Comment devenir Ingénieur Forestier ?

En bref

  • Salaire : 28k à 50k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : Agriculture & Animaux
  • Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
  • Code ROME : A1303

L'ingénieur forestier est un cadre technique et scientifique chargé de la gestion durable des espaces boisés. En France, la forêt couvre environ 17 millions d'hectares, soit 31 % du territoire métropolitain, et la filière forêt-bois emploie plus de 400 000 personnes. Le métier est référencé sous le code ROME A1303 (Ingénierie en agriculture et environnement naturel). En 2026, la demande d'ingénieurs forestiers reste soutenue, portée par les enjeux climatiques, les plans nationaux de reforestation (objectif 50 000 hectares reboisés par an dans le cadre du plan France 2030) et la nécessité d'adapter les peuplements au changement climatique. Au quotidien, l'ingénieur forestier élabore des plans d'aménagement sur 15 à 25 ans, supervise les opérations sylvicoles (coupes, éclaircies, reboisements), veille à la santé des peuplements face aux ravageurs (scolytes, chenilles processionnaires) et aux maladies (chalarose du frêne). Il concilie les fonctions multiples de la forêt : production de bois d'œuvre et de bois-énergie, préservation de la biodiversité, protection des sols et des ressources en eau, accueil du public. Il travaille en étroite collaboration avec les techniciens forestiers, les exploitants, les agents de l'Office National des Forêts (ONF), les Centres Régionaux de la Propriété Forestière (CRPF) et les collectivités territoriales. L'ingénieur forestier utilise au quotidien des outils de cartographie SIG (QGIS, ArcGIS), des logiciels de modélisation de croissance (Capsis), des inventaires par laser aéroporté (LiDAR) et des bases de données dendrométriques. Il peut travailler en forêt publique (domaniale ou communale, gérée par l'ONF, qui emploie environ 8 400 agents) ou en forêt privée (les trois quarts de la forêt française), au sein de coopératives forestières comme Alliance Forêts Bois, Unisylva ou la CFBL, ou encore dans des bureaux d'études environnementaux (ONF International, Biotope, Ecosphere). Il peut également exercer dans la recherche à l'INRAE, au CIRAD ou à AgroParisTech. La polyvalence de ce métier exige des compétences à la fois scientifiques (écologie, botanique, pédologie), techniques (dendrométrie, exploitation forestière) et managériales (gestion d'équipes, négociation avec les propriétaires). C'est un métier de terrain à forte composante environnementale, où chaque décision a un impact visible à l'échelle de plusieurs décennies.

Salaire

28k - 50k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Élaborer et mettre en œuvre des plans d'aménagement forestier sur des horizons de 15 à 25 ans
  • Superviser les opérations sylvicoles : martelage, coupes d'éclaircie, coupes de régénération et reboisements
  • Réaliser des inventaires forestiers par placettes permanentes, relascope ou technologie LiDAR
  • Diagnostiquer l'état sanitaire des peuplements et organiser la lutte contre les ravageurs et maladies
  • Piloter des projets de reforestation adaptée au changement climatique avec des essences résilientes
  • Gérer les certifications PEFC et FSC pour garantir une exploitation durable du bois
  • Cartographier les massifs à l'aide de QGIS et exploiter les données de télédétection satellitaire
  • Coordonner les équipes de techniciens forestiers et d'ouvriers sylvicoles sur le terrain
  • Rédiger les documents de gestion durable et les bilans annuels pour les propriétaires et collectivités
  • Concilier la production de bois d'œuvre avec la préservation de la biodiversité et des corridors écologiques
  • Négocier les ventes de bois sur pied ou en bord de route avec les exploitants et les scieries
  • Assurer une veille réglementaire et scientifique sur les politiques forestières européennes et nationales

Compétences requises

  • Sylviculture et dendrométrie (inventaires, tarifs de cubage, modèles de croissance)
  • Cartographie SIG : QGIS, ArcGIS, traitement de données LiDAR
  • Logiciel de modélisation forestière Capsis et bases de données IFN
  • Écologie forestière : pédologie, phytosociologie, dynamique des peuplements
  • Droit forestier et code de l'environnement
  • Certifications de gestion durable PEFC et FSC
  • Gestion de projet et management d'équipes terrain
  • Botanique et reconnaissance des essences (feuillus, résineux, exotiques)
  • Techniques d'exploitation forestière et mécanisation (abatteuse, porteur)
  • Pathologie forestière : identification des ravageurs et maladies
  • Économie du bois et marchés internationaux des produits forestiers
  • Rédaction de documents techniques et rapports d'aménagement
  • Négociation commerciale et relation avec les propriétaires forestiers
  • Télédétection satellitaire et drone pour le suivi des peuplements
  • Statistiques appliquées et analyse de données (R, Python)

Formations pour devenir Ingénieur Forestier

  • Diplôme d'ingénieur forestier AgroParisTech (ex-ENGREF), formation de référence en France
  • Diplôme d'ingénieur de l'École Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg (ENGEES)
  • Master Forêt, Agronomie et Génie de l'Environnement (FoAGE) — AgroParisTech / Université de Lorraine
  • BTSA Gestion Forestière (Bac+2), voie d'entrée vers les écoles d'ingénieurs sur titre
  • Master Biodiversité, Écologie et Évolution, parcours Écologie Forestière — Université de Montpellier
  • Concours externe de l'ONF catégorie A pour devenir ingénieur des ponts, des eaux et des forêts (IPEF)
  • Licence professionnelle Métiers de la forêt — Université de Bordeaux ou Université de Lorraine
  • Diplôme d'ingénieur ENSTIB (École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois) à Épinal

Grille salariale détaillée

  • Junior (0-2 ans) : 28 000 – 34 000 € brut/an
  • Confirmé (3-7 ans) : 35 000 – 45 000 € brut/an
  • Senior (7-12 ans) : 45 000 – 60 000 € brut/an
  • Directeur / Expert (12+ ans) : 60 000 – 85 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Travail en pleine nature avec un impact environnemental direct et positif sur les écosystèmes
  • Métier à forte demande en raison des plans de reforestation nationaux et des enjeux climatiques
  • Diversité des missions : terrain, bureau, management, négociation, recherche
  • Stabilité de l'emploi, notamment dans la fonction publique (ONF, IPEF)
  • Possibilité de s'installer en tant qu'expert forestier indépendant avec une clientèle diversifiée

Les moins

  • Conditions de terrain parfois difficiles : intempéries, terrains accidentés, isolement en forêt
  • Résultats visibles seulement sur le très long terme (cycles forestiers de 30 à 150 ans)
  • Rémunération en début de carrière modeste par rapport au niveau d'études requis (Bac+5)
  • Pression administrative et réglementaire croissante, avec multiplication des dossiers et des consultations

Secteurs qui recrutent

  • Office National des Forêts (ONF) — principal employeur public forestier en France
  • Centres Régionaux de la Propriété Forestière (CRPF) — conseil aux propriétaires privés
  • Coopératives forestières : Alliance Forêts Bois, Unisylva, CFBL, Forestière de la CDC
  • Bureaux d'études environnementaux : Biotope, Ecosphere, ONF International
  • Parcs nationaux et parcs naturels régionaux (PNR)
  • Recherche et enseignement : INRAE, CIRAD, AgroParisTech, universités
  • Collectivités territoriales (services environnement des régions et départements)
  • Industrie du bois : scieries, papeteries (groupe Sylvamo, Norske Skog Golbey)
  • Organismes de certification et d'audit (PEFC France, FSC)
  • Organisations internationales : FAO, Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE)

Évolution de carrière

En début de carrière, l'ingénieur forestier junior perçoit entre 28 000 et 34 000 euros bruts annuels, généralement en tant que chargé de mission ou technicien supérieur dans un organisme public (ONF, CRPF) ou un bureau d'études. Après 3 à 5 ans d'expérience, il accède à des postes de responsable d'unité territoriale à l'ONF ou de chef de projet en coopérative forestière, avec un salaire de 35 000 à 45 000 euros bruts. Le profil senior (8 à 12 ans) peut devenir directeur d'agence ONF, directeur technique d'une coopérative comme Alliance Forêts Bois ou Unisylva, ou expert forestier agréé par le CNEFAF, avec une rémunération de 45 000 à 60 000 euros bruts. Les postes de direction (directeur régional ONF, directeur de parc naturel régional, directeur général de coopérative) atteignent 60 000 à 85 000 euros bruts annuels. L'ingénieur forestier peut aussi s'orienter vers l'expertise indépendante (expert forestier libéral, revenus variables de 50 000 à 100 000 euros selon le portefeuille), l'enseignement-recherche (INRAE, CIRAD) ou la coopération internationale (ONF International, FAO).

Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur Forestier

Quelle est la différence entre un ingénieur forestier et un technicien forestier ?
Le technicien forestier (Bac+2, BTSA Gestion Forestière) travaille principalement sur le terrain : il réalise les martelages, supervise les coupes et accompagne les ouvriers sylvicoles au quotidien. L'ingénieur forestier (Bac+5) a une vision plus globale et stratégique : il conçoit les plans d'aménagement à long terme, pilote des projets de recherche appliquée, gère des équipes de techniciens et négocie avec les propriétaires et les collectivités. À l'ONF, les techniciens sont recrutés en catégorie B tandis que les ingénieurs relèvent de la catégorie A. L'ingénieur peut aussi se spécialiser dans la recherche (INRAE, CIRAD) ou l'expertise (CNEFAF), des voies rarement accessibles aux techniciens sans reprise d'études.
L'ingénieur forestier est-il un métier d'avenir face au changement climatique ?
Absolument. Le changement climatique place la forêt au cœur des enjeux environnementaux : adaptation des peuplements aux sécheresses et aux canicules, migration assistée des essences, séquestration du carbone, prévention des méga-feux. Le plan France 2030 prévoit un investissement massif dans le renouvellement forestier avec 150 millions d'euros dédiés. L'ONF recrute chaque année de nouveaux ingénieurs pour répondre à ces défis. Les coopératives forestières et les bureaux d'études cherchent également des profils capables de concevoir des itinéraires sylvicoles innovants. La demande en bois de construction (RE2020) renforce aussi le besoin de gestion professionnelle des ressources. C'est un métier en pleine transformation, où les compétences en modélisation climatique et en écologie fonctionnelle deviennent indispensables.
Comment devenir ingénieur forestier sans passer par une école d'ingénieurs ?
Plusieurs voies alternatives existent. La plus courante est de commencer par un BTSA Gestion Forestière, puis d'intégrer une école d'ingénieurs sur titre (AgroParisTech, ENSTIB) ou de poursuivre en licence professionnelle puis en master Forêt. Il est aussi possible de passer le concours interne de l'ONF après quelques années comme technicien forestier. Enfin, certains masters universitaires comme le master FoAGE (AgroParisTech/Université de Lorraine) ou le master Écologie Forestière à Montpellier sont accessibles après une licence en biologie ou sciences de l'environnement. Ces parcours universitaires permettent d'accéder aux mêmes postes, même si le titre d'ingénieur diplômé reste un avantage pour la progression dans la fonction publique.
Quel est le quotidien type d'un ingénieur forestier en poste à l'ONF ?
Un ingénieur forestier à l'ONF partage son temps entre le terrain (40-60 %) et le bureau (40-60 %), selon la saison et le poste. Sur le terrain, il effectue des tournées de martelage avec ses techniciens, visite les chantiers d'exploitation, réalise des diagnostics sanitaires et rencontre les élus des communes forestières. Au bureau, il rédige les aménagements forestiers, analyse les données d'inventaire sur QGIS, prépare les ventes de bois et traite les dossiers administratifs. En automne-hiver, les ventes de bois et les coupes sont prioritaires ; au printemps, ce sont les reboisements et les suivis de régénération. Il participe aussi à des réunions avec les partenaires (CRPF, parcs naturels, chasseurs). La polyvalence est essentielle : un même jour peut combiner une réunion en mairie, une expertise de terrain et la rédaction d'un rapport technique.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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