Comment devenir Trésorier d'Entreprise ?

En bref

  • Salaire : 40k à 90k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 (5 ans)
  • Domaine : Finance & Comptabilité
  • Conditions d'exercice : Bureau / Télétravail partiel
  • Code ROME : M1201

Le trésorier d'entreprise est le gardien de la liquidité de l'entreprise. Il pilote au quotidien les flux de trésorerie, anticipe les besoins de financement à court et moyen terme, optimise les placements des excédents et couvre les risques de change, de taux d'intérêt et de matières premières. Garant de la solvabilité opérationnelle, il interagit en permanence avec les banques, les filiales internationales, les commissaires aux comptes et la direction financière. Sans lui, une entreprise rentable peut faire faillite simplement parce qu'elle manque de cash au mauvais moment.

En 2026, le métier de trésorier est en forte demande dans les ETI et les grands groupes français, dans un contexte de remontée des taux d'intérêt, de volatilité du change et de tensions sur les financements bancaires. Selon l'AFTE (Association Française des Trésoriers d'Entreprise) et France Travail, environ 12 000 trésoriers exercent en France, et le code ROME associé est M1201 — Analyse et ingénierie financière. La tension du marché est forte sur les profils confirmés (5-10 ans), avec un délai moyen de recrutement de 3 à 6 mois pour un poste de trésorier groupe. Les régulations IFRS 9, EMIR et les évolutions des normes Bâle IV impactent directement son périmètre.

Une journée type commence à 8h30 avec le pointage des positions bancaires de la veille (cash management) sur Kyriba ou FIS Quantum, puis l'élaboration du rolling forecast à 12 semaines. Suivent les arbitrages : placer les excédents en SICAV monétaire, tirer sur la ligne de crédit revolving, ou émettre du commercial paper. Le trésorier participe aux comités hebdomadaires avec le DAF, négocie avec les banques (RBC : relationship bank coverage), gère les opérations de couverture de change (forwards, swaps, options) avec ses contreparties bancaires, et supervise les paiements internationaux. Il travaille en lien étroit avec la comptabilité (rapprochements bancaires), le contrôle de gestion et les filiales étrangères pour le cash pooling.

Les environnements de travail varient selon la taille de l'entreprise. Dans une ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire), le trésorier est souvent seul ou en équipe de 2-3 personnes, avec un périmètre très opérationnel et polyvalent (paiements, financements, change). Dans un grand groupe coté du CAC 40 (TotalEnergies, LVMH, Air Liquide, Saint-Gobain), il fait partie d'une direction de la trésorerie de 15 à 50 personnes, structurée par expertise (front-office, back-office, middle-office, financements, fiscalité internationale). Dans une scale-up ou licorne (Doctolib, Mistral AI, Back Market), il combine souvent trésorerie et FP&A avec un fort enjeu de levée de fonds. Le télétravail est généralement de 2 jours par semaine, et la rémunération s'élargit fortement avec l'ancienneté et le périmètre international.

Salaire

40k - 90k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 · Durée : 5 ans

Missions principales

  • Gérer la trésorerie quotidienne : pointer les positions bancaires, équilibrer les comptes, anticiper les décalages de paiements
  • Établir les prévisions de trésorerie à court terme (rolling forecast 4-12 semaines) et à moyen terme (budget annuel)
  • Optimiser les placements des excédents (SICAV monétaires, dépôts à terme, billets de trésorerie, comptes rémunérés)
  • Gérer les financements : tirages sur lignes de crédit revolving, émissions de NEU CP / commercial paper, prêts bancaires
  • Couvrir les risques de change avec des instruments dérivés (forwards, swaps de change, options) selon la politique de hedging
  • Couvrir les risques de taux d'intérêt sur la dette (swaps de taux, caps, collars) en lien avec la politique financière
  • Mettre en place et piloter le cash pooling international (notional pooling, zero balancing) avec les filiales étrangères
  • Négocier avec les banques les conditions des lignes de crédit, les commissions, les conditions de paiement et les garanties
  • Gérer les relations avec les agences de notation (S&P, Moody's, Fitch) pour les groupes notés
  • Assurer le reporting trésorerie au DAF, au COMEX et au conseil d'administration (KPI, alertes liquidité)
  • Garantir la conformité aux normes IFRS 9 (instruments financiers), EMIR (déclaration des dérivés) et Bâle IV
  • Piloter les outils de trésorerie (Kyriba, FIS Quantum, Sage XRT, SAP Treasury) et leur intégration avec l'ERP

Compétences requises

  • Gestion de trésorerie et cash management (positions, prévisions, équilibrage)
  • Finance d'entreprise et corporate finance (structure du capital, WACC, ratios de liquidité)
  • Outils de trésorerie : Kyriba, FIS Quantum, Sage XRT, SAP Treasury, ION Treasury
  • Excel avancé et VBA (modélisation de cash flows, automatisation de reportings)
  • Marchés financiers et instruments dérivés (forwards, swaps, options, futures)
  • Normes comptables internationales : IFRS 9, IAS 32, IAS 39 sur les instruments financiers
  • Régulations financières : EMIR, MiFID II, Bâle IV, FATCA
  • Cash pooling international (notional, zero balancing, intercompany netting)
  • Anglais financier courant (relations avec les filiales et contreparties internationales)
  • Connaissance des produits bancaires (RCF, NEU CP, EMTN, term loans, factoring)
  • Analyse du risque de contrepartie bancaire (rating, CDS, exposition)
  • SQL et Power BI pour le reporting trésorerie et l'analyse de données
  • Notions de fiscalité internationale (retenues à la source, BEPS, prix de transfert)
  • Trésorerie crypto et stablecoins (pour les entreprises tech innovantes)

Formations pour devenir Trésorier d'Entreprise

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 38 000 – 50 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 50 000 – 75 000 € brut/an
  • Senior (5-10 ans) : 70 000 – 110 000 € brut/an
  • Directeur de la trésorerie (10+ ans) : 90 000 – 160 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier stratégique et bien rémunéré, en forte demande dans les ETI et grands groupes
  • Carrière sécurisée : peu de chômage, expertise transposable à l'international
  • Évolution naturelle vers DAF et direction financière groupe
  • Diversité des sujets : cash, change, financement, placements, hedging, relations bancaires
  • Télétravail partiel généralisé (2 à 3 jours par semaine) et bon équilibre vie pro/perso

Les moins

  • Forte responsabilité : une erreur de cash peut mettre l'entreprise en difficulté
  • Périodes de stress en clôture mensuelle, annuelle et lors des opérations stratégiques (M&A, refinancement)
  • Routine quotidienne du pointage des positions bancaires, parfois jugée répétitive
  • Anglais courant indispensable, sinon plafonnement de carrière dans les groupes internationaux

Secteurs qui recrutent

  • Grands groupes du CAC 40 (TotalEnergies, LVMH, Air Liquide, Saint-Gobain, L'Oréal, BNP Paribas)
  • Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) industrielles et services (Bel, Roquette, Norauto, Babolat)
  • Scale-ups et licornes françaises (Doctolib, Mistral AI, Back Market, Qonto, Alan)
  • Sociétés foncières et immobilier coté (Unibail-Rodamco-Westfield, Klépierre, Gecina)
  • Énergie et utilities (EDF, Engie, Veolia, Suez)
  • Industrie automobile et aéronautique (Renault, Stellantis, Airbus, Safran, Dassault)
  • Distribution et grande consommation (Carrefour, Casino, Danone, Pernod Ricard)
  • Cabinets de conseil en trésorerie (Redbridge, Zanders, Treasury Strategies, KPMG, EY)
  • Banques d'affaires et corporate banking (côté origination de financement)
  • Fintechs trésorerie (Agicap, Trezo, Pennylane, Kyriba en tant qu'éditeur)

Évolution de carrière

Le trésorier suit une trajectoire de carrière progressive et bien valorisée. Après 0-2 ans (analyste trésorerie ou trésorier junior, 38 000 à 50 000 € brut/an), il maîtrise les positions quotidiennes, les rapprochements bancaires et le reporting de base. Vers 3-5 ans, le trésorier confirmé (50 000 à 70 000 €) prend en charge les couvertures de change, les placements et les relations bancaires courantes. Avec 5-10 ans, il devient trésorier senior ou responsable de la trésorerie groupe (70 000 à 110 000 €), pilote une équipe de 3 à 10 personnes, gère le financement et le cash pooling international. À 10-15 ans, le directeur de la trésorerie (90 000 à 160 000 €) supervise l'ensemble de la fonction, négocie les financements stratégiques (émissions obligataires, refinancement bancaire) et reporte directement au DAF. La voie royale est ensuite l'évolution vers DAF (Directeur Administratif et Financier) ou Group CFO de grand groupe coté, avec des packages dépassant 200 000 €. D'autres se reconvertissent dans le conseil en trésorerie (Big 4, Redbridge, EY Treasury Advisory), créent leur cabinet indépendant, ou rejoignent une fintech spécialisée (Agicap, Pennylane, Memo Bank). La profession est bien rémunérée, peu exposée au chômage, et offre une vraie expertise transposable à l'international.

Questions fréquentes sur le métier de Trésorier d'Entreprise

Quelle différence entre un trésorier d'entreprise et un comptable ?
Le comptable enregistre a posteriori les opérations financières dans les livres comptables et produit les états financiers (bilan, compte de résultat) selon les normes (PCG, IFRS). Le trésorier, lui, agit en amont sur les flux de cash futurs : il anticipe les besoins de financement, place les excédents, négocie avec les banques et couvre les risques de change et de taux. Pour résumer : le comptable regarde le passé, le trésorier prépare l'avenir. Les deux fonctions collaborent étroitement, notamment lors des rapprochements bancaires et des clôtures.
Combien gagne un trésorier d'entreprise en 2026 ?
En 2026, un trésorier junior débute entre 38 000 et 50 000 € brut/an dans une PME/ETI ou un grand groupe. Un trésorier confirmé (2-5 ans) gagne 50 000 à 75 000 €. Un trésorier senior (5-10 ans) atteint 70 000 à 110 000 €. Un directeur de la trésorerie groupe d'un grand groupe coté du CAC 40 peut viser 90 000 à 160 000 € brut/an, avec une part variable de 10 à 25 %. À Paris, les rémunérations sont 10 à 15 % plus élevées qu'en région. Les ETI familiales paient légèrement moins que les groupes cotés mais offrent plus d'autonomie et de polyvalence.
Quels outils faut-il maîtriser pour devenir trésorier d'entreprise ?
Les outils incontournables sont les TMS (Treasury Management Systems) : Kyriba (leader mondial), FIS Quantum, Sage XRT Treasury, SAP Treasury et ION Treasury. Excel avancé avec VBA reste un outil quotidien pour la modélisation et le reporting. La connaissance des plateformes de trading FX (360T, FXall) est utile pour les couvertures de change. Côté ERP, SAP, Oracle et Microsoft Dynamics sont les plus répandus. Power BI et SQL sont de plus en plus demandés pour le reporting avancé. Enfin, la connaissance de Bloomberg ou Reuters est appréciée pour suivre les marchés taux et change.
Quelle formation pour devenir trésorier d'entreprise ?
La voie classique est un Bac+5 en finance d'entreprise : Master Finance d'entreprise (Dauphine, IAE), Master spécialisé Trésorerie (IAE Aix, IAE Lyon), DSCG, ou programme Grande École de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, EMLyon) avec spécialisation finance. Un stage de fin d'études dans une direction de la trésorerie (CAC 40 ou ETI) est quasi obligatoire. La certification AFTE (Association Française des Trésoriers d'Entreprise) est la référence professionnelle reconnue par les recruteurs. Une expérience en audit financier (Big 4) ou en banque de financement est également un excellent tremplin.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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