Comment devenir Équithérapeute ?

En bref

  • Salaire : 22k à 45k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 + DU Équithérapie (3 à 5 ans + 2 ans spécialisation)
  • Domaine : Santé & Paramédical
  • Conditions d'exercice : Extérieur / Centre équestre / Contact humain
  • Code ROME : K1206

L'équithérapeute est un professionnel de santé ou du champ socio-éducatif qui utilise le cheval comme médiateur thérapeutique dans un cadre de soin psychique, physique ou relationnel. Il conçoit et anime des séances d'équithérapie destinées à des patients souffrant de troubles psychiques (dépression, anxiété, troubles du comportement, autisme), de handicap mental ou physique (trisomie, polyhandicap, traumatismes crâniens), de troubles neurologiques (paralysie cérébrale, sclérose en plaques) ou de difficultés sociales et relationnelles (enfants placés, personnes en réinsertion, victimes de violences). Le cheval, par sa présence apaisante, son miroir émotionnel et la stimulation sensorielle qu'il procure, devient un partenaire thérapeutique unique qui facilite le travail du soignant.

En 2026, la France compte environ 600 équithérapeutes en exercice selon la Société Française d'Équithérapie (SFE) et la Fédération Nationale des Thérapies avec le Cheval (FENTAC). Le code ROME associé est K1206 — Intervention socioéducative, sous-famille des médiations animales thérapeutiques. L'équithérapie n'est pas encore une profession réglementée en France, mais elle tend à se structurer avec la SFE qui délivre un certificat de qualification reconnu par la profession. La majorité des équithérapeutes sont des professionnels de santé (psychologues, psychomotriciens, infirmiers, ergothérapeutes, orthophonistes, kinésithérapeutes, médecins) qui se sont spécialisés en complément de leur diplôme initial, via un DU Équithérapie ou une formation de la SFE ou de la FENTAC.

Au quotidien, l'équithérapeute conçoit des séances individuelles ou en petit groupe, adaptées aux besoins thérapeutiques de chaque patient. Une séance type dure 30 à 60 minutes et se déroule dans un centre équestre, une ferme pédagogique ou un centre spécialisé. Elle peut inclure le pansage du cheval (contact tactile, rituel apaisant, connexion), le travail à pied (longe, marche), la voltige, la monte adaptée au pas ou au trot, des jeux d'attelage ou simplement la présence auprès du cheval au box. L'équithérapeute observe attentivement les réactions du patient, ajuste les exercices en temps réel, stimule l'expression verbale ou non verbale et accompagne les émotions qui émergent. En fin de séance, il rédige un compte rendu clinique et échange avec les équipes médicales et paramédicales qui suivent le patient.

Les environnements de travail sont variés : centres d'équithérapie indépendants, établissements médico-sociaux (IME, ESAT, ITEP, foyers pour personnes handicapées), hôpitaux psychiatriques, centres de rééducation, EHPAD, associations de médiation animale, centres équestres partenaires ou exercice libéral en tant qu'intervenant extérieur. Le modèle économique reste fragile : les séances sont rarement remboursées par la Sécurité sociale et sont facturées 40 à 80 € l'heure, prises en charge par les familles, les institutions, les mutuelles ou parfois par des financements associatifs et caritatifs. De nombreux équithérapeutes cumulent leur activité avec un autre exercice paramédical pour sécuriser leurs revenus.

Le métier attire des profils doublement passionnés : passionnés par les chevaux et par l'accompagnement thérapeutique. Il exige une excellente maîtrise équestre (niveau Galop 7 minimum recommandé), une solide formation clinique en psychologie, psychomotricité ou relation d'aide, et des qualités humaines d'empathie, de patience et de créativité. La profession est en croissance avec la reconnaissance progressive de la médiation animale par les institutions de santé et l'intégration de l'équithérapie dans les projets d'établissement de nombreux IME, ESAT et hôpitaux psychiatriques.

Salaire

22k - 45k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 + DU Équithérapie · Durée : 3 à 5 ans + 2 ans spécialisation

Missions principales

  • Concevoir et animer des séances d'équithérapie individuelles ou en petit groupe adaptées à chaque patient
  • Évaluer les besoins thérapeutiques du patient en lien avec l'équipe médicale ou éducative référente
  • Préparer et choisir le cheval partenaire adapté à la séance (caractère, morphologie, niveau de dressage)
  • Animer des activités variées : pansage, travail à pied, monte adaptée, voltige, attelage, simple présence
  • Observer et analyser les réactions du patient face au cheval (comportement, émotions, progrès)
  • Accompagner l'émergence et l'expression des émotions (verbalisation, régulation, apaisement)
  • Assurer la sécurité physique et émotionnelle du patient, du cheval et des intervenants
  • Rédiger des comptes rendus cliniques de séance et suivre l'évolution du patient sur plusieurs mois
  • Collaborer avec l'équipe pluridisciplinaire : psychologues, psychiatres, éducateurs, kinés, orthophonistes
  • Participer aux réunions de synthèse et aux projets individualisés des patients (PIP, PIA)
  • Prendre en charge le bien-être, la santé et l'éducation des chevaux thérapeutes (partenariat avec vétérinaire)
  • Gérer la logistique du centre équestre ou de l'espace dédié à l'équithérapie (matériel, sécurité, hygiène)
  • Assurer une veille professionnelle et participer à la formation continue (SFE, FENTAC, congrès)

Compétences requises

  • Formation initiale en santé ou socio-éducatif : psychologue, psychomotricien, ergothérapeute, infirmier, éducateur
  • Diplôme Universitaire (DU) Équithérapie ou certificat SFE / FENTAC (2 ans de spécialisation)
  • Équitation confirmée (Galop 7 minimum recommandé) et maîtrise technique du cheval
  • Connaissance approfondie du comportement équin, de l'éthologie et du bien-être animal
  • Psychologie clinique et psychopathologie (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées)
  • Psychomotricité et approche corporelle en thérapie (toucher, mouvement, schéma corporel)
  • Médiation animale et théories de la relation d'aide à médiation animale
  • Techniques de relaxation, de régulation émotionnelle et de gestion du stress
  • Connaissance des pathologies : autisme, trisomie, polyhandicap, troubles anxieux, dépression
  • Évaluation thérapeutique et outils d'observation clinique
  • Travail en équipe pluridisciplinaire (psychiatre, psychologue, éducateur, famille)
  • Rédaction de comptes rendus cliniques et de projets thérapeutiques individualisés
  • Premiers secours (PSC1 minimum) et gestion des situations d'urgence à cheval
  • Gestion administrative et financière de l'activité (facturation, devis, comptabilité libérale)
  • Pédagogie et adaptation de la communication aux publics fragiles (non verbaux, enfants, handicap)

Formations pour devenir Équithérapeute

  • Formation initiale en santé : diplôme de psychologue (Bac+5), psychomotricien (DE Bac+3), ergothérapeute (DE Bac+3), infirmier (DE Bac+3), kinésithérapeute (DE Bac+5), médecin
  • DU Équithérapie — Université Paris-Descartes, Université de Bordeaux, Université de Saint-Étienne (1 à 2 ans en formation continue)
  • Certificat professionnel d'équithérapeute — Société Française d'Équithérapie (SFE) — formation en 2 ans
  • Certification FENTAC (Fédération Nationale des Thérapies Avec le Cheval) — 450 heures sur 2 ans
  • Galop 7 minimum en équitation (FFE) avec expérience confirmée du cheval
  • BPJEPS Activités Équestres (formation complémentaire pour ceux qui ne sont pas professionnels de santé)
  • Formations complémentaires en médiation animale, éthologie équine, bien-être animal
  • Supervision clinique obligatoire dans le cadre des certifications SFE et FENTAC

Grille salariale détaillée

  • Début d'activité (souvent en complément, net/mois) : 1 200 – 1 800 € brut/an
  • Équithérapeute installé 3-5 ans (net/mois) : 1 800 – 2 800 € brut/an
  • Responsable de centre ou spécialisé 5-10 ans (net/mois) : 2 500 – 3 800 € brut/an
  • Gérant de structure, formateur ou chercheur (net/mois) : 3 500 – 5 500 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier extrêmement porteur de sens avec des résultats thérapeutiques visibles et durables
  • Exercice en extérieur, au contact de la nature et des chevaux (qualité de vie au travail)
  • Diversité des publics (enfants autistes, polyhandicapés, personnes âgées, victimes de traumas)
  • Reconnaissance croissante de la médiation animale dans le champ de la santé mentale
  • Créativité thérapeutique et autonomie professionnelle dans la conception des séances

Les moins

  • Profession non réglementée en France, reconnaissance institutionnelle encore incomplète
  • Formation longue et onéreuse (DU ou certificat SFE à 5 000 à 10 000 €) non prise en charge
  • Séances rarement remboursées par la Sécurité sociale, modèle économique fragile
  • Revenus modestes surtout en début de carrière (1 200 à 2 000 € nets/mois en plein temps)
  • Travail physique en extérieur soumis aux conditions météo (froid, pluie, chaleur, boue)
  • Charge émotionnelle lourde (prise en charge de pathologies psychiques et handicaps lourds)
  • Risques inhérents au travail avec les chevaux (chutes, coups, morsures, allergies)
  • Responsabilité civile professionnelle (RCP) obligatoire avec coût non négligeable

Secteurs qui recrutent

  • Centres d'équithérapie indépendants (structures privées ou associatives)
  • Instituts Médico-Éducatifs (IME) pour enfants et adolescents handicapés
  • ESAT (Établissements et Services d'Aide par le Travail) pour adultes handicapés
  • ITEP (Instituts Thérapeutiques Éducatifs et Pédagogiques) pour troubles du comportement
  • Hôpitaux psychiatriques et centres médico-psychologiques (CMP)
  • Centres de rééducation fonctionnelle et de médecine physique
  • EHPAD et établissements pour personnes âgées (stimulation, mémoire, bien-être)
  • Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) et services de répit
  • Associations de médiation animale : SFE, FENTAC, Handicheval, Équiphoria
  • Centres équestres partenaires et fermes pédagogiques proposant de l'équithérapie

Évolution de carrière

L'équithérapeute connaît des évolutions de carrière variées selon son profil initial et son investissement professionnel. En début de carrière, il cumule généralement son activité avec un autre exercice paramédical (psychologue en cabinet, psychomotricien en IME) pour sécuriser ses revenus, avec une activité d'équithérapie représentant 20 à 50 % de son temps et un complément de revenu de 800 à 2 000 € mensuels nets. Après 3 à 5 ans, l'équithérapeute peut développer une activité à plein temps en libéral ou en salariat au sein d'un centre d'équithérapie ou d'un établissement médico-social, avec des revenus nets de 1 800 à 2 800 € mensuels. Les profils expérimentés (5 à 10 ans) peuvent devenir responsables d'un centre d'équithérapie, gérants d'une structure employant plusieurs thérapeutes et animateurs, avec des revenus nets de 2 500 à 3 800 € mensuels. Certains s'orientent vers la formation : formateur en DU ou en écoles de la SFE/FENTAC, intervenant dans les formations continues des professionnels de santé, auteur de livres spécialisés ou conférencier. D'autres rejoignent le champ de la recherche clinique en thérapie assistée par l'animal, en partenariat avec des CHU, des universités ou l'INSERM, avec des publications scientifiques validant l'efficacité thérapeutique de la médiation équine. Enfin, la création d'une structure associative ou entrepreneuriale (ferme thérapeutique, écoferme, centre de répit pour familles) représente une voie d'évolution pour les profils les plus entrepreneurs, avec des financements via fondations, mécénat et subventions publiques (ARS, CAF, collectivités territoriales).

Questions fréquentes sur le métier de Équithérapeute

Comment devenir équithérapeute en France et quelles formations suivre ?
Pour devenir équithérapeute, il faut d'abord avoir une formation initiale dans le champ de la santé ou du socio-éducatif : psychologue (Bac+5), psychomotricien, ergothérapeute, infirmier, kinésithérapeute, orthophoniste, éducateur spécialisé ou médecin. Il faut ensuite se spécialiser via un DU Équithérapie (Paris-Descartes, Bordeaux, Saint-Étienne) ou une formation certifiante de la Société Française d'Équithérapie (SFE) ou de la FENTAC, d'une durée de 1 à 2 ans. Une maîtrise équestre solide (Galop 7 minimum) et une supervision clinique sont également requises. La profession n'est pas encore réglementée en France mais les certifications SFE/FENTAC sont reconnues par les institutions médico-sociales.
Quel est le salaire d'un équithérapeute en France en 2026 ?
Les revenus varient fortement selon le mode d'exercice et l'ancienneté. En début de carrière, l'activité d'équithérapie est souvent cumulée avec un autre exercice paramédical et rapporte 1 200 à 1 800 € nets/mois à temps partiel. Un équithérapeute installé en libéral ou salarié à temps plein gagne 1 800 à 2 800 € nets/mois après 3 à 5 ans d'expérience. Un responsable de centre ou un spécialiste confirmé peut atteindre 2 500 à 3 800 € nets/mois, et les profils entrepreneurs (gérants de structure, formateurs) peuvent dépasser 3 500 à 5 500 € nets/mois. Les séances sont facturées 40 à 80 € l'heure aux familles, institutions ou mutuelles.
Quelle est la différence entre un équithérapeute et un moniteur d'équitation adaptée ?
Les deux métiers sont complémentaires mais très distincts. Le moniteur d'équitation adaptée (titulaire d'un BPJEPS Activités Équestres) enseigne l'équitation à des personnes en situation de handicap dans un objectif sportif et de loisirs, avec une finalité d'apprentissage technique. L'équithérapeute, lui, est un professionnel de santé ou du socio-éducatif qui utilise le cheval comme médiateur thérapeutique dans un cadre de soin psychique, physique ou relationnel, avec une finalité de santé et d'accompagnement clinique. L'équithérapeute travaille en lien avec une équipe médicale, rédige des comptes rendus cliniques et suit un projet thérapeutique individualisé pour chaque patient.
Pour quelles pathologies l'équithérapie est-elle recommandée et quelle est son efficacité ?
L'équithérapie est recommandée pour un large spectre de troubles et pathologies : troubles du spectre autistique (TSA), trisomie 21, polyhandicap, paralysie cérébrale, troubles anxieux et dépressifs, troubles du comportement chez l'enfant et l'adolescent, post-traumatiques (PTSD, victimes de violences), troubles alimentaires, addictions, troubles de l'attention (TDAH) et difficultés relationnelles. Les études scientifiques publiées (notamment par l'INSERM et des équipes universitaires) montrent des bénéfices significatifs sur la motricité, l'estime de soi, la régulation émotionnelle, les compétences sociales et l'apaisement anxieux. L'équithérapie ne remplace pas les traitements médicaux classiques mais les complète efficacement dans une approche globale et pluridisciplinaire du soin.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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