Comment devenir Anesthésiste-réanimateur ?

L'anesthésiste-réanimateur est un médecin spécialiste dont la mission est double : endormir les patients avant une intervention chirurgicale (anesthésie) et prendre en charge les patients en défaillance vitale en service de réanimation. Il assure la sécurité peropératoire du patient (contrôle de la conscience, de la douleur, des fonctions vitales), gère les urgences vitales en réanimation (choc septique, SDRA, polytraumatisme, arrêt cardio-respiratoire) et intervient également en médecine de la douleur chronique. C'est l'un des métiers médicaux les plus techniques et les plus exigeants du cursus.

En 2026, la France traverse une pénurie dramatique d'anesthésistes-réanimateurs. Selon le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs Élargi (SNPHARE) et le Conseil National de l'Ordre des Médecins, le pays compte environ 12 000 anesthésistes en exercice alors que les besoins sont estimés à près de 16 000. Cette pénurie entraîne la déprogrammation de blocs opératoires, des fermetures temporaires de services de réanimation, une explosion des salaires en intérim médical (jusqu'à 2 500 € la garde de 24 h) et l'appel à des praticiens à diplôme étranger pour maintenir l'offre de soins. Le code ROME associé est J1102 — Médecine généraliste et spécialisée.

Au quotidien, l'anesthésiste-réanimateur alterne consultations pré-anesthésiques (évaluation du risque, explication, consentement), activité au bloc opératoire (induction anesthésique, surveillance peropératoire, gestion des événements indésirables, réveil), prises en charge en réanimation (visite au lit, prescriptions, gestes techniques invasifs, discussions d'éthique de fin de vie) et gardes. Une garde d'anesthésie couvre fréquemment plusieurs blocs en simultané (obstétrique, traumatologie, chirurgie viscérale), tandis que la garde de réanimation gère en continu 10 à 20 patients critiques sous ventilation mécanique, sédation, amines vasoactives ou épuration extra-rénale.

Les environnements d'exercice sont variés : hôpitaux publics (CHU, CH), cliniques privées (où les revenus libéraux sont particulièrement élevés), centres anticancéreux, hôpitaux militaires. Environ 40 % des anesthésistes exercent en secteur privé. L'inscription au Conseil National de l'Ordre des Médecins est obligatoire. La responsabilité civile professionnelle est l'une des plus élevées de toutes les spécialités médicales, avec des primes d'assurance dépassant 20 000 à 35 000 € par an en libéral.

Salaire

80k - 220k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Réaliser la consultation d'anesthésie pré-opératoire (évaluation du risque ASA, allergies, antécédents, examens complémentaires)
  • Expliquer au patient les techniques anesthésiques possibles et recueillir son consentement éclairé
  • Pratiquer les différents types d'anesthésie : générale (intubation, AIVOC), locorégionale (péridurale, rachianesthésie, bloc nerveux écho-guidé)
  • Surveiller en continu les paramètres vitaux du patient pendant l'intervention (ECG, SpO2, capnographie, pression artérielle invasive)
  • Gérer les urgences peropératoires : hémorragie massive, choc anaphylactique, arrêt cardiaque, hyperthermie maligne
  • Assurer le réveil et la prise en charge post-opératoire en salle de surveillance (SSPI)
  • Prendre en charge les patients critiques en service de réanimation (SDRA, choc septique, polytraumatisme, post-chirurgie lourde)
  • Mettre en place et gérer les techniques de suppléance d'organe : ventilation mécanique, ECMO, épuration extra-rénale, amines vasoactives
  • Réaliser les gestes techniques invasifs : intubation difficile, cathéters centraux, PiCCO, drainage thoracique, trachéotomie
  • Assurer la prise en charge de la douleur chronique en consultation ou unité spécialisée (ALR, neurostimulation)
  • Participer aux discussions éthiques de fin de vie et à la démarche de prélèvement d'organes (Maastricht III, morts encéphaliques)
  • Former les internes, IADE et étudiants en médecine, et participer à la recherche clinique (INSERM, SFAR)

Compétences requises

  • Pharmacologie anesthésique avancée (hypnotiques, morphiniques, curares, antagonistes)
  • Physiologie cardio-respiratoire et hémodynamique
  • Maîtrise de la ventilation mécanique (modes conventionnels, VNI, oscillation haute fréquence)
  • Gestion des voies aériennes difficiles (intubation fibroscopique, vidéo-laryngoscopie, abord chirurgical)
  • Échographie interventionnelle (ALR écho-guidée, voies centrales, POCUS cardiaque et thoracique)
  • Monitorage hémodynamique avancé (PiCCO, PAC, échocardio trans-thoracique et trans-œsophagienne)
  • Gestion de l'hémorragie massive (protocoles de transfusion, Rotem, acide tranexamique, viscoélastométrie)
  • Techniques d'épuration extra-rénale (hémodialyse, hémofiltration continue)
  • Circulation extra-corporelle (ECMO VV et VA) et assistance ventriculaire
  • Médecine de la douleur (évaluation, traitement multimodal, pompes PCA, neurostimulation)
  • Gestion des états de choc (septique, cardiogénique, hémorragique, anaphylactique)
  • Éthique médicale et décision collégiale en fin de vie (loi Claeys-Leonetti, directives anticipées)
  • Travail en équipe pluriprofessionnelle (IADE, IDE réa, chirurgiens, cardiologues, néphrologues)
  • Utilisation du DPI de réanimation (Metavision, Clinisoft, Intellispace)

Formations pour devenir Anesthésiste-réanimateur

  • PASS ou LAS — Parcours Accès Santé Spécifique ou Licence Accès Santé (1 an)
  • DFGSM — Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales (2e et 3e années)
  • DFASM — Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (4e, 5e et 6e années) avec externat
  • EDN — Épreuves Dématérialisées Nationales (classement en 6e année, Top 30 % requis)
  • DES d'Anesthésie-Réanimation — 5 ans d'internat (phase socle, phase d'approfondissement, phase de consolidation)
  • Thèse de Doctorat en médecine soutenue en fin d'internat
  • Total : 11 ans minimum après le bac pour exercer comme anesthésiste-réanimateur
  • FST (Formations Spécialisées Transversales) : médecine d'urgence, douleur, soins palliatifs
  • Fellowships post-DES : ECMO, anesthésie pédiatrique, anesthésie cardiaque, transplantation
  • DIU de spécialisation : douleur, anesthésie locorégionale, réanimation néonatale, médecine hyperbare
  • Inscription obligatoire au tableau du Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM)

Secteurs qui recrutent

  • Hôpitaux publics (CHU, CH, services d'anesthésie et de réanimation)
  • Cliniques privées (blocs opératoires multi-spécialités)
  • Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC, Institut Curie, Gustave Roussy, Centres Léon Bérard)
  • Hôpitaux militaires (Service de Santé des Armées)
  • SAMU-SMUR et médecine pré-hospitalière
  • Centres spécialisés en douleur chronique (structures labellisées par les ARS)
  • Unités de Soins Intensifs spécialisés (USIC cardiologique, USINV neurologique)
  • Centres de transplantation d'organes (cœur, poumon, foie, rein)
  • Enseignement et recherche (CHU, INSERM, SFAR — Société Française d'Anesthésie-Réanimation)
  • Intérim médical hospitalier (particulièrement rémunérateur en 2026)

Évolution de carrière

L'anesthésiste-réanimateur dispose de perspectives d'évolution variées et particulièrement rentables. En début de carrière (0-3 ans post-internat), il exerce comme assistant ou chef de clinique en CHU (60 000 à 80 000 € brut/an) ou comme praticien attaché. Après 3 à 8 ans, il peut devenir praticien hospitalier titulaire (90 000 à 130 000 €) ou s'installer en clinique privée avec des revenus BNC de 180 000 à 320 000 € selon le volume d'activité et les gardes. Les profils hospitalo-universitaires évoluent vers MCU-PH puis PU-PH (120 000 à 180 000 €). Les sur-spécialisations ouvrent des voies très recherchées : anesthésie cardiaque et thoracique, anesthésie pédiatrique, neuro-anesthésie, médecine intensive-réanimation, médecine péri-opératoire, médecine de la douleur. Certains anesthésistes s'orientent vers la médecine de catastrophe (SAMU, SMUR), le secteur humanitaire, l'industrie pharmaceutique (affaires médicales), ou la recherche clinique. En 2026, la pénurie exceptionnelle crée des opportunités uniques en intérim médical (2 000 à 2 500 €/garde de 24 h) et des primes d'installation très attractives dans les hôpitaux publics.

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