Comment devenir Ingénieur en Automatisme ?
En bref
- Salaire : 38k à 52k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+5 (diplôme d'ingénieur CTI) (5 ans après le bac)
- Domaine : Industrie & Ingénierie
- Conditions d'exercice : Bureau d'études / Site industriel
- Code ROME : H1209
L'ingénieur en automatisme conçoit, développe et met en service des systèmes automatisés complexes qui pilotent les lignes de production, les robots industriels et les infrastructures critiques. Il intervient sur toute la chaîne : analyse fonctionnelle, programmation d'automates programmables industriels (API), supervision (SCADA), intégration robotique, tests de sécurité et mise en route sur site. Dans un contexte d'industrie 4.0, il est l'un des maillons essentiels de la compétitivité industrielle française et européenne.
En 2026, le métier figure parmi les profils les plus recherchés de l'industrie selon l'APEC et la FIEEC, porté par la réindustrialisation, les investissements France 2030 et la modernisation des usines. Les fédérations professionnelles recensent plus de 5 000 postes d'ingénieurs automaticiens non pourvus chaque année en France, avec un taux d'insertion supérieur à 95 % dans les six mois suivant l'obtention du diplôme d'ingénieur. Le code ROME associé est H1209 — Intervention technique en études et conception en automatisme. Les secteurs automobile, agroalimentaire, pharmaceutique, énergie et logistique sont les plus gros recruteurs.
Au quotidien, l'ingénieur en automatisme alterne entre le bureau d'études (rédaction d'analyses fonctionnelles, développement de programmes automate sur TIA Portal, Unity Pro, RSLogix, Codesys) et le site industriel pour la mise en service, les essais et la formation des équipes de maintenance. Une journée type peut inclure une réunion de cadrage avec le client, plusieurs heures de programmation d'API Siemens ou Schneider, la configuration d'une supervision SCADA (WinCC, Wonderware, PcVue), puis un déplacement en atelier pour tester un robot Kuka ou un convoyeur automatisé. Les normes de sécurité machine ISO 13849, IEC 62061 et la cybersécurité OT (IEC 62443) structurent fortement son travail.
Les environnements de travail sont très variés : bureau d'études d'un intégrateur système, direction industrielle d'un grand groupe, startup robotique, ESN industrielle ou équipementier. Les déplacements sur sites clients en France et à l'étranger sont fréquents lors des phases de mise en service (de quelques jours à plusieurs semaines). Avec l'essor de l'industrie 4.0, de l'IIoT et des protocoles OPC-UA / MQTT, le métier évolue vers davantage d'architecture logicielle, de data industrielle et d'interopérabilité avec les systèmes d'information.
Salaire
38k - 52k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+5 (diplôme d'ingénieur CTI) · Durée : 5 ans après le bac
Missions principales
- Analyser les besoins clients et rédiger l'analyse fonctionnelle et organique des systèmes automatisés
- Concevoir l'architecture matérielle et logicielle (automates, variateurs, capteurs, réseaux industriels)
- Programmer les automates programmables industriels (Siemens S7, Schneider M580, Rockwell ControlLogix, Beckhoff TwinCAT)
- Développer les interfaces de supervision SCADA et les IHM (WinCC, Wonderware, PcVue, Ignition)
- Intégrer et programmer des robots industriels (Kuka, ABB, Fanuc, Stäubli, Yaskawa)
- Réaliser les études de sécurité machine conformément aux normes ISO 13849 et IEC 62061
- Configurer les réseaux industriels (Profinet, EtherCAT, Modbus TCP, OPC-UA, MQTT)
- Mettre en service les installations sur site client et former les équipes d'exploitation et de maintenance
- Diagnostiquer les dysfonctionnements et optimiser la performance des installations (MES, OEE)
- Rédiger la documentation technique (notices, schémas, dossiers de recette, manuels opérateur)
- Piloter les phases de tests FAT (Factory Acceptance Test) et SAT (Site Acceptance Test)
- Assurer une veille technologique sur l'industrie 4.0, l'IIoT, la cobotique et la cybersécurité OT
Compétences requises
- Programmation automates (Siemens TIA Portal, Schneider Unity/EcoStruxure, Rockwell Studio 5000)
- Langages IEC 61131-3 (Ladder, ST, FBD, SFC)
- Supervision SCADA (WinCC, Wonderware System Platform, PcVue, Ignition)
- Robotique industrielle (Kuka KRL, ABB RAPID, Fanuc Karel, Stäubli VAL3)
- Réseaux industriels (Profinet, EtherCAT, Modbus, Profibus, OPC-UA, MQTT)
- Normes de sécurité machine ISO 13849, IEC 62061, ISO 13855
- Cybersécurité OT / IEC 62443
- Variateurs de vitesse et servomoteurs (Siemens Sinamics, Schneider Altivar, Lenze)
- Lecture de schémas électriques et P&ID
- Outils de CAO électrique (EPLAN Electric P8, SEE Electrical)
- Méthodologie GEMMA et GRAFCET
- Notions de Lean Manufacturing, TPM et OEE
- Anglais technique courant (documentation et mise en service internationale)
- Bases de programmation (Python, C#) pour l'interfaçage MES/IIoT
Formations pour devenir Ingénieur en Automatisme
- Diplôme d'ingénieur ENSEEIHT Toulouse — spécialité Électronique, Énergie, Automatique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur INSA Lyon — département Génie Électrique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ENSMM Besançon — filière Mécatronique et Microtechniques (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur Polytech Sorbonne — spécialité Électronique et Informatique (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur ESTIA Bidart — spécialité Organisation et Génie de la Production (Bac+5)
- Master Automatique, Robotique et Systèmes Intelligents — Université Paris-Saclay, Grenoble Alpes (Bac+5)
- Diplôme d'ingénieur CESI École d'Ingénieurs — spécialité Systèmes Embarqués (Bac+5, en alternance)
- BUT Génie Électrique et Informatique Industrielle (GEII) + école d'ingénieur en admission parallèle (Bac+5)
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 38 000 – 45 000 € brut/an
- Confirmé (2-5 ans) : 45 000 – 58 000 € brut/an
- Senior (5-10 ans) : 58 000 – 75 000 € brut/an
- Expert / Chef de projet (10+ ans) : 70 000 – 95 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Forte demande de profils et excellente employabilité (95 %+ d'insertion à 6 mois)
- Rémunération attractive dès la sortie d'école (38-52k€ brut/an)
- Métier concret et varié : on voit le résultat physique de son travail tourner en usine
- Opportunités internationales (mises en service en Europe, Asie, Amérique du Nord)
- Évolution rapide vers expertise technique ou management d'équipe
Les moins
- Démarrage en grille ingénieur cadre Syntec mais progression salariale plus lente qu'en pure tech/IT
- Déplacements fréquents et parfois longs sur sites clients (France et international)
- Astreintes possibles lors des mises en service et démarrages d'usine 24/7
- Pression forte sur les délais et les coûts en phase de commissioning
- Environnement parfois bruyant, poussiéreux ou dangereux (ports d'EPI obligatoires)
- Responsabilité importante liée à la sécurité machine et la protection des opérateurs
Secteurs qui recrutent
- Schneider Electric (leader mondial de l'automation)
- Siemens France (TIA Portal, Simatic, Sinamics)
- Rockwell Automation France (Allen-Bradley, ControlLogix)
- ABB France (robotique et automation)
- Alstom (ferroviaire et signalisation)
- Stäubli (robotique industrielle, Faverges)
- Kuka France (robotique automobile et logistique)
- Atos Worldgrid (intégration énergie et smart grids)
- Actemium / Vinci Energies (intégrateur automatisme)
- Fives Group (lignes automatisées aéronautique, automobile)
Évolution de carrière
L'ingénieur en automatisme dispose de perspectives d'évolution riches, tant techniques que managériales. Après 2 à 4 ans d'expérience, il peut devenir Ingénieur projet automatisme (45 000 à 55 000 € brut/an), en charge d'une affaire complète de la conception à la mise en service. Avec 5 à 8 ans d'expérience, il accède au poste de Chef de projet automatisme ou Responsable bureau d'études (55 000 à 70 000 €), pilotant une équipe et plusieurs affaires en parallèle. Les profils expérimentés (8 à 12 ans) peuvent viser Expert technique / Architecte automatisme (65 000 à 85 000 €), référent sur les choix technologiques et la cybersécurité OT. Après 10 ans, les postes de Directeur technique, Directeur industriel ou Responsable de site (80 000 à 120 000 €+) deviennent accessibles. D'autres voies existent : consultant indépendant spécialisé industrie 4.0 (TJM 600 à 900 €/jour), entrepreneur dans la robotique collaborative, ou expert cybersécurité industrielle OT, un domaine en très forte demande suite aux directives NIS2 et aux cyberattaques sur les infrastructures critiques.
Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur en Automatisme
- Faut-il passer par une école d'ingénieur pour devenir ingénieur en automatisme ?
- Oui, dans la très grande majorité des cas. Le titre d'ingénieur est délivré par des écoles accréditées par la CTI (Commission des Titres d'Ingénieur). Les voies classiques sont : prépa CPGE + concours (ENSEEIHT, INSA, Polytech), admission post-bac en cycle préparatoire intégré, ou admission parallèle après un BUT GEII ou une licence scientifique. L'alternance est très répandue dans ce métier (CESI, ITII, Arts et Métiers) et facilite grandement l'insertion professionnelle.
- Quel est le salaire d'un ingénieur en automatisme en 2026 ?
- En 2026, un ingénieur en automatisme junior gagne entre 38 000 et 45 000 € brut/an en sortie d'école. Un profil confirmé (3-5 ans) atteint 45 000 à 58 000 €. Un senior (5-10 ans) se situe entre 58 000 et 75 000 €. Les experts et chefs de projet expérimentés dépassent 75 000 € et peuvent atteindre 95 000 € dans les grands groupes ou sur des postes internationaux. En Île-de-France et dans les bassins industriels (Lyon, Toulouse, Grenoble), les salaires sont majorés de 5 à 10 %.
- Quelle différence entre un technicien et un ingénieur en automatisme ?
- Le technicien automaticien (BTS CIRA, BUT GEII) exécute et maintient les installations : câblage, paramétrage, maintenance, dépannage. L'ingénieur, lui, conçoit l'architecture globale, rédige l'analyse fonctionnelle, pilote les projets complexes, encadre les techniciens et dialogue avec les clients. Il porte la responsabilité technique, budgétaire et réglementaire (sécurité machine, cybersécurité OT). Les deux profils sont complémentaires et travaillent étroitement ensemble sur site.
- L'intelligence artificielle va-t-elle remplacer l'ingénieur en automatisme ?
- Non, au contraire : l'IA augmente le périmètre du métier. Les projets d'industrie 4.0, de maintenance prédictive, de vision artificielle et de cobotique collaborative démultiplient les besoins. L'ingénieur automaticien de 2026 intègre désormais des modèles de machine learning dans ses architectures, connecte les lignes à des plateformes IIoT et gère la cybersécurité OT selon la norme IEC 62443. Ces nouvelles compétences renforcent la valeur ajoutée humaine plutôt que de la remplacer.
- Peut-on entrer en école d'ingénieur automatisme en admission parallèle ?
- Oui, c'est une voie très empruntée. Après un BUT GEII, un BTS CIRA + licence pro, ou une licence scientifique, il est possible d'intégrer une école d'ingénieur en 3e année (cycle ingénieur) via les concours ATS, Polytech, INSA ou les admissions sur titre. Les écoles apprécient particulièrement les profils ayant déjà une expérience industrielle (stages, alternance). Le cursus dure alors 3 ans et débouche sur le même diplôme d'ingénieur CTI qu'un cursus classique.
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Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H1209 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Ingénieur en Automatisme (www.onisep.fr)
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