Comment devenir Ingénieur Études et Développement en Logiciels de Simulation ?
En bref
- Salaire : 38k à 60k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
- Domaine : Industrie & Ingénierie
- Conditions d'exercice : Bureau / Télétravail
- Code ROME : H1206
L'ingénieur études et développement en logiciels de simulation conçoit, développe, valide et maintient les logiciels embarqués et les outils numériques de simulation utilisés dans l'aéronautique civile et militaire, le spatial, la défense, l'automobile, le ferroviaire ou l'énergie. Concrètement, il modélise mathématiquement le comportement physique d'un cockpit, d'un moteur, d'un radar ou d'une chaîne de propulsion, puis traduit ces équations en code temps réel exécutable sur des bancs d'essai, des simulateurs de pilotage ou des calculateurs embarqués. Il est l'un des maillons critiques de la chaîne de conception : sans simulation fiable, aucun avion, aucun lanceur ni aucun véhicule autonome ne peut être certifié.
En 2026, ce métier est en très forte tension en France. Le cabinet Syntec Numérique et l'OPIIEC recensent plus de 5 000 postes ouverts chaque année dans le secteur de la simulation embarquée, portés par les programmes Airbus, Dassault Aviation, Thales, Safran, Naval Group, MBDA, ArianeGroup, Renault Group et Stellantis. La transition vers les avions plus électriques, les véhicules autonomes et les nouveaux systèmes d'armes décuple la demande. Le code ROME associé est H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel. Le taux d'insertion à 6 mois dépasse 96 % pour les diplômés des grandes écoles d'ingénieurs orientées informatique embarquée et systèmes critiques.
Au quotidien, l'ingénieur études et développement en logiciels de simulation alterne entre des phases d'analyse de spécifications avioniques (DO-178C, ARP4754A), de modélisation Matlab/Simulink, de génération automatique de code C/C++ (TargetLink, Embedded Coder), de tests unitaires et d'intégration sur bancs HIL (Hardware-In-the-Loop) et SIL (Software-In-the-Loop), et de revue de code avec les architectes systèmes. Une journée type peut commencer par un stand-up Agile/SAFe, se poursuivre par plusieurs heures de développement Simulink ou C++, inclure une session de debug sur banc d'essai, et se terminer par une réunion de revue avec les autorités de certification (DGAC, EASA).
Les environnements de travail sont majoritairement structurés : grands bureaux d'études aéronautiques (Toulouse, Bordeaux, Paris-Saclay, Marignane), centres de R&D militaires, laboratoires de simulation spatiale, ESN spécialisées en systèmes embarqués (Capgemini Engineering, Akka Technologies, Alten, Expleo, Segula). Le télétravail partiel (2 à 3 jours/semaine) s'est généralisé, sauf pour les missions classifiées défense qui imposent une présence sur site sécurisé. Le métier s'exerce sous forte exigence de qualité et de traçabilité : chaque ligne de code embarqué peut engager la sécurité de centaines de passagers ou la souveraineté nationale. La culture d'entreprise est marquée par la rigueur, les processus formalisés, les audits permanents et le travail collaboratif étroit avec les équipes hardware, système et certification. Les profils féminins sont de plus en plus présents dans ce métier historiquement masculin : le Cercle InterElles et la charte parité Airbus-Safran ambitionnent d'atteindre 30 % de femmes ingénieures dans l'embarqué d'ici 2028. Les perspectives salariales sont parmi les plus élevées de l'ingénierie française et les passerelles vers le spatial, l'automobile autonome, la robotique et les eVTOL (taxis volants électriques) s'ouvrent naturellement aux profils expérimentés.
Salaire
38k - 60k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus
Missions principales
- Analyser les spécifications systèmes et avioniques (DO-178C niveau A à C, ARP4754A) pour traduire les exigences fonctionnelles en architecture logicielle
- Modéliser le comportement physique des systèmes (aérodynamique, thermique, électrique, mécanique) sous Matlab/Simulink, Stateflow ou SCADE
- Développer le code embarqué temps réel en C, C++, Ada ou via génération automatique (TargetLink, Embedded Coder, SCADE KCG)
- Concevoir et valider des modèles de simulation pour bancs HIL (Hardware-In-the-Loop) et SIL (Software-In-the-Loop)
- Réaliser les tests unitaires, d'intégration et de qualification (LDRA, VectorCAST, Cantata) avec couverture MC/DC pour les niveaux DAL-A
- Participer aux revues de code, de conception et aux audits de certification avec les autorités (EASA, DGAC, FAA)
- Rédiger la documentation technique exigée par les normes (Software Requirements Data, Software Design Document, Software Verification Cases)
- Diagnostiquer et corriger les anomalies remontées par les équipes d'intégration ou par les pilotes d'essai
- Optimiser les performances temps réel du code (gestion mémoire, latence, déterminisme) pour cibles RTOS (VxWorks, INTEGRITY, PikeOS)
- Collaborer avec les architectes systèmes, les ingénieurs sûreté de fonctionnement (FMEA, FTA) et les équipes hardware FPGA
- Assurer une veille technologique sur les outils de simulation, les normes aéronautiques (DO-326A cybersécurité) et les langages embarqués
- Encadrer les stagiaires, alternants et juniors sur les bonnes pratiques de développement critique et la culture qualité aéronautique
Compétences requises
- Matlab / Simulink / Stateflow (modélisation, génération de code, vérification)
- Langages C, C++, Ada 95/2012 pour systèmes embarqués critiques
- SCADE Suite (Ansys), TargetLink (dSPACE), Embedded Coder
- Normes aéronautiques DO-178C (niveaux DAL-A à DAL-E), ARP4754A, DO-254 (FPGA)
- Systèmes d'exploitation temps réel (VxWorks, INTEGRITY, PikeOS, RTEMS)
- Outils de tests et de couverture (LDRA, VectorCAST, Cantata, RTRT)
- Configuration management (Git, ClearCase, Polarion, DOORS)
- Méthodologie Agile / SAFe et environnements de cycle en V
- Architecture matérielle (microcontrôleurs PowerPC, ARM Cortex-R, FPGA Xilinx)
- Bus de communication avioniques (ARINC 429, AFDX, MIL-STD-1553, CAN)
- Cybersécurité embarquée (DO-326A, DO-356A) et sûreté de fonctionnement (FMEA, FTA)
- Outils CAO système (Capella, Cameo Systems Modeler, Rhapsody, Simulink System Composer)
- Anglais technique courant (lecture de specs, réunions internationales)
- Notions d'IA embarquée et de jumeau numérique (Digital Twin)
Formations pour devenir Ingénieur Études et Développement en Logiciels de Simulation
- Diplôme d'ingénieur ISAE-SUPAERO Toulouse — spécialité systèmes embarqués / avionique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENAC Toulouse — Électronique et Informatique de l'Aéronautique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENSEEIHT Toulouse — informatique et électronique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur Centrale-Supélec — option systèmes embarqués (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur INSA Lyon / Toulouse — Génie électrique et informatique embarquée (Bac+5)
- Master Sciences pour l'ingénieur parcours Systèmes embarqués critiques — Université Paris-Saclay (Bac+5)
- Mastère spécialisé Embedded Systems — IMT Atlantique / Télécom Paris (Bac+6)
- Diplôme d'ingénieur EPITA / EPITECH spécialisation Systèmes embarqués (Bac+5)
- Formation continue Cnam — Ingénierie des systèmes embarqués (Bac+5 RNCP niveau 7)
- Certifications professionnelles dSPACE, ANSYS SCADE, LDRA
Grille salariale détaillée
- Junior (0-3 ans) : 38 000 – 48 000 € brut/an
- Confirmé (3-7 ans) : 48 000 – 65 000 € brut/an
- Senior (7-12 ans) : 65 000 – 90 000 € brut/an
- Architecte / Expert (12+ ans) : 80 000 – 120 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Salaire très attractif dès la sortie d'école (38-50 k€ junior, jusqu'à 90 k€ pour les seniors)
- Secteur stratégique et stable (aéronautique, défense, spatial soutenus par la souveraineté nationale)
- Variété intellectuelle : modélisation physique, code temps réel, tests sur banc, certification
- Télétravail partiel généralisé (2-3 jours/semaine hors missions classifiées)
- Forte demande sur le marché : 96 % d'insertion à 6 mois et débauchages fréquents
- Possibilité de travailler sur des projets emblématiques (Rafale, Ariane 6, A350, eVTOL)
- Reconnaissance technique forte dans une communauté d'experts pointus
Les moins
- Pression intense lors des phases de certification et avant les vols d'essai
- Documentation et traçabilité très lourdes imposées par les normes DO-178C et ARP4754A
- Cycles de développement longs (5 à 10 ans pour un programme avion) qui demandent de la patience
- Habilitations défense parfois obligatoires (procédure de plusieurs mois, restrictions de mobilité)
- Position assise prolongée et forte charge cognitive (debug embarqué temps réel)
- Pénurie d'experts seniors qui pèse sur les juniors avec montée en charge rapide
- Mobilité géographique parfois exigée (Toulouse, Bordeaux, Saint-Nazaire, Marignane)
Secteurs qui recrutent
- Airbus Commercial Aircraft (Toulouse, Hambourg, Saint-Nazaire)
- Dassault Aviation (Saint-Cloud, Mérignac, Argonay) — Rafale, Falcon
- Thales Avionics (Vélizy, Bordeaux, Valence) — cockpits et systèmes
- Safran Electronics & Defense (Massy, Éragny) — calculateurs et navigation
- Naval Group (Ollioules, Toulon, Lorient) — systèmes de combat naval
- MBDA France (Le Plessis-Robinson, Bourges) — systèmes missiles
- ArianeGroup (Les Mureaux, Vernon) — lanceurs spatiaux
- Stellantis et Renault Group — simulation véhicules autonomes et ADAS
- Capgemini Engineering, Akka Technologies, Alten, Expleo, Segula (ESN systèmes embarqués)
- ONERA et CEA — recherche en simulation aéronautique et défense
Évolution de carrière
Après 3 à 5 ans, l'ingénieur études et développement en logiciels de simulation peut évoluer vers un poste de Tech Lead simulation (50 000 à 70 000 € brut/an), où il pilote techniquement une équipe de 5 à 10 développeurs embarqués. Avec 5 à 8 ans d'expérience, il accède à un rôle d'Architecte logiciel embarqué (65 000 à 90 000 €), responsable de la conception globale d'un sous-système avionique. Au-delà de 10 ans, les évolutions naturelles sont Expert technique senior (référent groupe sur Simulink, SCADE ou DO-178C, 80 000 à 110 000 €), Responsable bureau d'études simulation (90 000 à 130 000 €), ou Ingénieur autorité de certification chez Airbus, Dassault ou DGAC. Beaucoup choisissent aussi le freelance haut de gamme (TJM 600 à 1 000 €/jour) ou rejoignent des startups deeptech (drones autonomes, eVTOL, NewSpace). La reconversion vers le management de programme aéronautique (Program Manager) est également fréquente.
Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur Études et Développement en Logiciels de Simulation
- Quelle école choisir pour devenir ingénieur en logiciels de simulation aéronautique ?
- Les écoles les plus reconnues en France sont l'ISAE-SUPAERO et l'ENAC à Toulouse, l'ENSEEIHT, Centrale-Supélec, INSA Lyon et Toulouse, IMT Atlantique et Télécom Paris. Les masters en systèmes embarqués critiques de Paris-Saclay ou Sorbonne Université sont également d'excellentes voies. Une spécialisation en informatique temps réel, automatique ou avionique en troisième année est fortement recommandée.
- Quel salaire pour un ingénieur logiciel de simulation en 2026 ?
- En 2026, un ingénieur junior gagne entre 38 000 et 48 000 € brut/an dans l'aéronautique. Un profil confirmé (3-7 ans) atteint 48 000 à 65 000 €. Un senior (7-12 ans) se situe entre 65 000 et 90 000 €. Les architectes et experts seniors dépassent fréquemment 100 000 € chez Airbus, Dassault, Thales ou Safran. Les freelances spécialisés DO-178C facturent 600 à 1 000 € par jour.
- Faut-il une habilitation défense pour ce métier ?
- Pas systématiquement, mais c'est très fréquent pour travailler sur Rafale, missiles MBDA, lanceurs ArianeGroup ou systèmes navals. L'habilitation Confidentiel Défense ou Secret Défense est demandée par l'employeur après l'embauche, via une enquête de la DGSI qui dure 3 à 9 mois. Elle restreint certains voyages mais constitue un atout majeur sur le CV.
- Quelle est la différence entre simulation SIL, HIL et MIL ?
- MIL (Model-In-the-Loop) teste le modèle Simulink directement. SIL (Software-In-the-Loop) teste le code généré sur PC sans hardware réel. HIL (Hardware-In-the-Loop) intègre le calculateur cible avec ses interfaces physiques (capteurs, actionneurs simulés). Les trois étapes sont obligatoires pour valider un logiciel embarqué critique selon DO-178C, chacune apportant un niveau de confiance supplémentaire avant les essais en vol.
- L'IA va-t-elle remplacer ce métier ?
- Non, au contraire. L'IA générative aide à écrire du code mais ne peut pas, à elle seule, concevoir un système certifiable DO-178C niveau A. La culture de la traçabilité, la modélisation physique, la connaissance des normes et la responsabilité juridique en cas d'incident restent indispensables. L'IA est utilisée comme outil d'aide (génération de tests, détection d'anomalies) et augmente la productivité de l'ingénieur sans le remplacer.
- Peut-on basculer vers ce métier depuis une carrière de développeur classique ?
- Oui, mais cela demande une formation complémentaire. Les développeurs C/C++ peuvent rejoindre une ESN spécialisée (Capgemini Engineering, Alten, Akka, Expleo) qui proposera une montée en compétences sur Matlab/Simulink, DO-178C et les RTOS embarqués. Un mastère spécialisé Embedded Systems (IMT Atlantique, Télécom Paris) ou une formation Cnam permettent aussi cette reconversion en 12 à 18 mois.
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Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H1206 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Ingénieur Études et Développement en Logiciels de Simulation (www.onisep.fr)
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