionner des brûleurs industriels (gaz, fioul, biogaz, hydrogène) en respectant les contraintes thermiques, aérauliques et environnementales du procédé
  • Réaliser des simulations numériques CFD (ANSYS Fluent, Star-CCM+) pour modéliser la flamme, les transferts de chaleur et prédire les émissions polluantes
  • Effectuer des essais sur bancs d'essai et plateformes de combustion pour valider les performances thermiques et les niveaux d'émissions (NOx, CO, particules)
  • Optimiser le rendement énergétique des chaudières, fours et générateurs de vapeur en analysant les bilans thermiques et les pertes
  • Piloter des projets de retrofit et de décarbonation d'installations existantes (passage à l'hydrogène, biogaz, oxy-combustion, brûleurs bas-NOx)
  • Rédiger les cahiers des charges techniques, les documents de mise en service et les manuels d'exploitation à destination des clients industriels
  • Assurer la conformité réglementaire des installations vis-à-vis de la directive IED, de la réglementation ICPE et des normes harmonisées EN 676, EN 267, EN 12953
  • Intervenir sur site client lors des mises en service, des essais de garantie et des opérations de troubleshooting
  • Collaborer avec les équipes R&D, électriciens, automaticiens et HSE pour intégrer les brûleurs dans les chaînes de régulation et les systèmes de sécurité
  • Réaliser une veille technologique sur les combustibles alternatifs, les capteurs de combustion intelligents et les architectures de brûleurs nouvelle génération
  • Former les exploitants et les techniciens de maintenance à l'utilisation, au réglage et à l'entretien des équipements de combustion
  • Documenter les retours d'expérience, contribuer aux études de sécurité (ATEX, HAZOP) et participer aux instances normatives nationales et européennes

Compétences requises

  • Thermodynamique appliquée et thermique industrielle (transferts de chaleur, rayonnement, convection)
  • Mécanique des fluides et aérodynamique des flammes
  • Modélisation numérique CFD (ANSYS Fluent, Star-CCM+, OpenFOAM)
  • Chimie de la combustion et formation des polluants (NOx thermique, CO, suies, particules)
  • Connaissance des combustibles : gaz naturel, GPL, fioul, biogaz, hydrogène, syngas
  • Normes et directives européennes : EN 676, EN 267, EN 12953, IED, ICPE, ATEX
  • Régulation et instrumentation des procédés thermiques (PID, automatismes Siemens, Schneider)
  • Logiciels de CAO mécanique (CATIA, SolidWorks, Inventor) pour le dimensionnement de brûleurs
  • Mesure et analyse des émissions : analyseurs de fumées, FTIR, chromatographie gazeuse
  • Méthodologie d'essai et plan d'expériences (DOE)
  • Maîtrise des études HAZOP, AMDEC et études de dangers ICPE
  • Anglais technique courant (rédaction de specs, échanges fournisseurs internationaux)
  • Notions de combustion oxyfuel, MILD combustion, captage et stockage du CO2
  • Gestion de projet technique (planning, budget, coordination multi-acteurs)

Formations pour devenir Ingénieur Combustion et Brûleurs

  • Diplôme d'ingénieur généraliste avec spécialisation énergétique — Mines ParisTech, Mines Nancy, Mines Saint-Étienne (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur ENSE3 Grenoble INP — filière Énergie, parcours Énergie Électrique et Procédés (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur INSA Lyon ou INSA Toulouse — département Génie Énergétique et Environnement (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur Centrale Lyon ou Centrale Nantes — option énergie et procédés thermiques (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur ENSIC Nancy — chimie des procédés et énergétique (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur ENSAM (Arts et Métiers) — option énergétique industrielle (Bac+5)
  • Master Énergie, Thermique et Combustion — universités de Poitiers, Orléans, Aix-Marseille (Bac+5)
  • Mastère Spécialisé Énergie & Combustion ou Procédés Énergétiques — IFP School, Mines ParisTech (Bac+6)
  • Doctorat en combustion et thermique appliquée (CNRS, ONERA, IFP Énergies nouvelles)
  • Formations continues CETIM sur la combustion industrielle, les brûleurs bas-NOx et l'hydrogène

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 38 000 – 45 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 45 000 – 60 000 € brut/an
  • Senior (5-10 ans) : 60 000 – 80 000 € brut/an
  • Expert / Directeur technique (10+ ans) : 75 000 – 110 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Salaire attractif dès le début de carrière (38-58 k€) avec progression rapide grâce à la rareté des profils
  • Métier au cœur de la transition énergétique et de la décarbonation industrielle (sens fort)
  • Forte expertise scientifique et technique valorisée sur le marché
  • Diversité des missions entre R&D, bureau d'études, essais et terrain client
  • Mobilité internationale possible (constructeurs présents en Europe, Moyen-Orient, Asie)
  • Impact environnemental positif : réduction des émissions de CO2, NOx et particules
  • Forte demande sur la filière hydrogène et combustibles alternatifs

Les moins

  • Déplacements fréquents en clientèle, parfois en zones industrielles isolées ou à l'étranger
  • Astreintes possibles lors des mises en service et arrêts techniques (week-ends, nuits)
  • Environnements de travail bruyants, chauds et soumis aux risques ATEX
  • Pression mentale forte lors des phases d'essai et de mise en service avec enjeux financiers importants
  • Veille technologique permanente exigeante (normes émissions évolutives, hydrogène, captage CO2)
  • Salaire junior parfois inférieur à d'autres branches d'ingénierie (data, finance) malgré l'expertise requise
  • Fortes responsabilités sécurité (gaz inflammables, explosions, hautes températures)

Secteurs qui recrutent

  • Constructeurs de brûleurs et chaudières industrielles (Fives, Babcock Wanson, Riello, Weishaupt, Pillard)
  • Énergéticiens et utilities (EDF, Engie, TotalEnergies, Veolia, Dalkia)
  • Industrie verrière et cimentière (Saint-Gobain, Verallia, Lafarge, Vicat, Eqiom)
  • Sidérurgie et métallurgie (ArcelorMittal, Aperam, Vallourec, Aubert & Duval)
  • Pétrochimie et raffinage (TotalEnergies, ExxonMobil Gravenchon, Yara, Borealis)
  • Agroalimentaire (Danone, Lactalis, Tereos, Cristal Union)
  • Centres de recherche publics (CETIM, CEA, IFP Énergies nouvelles, ONERA)
  • Bureaux d'études énergie et environnement (Tractebel, Egis, Setec, Artelia)
  • Industrie aéronautique pour les chambres de combustion (Safran Aircraft Engines, ArianeGroup)
  • Acteurs de la filière hydrogène vert (Air Liquide, McPhy, Lhyfe, Hynamics)

Évolution de carrière

Après 3 à 5 ans, l'ingénieur combustion et brûleurs peut devenir chef de projet R&D combustion (50 000 à 65 000 € brut/an) en pilotant des programmes de développement de nouvelles gammes de brûleurs. Avec 5 à 10 ans d'expérience, il peut accéder au poste d'expert technique senior (60 000 à 75 000 €) reconnu en interne et auprès des clients, ou de responsable bureau d'études thermique (65 000 à 85 000 €). À 10-15 ans, les fonctions de directeur technique combustion (80 000 à 110 000 €) ou de responsable décarbonation industrielle ouvrent la voie aux comités de direction. Certains profils bifurquent vers le conseil indépendant en efficacité énergétique (TJM 700 à 1 100 €/jour), rejoignent les centres de recherche (CETIM, CEA, IFPEN) en tant que chercheur senior, ou deviennent expert auprès d'organismes de certification (Bureau Veritas, Apave). La filière hydrogène vert et la décarbonation industrielle ouvrent de nouvelles opportunités avec des salaires premium pour les profils experts.

Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur Combustion et Brûleurs

Quel diplôme faut-il pour devenir ingénieur combustion et brûleurs ?
Un diplôme d'ingénieur Bac+5 est quasiment incontournable, idéalement avec une spécialisation en énergétique, thermique ou procédés. Les écoles les plus reconnues sont Mines ParisTech, ENSE3 Grenoble INP, INSA Lyon, Centrale Lyon/Nantes, ENSIC Nancy ou Arts et Métiers (ENSAM). Un mastère spécialisé à IFP School ou un doctorat en combustion sont des plus très appréciés pour les postes d'expert ou R&D.
Quel est le salaire d'un ingénieur combustion en 2026 ?
En 2026, un ingénieur combustion junior gagne entre 38 000 et 45 000 € brut/an. Un profil confirmé (2-5 ans) atteint 45 000 à 60 000 €. Un senior (5-10 ans) se situe entre 60 000 et 80 000 €, et un expert ou directeur technique peut dépasser 100 000 €. Les profils maîtrisant l'hydrogène et la décarbonation bénéficient d'un premium de 10 à 15 %.
Quelle convention collective s'applique à ce métier ?
La majorité des ingénieurs combustion et brûleurs relèvent de la convention collective nationale de la métallurgie (UIMM, IDCC 3248) qui couvre les constructeurs d'équipements thermiques, la sidérurgie et l'industrie mécanique. Dans l'énergie, les ingénieurs peuvent être rattachés à la convention collective des industries électriques et gazières (IEG, IDCC 5001) chez EDF, Engie ou GRDF.
Quel est l'impact de la transition énergétique sur ce métier ?
La transition énergétique est un formidable accélérateur pour ce métier. Les industriels doivent décarboner leurs procédés thermiques pour respecter le Plan Climat et la PPE. Cela génère une forte demande sur les brûleurs hydrogène, biogaz, oxy-combustion et bas-NOx. Les profils maîtrisant ces technologies bénéficient d'opportunités de carrière exceptionnelles, avec des projets stratégiques sur 10 à 15 ans.
Quels sont les principaux employeurs en France ?
Les principaux employeurs sont les constructeurs (Fives, Babcock Wanson, Riello, Weishaupt, Pillard), les énergéticiens (EDF, Engie, TotalEnergies, Dalkia, Veolia), les industries lourdes (ArcelorMittal, Saint-Gobain, Lafarge, Vicat), les centres de recherche (CETIM, CEA, IFPEN, ONERA) et la filière hydrogène émergente (Air Liquide, McPhy, Lhyfe, Hynamics).
Le métier nécessite-t-il beaucoup de déplacements ?
Oui, les déplacements représentent en moyenne 30 à 50 % du temps de travail, notamment lors des phases de mise en service, d'essais de garantie et d'audits sur site client. Les destinations peuvent être nationales ou internationales (Europe, Moyen-Orient, Asie). Pour les profils en R&D pure ou en bureau d'études, les déplacements sont plus limités, autour de 15-20 %.

Métiers similaires

Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

Explorer tout le domaine Industrie & Ingénierie

Découvrez les 174 métiers du domaine Industrie & Ingénierie : salaires, formations, débouchés et perspectives d'évolution.