Comment devenir Notaire ?
Le notaire est un officier public et ministériel, nommé par le garde des Sceaux (ministre de la Justice), qui exerce une mission de service public dans un cadre libéral. Il confère l'authenticité aux actes qu'il rédige, leur donnant une force probante et une force exécutoire supérieures à celles d'un acte sous seing privé. Concrètement, cela signifie qu'un acte notarié a la même valeur qu'un jugement et peut être exécuté directement sans passer par un tribunal. Le notaire intervient dans les moments clés de la vie des particuliers et des entreprises : achats immobiliers, mariages, PACS, donations, successions, créations de sociétés, baux commerciaux et bien d'autres domaines.
En 2026, la profession notariale compte environ 17 500 notaires en France, répartis dans plus de 6 800 offices. La loi Macron de 2015 a ouvert la profession en créant de nouvelles études dans les zones jugées carencées, facilitant l'installation de jeunes notaires. Le métier reste néanmoins très réglementé : les tarifs des actes sont fixés par décret (barème proportionnel pour les transactions immobilières, émoluments fixes pour d'autres actes), même si le notaire peut désormais consentir des remises sur la partie proportionnelle au-delà de 100 000 euros. Le code ROME associé est K1901 — Aide et médiation judiciaire.
Au quotidien, le notaire partage son temps entre la réception des clients, la rédaction et la relecture d'actes, la gestion de son étude et la veille juridique. Une journée type peut inclure un rendez-vous de signature d'acte de vente (avec lecture intégrale de l'acte aux parties), un conseil en stratégie patrimoniale pour un chef d'entreprise, la préparation d'un dossier de succession complexe avec plusieurs héritiers, et une réunion avec le comptable de l'étude pour le suivi financier. Le notaire engage sa responsabilité personnelle sur chaque acte qu'il signe, ce qui impose une rigueur absolue.
L'exercice peut se faire en individuel, en société (SCP, SEL, SELARL) ou en tant que notaire salarié au sein d'une étude. Le numérique transforme progressivement la profession : signature électronique des actes à distance (visio-signature autorisée depuis 2020), dématérialisation des échanges avec le cadastre et la publicité foncière, et utilisation de bases de données immobilières (BIEN, Perval) pour les estimations. Le revenu moyen d'un notaire libéral est d'environ 13 200 euros nets par mois, mais les disparités sont importantes entre les grandes villes et les zones rurales.
Salaire
35k - 90k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+7 · Durée : 7 ans
Missions principales
- Recevoir les clients, analyser leur situation et les conseiller sur les solutions juridiques adaptées (immobilier, famille, patrimoine, entreprise)
- Rédiger les actes authentiques : actes de vente immobilière, contrats de mariage, PACS, testaments, donations, baux commerciaux
- Procéder aux vérifications préalables aux actes (état hypothécaire, urbanisme, diagnostics, capacité juridique des parties)
- Assurer la lecture intégrale des actes aux parties lors de la signature et répondre à leurs questions
- Gérer les successions : inventaire du patrimoine, calcul des droits, rédaction des attestations de propriété, partage entre héritiers
- Conseiller les clients en optimisation fiscale et patrimoniale (démembrement, SCI, assurance-vie, donation-partage)
- Collecter et reverser les taxes et droits de mutation à l'État (environ 200 milliards d'euros collectés annuellement par la profession)
- Assurer les formalités postérieures aux actes : publication au service de publicité foncière, inscription au RCS, déclarations fiscales
- Négocier et rédiger les actes relatifs au droit des sociétés : cessions de parts, augmentations de capital, statuts
- Gérer l'étude notariale : management de l'équipe (clercs, assistants, comptables), supervision de la comptabilité, développement commercial
- Participer aux ventes aux enchères notariales (immobilier) et aux adjudications
- Assurer une veille juridique permanente sur l'évolution du droit immobilier, fiscal, familial et des sociétés
Compétences requises
- Droit immobilier (vente, copropriété, construction, urbanisme, baux)
- Droit de la famille (régimes matrimoniaux, filiation, divorce, adoption)
- Droit des successions et des libéralités (dévolution légale, testaments, donations)
- Droit des sociétés (création, cession, transformation, dissolution)
- Fiscalité patrimoniale (droits de mutation, plus-values, IFI, optimisation)
- Rédaction d'actes authentiques et maîtrise du formalisme notarial
- Publicité foncière et formalités administratives (cadastre, hypothèques)
- Comptabilité notariale et gestion des fonds de tiers
- Logiciels notariaux (ADSN, GenApi, Fiducial Notariat, Visiodroit)
- Négociation immobilière et estimation de biens (bases BIEN, Perval)
- Droit rural (baux ruraux, SAFER, droit de préemption)
- Techniques de médiation et résolution amiable des conflits
- Gestion d'étude et management d'équipe
- Anglais juridique (pour les actes internationaux)
Formations pour devenir Notaire
- Master 1 Droit (passage obligatoire) puis Master 2 Droit notarial (Bac+5)
- DSN — Diplôme supérieur de notariat, voie universitaire (2 ans de stage + 4 semestres, Bac+7)
- CFPN — Centre de formation professionnelle notariale, voie professionnelle (31 mois de stage + formation)
- Master Droit du patrimoine ou Droit immobilier (spécialisation complémentaire)
- DU Ingénierie patrimoniale ou DU Droit de l'urbanisme (formation continue)
- Préparation aux concours internes de nomination (voie d'accès pour les clercs expérimentés)
- Certificats de spécialisation du Conseil supérieur du notariat (droit rural, droit de l'entreprise, droit international)
- Formation continue obligatoire : 30 heures par an (imposée par le règlement national)
Secteurs qui recrutent
- Offices notariaux individuels et études associées (SCP, SELARL)
- Immobilier résidentiel et commercial (transactions, copropriété, promotion)
- Gestion de patrimoine et ingénierie patrimoniale (family offices, banques privées)
- Droit des entreprises (créations, cessions, fusions-acquisitions)
- Droit rural et foncier (exploitations agricoles, SAFER, vignobles)
- Collectivités territoriales et aménagement du territoire (préemptions, urbanisme)
- Secteur bancaire (garanties hypothécaires, prêts immobiliers)
- Droit international privé (successions transfrontalières, achats immobiliers par des étrangers)
- Organismes professionnels (Conseil supérieur du notariat, chambres départementales)
- Enseignement et recherche en droit notarial
Évolution de carrière
Le notaire salarié ou assistant peut devenir notaire libéral en rachetant des parts d'une étude existante ou en créant un nouvel office (environ 600 nouveaux offices créés depuis la loi Macron). Après quelques années, l'association avec d'autres notaires au sein d'une SCP ou SELARL est fréquente, permettant de partager les charges et de développer l'activité. Les notaires les plus entreprenants développent plusieurs offices ou se spécialisent dans des domaines de niche à forte valeur ajoutée : droit international privé (expatriés, achats immobiliers transfrontaliers), ingénierie patrimoniale haut de gamme (family offices), droit viticole ou droit rural. Certains notaires accèdent à des fonctions institutionnelles : président de chambre départementale, membre du bureau du Conseil supérieur du notariat, ou encore rapporteur au Congrès des notaires de France. D'autres se reconvertissent dans l'enseignement universitaire ou le conseil en patrimoine indépendant.
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