Comment devenir Chef de Projet Sites et Sols Pollués ?

En bref

  • Salaire : 38k à 75k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : Industrie & Ingénierie
  • Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
  • Code ROME : H1206

Le chef de projet sites et sols pollués (SSP) pilote le diagnostic, la dépollution et la réhabilitation de terrains contaminés par d'anciennes activités industrielles, minières, militaires ou agricoles (hydrocarbures, métaux lourds, solvants chlorés, PCB, PFAS, amiante enterré). Il intervient à toutes les étapes : étude historique et documentaire, investigations sur site (sondages, prélèvements de sols, eaux, gaz du sol), interprétation analytique, évaluation des risques sanitaires (EQRS), conception du plan de gestion, choix de la technique de dépollution (excavation, biotraitement, oxydation in situ, atténuation naturelle surveillée) et suivi des travaux jusqu'à la levée des restrictions d'usage.

En 2026, la dépollution des sites et sols pollués est devenue stratégique en France : le pays compte plus de 8 600 sites BASOL répertoriés et plusieurs centaines de milliers de sites BASIAS (anciennes activités potentiellement polluantes). L'enjeu de la reconquête foncière des friches industrielles est central pour la sobriété foncière (objectif ZAN — Zéro Artificialisation Nette inscrit dans la Loi Climat & Résilience de 2021). France 2030 a engagé un fonds friches de plus de 750 millions d'euros pour réhabiliter les sites pollués et les transformer en logements, équipements ou espaces verts. La méthodologie nationale SSP a été refondue par le ministère de la Transition écologique en 2017 puis enrichie en 2024. Selon l'UPDS (Union des Professionnels de la Dépollution des Sites), la filière SSP emploie environ 5 000 personnes en France et recrute activement (1 000 à 1 500 postes/an). Le code ROME associé est H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel.

Une journée type alterne entre travail bureau (interprétation de données analytiques, modélisation de panaches via Petra ou Risc, rédaction du plan de gestion, montage du dossier de cessation d'activité, EQRS sur logiciel CalTOX ou IEM), réunions clients (aménageurs, promoteurs, collectivités, industriels en cessation d'activité), travail terrain (supervision de campagnes de sondages, prélèvements, suivi de chantier de dépollution, contrôles qualité), et coordination avec foreurs, chimistes, juristes, écologues. Le chef de projet SSP exerce chez des bureaux d'études spécialisés (Antea Group, Burgeap, Ginger Cebtp, Tauw, Ramboll, ICF Environnement, Soltracing, Idex, Egis Environnement), chez des dépollueurs (Serpol, Séché Environnement, Suez RR Iws, Veolia, Soldata Soils Solutions), ou en interne chez des grands industriels et aménageurs.

Les conditions de travail mêlent bureau (50 à 60 %) et terrain (40 à 50 %), avec déplacements fréquents en France entière. Les chantiers SSP imposent le port d'EPI (chaussures de sécurité, casque, gants nitrile, masque selon les polluants) et parfois des combinaisons de protection chimique pour les sites très contaminés. Les horaires sont généralement réguliers mais peuvent s'intensifier en phase travaux. La rémunération est correcte avec une bonne progression. Les perspectives sont solides : la pression réglementaire (ZAN, Loi Climat, Plan Eau, durcissement PFAS), la reconquête des friches et le fonds friches France 2030 garantissent une visibilité de carrière sur 15-20 ans.

Salaire

38k - 75k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Réaliser des études historiques et documentaires (EHD) pour identifier les anciennes activités polluantes d'un site
  • Concevoir et superviser les campagnes d'investigations sur site (sondages, piézomètres, gaz du sol)
  • Interpréter les analyses chimiques des sols, eaux souterraines et gaz du sol selon les seuils réglementaires
  • Réaliser des évaluations quantitatives des risques sanitaires (EQRS) selon la méthodologie SSP du MTE
  • Concevoir et chiffrer les plans de gestion (PG) et plans de conception de la réhabilitation (PCR)
  • Choisir les techniques de dépollution adaptées (excavation, biopile, venting, sparging, oxydation in situ, ENA)
  • Superviser les chantiers de dépollution et assurer le contrôle qualité (réception des sols, traçabilité)
  • Monter les dossiers de cessation d'activité (CA) et les dossiers loi sur l'eau / ICPE en lien avec la DREAL
  • Conseiller les maîtres d'ouvrage (aménageurs, promoteurs, collectivités) sur la valorisation des friches
  • Établir les restrictions d'usage et les servitudes environnementales (SUP, SIS)
  • Effectuer une veille réglementaire (méthodologie SSP 2017, fonds friches, ZAN, PFAS, amiante)
  • Animer les comités techniques avec les experts ICPE, Inspecteurs DREAL et bureaux de contrôle

Compétences requises

  • Maîtrise de la méthodologie nationale SSP (note ministérielle du 19 avril 2017, mise à jour 2024)
  • Hydrogéologie de base (modélisation de panaches, écoulements souterrains, vulnérabilité)
  • Géochimie des polluants (hydrocarbures, métaux, solvants chlorés, HAP, PCB, pesticides, PFAS)
  • Logiciels d'évaluation des risques sanitaires : CalTOX, IEM, Risk Assistant, Risc-Human
  • Logiciels de modélisation : Petra, Visual MODFLOW, Hydrus, Risc
  • Connaissance approfondie du Code de l'environnement (ICPE, déchets, loi sur l'eau)
  • Outils SIG / cartographie : QGIS, ArcGIS, Surfer, plans de gestion
  • Maîtrise des techniques de dépollution in situ et hors site (excavation, biopile, sparging, ENA, oxydation)
  • Bases de chimie analytique (HPLC, GC-MS, ICP-MS) en interface avec les laboratoires
  • Conduite de chantier et coordination des sous-traitants (foreurs, dépollueurs, transporteurs)
  • Maîtrise des contrats EPC, garantie financière, assurance environnementale
  • Anglais technique (lecture de littérature scientifique, normes ISO 18400, méthodologies internationales)
  • Notions de droit immobilier et urbanisme (bail emphytéotique, servitude, ZAN)
  • Modélisation économique (Excel avancé, ROI, plan de financement, fonds friches)

Formations pour devenir Chef de Projet Sites et Sols Pollués

  • Mastère Spécialisé Sites et Sols Pollués (M2S2P) — Mines Nancy / Mines St-Étienne / Mines Alès, en partenariat avec l'UPDS (référence nationale, Bac+6)
  • Diplôme d'ingénieur géologue ou environnement — ENSG Nancy, ENSEGID Bordeaux, IMT Mines Alès, Mines Nancy, ENSAIA, AgroParisTech (Bac+5)
  • Master Sites et sols pollués / Risques industriels et environnementaux — Université de Lorraine, Université d'Aix-Marseille, Université de Pau (Bac+5)
  • Master Hydrogéologie et environnement — Université d'Avignon, Université de Montpellier, Université de Bordeaux (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur ENGEES Strasbourg (École Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement) — Bac+5
  • Master Gestion des sols et de l'environnement — Université de Lille, Université Paris-Saclay, Sorbonne Université (Bac+5)
  • Diplôme d'ingénieur chimiste ou génie des procédés — ENSIC Nancy, ENSCM Montpellier, INSA Rouen (Bac+5)
  • Mastère Spécialisé Gestion, traitement et valorisation des déchets — IMT Mines Alès, Mines Nancy (Bac+6)

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 38 000 – 45 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 45 000 – 60 000 € brut/an
  • Senior (5-10 ans) : 58 000 – 80 000 € brut/an
  • Lead / Directeur d'agence (10+ ans) : 75 000 – 120 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier porteur de sens, contribution directe à la dépollution et au recyclage foncier
  • Filière en forte croissance portée par le ZAN, le fonds friches et la réindustrialisation
  • Diversité quotidienne entre bureau, terrain, technique et réglementaire
  • Rémunération attractive avec progression rapide pour les profils confirmés
  • Forte employabilité (pénurie de chefs de projet expérimentés selon l'UPDS)

Les moins

  • Salaire de départ correct mais inférieur aux ingénieurs BTP / banque pour un Bac+5
  • Déplacements fréquents et travail terrain en zones potentiellement polluées (port d'EPI obligatoire)
  • Pression mentale liée à la responsabilité sanitaire (santé des futurs occupants, contentieux)
  • Charges physiques (sondages, prélèvements, supervision de chantiers en conditions parfois difficiles)
  • Découvertes inattendues fréquentes sur les chantiers (amiante, UXO, polluants émergents PFAS) qui font dériver budgets et plannings

Secteurs qui recrutent

  • Bureaux d'études spécialisés en sites et sols pollués (Antea Group, Burgeap, Tauw, Ramboll, ICF Environnement, Soltracing, Ginger Cebtp, Egis Environnement)
  • Dépollueurs et entreprises de travaux SSP (Serpol, Séché Environnement, Suez RR Iws, Veolia, Soldata Soils Solutions, Hydrogéosphère)
  • Aménageurs et promoteurs immobiliers (Nexity, Bouygues Immobilier, Vinci Immobilier, Linkcity, EPF, EPA)
  • Industriels en cessation d'activité (TotalEnergies, Arkema, Solvay, ArcelorMittal, Renault, Stellantis)
  • Collectivités territoriales et SEM d'aménagement (communes, EPCI, métropoles, sociétés publiques locales)
  • Ademe (Agence de la transition écologique) — référence publique, fonds friches
  • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) — expertise après-mine et sites orphelins
  • Bailleurs sociaux (CDC Habitat, ICF Habitat, Action Logement, OPH)
  • Compagnies d'assurance environnementale (AIG, Allianz, Axa, Chartis)
  • Cabinets de conseil et d'expertise judiciaire (Sites Pollués Conseil, ICF Environment, Tauw)

Évolution de carrière

La carrière débute habituellement par un poste de chargé d'études junior ou ingénieur SSP junior (38 000 à 45 000 € brut/an) en bureau d'études ou chez un dépollueur. Après 3 à 5 ans d'expérience, l'évolution naturelle est vers chef de projet SSP confirmé (45 000 à 60 000 €), avec la responsabilité de plusieurs projets en autonomie. Avec 5 à 10 ans d'expérience, le chef de projet senior accède à des postes de référent technique, responsable d'agence ou expert SSP (60 000 à 80 000 €). Les profils confirmés (10 ans et plus) peuvent viser des postes de directeur d'agence, directeur technique national ou expert reconnu (80 000 à 120 000 €). D'autres trajectoires : consultant indépendant en SSP (TJM 700 à 1 100 €/jour), expert judiciaire près les tribunaux, expert auprès de la Caisse Centrale de Réassurance ou des assureurs environnementaux, expatriation à l'international (Europe, Afrique, Amérique latine) pour les grands programmes de réhabilitation minière.

Questions fréquentes sur le métier de Chef de Projet Sites et Sols Pollués

Faut-il un diplôme d'ingénieur pour devenir chef de projet sites et sols pollués ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Le profil le plus recherché est un ingénieur géologue, hydrogéologue, environnement ou génie des procédés avec spécialisation SSP, idéalement complété par le Mastère Spécialisé Sites et Sols Pollués (M2S2P) de Mines Nancy / Mines St-Étienne / Mines Alès, considéré comme la référence nationale. Un Master 2 universitaire en sites et sols pollués (Lorraine, Aix-Marseille, Pau) est également une voie d'accès. Pour les postes de chargé d'études, un diplôme d'ingénieur géologue ou environnement (ENSG, ENGEES, IMT Mines) suffit.
Quel est le salaire d'un chef de projet sites et sols pollués en 2026 ?
Selon l'enquête salaires Cinov, l'UPDS et l'Observatoire des métiers de l'environnement, un chargé d'études SSP junior gagne entre 38 000 et 45 000 € brut/an. Un chef de projet confirmé (3-5 ans) atteint 45 000 à 60 000 €. Un senior (5-10 ans) se situe entre 58 000 et 80 000 €, et un directeur d'agence ou expert reconnu peut dépasser 100 000 € brut/an. Les rémunérations chez les dépollueurs (Serpol, Séché) sont en moyenne 5 à 10 % supérieures à celles des bureaux d'études.
Quelle est la différence entre un hydrogéologue et un chef de projet sites et sols pollués ?
L'hydrogéologue se concentre sur l'étude des eaux souterraines (aquifères, captages, qualité de l'eau, géothermie), avec un cœur de métier en sciences de la Terre. Le chef de projet sites et sols pollués traite plus largement des contaminations sols + eaux + gaz du sol issues d'anciennes activités industrielles, avec un volet fort en évaluation des risques sanitaires, conception de techniques de dépollution et accompagnement réglementaire. De nombreux hydrogéologues évoluent vers le SSP en cours de carrière.
Le métier de chef de projet sites et sols pollués est-il menacé par l'IA ?
Non. L'IA aide à analyser des données analytiques, optimiser la modélisation de panaches et automatiser certains rapports, mais le cœur du métier — diagnostic terrain, supervision de chantier, négociation avec les parties prenantes, jugement d'expert — reste humain. La filière est portée par le ZAN, le fonds friches France 2030 (750 M€), la pression PFAS et la réindustrialisation. L'UPDS estime que la filière devrait recruter 1 000 à 1 500 personnes par an d'ici 2030.
Comment se reconvertir vers le métier de chef de projet sites et sols pollués ?
La voie royale est le Mastère Spécialisé Sites et Sols Pollués (M2S2P) en formation continue (Mines Nancy / St-Étienne / Alès, 1 an), accessible aux ingénieurs ou Bac+5 scientifiques. Pour un profil expérimenté en BTP, géotechnique, hydrogéologie ou HSE, un passage par un bureau d'études spécialisé en CDD (6-12 mois) suffit souvent à acquérir les bases. Les profils issus du forage, de la chimie analytique ou de la géologie pétrolière sont très bien accueillis. La pénurie de chefs de projet confirmés rend le marché très favorable aux candidats.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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