Comment devenir Botaniste ?

En bref

  • Salaire : 32k à 80k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 à Bac+8 (5 à 8 ans)
  • Domaine : Sciences & Recherche
  • Conditions d'exercice : Terrain / Laboratoire / Herbier
  • Code ROME : A1303

Le botaniste est un scientifique spécialisé dans l'étude du règne végétal : identification, classification (systématique), physiologie, écologie, génétique, évolution, ethnobotanique et conservation des plantes. La discipline couvre l'ensemble des organismes autrefois rattachés au règne végétal incluant les plantes à fleurs (angiospermes), les conifères (gymnospermes), les fougères, les mousses (bryophytes), les lichens et les algues. En France, la botanique est structurée autour de grandes institutions historiques comme le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN fondé en 1793, abritant le plus grand herbier au monde avec 8 millions de spécimens), le Jardin des Plantes de Paris, les Conservatoires Botaniques Nationaux (CBN), et la Société Botanique de France (SBF fondée en 1854). Le code ROME associé est A1303 — Ingénierie en agriculture et environnement naturel, avec des passerelles vers K2402 — Recherche en sciences de l'univers, de la matière et du vivant.

En 2026, la France compte environ 1 800 botanistes professionnels selon les chiffres consolidés du MNHN, de la Société Botanique de France et de la DARES. Ils se répartissent entre la recherche publique (CNRS, Inserm, INRAE, CEA, environ 600 postes), les musées et jardins botaniques (MNHN, CBN, arboretums, environ 400 postes), les universités (200 enseignants-chercheurs section CNU 67 Biologie des populations et écologie), les bureaux d'études en écologie et environnement (BE Biotope, Egis Environnement, Ecosphere, Setec, environ 400 postes), et les organismes de gestion des espaces protégés (Parcs Nationaux, Réserves Naturelles, Conservatoires des Espaces Naturels). Les enjeux majeurs de 2026 sont dominés par la sixième extinction massive (l'UICN estime que 40 % des espèces végétales mondiales sont menacées), le changement climatique (déplacement des aires de répartition, extinctions locales), les espèces exotiques envahissantes, la conservation de la biodiversité et la réhabilitation écologique des milieux dégradés.

Au quotidien, le botaniste réalise des inventaires floristiques sur le terrain (identification des espèces, relevés phytosociologiques, cartographie), prélève des échantillons pour les herbiers et les études génétiques, analyse la diversité végétale à différentes échelles (communauté, population, espèce, gène), contribue à la rédaction des listes rouges régionales et nationales, participe à la mise en oeuvre des plans nationaux d'actions (PNA) pour les espèces menacées, conseille les aménageurs publics et privés dans l'évaluation des impacts environnementaux (étude d'impact, défrichement, compensation écologique), enseigne à l'université ou forme les naturalistes amateurs, et contribue à la recherche fondamentale sur la physiologie, l'évolution et la génomique des plantes.

Le parcours passe par une Licence Sciences de la Vie ou Sciences de la Terre et de l'Environnement, un Master Biodiversité Écologie Évolution ou Biologie Végétale (2 ans) dans une université de référence comme Sorbonne Université, Université Paris-Saclay, AgroParisTech, Université de Toulouse III Paul Sabatier, Montpellier ou le MNHN, et souvent un doctorat de sciences (PhD, 3 ans) pour accéder aux postes de chercheur ou d'ingénieur de recherche. Un botaniste débutant dans un bureau d'études en environnement perçoit 32 000 à 42 000 euros bruts annuels, un chargé de mission dans un Conservatoire Botanique National 35 000 à 50 000 euros, un enseignant-chercheur MCF débutant 36 000 à 45 000 euros, et un directeur de recherche CNRS DR1 ou un conservateur de jardin botanique en fin de carrière 70 000 à 90 000 euros annuels. La discipline est marquée par une passion forte pour le vivant et une conscience écologique aiguë des enjeux de conservation.

Salaire

32k - 80k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 à Bac+8 · Durée : 5 à 8 ans

Missions principales

  • Identifier et inventorier les espèces végétales sur le terrain (relevés floristiques, phytosociologie)
  • Collecter et préparer des échantillons d'herbier selon les normes scientifiques internationales
  • Analyser la diversité végétale à différentes échelles (alpha, bêta, gamma)
  • Cartographier la répartition géographique des espèces et communautés végétales (SIG)
  • Rédiger les listes rouges régionales et nationales des espèces menacées (méthodologie UICN)
  • Participer à la conception et mise en oeuvre de plans de conservation et de restauration écologique
  • Conseiller les aménageurs et collectivités sur les impacts environnementaux des projets (études d'impact, Natura 2000)
  • Enseigner la botanique, l'écologie végétale et la systématique à l'université
  • Mener des projets de recherche fondamentale en biologie végétale (génomique, évolution, physiologie)
  • Publier dans des revues scientifiques internationales (New Phytologist, Journal of Ecology, Annals of Botany)
  • Animer des formations pour naturalistes amateurs, agents de l'ONF, gestionnaires d'espaces naturels
  • Contribuer à la médiation scientifique dans les jardins botaniques et muséums (conférences, ateliers, expositions)

Compétences requises

  • Connaissance exhaustive de la flore française (environ 5 000 espèces de plantes vasculaires en métropole)
  • Maîtrise des clés d'identification botanique (Flora Gallica, Flora Europaea, BDD Tropicos)
  • Techniques de phytosociologie (méthode de Braun-Blanquet, relevés, classification des habitats)
  • Systématique végétale et phylogénie moléculaire (APG IV, phylogénomique)
  • Écologie des communautés végétales et écologie fonctionnelle
  • Biologie moléculaire appliquée à la botanique (PCR, séquençage, barcoding, métagénomique environnementale)
  • Statistiques multivariées pour l'analyse de données floristiques (R, Python, ADE-4, Canoco)
  • Systèmes d'Information Géographique (QGIS, ArcGIS) et cartographie biogéographique
  • Connaissance des conventions internationales de conservation (CITES, Convention de Berne, Directive Habitats)
  • Rédaction scientifique en anglais (publications à comité de lecture)
  • Techniques d'herbier et préservation des spécimens (séchage, montage, conservation)
  • Notions d'ethnobotanique et de connaissances traditionnelles (savoirs autochtones)
  • Connaissance des outils de modélisation de distribution d'espèces (Maxent, BIOMOD)

Formations pour devenir Botaniste

  • Licence Sciences de la Vie ou Sciences de la Terre et de l'Environnement, parcours Biologie des Organismes ou Biodiversité (3 ans) — Sorbonne Université, Université Paris-Saclay, Université Paris Cité, Université de Montpellier, Université de Toulouse III Paul Sabatier, Université de Lyon 1, Aix-Marseille
  • Master Biodiversité Écologie Évolution (BEE) ou Master Biologie Végétale (2 ans) — Sorbonne Université, Université Paris-Saclay, MNHN, Montpellier, Toulouse III Paul Sabatier
  • Master à l'École Pratique des Hautes Études (EPHE) spécialité Biodiversité et Évolution
  • Diplôme d'ingénieur en agronomie et environnement — AgroParisTech, Institut Agro Montpellier, Institut Agro Rennes-Angers, ENSAT Toulouse
  • Doctorat de Sciences (PhD) en Biologie Végétale, Écologie ou Systématique (3 à 4 ans) dans une école doctorale rattachée au MNHN, à l'Université Paris-Saclay ou à Sorbonne Université
  • Post-doctorats internationaux (2 à 4 ans) dans des centres de référence (Kew Gardens Londres, Missouri Botanical Garden, Smithsonian Institution)
  • Formations spécialisées en systématique au MNHN (Master Évolution, Patrimoine Naturel et Sociétés)
  • Licence Professionnelle Gestion et Protection de la Nature, parcours Expertise Naturaliste
  • Concours de Conservateur du Patrimoine spécialité Sciences Naturelles (INP, catégorie A+)
  • Concours d'Ingénieur de Recherche CNRS, Inserm ou INRAE (sections 20, 29, 54)

Grille salariale détaillée

  • Chargé d'études junior BE / Doctorant / Post-doc / CR2 CNRS débutant : 32 000 – 42 000 € brut/an
  • Chargé de mission CBN / CR1 CNRS / MCF classe normale / Chef de projet BE : 40 000 – 55 000 € brut/an
  • DR2 CNRS / PU-PH / Directeur de Conservatoire Botanique / Expert senior BE : 52 000 – 70 000 € brut/an
  • DR1 CNRS / Conservateur général MNHN / Directeur de bureau d'études : 65 000 – 90 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier passionnant au contact direct de la nature et du vivant
  • Contribution concrète à la protection de la biodiversité et à la lutte contre la crise écologique
  • Diversité des milieux d'exercice (terrain, laboratoire, musée, bureau d'études)
  • Voyages et expéditions scientifiques en France et à l'étranger
  • Reconnaissance académique pour les chercheurs et conservateurs
  • Métier en croissance dans les bureaux d'études environnement (réglementation Natura 2000)
  • Collaborations internationales fréquentes (Kew Gardens, Missouri, Smithsonian)

Les moins

  • Rémunération modeste dans la recherche publique et les associations
  • Conditions de terrain parfois rudes (météo, insectes, isolement)
  • Précarité fréquente en début de carrière (CDD, stages post-doctoraux)
  • Sélectivité élevée des concours de recherche et de conservation
  • Charge administrative importante en bureau d'études (dossiers d'impact)
  • Difficulté à financer les missions de terrain et les expéditions
  • Écoanxiété face à la dégradation accélérée des milieux naturels

Secteurs qui recrutent

  • Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) Paris et ses annexes (Jardin des Plantes, Zoothèque, Herbier national)
  • Conservatoires Botaniques Nationaux (CBN Bailleul, Brest, Sud-Atlantique, Massif Central, Méditerranéen, Alpin, Corse)
  • CNRS (sections 29 Biodiversité, 52 Environnement et écologie) et INRAE
  • Universités françaises (facultés des sciences, stations marines et laboratoires d'écologie)
  • Bureaux d'études en environnement (Biotope, Egis Environnement, Ecosphere, Setec International, OGE, SCOP Alisea)
  • Parcs Nationaux (Vanoise, Mercantour, Port-Cros, Cévennes, Pyrénées, Calanques) et Parcs Naturels Régionaux
  • Office Français de la Biodiversité (OFB) et services environnement des DREAL
  • Conservatoires des Espaces Naturels (CEN) régionaux et réserves naturelles nationales
  • Jardins botaniques (Jardin des Plantes Paris, Jardin Botanique de Lyon, Montpellier, Nancy, Tours)
  • Associations de protection de la nature (LPO, FNE France Nature Environnement, Tela Botanica)

Évolution de carrière

La carrière d'un botaniste dépend fortement de la voie choisie. Dans la recherche publique (CNRS, INRAE, MNHN, Inserm), le parcours type commence par un doctorat (vers 27-28 ans) suivi de post-doctorats internationaux (2 à 4 ans) avant le concours de Chargé de Recherche (CR2 CNRS section 29 ou 52, INRAE) ou de Maître de Conférences universitaire (MCF CNU section 67). La grille indiciaire offre une progression de 32 000 à 45 000 euros bruts annuels en début de carrière, 45 000 à 65 000 euros pour un CR1 ou MCF classe normale, 60 000 à 80 000 euros pour un DR2 CNRS ou PU, et jusqu'à 90 000 euros pour un DR1 ou un PU classe exceptionnelle en fin de carrière. Dans les musées et jardins botaniques, le concours de Conservateur du Patrimoine (spécialité Sciences Naturelles) ouvert par l'Institut National du Patrimoine (INP) permet d'accéder à des postes prestigieux au MNHN, dans les CBN ou dans les grands jardins botaniques (Jardin des Plantes Paris, Jardin Botanique de Lyon, Jardin des Plantes de Montpellier). Dans les bureaux d'études en écologie et environnement (Biotope, Egis, Ecosphere, Setec, OGE, BIOTOPE), les botanistes évoluent du statut de chargé d'études vers celui de chef de projet, expert senior ou directeur d'agence, avec des salaires allant de 32 000 à 75 000 euros annuels. Les Conservatoires Botaniques Nationaux (CBN Bailleul, CBN Brest, CBN Sud-Atlantique, CBN Massif Central, CBN Méditerranéen, CBN Alpin) recrutent des chargés de mission via concours ou CDI, avec des grilles de rémunération liées à la convention collective de l'animation ou de la fonction publique d'État. Certains botanistes bifurquent vers l'expertise indépendante, le conseil aux politiques publiques (Ministère de la Transition écologique, OFB Office Français de la Biodiversité), l'enseignement secondaire SVT, ou la médiation scientifique dans des associations environnementales.

Questions fréquentes sur le métier de Botaniste

Comment devenir botaniste en France en 2026 ?
Le parcours type commence par une Licence Sciences de la Vie ou Sciences de la Terre et de l'Environnement (3 ans), suivie d'un Master Biodiversité Écologie Évolution (BEE), Biologie Végétale ou Écologie (2 ans) dans une université de référence comme Sorbonne Université, Université Paris-Saclay, MNHN, AgroParisTech, Université de Toulouse III Paul Sabatier ou Montpellier. Pour les postes de chercheur ou d'enseignant-chercheur, un doctorat de sciences (PhD, 3 à 4 ans) est indispensable, généralement suivi de post-doctorats internationaux. Pour travailler en bureau d'études environnement, un Master 2 avec spécialisation naturaliste et une licence professionnelle Gestion et Protection de la Nature peuvent suffire. Les passionnés peuvent également se former via le MNHN, les CBN et Tela Botanica qui proposent des formations naturalistes de haut niveau. Le parcours complet dure entre 5 et 10 ans post-bac selon la voie choisie.
Quel est le salaire d'un botaniste en 2026 ?
Le salaire varie selon le secteur d'activité. Dans un bureau d'études environnement (Biotope, Egis, Ecosphere), un chargé d'études junior démarre entre 32 000 et 38 000 euros bruts annuels, un chef de projet confirmé atteint 42 000 à 55 000 euros, et un directeur d'agence 60 000 à 80 000 euros. Dans la recherche publique (CNRS, INRAE, universités), un CR2 CNRS débutant perçoit 32 000 à 40 000 euros bruts annuels, un DR2 60 000 à 75 000 euros, et un DR1 jusqu'à 90 000 euros en fin de carrière. Dans les musées et jardins botaniques (MNHN, CBN), les conservateurs du patrimoine démarrent à 36 000 à 45 000 euros et atteignent 70 000 à 90 000 euros en fin de carrière. Les enseignants-chercheurs universitaires (MCF puis PU) suivent la grille indiciaire de la fonction publique d'État avec des rémunérations comparables.
Quelle différence entre un botaniste et un écologue ?
Le botaniste est spécialisé dans l'étude des plantes (identification, systématique, évolution, physiologie, écologie végétale) tandis que l'écologue adopte une approche plus large qui couvre l'ensemble des interactions entre organismes vivants (plantes, animaux, microorganismes) et leur environnement. En pratique, de nombreux botanistes sont aussi écologues (en étudiant les communautés végétales dans leurs habitats), et beaucoup d'écologues s'appuient sur des compétences botaniques pour décrire les écosystèmes. Les deux disciplines sont complémentaires et souvent rattachées aux mêmes équipes de recherche (CNRS section 29 Biodiversité, INRAE, MNHN). Les botanistes les plus spécialisés travaillent en systématique ou taxonomie (description de nouvelles espèces, révisions de genres), tandis que les écologues végétaux étudient les dynamiques de populations, les communautés et les écosystèmes dans leur globalité.
Quels sont les enjeux de la botanique en 2026 ?
Les enjeux prioritaires sont dominés par la sixième extinction massive en cours : l'UICN estime que 40 % des espèces végétales mondiales sont menacées d'extinction, soit près de 140 000 espèces sur 350 000 recensées. Le changement climatique accélère le déplacement des aires de répartition (certaines espèces alpines remontent de 50 à 100 mètres en altitude par décennie), les espèces exotiques envahissantes menacent les écosystèmes natifs, et la destruction des habitats (urbanisation, agriculture intensive, déforestation) reste la première cause d'érosion de la biodiversité. Les botanistes français sont engagés dans la mise en oeuvre de la Stratégie Nationale Biodiversité 2030, des plans nationaux d'actions pour les espèces menacées, de la reconquête de la nature en ville, et de la restauration écologique des milieux dégradés. La conservation ex situ dans les banques de semences (MNHN, CBN, Kew Gardens Millennium Seed Bank) et l'élaboration des listes rouges régionales et nationales sont des missions majeures.
Peut-on être botaniste sans doctorat ?
Oui, de nombreux botanistes exercent sans doctorat, notamment dans les bureaux d'études environnement, les associations naturalistes, les Conservatoires Botaniques Nationaux, les Parcs Naturels et les collectivités territoriales. Un Master 2 en écologie, biodiversité ou biologie végétale suffit pour accéder aux postes de chargé d'études, chargé de mission naturaliste, technicien de l'environnement ou gestionnaire d'espaces protégés. Les licences professionnelles Gestion et Protection de la Nature permettent également d'exercer comme technicien naturaliste. En revanche, les postes de chercheur permanent (CNRS, Inserm, INRAE), d'enseignant-chercheur universitaire (MCF, PU) et de conservateur du patrimoine nécessitent un doctorat de sciences. La formation continue, les formations naturalistes du MNHN et les stages de terrain organisés par Tela Botanica ou la Société Botanique de France complètent utilement le parcours des botanistes de terrain.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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