Comment devenir Chef de Projet Biodiversité ?

En bref

  • Salaire : 28k à 48k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : Environnement & Écologie
  • Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
  • Code ROME : A1303

Le chef de projet biodiversité ou la cheffe de projet biodiversité pilote des études et des actions visant à évaluer, préserver et restaurer la diversité biologique dans le cadre de projets d'aménagement du territoire, de compensation écologique ou de gestion d'espaces naturels. En France, la biodiversité est un enjeu majeur reconnu par la Stratégie Nationale Biodiversité 2030 (SNB3), qui fixe l'objectif de protéger 30 % du territoire national (dont 10 % en protection forte). Le secteur emploie environ 4 500 à 5 000 professionnels spécialisés en écologie et biodiversité, répartis entre les bureaux d'études environnement, les conservatoires d'espaces naturels, les parcs naturels, les services environnement des collectivités et les entreprises. Le code ROME correspondant est A1303 (Ingénierie en agriculture et environnement naturel) et K2302 (Management et inspection en environnement urbain). Le marché des études d'impact environnemental et de la compensation écologique représente plus de 500 millions d'euros annuels en France, porté par le cadre réglementaire strict : loi pour la reconquête de la biodiversité (2016), séquence ERC (Éviter-Réduire-Compenser), directive Habitats-Faune-Flore, Natura 2000, et obligation de réaliser des évaluations environnementales pour tous les projets d'aménagement significatifs (routes, lignes ferroviaires, zones commerciales, parcs éoliens, lotissements). Au quotidien, le chef de projet biodiversité coordonne les inventaires naturalistes de terrain (faune, flore, habitats), rédige les volets biodiversité des études d'impact environnemental (EIE), conçoit les mesures d'évitement, de réduction et de compensation (mesures ERC), suit les chantiers pour vérifier le respect des prescriptions écologiques, et assure le suivi post-travaux des mesures compensatoires. Il travaille avec des outils spécifiques : logiciels SIG (QGIS, ArcGIS) pour la cartographie des habitats et des espèces, bases de données naturalistes (INPN, Faune-France, SILENE), protocoles standardisés d'inventaire (IPA — Indice Ponctuel d'Abondance pour les oiseaux, CMR — Capture-Marquage-Recapture pour les amphibiens, transects papillons STERF), outils de modélisation (MaxEnt, R). Les principaux employeurs sont les bureaux d'études (Biotope, ECO-MED, NCA Environnement, Ecosphère, Naturalia), les établissements publics (OFB — Office Français de la Biodiversité, ONF, Conservatoires d'Espaces Naturels), les collectivités territoriales, les aménageurs (VINCI, Bouygues, Eiffage) et les opérateurs de compensation écologique (CDC Biodiversité, Ciments Calcia Écologue).

Salaire

28k - 48k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Coordonner les inventaires naturalistes de terrain : relevés faunistiques, floristiques et d'habitats selon les protocoles standardisés
  • Rédiger les volets biodiversité des études d'impact environnemental (EIE) et des dossiers réglementaires (CNPN, Natura 2000)
  • Concevoir les mesures d'évitement, de réduction et de compensation (séquence ERC) adaptées aux enjeux écologiques identifiés
  • Assurer le suivi écologique des chantiers pour vérifier le respect des prescriptions environnementales
  • Piloter les programmes de compensation écologique : création de mares, restauration de zones humides, replantation de haies
  • Réaliser la cartographie des habitats naturels et des espèces protégées à l'aide de SIG (QGIS, ArcGIS)
  • Rédiger les demandes de dérogation espèces protégées (CNPN) et les dossiers d'incidences Natura 2000
  • Coordonner les équipes de naturalistes (botanistes, ornithologues, herpétologues, entomologistes, chiroptérologues)
  • Assurer l'interface entre les maîtres d'ouvrage, les services instructeurs (DREAL) et les associations naturalistes
  • Gérer les budgets, les plannings et les livrables des projets dans le respect des délais contractuels
  • Réaliser les suivis post-travaux des mesures compensatoires (suivi n+1, n+3, n+5, n+10, n+20, n+30)
  • Assurer une veille réglementaire et scientifique sur la biodiversité (publications, colloques, évolutions législatives)

Compétences requises

  • Écologie et sciences naturalistes : botanique, ornithologie, herpétologie, entomologie, mammalogie, chiroptérologie
  • Maîtrise de la réglementation environnementale : loi biodiversité 2016, séquence ERC, code de l'environnement
  • Cartographie et SIG : QGIS, ArcGIS, création de cartes d'habitats, de sensibilité écologique et de zonages
  • Protocoles d'inventaire standardisés : IPA, STOC, CMR, transects, points d'écoute, pièges photographiques
  • Rédaction de rapports techniques : études d'impact (EIE), dossiers CNPN, évaluations d'incidences Natura 2000
  • Utilisation de bases de données naturalistes : INPN, Faune-France, SILENE, Flora, SINP
  • Modélisation écologique : R (package vegan, ade4), MaxEnt (modélisation de distribution d'espèces)
  • Connaissance des habitats naturels : nomenclature EUNIS, typologie Corine Biotopes, habitats d'intérêt communautaire
  • Identification des espèces protégées : listes rouges UICN, arrêtés de protection nationale et régionale
  • Gestion de projet : planification, budgétisation, coordination d'équipes pluridisciplinaires
  • Techniques de terrain : utilisation de GPS différentiel, drones d'observation, détecteurs d'ultrasons (chiroptères)
  • Connaissance du droit de l'urbanisme et de l'aménagement : PLU, SCOT, ZAC, permis d'aménager
  • Compétences en concertation et médiation : animation de réunions publiques, comités de pilotage
  • Rédaction scientifique et communication : publications, présentations en colloque, vulgarisation

Formations pour devenir Chef de Projet Biodiversité

  • Master Écologie, Biodiversité et Évolution (Sorbonne Université, Montpellier, Toulouse, Rennes 1)
  • Master Gestion de la Biodiversité (Université de Montpellier, AgroParisTech, Muséum national d'Histoire naturelle)
  • Diplôme d'ingénieur agronome spécialisation Environnement (AgroParisTech, Bordeaux Sciences Agro, ENGEES)
  • Master IEGB — Ingénierie en Écologie et Gestion de la Biodiversité (Montpellier SupAgro / Université de Montpellier)
  • Master Expertise Faune Flore (Université d'Angers — formation très reconnue pour les bureaux d'études)
  • Master Sciences de la Mer et du Littoral, parcours Géosciences Océan (UBO Brest — pour la biodiversité marine)
  • Licence professionnelle Métiers de la protection et de la gestion de l'environnement (Université de Perpignan, Limoges)
  • Formation continue OFB, Conservatoires d'Espaces Naturels — spécialisation en gestion d'espaces naturels

Grille salariale détaillée

  • Chargé d'études débutant (0-3 ans) : 28 000 – 33 000 € brut/an
  • Chef de projet confirmé (3-7 ans) : 33 000 – 42 000 € brut/an
  • Senior / Responsable d'affaires (7-12 ans) : 42 000 – 55 000 € brut/an
  • Directeur / Responsable RSE biodiversité (12+ ans) : 55 000 – 75 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier passion — allier amour de la nature et activité professionnelle, avec du travail de terrain en milieu naturel
  • Impact environnemental positif — contribuer concrètement à la protection des espèces et des habitats menacés
  • Diversité des projets — chaque étude est unique par son contexte géographique, ses enjeux écologiques et ses espèces
  • Secteur en croissance — les obligations réglementaires et la prise de conscience écologique alimentent la demande
  • Communauté professionnelle passionnée — réseau de naturalistes et d'écologues partageant les mêmes valeurs

Les moins

  • Rémunération modérée — les salaires en bureaux d'études environnement restent inférieurs à d'autres domaines d'ingénierie
  • Saisonnalité du terrain — les inventaires naturalistes sont concentrés sur quelques mois (mars-septembre), créant des pics d'activité
  • Frustration éthique possible — les recommandations écologiques ne sont pas toujours suivies par les aménageurs
  • Conditions de terrain exigeantes — inventaires nocturnes (chiroptères, amphibiens), météo défavorable, zones difficiles d'accès

Secteurs qui recrutent

  • Bureaux d'études environnement — Biotope, ECO-MED, NCA Environnement, Ecosphère, Naturalia, Calidris
  • Établissements publics environnementaux — OFB (Office Français de la Biodiversité), ONF, Agences de l'eau
  • Conservatoires d'Espaces Naturels (CEN) — réseau de 29 conservatoires régionaux gestionnaires d'espaces naturels
  • Parcs naturels — Parcs nationaux (Vanoise, Mercantour, Calanques), Parcs naturels régionaux (51 PNR en France)
  • Collectivités territoriales — services environnement des métropoles, départements et régions
  • Aménageurs et constructeurs — VINCI, Bouygues, Eiffage, Nexity (services environnement intégrés)
  • Opérateurs de compensation écologique — CDC Biodiversité (filiale de la Caisse des Dépôts), GéoNat
  • Énergies renouvelables — développeurs éoliens et solaires (EDF Renouvelables, Engie Green, TotalEnergies)
  • Associations naturalistes — LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), FNE, conservatoires botaniques nationaux
  • Recherche et enseignement — INRAE, CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, universités

Évolution de carrière

Le chef de projet biodiversité débute généralement comme chargé d'études naturaliste, avec un salaire de 28 000 à 32 000 € brut annuels dans un bureau d'études environnemental. Après 3 à 5 ans d'expérience, avec une spécialisation reconnue (expertise faunistique ou floristique, maîtrise des dossiers réglementaires complexes), le salaire atteint 34 000 à 42 000 € brut annuels en tant que chef de projet confirmé. Les chefs de projet seniors avec 8 à 12 ans d'expérience, responsables d'affaires majeures (projets autoroutiers, parcs éoliens offshore, grands aménagements urbains), accèdent à des rémunérations de 42 000 à 52 000 € brut annuels. L'évolution vers des postes de directeur d'agence en bureau d'études (Biotope, ECO-MED, NCA) porte le salaire à 50 000 à 65 000 €. Dans le secteur public, les postes à l'OFB (Office Français de la Biodiversité), dans les DREAL ou les Conservatoires d'Espaces Naturels offrent des rémunérations de 32 000 à 50 000 € selon le grade (attaché, ingénieur territorial, ingénieur de l'État). La spécialisation en compensation écologique (CDC Biodiversité, opérateurs de compensation) ou en biodiversité urbaine ouvre des perspectives nouvelles. Certains chefs de projet évoluent vers des postes de responsable RSE/biodiversité au sein de grandes entreprises (VINCI, Bouygues, TotalEnergies, EDF) avec des salaires de 55 000 à 75 000 €.

Questions fréquentes sur le métier de Chef de Projet Biodiversité

Qu'est-ce que la séquence ERC et pourquoi est-elle centrale dans le métier ?
La séquence ERC (Éviter-Réduire-Compenser) est le pilier de la réglementation française en matière de biodiversité dans les projets d'aménagement. Elle impose à tout maître d'ouvrage de suivre une hiérarchie stricte : d'abord éviter les impacts sur la biodiversité (modifier le tracé d'une route pour contourner une zone humide, par exemple), puis réduire les impacts inévitables (installer des passages à faune sous une autoroute, adapter le calendrier de chantier pour éviter la période de reproduction), et enfin compenser les impacts résiduels significatifs (restaurer ou créer des habitats naturels ailleurs pour atteindre un objectif de « zéro perte nette » de biodiversité). Le chef de projet biodiversité est au cœur de cette démarche : il réalise le diagnostic écologique initial, identifie les enjeux, propose les mesures ERC et en assure le suivi. Depuis la loi biodiversité de 2016, la compensation doit viser une « absence de perte nette » voire un « gain net » de biodiversité, ce qui renforce considérablement le rôle du chef de projet.
Quelles compétences naturalistes sont les plus recherchées en bureau d'études ?
Les bureaux d'études environnement recherchent en priorité des experts en groupes taxonomiques difficiles à identifier et réglementairement sensibles. La botanique reste la compétence la plus demandée, car la cartographie des habitats naturels est à la base de toute étude d'impact. L'ornithologie est également très recherchée (protocoles IPA, STOC, identification au chant). La chiroptérologie (étude des chauves-souris) est devenue incontournable avec le développement de l'éolien, qui impacte fortement ces espèces protégées — les chefs de projet maîtrisant les détecteurs d'ultrasons (Pettersson, Batlogger, Audiomoth) et l'analyse acoustique (logiciels Kaleidoscope, Tadarida) sont très demandés. L'herpétologie (amphibiens et reptiles) est cruciale pour les projets en zones humides. L'entomologie (papillons, odonates, coléoptères) complète le profil. Un chef de projet polyvalent, capable de couvrir 3 à 4 groupes taxonomiques, est particulièrement valorisé par les employeurs.
Le métier recrute-t-il en 2026 et les débouchés sont-ils suffisants ?
Le secteur connaît une croissance soutenue depuis une dizaine d'années, portée par le renforcement réglementaire (loi biodiversité 2016, Stratégie Nationale Biodiversité 2030, multiplication des projets éoliens et solaires nécessitant des études d'impact). Les principaux bureaux d'études (Biotope emploie plus de 800 personnes, ECO-MED environ 200, NCA Environnement plus de 150) recrutent chaque année des dizaines de chefs de projet et chargés d'études. L'OFB, créé en 2020, compte environ 2 800 agents et recrute régulièrement. Cependant, le secteur reste concurrentiel à l'entrée : les masters en écologie produisent plus de diplômés que le marché ne peut en absorber immédiatement, et beaucoup de jeunes diplômés commencent par des CDD ou des missions de terrain saisonnières. La clé pour décrocher un CDI est de développer une expertise naturaliste solide (connaissance des espèces de terrain, pas seulement théorique) et des compétences en rédaction réglementaire et en gestion de projet.
Peut-on devenir chef de projet biodiversité avec un parcours non scientifique ?
C'est très difficile sans formation scientifique. Le métier exige des connaissances approfondies en écologie, en biologie de la conservation, en taxonomie (identification des espèces) et en réglementation environnementale qui s'acquièrent principalement en master ou en école d'ingénieur spécialisé. La dimension naturaliste de terrain (reconnaissance des espèces de faune et de flore, maîtrise des protocoles d'inventaire) est fondamentale et ne peut être improvisée. Toutefois, des passerelles existent pour les personnes disposant d'une forte culture naturaliste acquise en autodidacte ou par le bénévolat associatif (LPO, associations botaniques, groupes mammalogiques). Certains masters acceptent des candidats titulaires d'une licence non scientifique s'ils démontrent des compétences naturalistes solides. La Licence professionnelle Métiers de la protection de l'environnement peut servir de tremplin pour les profils atypiques. Dans tous les cas, une formation de niveau Bac+5 en écologie reste quasi indispensable pour accéder au poste de chef de projet.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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