Comment devenir Technicien Électrotechnicien ?

En bref

  • Salaire : 26k à 45k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac Pro à Bac+3 (3 ans après la 3ème à 3 ans post-bac)
  • Domaine : Industrie & Ingénierie
  • Conditions d'exercice : Site industriel / Terrain / Atelier
  • Code ROME : I1309

Le technicien électrotechnicien est un spécialiste de la distribution, de la transformation et de l'utilisation de l'énergie électrique dans l'industrie, le tertiaire et les infrastructures. Du poste de transformation HTA/BT au moteur d'entraînement en passant par les armoires électriques, les variateurs de vitesse et les automates, il conçoit, installe, raccorde, met en service et maintient des installations électriques de toutes puissances. Il est au cœur de la transition énergétique : électrification des usages, mobilité électrique (bornes de recharge, véhicules électriques), énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, stockage batterie), smart grid et efficacité énergétique.

En 2026, la filière électrique et énergétique française est portée par la transition écologique et le plan France 2030. RTE, Enedis, EDF, Engie et les grands acteurs industriels recrutent massivement, et France Travail recense plus de 22 000 offres annuelles de techniciens électrotechniciens. Le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) estime que 450 000 emplois directs et indirects sont générés par les EnR à horizon 2030, dont une part significative pour les techniciens de maintenance et installation. Le code ROME associé est I1309 — Maintenance électrique.

Au quotidien, le technicien électrotechnicien lit des schémas électriques unifilaires et multifilaires, câble des armoires électriques, raccorde des moteurs asynchrones ou synchrones à variateur de vitesse (Schneider Altivar, Siemens Sinamics, ABB ACS), paramètre des relais de protection, effectue des mesures électriques (multimètre, pince ampèremétrique, analyseur de réseau, mégohmètre, telluromètre), met en service des installations sous tension et diagnostique les pannes (courts-circuits, défauts d'isolement, surchauffes). Il intervient aussi sur les postes de transformation HTA/BT (jusqu'à 20 kV), les groupes électrogènes, les onduleurs, les systèmes photovoltaïques, les bornes de recharge pour véhicules électriques et les installations domotiques et tertiaires (KNX, BACnet). Il travaille dans le respect des habilitations électriques (norme NF C 18-510) et des consignations.

Les environnements de travail sont très variés : sites industriels (usines, raffineries, papeteries, agroalimentaire), postes de distribution Enedis/RTE, chantiers BTP (bâtiments tertiaires, hôpitaux, datacenters), parcs éoliens offshore ou onshore, centrales photovoltaïques, réseaux ferroviaires (caténaires SNCF, métros RATP), bateaux et navires. Le technicien porte des EPI spécifiques aux risques électriques : casque isolant, gants isolants classe 0-4, chaussures S3, vêtements ignifugés, écran facial anti-arc électrique, VAT (Vérificateur d'Absence de Tension). Les horaires sont souvent en journée avec astreintes, parfois en 2x8 ou 3x8 dans les installations critiques. La rémunération suit la grille UIMM (IDCC 3248) ou la Convention Collective des Industries Électriques et Gazières (IEG) pour les agents Enedis/RTE/EDF.

Salaire

26k - 45k € brut annuel

Niveau d'études : Bac Pro à Bac+3 · Durée : 3 ans après la 3ème à 3 ans post-bac

Missions principales

  • Lire et interpréter les schémas électriques unifilaires, multifilaires et les plans d'implantation d'armoires
  • Câbler et raccorder les armoires électriques BT et HTA selon les normes NF C 15-100 (BT) et NF C 13-100/200 (HTA)
  • Installer et mettre en service les moteurs asynchrones et synchrones avec variateurs de vitesse (Schneider, Siemens, ABB, Danfoss)
  • Effectuer les mesures électriques : tension, courant, puissance, isolement (mégohmmètre), terre (telluromètre), qualité réseau (analyseur)
  • Diagnostiquer et réparer les pannes électriques sur installations industrielles, tertiaires ou de distribution
  • Consigner les installations électriques selon les habilitations BR/BC/BE/H2V et rédiger les attestations de consignation
  • Participer à la mise en service d'installations photovoltaïques, éoliennes, bornes de recharge véhicules électriques
  • Paramétrer les relais de protection numériques (Sepam, Siprotec, Micom) et les automates programmables
  • Assurer la maintenance préventive et corrective des équipements électriques (postes HTA/BT, moteurs, variateurs, onduleurs)
  • Respecter les consignes de sécurité électrique (NF C 18-510), le port des EPI et la protection collective
  • Rédiger les rapports d'intervention, les comptes rendus de mesures et mettre à jour les schémas électriques
  • Participer aux audits de sécurité électrique et aux vérifications périodiques obligatoires (bureaux de contrôle Apave, Socotec, Bureau Veritas)

Compétences requises

  • Électrotechnique générale (lois de l'électricité, courants triphasés, puissance active/réactive, cos phi)
  • Lecture et réalisation de schémas électriques industriels (SEE Electrical, EPLAN, XRelais, AutoCAD Electrical)
  • Câblage d'armoires électriques BT selon NF C 15-100 et règles de l'art
  • Moteurs électriques : asynchrones, synchrones, pas-à-pas, brushless, et variateurs de vitesse (Altivar, Sinamics, ACS)
  • Distribution HTA/BT : postes de transformation, cellules HTA, disjoncteurs, sectionneurs, TGBT
  • Relais de protection numériques : Sepam (Schneider), Siprotec (Siemens), Micom (Areva-GE)
  • Automates programmables (TSX, S7, M340, Modicon) et supervision SCADA
  • Habilitations électriques NF C 18-510 : B0/H0, BS/BE, BR/BC, B2V/H1V, BC, H2V (selon niveau)
  • Mesures électriques : multimètre, pince ampèremétrique, mégohmmètre, telluromètre, analyseur de qualité réseau
  • Énergies renouvelables : photovoltaïque (PV), éolien, stockage batterie, bornes de recharge VE (IRVE)
  • Normes et réglementations : NF C 15-100 (BT), NF C 13-100/200 (HTA), NF EN 61439, NF EN 60204
  • Anglais technique pour la documentation constructeur et les normes IEC

Formations pour devenir Technicien Électrotechnicien

  • Bac Pro MELEC — Métiers de l'Électricité et de ses Environnements Connectés — 3 ans après la 3ème
  • Bac STI2D spécialité Énergie et Environnement (EE) — 3 ans (voie générale technologique)
  • BTS Électrotechnique — 2 ans post-bac (nombreux lycées et CFAI)
  • BTS Maintenance des Systèmes option Systèmes de Production — 2 ans post-bac
  • BUT GEII — Génie Électrique et Informatique Industrielle — 3 ans post-bac (IUT Cachan, Rennes, Nantes, Toulouse)
  • Licence professionnelle Électrotechnique, Énergies Renouvelables ou Maintenance Industrielle — 1 an après Bac+2
  • Formations AFPA Technicien Supérieur en Électrotechnique
  • Titres professionnels GRETA, CFAI (CFA de l'Industrie), habilitations IRVE pour bornes de recharge

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans, sortie Bac Pro/BTS) : 24 000 – 30 000 € brut/an
  • Confirmé (2-5 ans) : 30 000 – 38 000 € brut/an
  • Senior / Technicien expert (5-10 ans) : 36 000 – 48 000 € brut/an
  • Chef d'équipe / Chargé d'affaires (8+ ans) : 42 000 – 62 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier en très forte tension avec 22 000 offres annuelles (transition énergétique, électrification)
  • Salaires compétitifs, notamment dans les IEG (Enedis, RTE, EDF) et les industries de process
  • Forte diversité des missions et des secteurs : distribution, production, industrie, EnR, ferroviaire
  • Évolutions nombreuses vers maintenance, études, encadrement ou entrepreneuriat
  • Métier au cœur de la transition écologique (EnR, mobilité électrique, efficacité énergétique)

Les moins

  • Risque électrique important : nécessité d'un respect absolu des habilitations et procédures
  • Conditions de travail parfois difficiles : extérieur, hauteur, intempéries, travail en espace confiné
  • Astreintes fréquentes et nuits blanches possibles en cas d'incident sur réseau ou site critique
  • Déplacements fréquents selon les postes (maintenance itinérante, chantiers, grands déplacements)
  • Grille UIMM plancher en début de carrière (proche du SMIC pour un Bac Pro MELEC débutant)

Secteurs qui recrutent

  • Distribution d'électricité — Enedis, RTE, EDF, ORES, Régies de distribution locale
  • Production d'électricité — EDF (nucléaire, hydraulique), Engie, TotalEnergies, GE Steam Power, Alstom
  • Industrie de procédé — Arkema, Solvay, TotalEnergies, Michelin, Arcelor Mittal, Aluminium Dunkerque
  • Énergies renouvelables — EDF Renouvelables, Engie Green, Boralex, Voltalia, Neoen, Akuo Energy
  • Installateurs et intégrateurs — Eiffage Énergie, Spie, Vinci Énergies (Actemium, Axians), Bouygues E&S, Equans
  • Équipementiers électriques — Schneider Electric, Legrand, Hager, ABB France, Siemens France
  • Ferroviaire et mobilité — SNCF Réseau, RATP, Alstom, Bombardier (Alstom Transport)
  • BTP tertiaire et hospitalier — datacenters (OVH, Equinix, Data4), hôpitaux, grands bâtiments tertiaires
  • Automobile et électromobilité — Stellantis, Renault, réseau IRVE (TotalEnergies, Izivia, Power Dot)
  • Service public et collectivités — Armée (spécialités techniques), sapeurs-pompiers, collectivités territoriales

Évolution de carrière

Après 2 à 4 ans d'expérience, le technicien électrotechnicien peut évoluer vers Technicien de maintenance confirmé ou Technicien itinérant (30 000 à 40 000 € brut/an), spécialisé sur une technologie (HTA, variateurs, photovoltaïque, éolien, IRVE). Avec 5 à 8 ans d'expérience, il peut viser Chef d'équipe maintenance, Chargé d'affaires électricité ou Technicien expert (38 000 à 52 000 €), encadrant une équipe et pilotant des projets. Les profils confirmés peuvent accéder à Responsable maintenance, Chargé d'études électrotechniques, Technico-commercial chez un fabricant (Schneider, Siemens, ABB), Superviseur HSE (45 000 à 65 000 €), voire Responsable travaux neufs ou Conducteur de travaux électricité (55 000 à 80 000 €+). D'autres voies : formateur CFAI/AFPA, auditeur énergétique (Qualisol, QualiPV, Qualibat), expert judiciaire en électricité, ou création d'entreprise (installateur IRVE, électricien industriel indépendant). Les spécialisations les plus porteuses en 2026 sont le photovoltaïque, les bornes de recharge véhicules électriques (IRVE), le stockage batterie et le smart grid.

Questions fréquentes sur le métier de Technicien Électrotechnicien

Quel diplôme faut-il pour devenir technicien électrotechnicien ?
Le parcours classique est le Bac Pro MELEC (Métiers de l'Électricité et de ses Environnements Connectés), 3 ans après la 3ème, suivi d'un BTS Électrotechnique (2 ans) ou d'un BUT GEII (3 ans post-bac). Le BTS Électrotechnique reste le diplôme de référence pour accéder directement aux postes en industrie et chez les installateurs. Le BUT GEII, plus polyvalent, facilite ensuite la poursuite en école d'ingénieur par passerelle. Les formations sont accessibles en alternance via les CFAI, GRETA et AFPA, avec d'excellents taux d'insertion (93 %+ en 2025).
Quel est le salaire d'un technicien électrotechnicien en 2026 ?
En 2026, un technicien électrotechnicien junior (sortie Bac Pro/BTS) démarre entre 24 000 et 30 000 € brut/an selon la grille UIMM (IDCC 3248) ou la grille IEG chez Enedis/RTE/EDF. Un confirmé avec 2 à 5 ans d'expérience gagne entre 30 000 et 38 000 €, auxquels s'ajoutent les primes d'astreinte (300 à 800 €/mois). Un senior spécialisé (HTA, photovoltaïque, IRVE) atteint 36 000 à 48 000 €, et un chef d'équipe ou chargé d'affaires peut dépasser 62 000 € brut/an. Chez Enedis et RTE, les rémunérations sont généralement 10 à 20 % plus élevées grâce à la grille IEG et aux avantages sociaux.
Quelles habilitations électriques sont obligatoires ?
Les habilitations électriques sont encadrées par la norme NF C 18-510. Les principales sont : B0/H0 (non-électricien pour travaux non électriques à proximité), BS/BE manœuvre (opérations simples), BR/BC (consignation basse tension), B2V/B2VL/H1V (travaux sous tension BT/HTA). Pour intervenir sur les bornes de recharge véhicules électriques, la qualification IRVE (Infrastructure de Recharge Véhicules Électriques) niveaux P1/P2/P3 est obligatoire. Pour le photovoltaïque, la qualification QualiPV est recommandée. Ces habilitations doivent être renouvelées tous les 3 ans par un recyclage.
Quelle différence avec un technicien électronicien ?
L'électrotechnicien travaille sur les 'grosses puissances' : distribution électrique, moteurs industriels, variateurs, postes HTA/BT, photovoltaïque, bornes IRVE. Il manipule des tensions de 230 V à 20 kV et des courants importants. L'électronicien, lui, travaille sur les 'petites puissances' : cartes électroniques, capteurs, microcontrôleurs, équipements électroniques grand public ou industriels. Les deux métiers sont complémentaires et les formations (BTS Électrotechnique vs BTS Systèmes Numériques, BUT GEII commun) orientent vers l'une ou l'autre spécialité.
La transition énergétique va-t-elle booster ce métier ?
Oui, très fortement. La transition énergétique (électrification des usages, mobilité électrique, rénovation énergétique, EnR) crée une demande massive de techniciens électrotechniciens : 450 000 emplois directs et indirects générés par les EnR à horizon 2030 selon le SER, 150 000 bornes de recharge publiques à installer d'ici 2030 (objectif gouvernemental), accélération du photovoltaïque et de l'éolien. Les techniciens qui se spécialisent sur les EnR, l'IRVE, le smart grid et le stockage batterie sont parmi les plus recherchés et bénéficient des meilleures progressions salariales.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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