Comment devenir Préposé Au Tir ?

En bref

  • Salaire : 30k à 45k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 (3 à 5 ans)
  • Domaine : BTP & Construction
  • Conditions d'exercice : Terrain
  • Code ROME : F1402

Le préposé au tir (ou boutefeu) est un professionnel hautement spécialisé, titulaire d'un Certificat de Préposé au Tir (CPT) délivré par le ministère chargé des mines après formation agréée. Il est responsable de l'ensemble du processus de tir de mines dans les carrières, les mines, les chantiers de travaux publics (creusement de tunnels, terrassements rocheux) et les démolitions spéciales. Son rôle englobe la conception des plans de tir (calcul de la maille de foration, quantité et répartition des charges explosives, plan de retard pour séquencer les détonations), la supervision du forage des trous de mines, le chargement des explosifs (émulsions, encartouchés, vrac pompé), la mise en œuvre des détonateurs (électriques, non électriques Nonel, électroniques programmables Digishot-iKon), la sécurisation du périmètre et le déclenchement du tir. Le code ROME associé est F1402 — Extraction liquide et gazeuse, complété par F1402 — Extraction solide.

En 2026, le métier de préposé au tir est un métier de niche très réglementé. La France compte environ 800 préposés au tir titulaires du CPT selon l'UNICEM (Union Nationale des Industries de Carrières et Matériaux de Construction). Le secteur des carrières et mines emploie 12 500 personnes directement (chiffres UNICEM 2024), dans 2 800 carrières actives produisant 350 millions de tonnes de granulats par an (France 2e producteur européen). La réglementation française encadrant les explosifs est parmi les plus strictes d'Europe : décret n° 2014-285 du 3 mars 2014, arrêté du 13 décembre 2005 sur les produits explosifs, directive européenne 2008/43/CE sur la traçabilité des explosifs, directive 2014/28/UE sur les produits explosifs civils. Les explosifs civils (dynamites, émulsions, émulsions en vrac MEMEK) sont strictement contrôlés par l'INERIS (Institut National de l'Environnement industriel et des Risques) et la DREAL.

Au quotidien, le préposé au tir encadre l'équipe de foreurs (qui perforent les trous de mines selon son plan), supervise le chargement des explosifs (calcul précis de la quantité par trou : 5 à 50 kg selon la maille), met en œuvre les détonateurs (raccordement séquentiel avec retards millisecondaires pour optimiser la fragmentation et limiter les vibrations), déclenche le tir après vérification du périmètre de sécurité (généralement 300 à 500 mètres selon les risques de projections), et contrôle le résultat (fragmentation, sol remanié, vibrations sismiques mesurées). Une journée type commence très tôt (5h-6h) par la préparation du chantier, inclut 2-4 heures de chargement, puis le tir lui-même (5-10 minutes), et se termine par l'analyse du résultat et la rédaction du dossier de tir.

Les environnements de travail sont : les carrières de granulats (majors Lafarge Granulats, Eurovia Matériaux filiale Vinci, Cemex, Colas, Vicat, Eqiom, Holcim), les mines métallurgiques (or en Guyane via Newmont, bauxite), les chantiers de travaux publics (tunnels, terrassements rocheux), les entreprises de démolition spéciale (TPC, Démolition Mondeville) et les services de déminage (civil et militaire).

Salaire

30k - 45k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 · Durée : 3 à 5 ans

Missions principales

  • Concevoir les plans de tir (calcul de la maille de foration : espacement, banquette, profondeur selon géologie et objectif)
  • Déterminer la charge explosive optimale par trou (5 à 50 kg selon rocher, de 20 à 150 g/m³ d'énergie spécifique)
  • Choisir le type d'explosif adapté : dynamite traditionnelle (Nitro-Nobel, Titanite), émulsions encartouchées (Emulite, Riopel), émulsions en vrac pompé (MEMEK, Titan), ANFO (Ammonium Nitrate Fuel Oil)
  • Mettre en œuvre les détonateurs : électriques instantanés ou à retard, non électriques Nonel (Dyno Nobel), électroniques programmables (Digishot-iKon, DaveyTronic)
  • Calculer les plans de retard (5 à 42 ms entre trous, 20 à 200 ms entre rangées) pour fragmenter en séquence
  • Superviser le forage des trous par les foreurs (perforatrices Atlas Copco FlexiROC, Sandvik Pantera — diamètres 76 à 165 mm)
  • Charger les explosifs en respectant strictement le plan de tir et la traçabilité des produits
  • Raccorder les détonateurs en séquence selon le schéma de retards prévu au plan de tir
  • Sécuriser le périmètre de tir (300-500 m) : interdiction d'accès, sirène d'avertissement, signalisation
  • Déclencher le tir après vérification visuelle et décompte réglementaire (5 signaux sonores)
  • Contrôler le résultat du tir (fragmentation, volume remanié, hauteur de foisonnement, qualité du front)
  • Mesurer les vibrations sismiques générées (sismographes Instantel, Vibraloc — conformité arrêté 22 septembre 1994)
  • Tenir le registre des tirs, traçabilité explosifs (obligatoire art. R2352-101 Code de la défense) et rapports DREAL

Compétences requises

  • Techniques de forage (perforatrices pneumatiques, hydrauliques, sondeuses top-hammer, down-the-hole)
  • Conception de plans de tir (calcul de maille, banquette, longueur de trou, charge spécifique)
  • Manipulation d'explosifs civils : dynamites, émulsions encartouchées, émulsions vrac, ANFO
  • Manipulation de détonateurs : électriques, non électriques Nonel, électroniques programmables Digishot-iKon
  • Réglementation pyrotechnique : décret 2014-285, arrêté 13 décembre 2005, directive 2014/28/UE
  • Géologie appliquée au minage : identification des roches (calcaires, granits, basaltes), analyse des diaclases
  • Mécanique des roches (module d'Young, résistance à la compression UCS, propagation d'ondes)
  • Sécurité des tirs : calcul des vibrations (loi de Langefors), projections, surpression aérienne
  • Normes vibratoires : arrêté 22 septembre 1994 limite 10 mm/s pour habitations, DIN 4150 allemande
  • Secourisme (SST obligatoire) et gestion d'urgence en cas de raté de tir (loupé)
  • Habilitation travaux en hauteur et CACES engins carrière (R482 catégories B-E-F)
  • Logiciels de modélisation de tir : JKSimBlast, Blast-Man, LINK (Orica), SABREX
  • Notions d'acoustique industrielle pour gérer les bruits de tir (limites DREAL arrêtés ICPE)
  • Gestion du stockage des explosifs (obligations art. L2352 Code de la défense, dépôts agréés INERIS)

Formations pour devenir Préposé Au Tir

  • CPT (Certificat de Préposé au Tir) — formation agréée obligatoire, 210 heures théorie + pratique, examen final
  • Formation Foration-Minage dispensée par l'UNICEM Formation (centres à Montalieu-Vercieu, Chagny, Cempuis) — 6 semaines
  • Bac Pro Travaux Publics ou Bac Pro Technicien en Installation des Systèmes Énergétiques et Climatiques — base utile (Bac)
  • BTS Bâtiment, Travaux Publics ou DUT Génie Civil (Bac+2) comme formation préalable
  • Licence Professionnelle Métiers du BTP option Carrières et Matériaux — Bac+3
  • Diplôme d'ingénieur des Mines (Mines ParisTech, Mines Nancy, Mines Saint-Étienne) pour postes d'encadrement — Bac+5
  • Autorisation préfectorale d'acquisition et d'emploi d'explosifs (individuelle, renouvelable tous les 5 ans)
  • Habilitation nucléaire pour les chantiers TP en milieu nucléaire (centrales EDF)
  • Formation SST (Sauveteur Secouriste du Travail) obligatoire
  • Formation recyclage CPT tous les 5 ans (obligation réglementaire)

Grille salariale détaillée

  • Foreur / aide-préposé avant CPT (0-3 ans) : 26 000 – 34 000 € brut/an
  • Préposé au tir titulaire CPT (3-8 ans) : 32 000 – 45 000 € brut/an
  • Préposé confirmé / minage spécial (8-15 ans) : 42 000 – 58 000 € brut/an
  • Responsable de tir / chef de carrière (15+ ans) : 55 000 – 85 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Métier hautement spécialisé et rémunérateur (primes pyrotechniques conséquentes)
  • Métier de niche peu concurrencé (800 préposés au tir en France)
  • Évolutions rapides vers responsable de tir, chef de carrière, expert
  • Diversité des chantiers (carrières, TP, tunnels, démolition spéciale, déminage)
  • Dimension technique et intellectuelle forte (calculs, géologie, physique)
  • Métier stimulant avec adrénaline (mais maîtrisée)
  • Possibilités de mobilité internationale (majors Lafarge, Holcim présents mondialement)

Les moins

  • Responsabilité très lourde (risque d'accidents graves voire mortels)
  • Formation longue et exigeante (CPT 210 heures + autorisation préfectorale)
  • Horaires décalés (tirs souvent matinaux, entre 6h et 8h)
  • Conditions de travail poussiéreuses et bruyantes (carrières)
  • Stress permanent (zéro tolérance à l'erreur)
  • Mobilité géographique (carrières souvent en zone rurale, déplacements fréquents)
  • Métier physique (port de charges, travail en extérieur par tous temps)
  • Réglementation très contraignante (traçabilité, registres, contrôles DREAL)

Secteurs qui recrutent

  • Carrières de granulats — Lafarge Granulats (groupe Holcim, 2 000 sites mondiaux), Eurovia Matériaux (Vinci, 500 sites), Cemex France, Colas Granulats
  • Carrières régionales — Vicat (France), Eqiom (Irlande du Nord), Holcim, CMEG, Roquepine (PME locales)
  • Entreprises de Travaux Publics majeures — Eurovia, Colas, NGE, Demathieu Bard, Vinci Construction Terrassement
  • Tunneliers et ouvrages souterrains — Bouygues Travaux Publics, Eiffage TP, Razel-Bec (tunnels Grand Paris Express)
  • Entreprises de démolition spéciale — TPC (Technique de Protection du Chantier), Démolition Mondeville, DémolitionFrance
  • Mines métallurgiques — Newmont Guyane (or), bauxite Guinée, chantiers d'outre-mer
  • Entreprises de déminage civil — Nemesis, Ifex Expertise, Verax (pour obus et munitions WW1/WW2)
  • Fournisseurs d'explosifs civils — EPC Groupe France (leader français), Dyno Nobel (Nonel), Orica, Davey Bickford
  • INERIS (Institut National de l'Environnement industriel et des Risques) — établissement public de référence
  • Services militaires pyrotechnie (bien que métier civil distinct — Génie des armées, EOD)

Évolution de carrière

Le préposé au tir débute généralement comme foreur ou aide-préposé (26 000 à 34 000 € brut/an) après 1-2 ans d'expérience en carrière, puis obtient son CPT après formation agréée. Comme préposé au tir débutant, il perçoit 32 000 à 42 000 €. Après 5-8 ans d'expérience, un préposé confirmé gère des tirs complexes (40 000 à 52 000 €). Avec 10-15 ans, il peut évoluer vers responsable de tir sur grande carrière ou responsable sécurité pyrotechnique (50 000 à 65 000 €). Les chefs de carrière (ayant intégré le métier via promotion interne) atteignent 55 000 à 75 000 €. Les spécialistes en minage spécial (démolition d'immeubles, tirs sous-marins, tirs en tunnel TBM) sont très recherchés et peuvent atteindre 60 000 à 85 000 €. Les évolutions possibles : formateur CPT dans les centres UNICEM, expert pyrotechnie auprès d'assurances, consultant en génie minier, ingénieur mines (après formation complémentaire), chef d'exploitation de carrière, directeur d'exploitation pour un major (Lafarge, Vicat, Eurovia Matériaux). La convention collective applicable : Convention Collective Nationale des Industries de Carrières et Matériaux de Construction (IDCC 211), complétée par la CCN des Exploitations minières (IDCC 2334) selon le secteur. Les primes pyrotechniques (10-15 % du salaire de base) et les majorations pour travaux spéciaux (démolition, tunnel) augmentent significativement le revenu.

Questions fréquentes sur le métier de Préposé Au Tir

Comment devenir préposé au tir en 2026 ?
Le parcours classique commence par une expérience de 1-2 ans en carrière comme foreur ou aide-préposé, puis la formation CPT (Certificat de Préposé au Tir) dispensée par l'UNICEM Formation dans ses centres de Montalieu-Vercieu (38), Chagny (71) ou Cempuis (60). Cette formation agréée par le ministère chargé des mines comprend 210 heures de théorie et de pratique sur 6 semaines, avec examen final. Une formation préalable en BTP (Bac Pro Travaux Publics, BTS ou DUT Génie Civil) est fortement recommandée. L'autorisation préfectorale individuelle d'acquisition et d'emploi d'explosifs est obligatoire, renouvelable tous les 5 ans. Un recyclage CPT est exigé tous les 5 ans. Les profils ingénieurs (Mines ParisTech, Mines Nancy, Mines Saint-Étienne) accèdent à des postes d'encadrement plus rapidement.
Quel est le salaire d'un préposé au tir en 2026 ?
Un foreur débutant gagne 26 000 à 32 000 € brut/an (convention IDCC 211). Un préposé au tir titulaire du CPT débutant perçoit 32 000 à 42 000 €. Un préposé confirmé (3-8 ans) atteint 35 000 à 45 000 €. Un préposé spécialisé en minage spécial (démolition d'immeubles, tunnels TBM, tirs sous-marins) touche 45 000 à 58 000 €. Les responsables de tir ou chefs de carrière dépassent 55 000 à 85 000 €. Les primes pyrotechniques (10-15 % du salaire de base), les primes de production (quantité de tonnes foisonnées), les primes de grand déplacement et les astreintes complètent le revenu de +20 à +30 %. Les carrières majors (Lafarge, Vicat, Eurovia Matériaux) paient mieux que les PME locales.
Quel est le rôle exact du préposé au tir ?
Le préposé au tir est le responsable technique et légal de l'ensemble du processus de tir de mines. Son rôle comprend : (1) La conception du plan de tir (calcul de la maille de foration, charge par trou, plan de retards). (2) La supervision du forage par les foreurs (vérification conformité au plan). (3) Le chargement des explosifs (choix du produit, quantité, amorçage). (4) La mise en œuvre des détonateurs (raccordement séquentiel avec retards programmés). (5) La sécurisation du périmètre (300-500 m de rayon selon les risques). (6) Le déclenchement du tir (après vérification et décompte réglementaire). (7) Le contrôle du résultat (fragmentation, vibrations, qualité du front de taille). (8) La traçabilité des explosifs (registre obligatoire art. R2352-101 Code de la défense). Il est pénalement responsable en cas d'accident et peut perdre son CPT s'il enfreint la réglementation.
Quels sont les risques du métier de préposé au tir ?
Les risques principaux sont : (1) Ratés de tir (loupés — explosif non détoné, très dangereux lors du déblaiement). (2) Projections de blocs (projections au-delà du périmètre de sécurité de 500 m). (3) Surpression aérienne (onde de choc pouvant endommager les vitres du voisinage — limite 128 dB). (4) Vibrations sismiques (pouvant endommager les constructions voisines — limite 10 mm/s pour habitations selon arrêté 22 septembre 1994). (5) Manipulation d'explosifs (risque d'explosion prématurée, très rare grâce aux émulsions modernes insensibles). (6) Gaz toxiques post-tir (NOx, CO) lors de la rentrée sur la plateforme. (7) Roches instables post-tir (chutes de blocs). La formation CPT met l'accent sur la maîtrise de ces risques et les procédures de sécurité. La France a un des meilleurs bilans de sécurité au monde grâce à une réglementation stricte.
Quel est l'avenir du métier en 2026 ?
Le métier reste stable et porteur pour plusieurs raisons : (1) Besoin constant en granulats (350 millions de tonnes/an en France, 2e producteur européen, nécessaires pour construction, routes, infrastructures). (2) Grands projets de TP (Grand Paris Express 42 milliards € avec 18 tunneliers en activité, nouveau nucléaire EPR2 avec terrassements rocheux massifs, ligne ferroviaire Lyon-Turin). (3) Démolition du parc immobilier vétuste (amiante, déconstruction). (4) Démarche RSE des carrières nécessitant des tirs mieux maîtrisés (vibrations réduites, meilleure fragmentation). (5) Automatisation partielle (amorçage électronique programmable Digishot-iKon, DaveyTronic) qui renforce l'expertise requise. Les 800 préposés actuels vieillissent (50-60 % ont plus de 50 ans), créant un besoin de renouvellement de 200-300 professionnels sur 2026-2035. Le métier est protégé de l'automatisation totale (jugement humain indispensable) et reste une voie valorisante pour les passionnés de géologie et de technique.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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