Comment devenir Paléontologue ?
En bref
- Salaire : 32k à 115k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+8 et plus (8 ans et plus)
- Domaine : Éducation & Formation
- Conditions d'exercice : Terrain / Laboratoire
- Code ROME : K2402
Le paléontologue (ou paléontologiste, aussi appelé chercheur en paléontologie, chargé de recherche CNRS/MNHN, maître de conférences ou professeur des universités en paléontologie selon le niveau hiérarchique, parfois spécialisé en paléoanthropologie, paléobotanique, paléoichnologie, paléogénétique ou paléoclimatologie) est un scientifique spécialisé dans l'étude des êtres vivants ayant peuplé la Terre dans les temps géologiques passés, à partir des traces qu'ils ont laissées (fossiles d'animaux, de végétaux, microfossiles, empreintes, coprolithes, ADN ancien). Son champ couvre toutes les ères géologiques, du Précambrien (4,5 à 0,54 milliards d'années) au Quaternaire (2,58 millions d'années à aujourd'hui), en passant par le Paléozoïque, le Mésozoïque (dinosaures, 252 à 66 millions d'années) et le Cénozoïque. Le code ROME associé est K2402 — Recherche en sciences de l'univers, de la matière et du vivant, avec des passerelles vers K2108 — Enseignement supérieur pour les carrières universitaires et K1602 — Gestion de patrimoine culturel pour les postes en musées.
En France, le paléontologue exerce principalement dans les grands organismes publics de recherche : le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique, sections 30 Paléontologie et 31 Hommes et milieux, environnements et sociétés du passé), le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN, Paris Jardin des Plantes, environ 90 paléontologues et géologues en 2026), l'Institut de Paléoprimatologie et Paléontologie Humaine Évolution et Paléoenvironnements (IPHEP, Poitiers), le Laboratoire de Géologie de Lyon — Terre, Planètes, Environnement (LGL-TPE, ENS de Lyon), le Laboratoire Paléontologie, Évolution, Paléoécosystèmes, Paléoprimatologie (PALEVOPRIM, Poitiers), le Centre de Recherche en Paléontologie Paris (CR2P, MNHN/Sorbonne Université), et les laboratoires UMR mixtes avec les universités (Lyon 1, Montpellier, Toulouse 3, Rennes 1, Aix-Marseille, Paris-Saclay). Les statuts principaux sont identiques à ceux des autres chercheurs EPST : Chargé de Recherche Classe Normale (CRCN, catégorie A, décret n° 83-1260), Directeur de Recherche (DR1, DR2, DRCE), Maître de Conférences (MCF, décret n° 84-431), Professeur des Universités (PR), ainsi que les corps spécifiques du MNHN : Maître de Conférences du MNHN et Professeur du MNHN (décret n° 91-524 du 31 mai 1991 modifié par le décret n° 2017-852 du 6 mai 2017).
Le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), créé en 1793 par la Convention Nationale (loi du 10 juin 1793) et dont le siège historique est à la Galerie de Paléontologie et d'Anatomie Comparée du Jardin des Plantes à Paris (inaugurée en 1898), est l'établissement français emblématique de la paléontologie mondiale. Il abrite des collections exceptionnelles (plus de 150 000 spécimens fossiles) et forme les paléontologues français de haut niveau via son école doctorale. Le recrutement au CNRS et dans les établissements publics se fait par concours national annuel très sélectif (5 à 15 postes de Chargé de Recherche par an toutes paléontologies confondues). Le doctorat en paléontologie (3 à 4 ans) est obligatoire, suivi généralement de 2 à 5 ans de postdoctorats à l'étranger dans les meilleurs laboratoires internationaux (University of California Berkeley, University of Cambridge, Yale Peabody Museum, Natural History Museum de Londres, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig). Le salaire d'un CRCN débutant s'établit autour de 32 000 à 38 000 euros bruts annuels, un MCF à 35 000 euros, et un DR1 expérimenté atteint 65 000 à 78 000 euros. Les financements de recherche proviennent de l'ANR (Agence Nationale de la Recherche), de l'ERC (European Research Council), de la National Geographic Society, de la Leakey Foundation, et de partenariats avec les musées et collectivités territoriales pour les chantiers de fouilles. Les principales revues internationales incluent Nature, Science, PNAS, Journal of Vertebrate Paleontology, Paleobiology, Palaeogeography Palaeoclimatology Palaeoecology. En 2026, la France compte environ 400 paléontologues professionnels actifs, répartis entre recherche publique (CNRS, MNHN, universités), musées nationaux et régionaux (Musée des Confluences Lyon, Musée de Paléontologie d'Eldonia Apt, Musée des Dinosaures d'Espéraza dans l'Aude, Musée de Préhistoire du Thot à Thonac), et un nombre limité de paléontologues indépendants ou employés dans l'archéologie préventive (INRAP).
Salaire
32k - 115k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+8 et plus · Durée : 8 ans et plus
Missions principales
- Organiser et mener des missions de fouilles paléontologiques sur le terrain en France et à l'étranger (Maroc, Éthiopie, Tchad, Chine, Mongolie, Patagonie argentine)
- Excaver, prélever, conditionner et protéger les fossiles découverts en respectant les protocoles stratigraphiques et sédimentologiques
- Préparer les fossiles au laboratoire : dégagement mécanique, chimique, consolidation, restauration, moulage et impression 3D
- Décrire morphologiquement, identifier et dater les fossiles (biostratigraphie, paléomagnétisme, datations isotopiques 14C, Ar/Ar, U/Pb)
- Reconstituer la morphologie et la biomécanique des espèces disparues (anatomie comparée, paléoichnologie des empreintes fossiles)
- Mener des analyses phylogénétiques et cladistiques pour comprendre l'évolution et les relations entre espèces éteintes et vivantes
- Reconstituer les paléoenvironnements et paléoclimats (analyses isotopiques, pollens, foraminifères, paléobotanique)
- Publier des articles scientifiques dans les revues internationales peer-reviewed (Nature, Science, PNAS, Journal of Vertebrate Paleontology)
- Rédiger des demandes de financement (ANR, ERC, National Geographic, Leakey Foundation, Fonds Wenner-Gren)
- Encadrer les doctorants, étudiants en Master et stagiaires dans le cadre du laboratoire
- Contribuer à la muséographie et à la médiation scientifique (expositions, conférences grand public, documentaires, Fête de la Science)
- Gérer et enrichir les collections de fossiles du laboratoire ou du musée (inventaire, conservation, prêts inter-institutions, numérisation)
- Collaborer avec les équipes interdisciplinaires : géologues, géochimistes, biologistes moléculaires (paléogénétique), archéologues
Compétences requises
- Maîtrise approfondie de la géologie, de la stratigraphie et de la sédimentologie
- Connaissance de l'anatomie comparée des vertébrés et des invertébrés (squelette, dentition, morphologie fonctionnelle)
- Techniques de fouilles paléontologiques et archéologiques (relevé, prélèvement, conditionnement, documentation photographique)
- Préparation et conservation des fossiles : dégagement mécanique, traitement chimique, consolidation, moulage, restauration
- Datations radiométriques et chronostratigraphiques (biostratigraphie, magnétostratigraphie, isotopes 14C, Ar/Ar, U/Pb)
- Analyses phylogénétiques et cladistiques (logiciels TNT, PAUP, Mesquite, R phytools) pour établir les arbres évolutifs
- Techniques d'imagerie 3D : scanner microCT, photogrammétrie, imprimante 3D, modélisation géométrique (Avizo, GeomagicTrue)
- Paléogénétique et ADN ancien (pour les spécialistes, en collaboration avec l'Institut Jacques Monod ou le Max Planck Institute)
- Isotopes stables (carbone, oxygène, azote) pour les reconstitutions paléoenvironnementales et paléoclimatiques
- Anglais scientifique courant obligatoire (niveau C1-C2) pour publier et communiquer avec la communauté internationale
- Rédaction scientifique en français et anglais pour articles, monographies et rapports d'expertise
- Gestion de projet de recherche (rédaction d'appels ANR/ERC, budgétisation, planification, partenariats internationaux)
- Connaissance des réglementations (droit des antiquités, autorisations de fouilles, conventions internationales UNESCO)
- Capacité physique et résistance pour les missions de terrain (climats difficiles, sites isolés, campements)
Formations pour devenir Paléontologue
- Doctorat (PhD) en Paléontologie, Géosciences ou Biologie évolutive — formation de 3 à 4 ans en école doctorale après un Master 2
- Master 2 Recherche Paléontologie, Paléoenvironnements, Évolution — Université Pierre et Marie Curie/Sorbonne Université, Lyon 1, Rennes 1, Montpellier, Aix-Marseille, Paris-Saclay
- Master BioGéoSciences ou Paléobiologie — Université de Bourgogne (Dijon), Université de Lille, Université de Poitiers
- École Normale Supérieure (ENS Paris, Lyon, Cachan, Rennes) avec agrégation SVT pour les profils d'excellence
- Licence de Sciences de la Vie, de Sciences de la Terre et de l'Environnement (STE), de Biologie-Géologie — dans de nombreuses universités françaises
- Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN, Paris) — propre école doctorale (ED 227 Sciences de la Nature et de l'Homme) et cursus Licence/Master spécialisés
- Postdoctorat à l'étranger (2 à 5 ans) dans un laboratoire international prestigieux (Berkeley, Cambridge, Yale Peabody, Natural History Museum Londres, Max Planck Leipzig)
- HDR (Habilitation à Diriger des Recherches) obligatoire pour encadrer des thèses et évoluer vers Directeur de Recherche ou Professeur des Universités
- DU ou Certificats en muséologie scientifique (École du Louvre, INP Institut National du Patrimoine) pour les postes en musées
- Formations continues Inserm, CNRS, MNHN en techniques de pointe (imagerie 3D, paléogénétique, isotopes stables, phylogénétique moléculaire)
Grille salariale détaillée
- CRCN / MCF débutant (0-5 ans) — IM 441-600, décret 83-1260 EPST ou 84-431 universités : 32 000 – 42 000 € brut/an
- CRCN confirmé / MCF confirmé (5-15 ans) — IM 600-800, avec HDR : 42 000 – 56 000 € brut/an
- CRHC / DR2 / PR classe normale (15-25 ans) — IM 730-972, directeur équipe : 54 000 – 72 000 € brut/an
- DR1 / DRCE / PR Classe Exceptionnelle (25+ ans) — IM 900-HEE, directeur labo MNHN : 68 000 – 115 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier scientifique passionnant qui combine travail de terrain (missions internationales) et laboratoire
- Contribution à la compréhension de l'histoire de la vie et de l'évolution (+4 milliards d'années)
- Découvertes potentielles majeures (nouvelles espèces, nouveaux taxons, reconstitutions paléoenvironnementales)
- Dimension aventure et exploration (sites éloignés en Afrique, Asie, Amérique du Sud, Antarctique)
- Prestige des postes dans les grands organismes (MNHN, CNRS, musées internationaux)
- Dimension patrimoniale et éducative (collections, expositions, transmission au grand public)
- Collaborations internationales dynamiques avec les meilleurs laboratoires mondiaux
Les moins
- Études extrêmement longues (8 à 12 ans après le bac : 5 ans Master + 3-4 ans doctorat + postdocs)
- Concurrence extrême pour les postes titulaires (5 à 15 postes CNRS/MNHN par an toutes paléontologies)
- Précarité importante avant l'obtention d'un poste permanent (CDD, postdocs à l'étranger)
- Missions de terrain physiquement éprouvantes (climats extrêmes, sites isolés, risques sanitaires)
- Financement des missions de fouilles souvent difficile (ANR, fondations privées, partenariats)
- Salaires modestes comparés aux années d'études (32 000-38 000 euros pour un CR débutant Bac+12)
Secteurs qui recrutent
- Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) — Paris Jardin des Plantes, fondé en 1793, principal employeur français en paléontologie
- CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) — Sections 30 Paléontologie et 31 Hommes et milieux, laboratoires UMR mixtes
- Laboratoires CNRS de paléontologie : CR2P (Centre de Recherche en Paléontologie Paris, MNHN/Sorbonne Université/CNRS), LGL-TPE (Lyon ENS/Université Lyon 1), PALEVOPRIM (Poitiers), ISE-M Montpellier
- Institut de Paléoprimatologie et Paléontologie Humaine Évolution et Paléoenvironnements (IPHEP, Poitiers) — spécialisé paléoanthropologie
- Universités avec masters en paléontologie : Sorbonne Université Paris, Lyon 1 Claude Bernard, Montpellier, Rennes 1, Aix-Marseille, Paris-Saclay, Poitiers, Dijon
- Musées régionaux spécialisés : Musée des Confluences (Lyon), Musée des Dinosaures d'Espéraza (Aude), Musée de Paléontologie d'Eldonia (Apt, Vaucluse), Musée du Paléospace (Villers-sur-Mer, Calvados)
- Géoparcs mondiaux UNESCO en France : Géoparc des Causses du Quercy, Haute-Provence, Massif des Bauges, Chablais, Luberon, Monts d'Ardèche, Massif Central, Beaujolais
- Musées internationaux : Natural History Museum (Londres), Museum of Natural History (Berkeley), Yale Peabody Museum, Field Museum (Chicago), Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology (Leipzig)
- INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) — archéologie préventive avec parfois composante paléontologique
- Services publics de gestion du patrimoine : DRAC (Directions Régionales des Affaires Culturelles), Conservatoires d'Espaces Naturels, Parcs Naturels Régionaux
- Éditions scientifiques et vulgarisation : Pour la Science, La Recherche, Science et Vie, Arte documentaires nature et sciences
- Organisations internationales : IUGS (International Union of Geological Sciences), UNESCO Programme Géoparcs, IPA (International Palaeontological Association)
Évolution de carrière
La carrière d'un paléontologue suit un parcours similaire aux autres chercheurs de la recherche publique française, extrêmement sélectif. Après un doctorat en paléontologie (3 à 4 ans, financé par une allocation doctorale MESR, une bourse de fondation ou un contrat CIFRE) et un ou plusieurs postdoctorats à l'étranger (2 à 5 ans, souvent dans les grands musées et universités anglo-saxonnes ou allemandes), le jeune paléontologue candidate aux concours nationaux très compétitifs : CNRS (sections 30 Paléontologie et 31 Hommes et milieux), Inserm, MNHN (propre concours), universités (MCF). Seulement 5 à 15 postes permanents sont ouverts chaque année en paléontologie toutes institutions confondues, ce qui fait de cette discipline l'une des plus difficiles d'accès. Le statut de Chargé de Recherche Classe Normale (CRCN, catégorie A, décret n° 83-1260) correspond à un indice majoré IM 441 à 830 (salaire brut mensuel de 2 300 à 4 330 euros, soit environ 32 000 à 54 000 euros bruts annuels avec primes). Après 5 à 10 ans et obtention de la HDR (Habilitation à Diriger des Recherches), le chercheur peut évoluer vers le grade de Chargé de Recherche Hors Classe (CRHC), puis Directeur de Recherche DR2 (IM 730-972), DR1 (IM 830-1115) et DR Classe Exceptionnelle (DRCE), avec des salaires de 55 000 à 95 000 euros. Au MNHN, le cadre d'emploi spécifique (décret n° 91-524) propose les grades de Maître de Conférences du MNHN et Professeur du MNHN, avec des missions mixant recherche, enseignement, gestion des collections et muséographie. Dans les universités, le parcours parallèle passe par un recrutement comme Maître de Conférences (MCF, décret n° 84-431, IM 469 à 821) puis Professeur des Universités (PR). Les évolutions possibles incluent : direction d'équipe puis de laboratoire UMR ; direction d'un département scientifique au MNHN ; conservation en musée régional (Musée des Confluences Lyon, Musée des Dinosaures d'Espéraza, Musée de Sansan, Musée du Paléospace Villers-sur-Mer) avec statut de Conservateur du Patrimoine (INP Institut National du Patrimoine) ; détachement à l'ANR, à l'UNESCO, à la Commission européenne pour l'expertise scientifique et la protection du patrimoine géologique. Certains paléontologues décrochent des financements prestigieux ERC (European Research Council) Starting/Consolidator/Advanced Grants. Les passerelles vers le conseil en géoparcs (Géoparcs mondiaux UNESCO, dont 8 en France en 2026), la médiation scientifique (documentaires, expositions, éditions), l'édition scientifique et la communication sont possibles. Les paléontologues ayant participé à des découvertes majeures (comme Yves Coppens pour Lucy en 1974, ou Michel Brunet pour Toumaï en 2001) bénéficient d'une reconnaissance nationale et internationale considérable.
Questions fréquentes sur le métier de Paléontologue
- Comment devenir paléontologue en 2026 ?
- Le parcours type dure 10 à 12 ans après le baccalauréat. Il commence par une Licence de Sciences de la Vie (Biologie) ou de Sciences de la Terre et de l'Environnement (STE, géologie) selon l'orientation souhaitée (paléontologie animale et humaine ou paléobotanique et géologie stratigraphique). Vient ensuite un Master 2 recherche spécialisé en Paléontologie, Paléoenvironnements, Évolution dispensé dans quelques universités : Sorbonne Université Paris (Master BEE Biologie Évolutive et Écologie), Université Claude Bernard Lyon 1, Université de Montpellier, Université de Rennes 1, Aix-Marseille Université, Université de Poitiers (spécialisée en paléoprimatologie), ou un cursus spécifique au Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) avec son école doctorale ED 227 Sciences de la Nature et de l'Homme. Le doctorat en paléontologie (3 à 4 ans) est obligatoire pour accéder aux postes de recherche, généralement financé par une allocation doctorale du Ministère de l'Enseignement Supérieur, une bourse de fondation (Fyssen, Leakey, National Geographic) ou un contrat CIFRE. Après la thèse, 2 à 5 ans de postdoctorat à l'étranger (Natural History Museum Londres, Berkeley, Yale Peabody, Max Planck Leipzig, Cambridge) sont généralement nécessaires pour être compétitif. L'accès aux postes permanents se fait par concours très sélectifs : CNRS (sections 30 et 31), MNHN, universités (MCF). Seule une petite proportion des doctorants obtient un poste permanent dans cette discipline où les ouvertures sont rares.
- Quel est le salaire d'un paléontologue en 2026 ?
- Les salaires sont identiques à ceux des autres chercheurs de la recherche publique française. Un doctorant en paléontologie perçoit une allocation doctorale d'environ 1 900 à 2 100 euros bruts mensuels. Un postdoctorant gagne entre 2 500 et 3 500 euros bruts selon les financements. Un Chargé de Recherche Classe Normale (CRCN, ex-CR2) au CNRS ou au MNHN débute à 32 000 à 38 000 euros bruts annuels (IM 441, décret n° 83-1260), et peut atteindre 50 000 à 54 000 euros en fin de grade. Le grade Chargé de Recherche Hors Classe (CRHC) permet d'atteindre 55 000 à 67 000 euros. Un Directeur de Recherche DR2 (IM 730-972) gagne 50 000 à 65 000 euros, DR1 (IM 830-1115) atteint 58 000 à 78 000 euros, et DR Classe Exceptionnelle (DRCE) dépasse 80 000 à 100 000 euros. Les Maîtres de Conférences en Universités (MCF, décret n° 84-431) débutent à 35 000 euros et les Professeurs des Universités (PR) de classe exceptionnelle peuvent dépasser 100 000 à 115 000 euros en fin de carrière. Les primes ERC (European Research Council) et les primes d'encadrement doctoral complètent ces salaires. Les conservateurs de musées dépendent du cadre d'emploi de l'INP (Institut National du Patrimoine, décret n° 90-404) avec des salaires de 35 000 à 85 000 euros selon l'ancienneté et le grade.
- Quelles sont les grandes spécialités de la paléontologie ?
- La paléontologie est une discipline vaste subdivisée en plusieurs spécialités. La paléontologie des vertébrés étudie les fossiles d'animaux à squelette interne : poissons, amphibiens, reptiles (dont dinosaures), oiseaux, mammifères. La paléontologie des invertébrés étudie les fossiles sans squelette interne : trilobites, ammonites, brachiopodes, coraux, bivalves, gastéropodes, éponges. La micropaléontologie étudie les fossiles microscopiques : foraminifères, ostracodes, pollens, diatomées, souvent utilisés pour la biostratigraphie. La paléobotanique étudie les fossiles de plantes (bois silicifiés, feuilles, graines, pollens). La paléoanthropologie étudie l'évolution humaine et les ancêtres d'Homo sapiens (australopithèques, Homo erectus, Néandertal), à la frontière entre paléontologie et archéologie préhistorique. La paléogénétique extrait et analyse l'ADN ancien (ADN fossile, jusqu'à 1 million d'années) pour reconstituer l'évolution génétique (domaine développé au Max Planck Institute de Leipzig par Svante Pääbo, prix Nobel 2022). La paléoclimatologie étudie les climats passés à partir des isotopes stables, sédiments, glaces, pollens. La paléoichnologie étudie les traces fossiles (empreintes de pas, terriers, pistes). La paléobiologie intègre des approches d'évolution, d'écologie et de biomécanique pour comprendre comment vivaient les espèces disparues. Chaque paléontologue se spécialise généralement dans une ou deux de ces sous-disciplines au cours de sa thèse.
- Quels sont les principaux laboratoires et musées de paléontologie en France ?
- Le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN, Paris Jardin des Plantes), fondé en 1793, est l'institution emblématique de la paléontologie française. Il abrite la Galerie de Paléontologie et d'Anatomie Comparée (inaugurée en 1898), avec des collections exceptionnelles de plus de 150 000 spécimens fossiles, et le CR2P (Centre de Recherche en Paléontologie Paris), UMR mixte MNHN/Sorbonne Université/CNRS, l'un des plus grands laboratoires mondiaux du domaine. Le Laboratoire de Géologie de Lyon — Terre, Planètes, Environnement (LGL-TPE, ENS de Lyon/Université Lyon 1), l'Institut des Sciences de l'Évolution de Montpellier (ISE-M), le laboratoire PALEVOPRIM à Poitiers (spécialisé en paléoanthropologie), et le laboratoire Géosciences Rennes sont des centres majeurs de recherche. Plusieurs musées régionaux proposent des collections et activités de recherche : Musée des Confluences (Lyon, inauguré en 2014, architecture de Coop Himmelb(l)au), Musée des Dinosaures d'Espéraza (Aude, site de Bellevue avec d'importantes fouilles de dinosaures du Crétacé), Musée de Paléontologie d'Eldonia à Apt (Vaucluse), Musée du Paléospace à Villers-sur-Mer (Calvados, jurassique des Vaches Noires), Musée de Sansan (Gers, site miocène), Musée d'Histoire Naturelle de Toulouse. La France compte également 8 Géoparcs mondiaux UNESCO qui valorisent le patrimoine géologique et paléontologique (Causses du Quercy, Haute-Provence, Luberon, Massif des Bauges, Chablais, Monts d'Ardèche, Massif Central, Beaujolais).
- Quelles sont les perspectives d'emploi pour un paléontologue en France ?
- Les perspectives d'emploi en paléontologie sont malheureusement limitées et très compétitives. La discipline est l'une des plus petites en sciences avec seulement 5 à 15 postes permanents ouverts chaque année en France toutes paléontologies confondues (CNRS, MNHN, universités). La compétition internationale est forte et le parcours d'accès long (10-12 ans après le bac). Les paléontologues titulaires en France sont environ 400, principalement au MNHN (90 environ), dans les laboratoires CNRS (Paris, Lyon, Montpellier, Poitiers, Rennes) et dans quelques universités. Les postes dans les musées régionaux (Espéraza, Villers-sur-Mer, Apt) sont peu nombreux mais offrent des perspectives dans la conservation patrimoniale et la médiation scientifique (diplôme de Conservateur du Patrimoine de l'INP). Les géoparcs mondiaux UNESCO (8 en France en 2026) créent quelques emplois dans la valorisation du patrimoine géologique. L'archéologie préventive (INRAP Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) propose rarement des postes spécifiquement paléontologiques. Les passerelles vers la médiation scientifique (documentaires Arte, France Télévisions, National Geographic), l'édition scientifique et la communication sont possibles. Certains paléontologues contribuent à des projets de conseil scientifique (expositions, films, éditions jeunesse, musées). Le métier reste une vocation pour des passionnés acceptant une certaine précarité et la mobilité géographique internationale.
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME K2402 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Paléontologue (www.onisep.fr)
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