Comment devenir Chef d'Exploitation d'Usine d'Incinération ?

En bref

  • Salaire : 38k à 130k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 (3 à 5 ans)
  • Domaine : Environnement & Écologie
  • Conditions d'exercice : Site industriel / Encadrement
  • Code ROME : K2306

Le chef d'exploitation d'usine d'incinération (aussi appelé responsable d'exploitation UIOM Unité d'Incinération des Ordures Ménagères, directeur d'exploitation UVE Unité de Valorisation Énergétique, responsable de site de traitement des déchets par incinération, ou chef d'exploitation d'installation de valorisation énergétique des déchets) est un ingénieur ou technicien supérieur qui pilote l'ensemble des activités opérationnelles d'une usine de traitement thermique des déchets par incinération avec valorisation énergétique. Son rôle est d'assurer la conformité réglementaire, la performance technique, la sécurité des opérations, la protection de l'environnement et la gestion économique d'un site industriel complexe qui traite généralement entre 50 000 et 500 000 tonnes de déchets par an (ordures ménagères résiduelles OMR, déchets d'activités économiques DAE, refus de tri) et produit en parallèle de l'électricité (turbine à vapeur) et/ou de la chaleur (réseaux de chaleur urbains). Le code ROME associé est K2306 — Supervision d'exploitation éco-industrielle, avec des passerelles vers H2502 — Management et ingénierie de production et H1302 — Management et ingénierie hygiène sécurité environnement industriels (HSE).

Le cadre réglementaire est particulièrement dense et structuré par le Code de l'environnement (Livre V Titre I sur les ICPE Installations Classées pour la Protection de l'Environnement, rubrique 2771 pour l'incinération et la coïncinération de déchets non dangereux, articles L.512-1 à L.512-20 sur les autorisations et les prescriptions), l'arrêté ministériel du 20 septembre 2002 modifié relatif aux installations d'incinération et de coïncinération de déchets non dangereux (qui fixe les valeurs limites d'émission VLE pour les polluants atmosphériques : dioxines et furanes PCDD/F, NOx, SO2, HCl, HF, poussières, métaux lourds, CO), la Directive Européenne Émissions Industrielles 2010/75/UE (IED Industrial Emissions Directive) qui instaure les BREF (Best Available Techniques Reference documents) et les conclusions MTD (Meilleures Techniques Disponibles), la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) du 10 février 2020 qui renforce la hiérarchie des modes de traitement des déchets (priorité à la prévention, au réemploi, au recyclage, puis à la valorisation énergétique et enfin à l'élimination), et la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE) qui soutient la valorisation énergétique des déchets non recyclables. Les usines d'incinération sont des ICPE soumises à autorisation préfectorale (rubrique 2771) et souvent classées Seveso si elles stockent des quantités importantes de gaz, de fioul ou de produits dangereux.

La convention collective applicable est la CCN des Activités du Déchet (IDCC 2149), étendue à tout le territoire et signée par la FNADE (Fédération Nationale des Activités de la Dépollution et de l'Environnement) et les syndicats de salariés (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC). Elle couvre l'ensemble des métiers de la collecte, du tri, du traitement et de l'élimination des déchets. Les principaux employeurs sont les grands groupes privés de l'environnement : Veolia Propreté (leader mondial et français, filiale de Veolia Environnement, environ 250 sites de traitement de déchets en France dont 25 UIOM), Suez Recyclage et Valorisation (devenu Suez RV depuis la scission partielle en 2022, environ 20 UIOM en exploitation en France), Paprec (leader indépendant français, environ 10 UIOM), Séché Environnement (spécialiste des déchets dangereux et non dangereux, 7 UIOM), Sita (filiale de Suez), Derichebourg Environnement, Coved (Paprec), et TIRU (filiale de Dalkia-EDF, exploitant historique). Les délégations de service public (DSP) sont majoritairement confiées par les collectivités locales (syndicats mixtes intercommunaux de traitement des déchets SYCTOM Paris Île-de-France, SITOM, SIVOM, Syndicats Mixtes, Communautés d'Agglomération, Métropoles) aux exploitants privés sur des durées de 15 à 25 ans.

En 2026, la France compte 125 unités d'incinération des ordures ménagères résiduelles (UIOM) en exploitation, qui traitent ensemble environ 14 millions de tonnes de déchets par an et produisent environ 1 500 GWh d'électricité (équivalent à la consommation de 600 000 foyers) et 5 000 GWh de chaleur injectée dans les réseaux de chaleur urbains (CHU). Les plus grandes unités sont l'UVE d'Ivry-Paris XIII (SYCTOM, futur centre modernisé Athena livré en 2027), Issy-les-Moulineaux (SYCTOM Isseane), Saint-Ouen (SYCTOM), Rennes (Rennes Métropole), Lyon (Métropole de Lyon, UVE de Gerland), Marseille (UVE de Fos-sur-Mer), Nantes (Nantes Métropole, UVE d'Alcea), Toulouse (UVE du Mirail), Bordeaux (UVE de Cenon Astria), Strasbourg (UVE Sénerval), Lille (Triselec CVE Halluin). Les salaires d'un chef d'exploitation s'échelonnent de 38 000 euros bruts annuels pour un débutant à 75 000 euros et plus pour un directeur d'exploitation confirmé dans un grand site. Les formations de référence sont les diplômes d'ingénieur généralistes et spécialisés en génie énergétique, procédés, environnement, traitement des déchets ou génie thermique : IMT Mines Albi, IMT Mines Alès, INSA Lyon Génie Énergétique et Environnement, ENSIL-ENSCI Limoges, Polytech Tours, Polytech Lille, ENSGTI Pau, AgroParisTech parcours Ingénierie des Agroprocédés et Environnement. Les BTS Fluides Énergies Domotique et les licences professionnelles Traitement des Déchets constituent des voies d'accès pour les techniciens supérieurs qui évoluent ensuite vers l'encadrement par l'expérience.

Salaire

38k - 130k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 · Durée : 3 à 5 ans

Missions principales

  • Piloter l'ensemble des opérations de l'usine d'incinération : réception et bascule des déchets, trémies, fours, chaudières, turbine à vapeur, traitement des fumées
  • Encadrer les équipes d'exploitation (opérateurs quart, techniciens maintenance, agents de bascule, chimistes) en 3x8 ou 5x8 selon la taille du site
  • Garantir la conformité réglementaire et le respect des valeurs limites d'émission (VLE) fixées par l'arrêté du 20 septembre 2002 et l'arrêté préfectoral d'autorisation ICPE
  • Assurer le suivi des émissions atmosphériques : NOx, SO2, HCl, HF, dioxines et furanes PCDD/F (< 0,1 ng I-TEQ/Nm3), poussières, métaux lourds, CO, HAP, COT
  • Piloter la performance énergétique de l'installation : rendement de la chaudière, production électrique turbine à vapeur, valorisation thermique en réseau de chaleur urbain (CHU)
  • Gérer la maintenance préventive et curative des équipements : fours tournants ou à grille, chaudières de récupération, systèmes de traitement des fumées (SCR, DeNOx, DeSOx, filtre à manches, charbon actif)
  • Assurer la gestion des sous-produits : mâchefers (valorisés en BTP selon l'arrêté du 18 novembre 2011), REFIOM (Résidus d'Épuration des Fumées d'Incinération d'Ordures Ménagères, déchets dangereux stabilisés), cendres volantes
  • Piloter les arrêts techniques programmés (1 à 2 arrêts de 3 à 6 semaines par an) pour la maintenance lourde des fours et chaudières
  • Garantir la sécurité des personnes et des installations : plan POI (Plan d'Opération Interne), ESST, habilitations, formations continues
  • Suivre les indicateurs économiques et techniques (KPI) : tonnage traité, disponibilité technique, production énergétique, coûts opérationnels
  • Établir les relations avec les parties prenantes : collectivité délégante, DREAL (inspection ICPE), association de riverains, élus, CSSCT, médias
  • Piloter les investissements et modernisations du site (remplacement d'un four, ajout d'un traitement DeNOx SCR, modernisation de la ligne de tri amont)
  • Assurer le reporting mensuel au siège du groupe et préparer les comités de pilotage avec la collectivité délégante

Compétences requises

  • Génie des procédés et thermodynamique : combustion, chaudières, turbines à vapeur, cycles thermiques, bilans énergétiques
  • Traitement des fumées : dénitrification SCR/SNCR (Selective Catalytic/Non Catalytic Reduction), désulfuration DeSOx voie sèche/semi-humide/humide, filtres à manches, charbon actif, dioxines
  • Chimie de la combustion : formation des polluants, dioxines et furanes PCDD/F (fenêtres de température), métaux lourds, composés chlorés
  • Réglementation ICPE : rubrique 2771, arrêté du 20 septembre 2002, Directive IED 2010/75/UE, BREF Incinération, conclusions MTD
  • Réglementation déchets : loi AGEC 2020, classement nomenclature déchets, BSD (Bordereaux de Suivi des Déchets), traçabilité
  • Normes ISO 14001 (management environnemental), ISO 45001 (santé-sécurité au travail), ISO 50001 (management de l'énergie)
  • Pilotage d'équipes en régime posté 3x8 ou 5x8 : organisation, planning, management opérationnel, gestion des quarts
  • Gestion de la maintenance industrielle : préventive, curative, GMAO (Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur), arrêts techniques
  • Suivi des indicateurs économiques : coûts d'exploitation, prix au tonnage, rentabilité, budgets investissement et fonctionnement
  • Gestion de crise et continuité d'activité : plan POI, procédures d'urgence, incidents, communication avec la DREAL et les médias
  • Connaissance du marché de l'électricité (ARENH, EPEX Spot, futures) et de la chaleur (prix de vente aux réseaux de chaleur urbains)
  • Sécurité industrielle : permis de feu, consignations mécaniques et électriques, travail en hauteur, espaces confinés, ATEX
  • Maîtrise du logiciel de conduite (SNCC Système Numérique de Contrôle-Commande), GMAO, tableurs, outils de reporting
  • Anglais technique pour les fournisseurs d'équipement (Martin, Hitachi Zosen Inova, Babcock Wanson, Keppel Seghers, Von Roll)

Formations pour devenir Chef d'Exploitation d'Usine d'Incinération

  • BTS Fluides Énergies Domotique option Génie Climatique et Fluidique — lycées techniques régionaux
  • BTS Métiers des Services à l'Environnement — lycées et CFA
  • BUT Génie Thermique et Énergie (Bac+3, ex-DUT GTE) — IUT de Nantes, Grenoble, Poitiers, Ville-d'Avray
  • Licence Professionnelle Traitement des Déchets / Gestion et Valorisation des Déchets — Universités de Reims, Troyes, Tours, Nantes, Bordeaux, Lyon 1
  • Master Ingénierie de l'Environnement et de l'Énergie — Universités de Lorraine, Montpellier, Lyon 1, Paris-Saclay
  • Master Gestion Intégrée des Déchets et Économie Circulaire — Universités de Reims, Troyes, Nantes, Rennes 1
  • Diplôme d'ingénieur en génie des procédés, énergétique ou environnement — IMT Mines Albi, IMT Mines Alès, INSA Lyon (département Génie Énergétique et Environnement), INSA Rouen, ENSIL-ENSCI Limoges
  • Diplôme d'ingénieur ENSGTI Pau (École Nationale Supérieure en Génie des Technologies Industrielles) — spécialisée procédés et énergie
  • Diplôme d'ingénieur Polytech Tours, Polytech Lille, Polytech Nantes — parcours Environnement / Génie Énergétique
  • Diplôme d'ingénieur AgroParisTech parcours Ingénierie des Agroprocédés et Environnement
  • Formations continues spécialisées : formations fournisseurs d'équipements (Martin, Hitachi Zosen Inova, Keppel Seghers), formations INSI Déchets, formations ADEME

Grille salariale détaillée

  • Adjoint au chef d'exploitation / Ingénieur process junior (3-6 ans) — CCN Activités du Déchet IDCC 2149 : 38 000 – 48 000 € brut/an
  • Chef d'exploitation débutant (6-10 ans) — site moyen (100 000 t/an) : 46 000 – 58 000 € brut/an
  • Chef d'exploitation confirmé / Directeur d'exploitation (10-20 ans) — grand site (250 000 t/an +) : 55 000 – 75 000 € brut/an
  • Directeur d'exploitation multi-sites / Directeur régional / Directeur technique groupe (20+ ans) : 70 000 – 130 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Poste de responsabilité à fort enjeu technique et environnemental
  • Rémunérations attractives pour les chefs d'exploitation et directeurs (50 000 à 130 000 euros bruts)
  • Contribution directe à la gestion des déchets et à la production d'énergie renouvelable
  • Stabilité de l'emploi dans des sites industriels stratégiques
  • Possibilités d'évolution vers des postes de direction multi-sites ou groupe
  • Diversité technique (combustion, procédés, traitement de l'eau, automatismes, chimie)
  • Ouverture internationale dans les grands groupes (Veolia, Suez présents dans plus de 40 pays)

Les moins

  • Astreintes et disponibilité 24h/24 (site fonctionnant en continu, 365 jours/an)
  • Pression forte en cas d'incident, d'arrêt technique imprévu ou de dépassement de VLE
  • Charge réglementaire et administrative importante (inspections DREAL, rapports ICPE)
  • Tensions possibles avec les associations de riverains et les opposants aux incinérateurs
  • Environnement industriel parfois difficile (bruit, poussières, odeurs, chaleur)
  • Responsabilité pénale en cas d'accident grave ou de pollution majeure

Secteurs qui recrutent

  • Grands groupes privés de l'environnement : Veolia Propreté (leader mondial et français, 25 UIOM en France), Suez Recyclage et Valorisation (20 UIOM), Paprec (10 UIOM)
  • Autres exploitants privés : Séché Environnement (7 UIOM), Sita (Suez), Derichebourg Environnement, Coved (Paprec), TIRU (filiale Dalkia-EDF)
  • Syndicats mixtes de traitement des déchets et collectivités : SYCTOM Paris (1er syndicat de traitement des déchets d'Europe), SITOM, SIVOM, Métropoles, Communautés d'Agglomération
  • Bureaux d'études techniques spécialisés : Girus, Tiru Ingénierie, Keppel Seghers, Hitachi Zosen Inova, Martin GmbH, Babcock Wanson, Von Roll
  • ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) — pilote national des politiques déchets et valorisation énergétique
  • DREAL (Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) — inspection des ICPE et contrôle réglementaire
  • Ineris (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques) — expertise technique et recherche sur les installations à risques
  • Constructeurs et équipementiers : Hitachi Zosen Inova, Keppel Seghers, Martin GmbH, Babcock Wanson, Von Roll Umwelttechnik, CNIM
  • Fabricants de systèmes de traitement des fumées : CNIM, Lhoist (sorbants calciques), LAB SA (filtre à manches)
  • Organismes de formation et de certification : AFNOR Certification, Bureau Veritas, Apave, Socotec, Dekra

Évolution de carrière

Le parcours d'évolution vers le poste de chef d'exploitation d'usine d'incinération passe par plusieurs étapes d'acquisition d'expérience. Un jeune ingénieur ou technicien supérieur débute généralement comme ingénieur process junior, chargé de projet environnement, responsable maintenance ou adjoint au chef de quart dans une unité d'incinération d'un grand groupe (Veolia Propreté, Suez RV, Paprec, Séché Environnement, TIRU), avec un salaire de 32 000 à 40 000 euros bruts annuels. Après 3 à 5 ans d'expérience opérationnelle et la maîtrise des technologies de combustion, traitement des fumées, chimie de l'eau et conduite d'installation, il devient adjoint au chef d'exploitation ou responsable d'un service (maintenance, environnement, exploitation process) avec une rémunération de 40 000 à 52 000 euros bruts annuels. Le poste de chef d'exploitation à part entière est généralement atteint après 6 à 10 ans d'expérience et s'accompagne d'un salaire de 50 000 à 70 000 euros bruts annuels, voire davantage pour les très grands sites (UVE d'Ivry-Paris XIII modernisée Athena, UVE d'Alcea Nantes, UVE Fos-sur-Mer Marseille). Après 10 à 15 ans dans le poste de chef d'exploitation, les trajectoires d'évolution conduisent vers des postes de directeur d'exploitation multi-sites (responsable régional regroupant 2 à 5 UIOM), directeur technique groupe, directeur de région pour les grandes filiales de Veolia Propreté, Suez RV ou Paprec, avec des rémunérations atteignant 80 000 à 130 000 euros bruts annuels. Les passerelles vers d'autres fonctions conduisent à des postes de consultant indépendant en ingénierie déchets, d'expert auprès de l'ADEME ou de l'Ineris, d'enseignant vacataire en écoles d'ingénieurs, de chargé de mission à la Commission Européenne (DG Environnement) ou au Ministère de la Transition Écologique (DGPR Direction Générale de la Prévention des Risques), ou de directeur d'un service public local dans une grande métropole (directeur du service gestion des déchets). Certains évoluent vers les secteurs connexes de la biomasse (chaufferies bois, UIOM biomasse), de la méthanisation industrielle, de la pyrolyse-gazéification (technologies émergentes) ou de la CSR (Combustibles Solides de Récupération).

Questions fréquentes sur le métier de Chef d'Exploitation d'Usine d'Incinération

Comment devenir chef d'exploitation d'usine d'incinération en 2026 ?
Le parcours classique nécessite un Bac+5 minimum, généralement un diplôme d'ingénieur en génie des procédés, énergétique, thermique ou environnement. Les écoles les plus prisées par les recruteurs sont IMT Mines Albi, IMT Mines Alès, INSA Lyon (département Génie Énergétique et Environnement), INSA Rouen, ENSGTI Pau, ENSIL-ENSCI Limoges, Polytech Tours/Lille/Nantes, AgroParisTech parcours Ingénierie des Agroprocédés et Environnement. Les Masters Ingénierie de l'Environnement et de l'Énergie ou Gestion Intégrée des Déchets (Universités de Lorraine, Montpellier, Lyon 1, Reims, Troyes) constituent une voie d'accès universitaire. Pour les techniciens supérieurs, un BUT Génie Thermique et Énergie suivi d'une Licence Professionnelle Traitement des Déchets permet d'accéder aux postes de technicien d'exploitation puis de progresser vers l'encadrement par l'expérience. Les stages en fin d'études dans une usine d'incinération (Veolia Propreté, Suez RV, Paprec, Séché Environnement, TIRU) sont essentiels pour acquérir les compétences opérationnelles. Le parcours d'évolution passe par ingénieur process junior ou responsable maintenance (3 à 5 ans), puis adjoint au chef d'exploitation (3 à 5 ans), avant d'accéder au poste de chef d'exploitation à part entière après 6 à 10 ans d'expérience.
Quel est le salaire d'un chef d'exploitation d'UIOM en 2026 ?
Un adjoint au chef d'exploitation ou un ingénieur process confirmé (3 à 6 ans d'expérience) perçoit 38 000 à 48 000 euros bruts annuels selon la CCN des Activités du Déchet (IDCC 2149). Un chef d'exploitation débutant (6 à 10 ans d'expérience) sur une UIOM de taille moyenne (environ 100 000 tonnes par an) gagne 46 000 à 58 000 euros bruts annuels. Un chef d'exploitation confirmé sur un grand site (200 000 à 500 000 tonnes par an) comme l'UVE de Rennes, de Nantes Alcea, de Lyon Gerland, de Fos-sur-Mer, de Strasbourg Sénerval atteint 55 000 à 75 000 euros bruts annuels. Un directeur d'exploitation multi-sites ou un directeur régional pour Veolia Propreté, Suez RV ou Paprec peut percevoir 70 000 à 110 000 euros bruts annuels. Les directeurs techniques groupe dans les grands groupes internationaux dépassent 100 000 à 130 000 euros bruts annuels avec part variable (bonus sur objectifs), avantages (voiture de fonction, PEE, retraite complémentaire) et parfois stock-options. Les astreintes sont généralement rémunérées au forfait (environ 100 à 150 euros par jour d'astreinte) ou intégrées dans la rémunération globale.
Comment fonctionne une usine d'incinération et quels polluants produit-elle ?
Une usine d'incinération (UIOM ou UVE pour Unité de Valorisation Énergétique) traite les déchets non recyclables par combustion contrôlée à haute température (850 à 1 100 °C) dans un four à grille ou à lit fluidisé. Les étapes principales sont : (1) la réception des déchets par bascule et stockage en fosse ; (2) l'alimentation du four par un grappin automatisé ; (3) la combustion sur grille mobile ou lit fluidisé avec apport d'air primaire et secondaire ; (4) la récupération de chaleur par une chaudière qui produit de la vapeur à 40 à 100 bars et 400 à 450 °C ; (5) la production d'électricité par une turbine à vapeur et/ou la fourniture de chaleur à un réseau de chaleur urbain (CHU) ; (6) le traitement des fumées en plusieurs étapes pour respecter les valeurs limites d'émission (VLE) fixées par l'arrêté du 20 septembre 2002. Les principaux polluants générés sont : les oxydes d'azote (NOx, traités par dénitrification catalytique SCR ou non catalytique SNCR avec injection d'urée ou d'ammoniaque), le dioxyde de soufre (SO2) et l'acide chlorhydrique (HCl) traités par désulfuration par voie sèche/semi-humide avec injection de chaux, les poussières (éliminées par filtres à manches à > 99%), les dioxines et furanes PCDD/F (adsorbés sur charbon actif injecté dans les fumées, VLE de 0,1 ng I-TEQ/Nm3), les métaux lourds (Cd, Hg, Pb, Cr, Ni, As), le monoxyde de carbone (CO) et les composés organiques volatils (COV). Les résidus solides sont les mâchefers (valorisés en BTP comme sous-couche routière selon l'arrêté de 2011) et les REFIOM (Résidus d'Épuration des Fumées d'Incinération d'Ordures Ménagères, classés déchets dangereux stabilisés par inertage).
Qu'est-ce que la Directive IED et les BREF pour les incinérateurs ?
La Directive IED (Industrial Emissions Directive 2010/75/UE du 24 novembre 2010) est le cadre européen de référence pour les grandes installations industrielles polluantes, dont les usines d'incinération de déchets. Elle impose à tous les exploitants d'appliquer les MTD (Meilleures Techniques Disponibles) définies par les conclusions BREF (Best Available Techniques Reference documents), publiées par le Bureau Européen IPPC de Séville et révisées périodiquement. Les conclusions MTD BREF Incinération ont été publiées en décembre 2019 et sont applicables depuis décembre 2023 : elles imposent des valeurs limites d'émission significativement plus strictes que l'arrêté ministériel français de 2002, notamment pour les NOx (150 mg/Nm3 en moyenne journalière au lieu de 200), les poussières (5 mg/Nm3 au lieu de 10) et les dioxines (seuil de surveillance renforcé). Les conclusions MTD imposent également le suivi en continu (CEMS Continuous Emission Monitoring System) pour les principaux polluants et la mesure en semi-continu pour les dioxines (prélèvement de longue durée sur 15 à 30 jours). Les exploitants français ont dû adapter leurs installations par des investissements lourds (plusieurs millions à dizaines de millions d'euros par site) : ajout de DeNOx SCR pour respecter la VLE NOx de 150 mg/Nm3, renforcement des filtres à manches, modernisation des systèmes de supervision. Cette mise en conformité MTD BREF 2023 est l'un des principaux défis techniques du secteur sur la période 2022-2026.
Quels sont les principaux exploitants d'UIOM en France ?
Le marché français de l'incinération des déchets est très concentré autour de quelques grands groupes privés qui exploitent la majorité des 125 UIOM en service en 2026, généralement dans le cadre de délégations de service public (DSP) conclues avec les collectivités locales sur des durées de 15 à 25 ans. Veolia Propreté (filiale de Veolia Environnement, leader mondial du traitement des déchets, siège à Aubervilliers) est le leader français avec environ 25 UIOM exploitées, dont certains sites emblématiques comme Ivry-Paris XIII (SYCTOM), Rennes Villejean, Angers Villechien, Toulon Lagoubran. Suez Recyclage et Valorisation (Suez RV, siège à Paris La Défense, devenu indépendant après la scission partielle de Suez rachetée par Veolia en 2022) exploite environ 20 UIOM, dont Issy-les-Moulineaux Isseane (SYCTOM), Strasbourg Sénerval, Nîmes Méditerranée. Paprec Group (leader indépendant français, fondé en 1995 par Jean-Luc Petithuguenin, siège à La Courneuve) exploite environ 10 UIOM dont certains sites dans les Hauts-de-France et l'Île-de-France. Séché Environnement (siège à Changé en Mayenne, spécialisé dans les déchets dangereux et non dangereux) exploite 7 UIOM principalement dans l'Ouest de la France. TIRU (filiale historique de Dalkia-EDF) exploite plusieurs sites majeurs dont Saint-Ouen (SYCTOM) et Cenon-Astria (Bordeaux Métropole). D'autres acteurs significatifs sont Derichebourg Environnement, Coved (filiale de Paprec), et Novergie (filiale de Suez). Ces grands groupes emploient la majorité des chefs d'exploitation et offrent des perspectives d'évolution au niveau régional, national et international.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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