Comment devenir Ingénieur en Construction Navale ?
En bref
- Salaire : 38k à 52k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+5 (5 ans après le bac)
- Domaine : Industrie & Ingénierie
- Conditions d'exercice : Bureau d'études / Chantier naval
- Code ROME : H1206
L'ingénieur en construction navale conçoit, dimensionne, fait construire et certifie tous types de navires : paquebots, porte-conteneurs, méthaniers, frégates, sous-marins, chalutiers, voiliers de course ou yachts. Il intervient sur l'architecture navale (formes de carène, hydrodynamique), la structure, la propulsion, les systèmes (électricité, fluide, automatisme), la sécurité et l'aménagement intérieur. Selon sa spécialité, il peut piloter un programme entier ou se spécialiser sur une discipline (CFD, structure, vibrations, propulsion). Le métier exige une parfaite maîtrise des règles de classification (Bureau Veritas, DNV, Lloyd's Register, RINA, ABS) et des conventions internationales SOLAS, MARPOL et MLC.
En 2026, la filière française de construction navale est portée par les Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire), Naval Group (Cherbourg, Lorient, Brest, Toulon), CMN Cherbourg, Piriou (Concarneau) et de nombreux chantiers de plaisance (Bénéteau, Fountaine Pajot, Lagoon). Selon le GICAN (Groupement des Industries de Construction et Activités Navales), la filière représente environ 45 000 emplois directs et un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros. Naval Group pilote des programmes structurants : FREMM, Barracuda (sous-marins nucléaires d'attaque), SNLE 3G (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de 3e génération), pour un plan de charge sécurisé jusqu'en 2040. Les Chantiers de l'Atlantique cumulent un carnet de commandes record sur paquebots et navires offshore (sous-stations électriques pour parcs éoliens). Le code ROME associé est H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel.
Une journée type combine modélisation CAO (CATIA, FORAN, ShipConstructor, AVEVA Marine), calculs hydrodynamiques (CFD : Star-CCM+, Fine/Marine), dimensionnement structure (NASTRAN, Abaqus), revues plateau et présence sur site lors des phases d'intégration et d'essais en mer. Les environnements vont du bureau d'études aux cales sèches, des halls d'assemblage aux quais d'armement et à la mer (essais d'acceptation), avec un fort travail en équipe pluridisciplinaire (architectes navals, ingénieurs systèmes, soudeurs, chaudronniers, électriciens marine).
Les conditions de travail combinent bureau d'études et présence sur chantier, avec des déplacements fréquents (client armateur, classification, sites partenaires). Le télétravail est possible sur les phases de calcul et de design (1 à 2 jours/semaine), mais limité dès qu'il faut accéder aux navires en construction. Les contraintes : programmes longs (3 à 7 ans pour un navire), dépendance forte aux jalons financiers et aux livraisons clients, environnement chantier (EPI, hauteur, milieux confinés), classifications strictes et contraintes de défense (habilitation pour Naval Group). Les perspectives sont solides : commandes militaires sécurisées (FREMM, SNA Suffren, FDI), boom des paquebots de croisière, éolien offshore (sous-stations, jackets, plateformes), sous-marins export et énergies marines renouvelables.
Salaire
38k - 52k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+5 · Durée : 5 ans après le bac
Missions principales
- Concevoir l'architecture navale (formes de carène, devis de poids, équilibre, stabilité) sur logiciels FORAN, CATIA Marine, AVEVA
- Réaliser les calculs hydrodynamiques (résistance à l'avancement, manœuvrabilité, tenue à la mer) en CFD (Star-CCM+, Fine/Marine)
- Dimensionner la structure du navire (RDM, fatigue, vibrations) selon les règles BV, DNV, Lloyd's Register, RINA ou ABS
- Spécifier les systèmes propulsifs (diesel, gaz, électrique, hybride, nucléaire) et les auxiliaires (HVAC, fluides, électricité)
- Piloter les revues de conception (avant-projet, basic design, detailed design, production design) avec le client armateur
- Coordonner les fournisseurs et sous-traitants (motoristes, équipementiers marine, chaudronniers)
- Assurer la conformité réglementaire SOLAS, MARPOL, MLC, conventions OMI et règles de la société de classification
- Suivre la construction sur chantier et participer aux essais en bassin (carène), aux essais à quai et aux essais en mer (sea trials)
- Documenter le navire (dossier de construction, manuels, plans as-built) et assurer la traçabilité de la configuration
- Contribuer aux projets de décarbonation maritime : GNL, méthanol, ammoniac, hydrogène, propulsion vélique, batteries
- Participer aux projets de défense : frégates FDI, FREMM, SNA Barracuda, SNLE 3G, sous-marins export Scorpène
- Réaliser la veille technologique sur l'éolien offshore, les énergies marines renouvelables, la robotique navale et l'autonomie
Compétences requises
- Architecture navale (théorie du navire, hydrostatique, stabilité, hydrodynamique)
- CAO marine : FORAN, CATIA Marine, AVEVA Marine, ShipConstructor, Rhino + Orca3D
- Simulation CFD : Star-CCM+, Fine/Marine, OpenFOAM
- Calcul de structures : NASTRAN, Abaqus, Ansys, FemAP
- Règles de classification : Bureau Veritas (BV), DNV, Lloyd's Register, RINA, ABS
- Conventions internationales : SOLAS, MARPOL, MLC, IMO IGF Code, IGC Code
- Connaissance des matériaux : aciers HLE, aluminium marine, composites
- Notions en propulsion : moteurs diesel marine, turbines, propulsion électrique, hybride, nucléaire (Naval Group)
- PLM : 3DEXPERIENCE, Teamcenter, AVEVA, Smart 3D
- Programmation : Python, MATLAB, scripts pour automatiser les calculs
- Anglais technique courant (langue de travail dans les contrats internationaux)
- Gestion de projet long-terme (planning, jalons, gestion des coûts, gestion des risques)
- Démarche qualité ISO 9001, AS/EN 9100 (pour les programmes défense)
- Sensibilisation à la décarbonation maritime, GNL, méthanol, ammoniac, hydrogène
Formations pour devenir Ingénieur en Construction Navale
- Diplôme d'ingénieur ENSTA Bretagne — Brest, spécialité hydrographie, architecture navale, défense (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur École Navale (Lanvéoc-Poulmic) — formation officier marine + ingénieur (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur Centrale Nantes — option Génie Océanique et bassin d'essais des carènes (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENSM (École Nationale Supérieure Maritime) — Le Havre, Marseille, Nantes, Saint-Malo (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENI Brest — Génie Mécanique avec option marine (CTI, Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur Arts et Métiers (ENSAM) — option construction navale au campus Bordeaux-Talence (CTI, Bac+5)
- Master Génie Océanique / Marine Engineering — universités de Brest, Nantes, La Rochelle (Bac+5)
- Mastère spécialisé MS Construction navale et offshore (ENSTA Bretagne, Centrale Nantes, Bac+6)
- Admissions parallèles fréquentes après prépa MP/PC/PSI ou BUT GMP, alternance possible chez Naval Group et Chantiers de l'Atlantique
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 38 000 – 46 000 € brut/an
- Confirmé (2-5 ans) : 48 000 – 62 000 € brut/an
- Senior (5-10 ans) : 62 000 – 82 000 € brut/an
- Lead / Expert / Chef de projet (10+ ans) : 80 000 – 120 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Filière française d'excellence avec carnet de commandes solide jusqu'en 2040 (Naval Group, Chantiers de l'Atlantique)
- Diversité des projets : militaire, civil, croisière, plaisance, offshore, EMR, sous-marin
- Salaire compétitif dès le début de carrière (38-52 k€ jeune diplômé)
- Forte dimension internationale (export Scorpène, paquebots Royal Caribbean, MSC, Disney)
- Projets emblématiques et fierté de voir le navire prendre forme et naviguer
Les moins
- Grilles ingénieur cadre Syntec figées en début de carrière, écart entre constructeurs (Naval Group, Chantiers Atlantique) et sous-traitance
- Déplacements fréquents sur sites (Saint-Nazaire, Cherbourg, Lorient, Brest) et présence sur chantier en environnement contraint (EPI, hauteur, milieux confinés)
- Stress lié aux jalons livraison armateur, aux essais en mer et aux pénalités contractuelles en cas de retard
- Forte pression défense : habilitation confidentielle, contraintes ITAR / contrôle export, programmes très politiques
- Programmes longs (3 à 7 ans pour un navire) qui exigent patience et capacité à composer avec les changements de spécifications
- Sites principalement implantés en bord de mer (Bretagne, Atlantique, Manche), peu de mobilité géographique vers l'intérieur
Secteurs qui recrutent
- Constructeurs militaires : Naval Group (Cherbourg, Lorient, Brest, Toulon), CMN Cherbourg
- Constructeurs civils : Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire), Piriou (Concarneau), Socarenam, OCEA
- Plaisance et yachts : Bénéteau Group (Bénéteau, Lagoon), Fountaine Pajot, OceanCo, Tankoa, Wally
- Armateurs : CMA CGM, Louis Dreyfus Armateurs, Brittany Ferries, Corsica Linea, La Méridionale
- Sociétés de classification : Bureau Veritas (BV), DNV, Lloyd's Register, RINA, ABS
- Offshore et énergies marines : Saipem, Subsea 7, TechnipFMC, Vallourec, Eiffage Métal
- Éolien offshore : Iberdrola, Ørsted, EDF Renouvelables, RWE, GE Wind, Siemens Gamesa, Vestas
- Défense et état : DGA, Marine nationale, ministère des Armées
- ESN d'ingénierie : Capgemini Engineering, Alten, Akka (Adecco), Segula, Expleo
- Recherche : IFREMER, Cetena, ENSTA Bretagne, Centrale Nantes (bassins d'essais B600)
Évolution de carrière
L'ingénieur en construction navale débute généralement comme ingénieur d'études junior (38 000 à 46 000 € brut/an) en bureau d'études chez un chantier (Naval Group, Chantiers de l'Atlantique, Piriou) ou un cabinet d'ingénierie navale. Après 3 à 6 ans, il accède au statut d'ingénieur confirmé ou pilote de discipline (48 000 à 62 000 €), responsable d'un sous-système ou d'une fonction (structure, propulsion, électricité). Avec 6 à 10 ans d'expérience, il peut devenir chef de projet, responsable plateau ou expert technique (62 000 à 82 000 €), pilotant un lot ou un sous-programme. Au-delà de 10 ans, les évolutions vont vers manager d'équipe, architecte navire, chef de programme ou expert reconnu Fellow (80 000 à 115 000 €). À 15-20 ans, les meilleurs accèdent à directeur de programme ou directeur technique (110 000 à 160 000 €+). Mobilité possible vers la classification (Bureau Veritas, DNV), les armateurs (CMA CGM, Louis Dreyfus Armateurs), l'offshore éolien (Saipem, Subsea 7) ou les ESN (Capgemini Engineering, Alten, Akka, Segula).
Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur en Construction Navale
- Quelle école d'ingénieur pour devenir ingénieur en construction navale ?
- Les écoles de référence sont l'ENSTA Bretagne (Brest), l'École Navale, Centrale Nantes (avec son bassin d'essais B600 unique en France), l'ENSM, l'ENI Brest et Arts et Métiers (option marine au campus Talence). Toutes sont accréditées CTI. L'admission se fait après prépa MP/PC/PSI (concours commun INP, Mines-Ponts) ou en admission parallèle après BUT GMP, L2/L3 scientifique. L'École Navale recrute via concours après prépa pour devenir officier de marine et ingénieur.
- Quel est le salaire d'un ingénieur en construction navale en 2026 ?
- Selon les baromètres APEC et IESF 2026, un ingénieur naval débutant gagne entre 38 000 et 46 000 € brut/an, avec une prime de chantier ou de mer fréquente. Un confirmé (2-5 ans) se situe entre 48 000 et 62 000 €. Un senior (5-10 ans) atteint 62 000 à 82 000 €. Les chefs de projet et experts dépassent 100 000 €. Les programmes défense (Naval Group, sous-marins, FREMM) et offshore éolien sont les mieux rémunérés.
- Quelle est la différence entre un architecte naval et un ingénieur en construction navale ?
- L'architecte naval est traditionnellement focalisé sur le design d'ensemble du navire, les formes de carène, l'esthétique et le choix des solutions techniques structurantes. L'ingénieur en construction navale a une approche plus large, couvrant aussi la structure, les systèmes, la propulsion et l'industrialisation. En pratique, dans les grands chantiers (Naval Group, Chantiers de l'Atlantique), les deux titres se confondent : la formation d'ingénieur ENSTA Bretagne ou Centrale Nantes ouvre aux deux.
- Le secteur naval recrute-t-il en 2026 ?
- Oui, fortement. Naval Group recrute environ 1 500 ingénieurs et techniciens par an pour ses programmes FREMM, Barracuda, SNLE 3G et exports Scorpène, avec un plan de charge sécurisé jusqu'en 2040. Les Chantiers de l'Atlantique recrutent également pour leurs paquebots et leurs nouveaux contrats offshore (sous-stations électriques pour parcs éoliens). L'offshore éolien (Saipem, Subsea 7, EDF Renouvelables) crée plusieurs centaines de postes d'ingénieurs navals chaque année.
- Comment devenir ingénieur naval via une admission parallèle ?
- Plusieurs voies existent : après un BUT GMP, GIM ou Génie Civil, vous pouvez intégrer en 1re année du cycle ingénieur d'une école CTI (ENSTA Bretagne, Centrale Nantes, Arts et Métiers) via le concours ATS, le concours Polytech ou des admissions sur dossier. Les titulaires d'une L2/L3 scientifique (mécanique, génie océanique) accèdent en 1re année via les admissions sur titre. Un Master Génie Océanique (Brest, Nantes, La Rochelle) puis un Mastère spécialisé MS Construction navale offrent une voie alternative.
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Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H1206 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Ingénieur en Construction Navale (www.onisep.fr)
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