Comment devenir Ingénieur D'affaires en Génie Électrique ?
En bref
- Salaire : 40k à 55k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+5 (CTI) (5 ans)
- Domaine : Industrie & Ingénierie
- Conditions d'exercice : Bureau / Terrain / Déplacements
- Code ROME : H1206
L'ingénieur d'affaires en génie électrique est le chef d'orchestre des projets d'installations ou de modernisation de réseaux et d'équipements électriques. À la croisée du technique et du commercial, il pilote des affaires complètes depuis l'avant-vente (étude de besoin, chiffrage, réponse à appel d'offres) jusqu'à la réception du chantier, en passant par la conception, la négociation, l'achat, la coordination des équipes et le suivi financier. Il est l'interlocuteur privilégié du client (industriels, collectivités, promoteurs immobiliers, producteurs d'énergie) et le garant du respect du triptyque coût-délai-qualité.
En 2026, ce métier est au cœur d'une transformation historique de l'énergie en France et en Europe. Le plan France 2030 prévoit 100 GW d'énergies renouvelables à installer d'ici 2035, RTE investit plus de 100 milliards d'euros dans la modernisation et l'extension du réseau de transport, et la filière nucléaire relance six EPR2 (programme de 51,7 milliards d'euros). Résultat : les ingénieurs d'affaires en génie électrique figurent parmi les profils les plus pénuriques selon l'APEC et l'Observatoire des métiers de la Fédération Syntec-Ingénierie, avec des délais de pourvoi pouvant dépasser 4 mois. Le code ROME associé est H1206 — Management et ingénierie études, recherche et développement industriel.
Le quotidien est à 60 % technique et à 40 % relationnel : analyse de cahiers des charges (HTA, BT, postes de transformation, TGBT, éclairage, courants faibles, photovoltaïque, bornes IRVE), dimensionnement des installations (Caneco BT, Dialux, Autocad Electrical), rédaction de mémoires techniques, chiffrages détaillés, négociations avec les fournisseurs (Schneider, Legrand, Hager, Siemens), réunions de chantier, arbitrages avec les équipes travaux et suivi de facturation. Les journées alternent entre bureau, visites clients et passages sur chantier, avec souvent des déplacements régionaux ou nationaux.
Les environnements de travail sont nombreux : intégrateurs et bureaux d'études en électricité (Spie, Eiffage Énergie Systèmes, Vinci Énergies, Ineo, Sogetrel), industriels du matériel (Schneider Electric, Legrand, ABB, Siemens France), gestionnaires de réseau (RTE, Enedis), énergéticiens (EDF, Engie Solutions, TotalEnergies), et ESN spécialisées. Les secteurs porteurs sont le tertiaire tertiaire (data centers, hôpitaux), l'industrie (décarbonation, électrification des procédés), les infrastructures (gares, aéroports, réseaux de transport), les énergies renouvelables (parcs éoliens, solaires, stations de recharge) et le bâtiment intelligent.
Salaire
40k - 55k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+5 (CTI) · Durée : 5 ans
Missions principales
- Identifier et qualifier les opportunités commerciales auprès des clients industriels, publics et privés
- Réaliser les études d'avant-projet : analyse du cahier des charges, visite technique, diagnostic de l'existant
- Dimensionner les installations électriques (HTA, BT, TGBT, éclairage, courants faibles, photovoltaïque, IRVE)
- Rédiger les mémoires techniques et les réponses à appel d'offres (DCE, CCTP, BPU)
- Chiffrer les prestations, négocier avec les fournisseurs et sous-traitants, optimiser les marges
- Assurer la soutenance commerciale devant le client et défendre la solution technico-économique
- Piloter le projet une fois signé : planification, coordination des équipes d'études et de travaux
- Gérer le budget, suivre la facturation, anticiper les avenants et maîtriser les risques contractuels
- Organiser et animer les réunions de chantier et les revues de projet avec les clients
- Assurer la réception des travaux, le dossier DOE et la levée des réserves
- Maintenir une veille technologique et réglementaire (NFC 15-100, 13-200, 14-100, règlementation ATEX, RE2020)
- Développer un portefeuille clients et fidéliser les comptes stratégiques
Compétences requises
- Génie électrique fort courant : HTA, BT, postes de transformation, TGBT, protections, sélectivité
- Courants faibles : sûreté-sécurité, VDI, contrôle d'accès, détection incendie, GTC/GTB
- Photovoltaïque, stockage batterie, IRVE (Infrastructures de Recharge de Véhicules Électriques)
- Normes électriques : NFC 15-100, 13-200, 14-100, UTE C15-712 photovoltaïque, CEI 61439
- Logiciels de dimensionnement : Caneco BT/HT, Dialux, Autocad Electrical, See Electrical
- Lecture de plans DWG, schémas unifilaires, synoptiques
- Gestion de projet : planification (MS Project, Primavera), suivi budgétaire, gestion des risques
- Négociation commerciale et rédaction de contrats (CCAP, CCTP)
- Connaissance des marchés publics (Code de la commande publique, CCAG Travaux)
- Fiscalité, TVA, cautions bancaires et garanties financières
- Pack Office avancé, ERP (SAP, Oracle), CRM (Salesforce)
- Anglais professionnel (appels d'offres internationaux, grands comptes)
Formations pour devenir Ingénieur D'affaires en Génie Électrique
- Diplôme d'ingénieur CentraleSupélec — majeure Énergie (Bac+5, CTI)
- Diplôme d'ingénieur INSA Lyon — département Génie Électrique (Bac+5, CTI)
- Diplôme d'ingénieur ENSEEIHT Toulouse — département Électronique Électrotechnique Automatique (Bac+5, CTI)
- Diplôme d'ingénieur Grenoble INP — ENSE3 (Énergie, Eau, Environnement) (Bac+5, CTI)
- Diplôme d'ingénieur Polytech Sorbonne — filière Électronique et Génie Électrique (Bac+5, CTI)
- Diplôme d'ingénieur ESIEE Paris — filière Énergie (Bac+5, CTI)
- Mastère Spécialisé Management de Projet Énergie (ESCP, Centrale)
- Master Universitaire Génie Électrique parcours projet énergétique (Paris-Saclay, Nantes, Toulouse)
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 40 000 – 48 000 € brut/an
- Confirmé (2-5 ans) : 48 000 – 62 000 € brut/an
- Senior (5-10 ans) : 62 000 – 85 000 € brut/an
- Chef d'affaires / Responsable agence (10+ ans) : 85 000 – 120 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier en tension avec une forte employabilité et de bonnes perspectives de carrière
- Rémunération attractive grâce à la part variable et aux commissions sur affaires
- Double compétence technique et commerciale particulièrement valorisée sur le marché
- Diversité des projets et des clients : chaque affaire est différente
- Participation directe à la transition énergétique (EnR, électrification, décarbonation)
Les moins
- Grille Syntec de début de carrière avec une montée en responsabilité progressive
- Déplacements fréquents (régionaux, parfois nationaux ou internationaux) et astreintes sur chantier
- Pression commerciale permanente (objectifs de prise de commande, marges)
- Responsabilité produit et contractuelle majeure : un dépassement budgétaire ou un retard peut engager la responsabilité personnelle du chef d'affaires
- Stress des phases d'appels d'offres et des soutenances face à la concurrence
- Charge administrative importante (reporting, suivi financier, gestion des avenants)
Secteurs qui recrutent
- Schneider Electric (solutions et services intégrés)
- Legrand (produits et systèmes pour bâtiments tertiaires et industriels)
- Hager Group France
- Siemens France (Smart Infrastructure, Digital Industries)
- ABB France (électrification, automation)
- Alstom (mobilité ferroviaire, signalisation et traction)
- RTE — Réseau de Transport d'Électricité
- Enedis (gestionnaire du réseau de distribution)
- EDF et EDF Renouvelables
- Engie Solutions, Spie, Eiffage Énergie Systèmes, Vinci Énergies, Bouygues Énergies & Services
Évolution de carrière
L'ingénieur d'affaires junior démarre souvent sur des affaires de taille modérée (1 à 3 M€). À 3-5 ans, il gère des projets de 5 à 15 M€ et voit son salaire passer de 45 000 à 60 000 €. Entre 5 et 10 ans, il devient ingénieur d'affaires senior ou chef d'affaires avec un portefeuille de 15 à 50 M€ (60 000 à 85 000 €, plus variables et commissions). Au-delà, il évolue vers responsable d'agence ou de région (85 000 à 120 000 €), directeur commercial ou business unit manager. Les profils qui maîtrisent la transition énergétique (EnR, stockage, IRVE, décarbonation industrielle) voient leurs rémunérations grimper plus rapidement. Certains rejoignent le conseil en énergie ou deviennent consultants indépendants (TJM 700 à 1 100 €/jour), d'autres intègrent les directions achats des grands groupes ou l'entrepreneuriat (création de bureaux d'études ou d'installateurs spécialisés).
Questions fréquentes sur le métier de Ingénieur D'affaires en Génie Électrique
- Quelle école choisir pour devenir ingénieur d'affaires en génie électrique ?
- Les meilleures formations françaises sont CentraleSupélec (majeure Énergie), l'INSA Lyon (Génie Électrique), l'ENSEEIHT Toulouse, Grenoble INP ENSE3 (Énergie, Eau, Environnement) et Polytech Sorbonne. Ces cursus offrent à la fois la maîtrise technique (réseau, dimensionnement, normes) et une ouverture au management de projet et à la gestion de contrats. Un Mastère Spécialisé en management de projet énergie (ESCP, Centrale) est un excellent complément pour accélérer l'évolution vers les postes de chef d'affaires.
- Quel est le salaire d'un ingénieur d'affaires en génie électrique en 2026 ?
- En 2026, un ingénieur d'affaires junior gagne entre 40 000 et 48 000 € brut/an, dont souvent 5 000 à 8 000 € de part variable. Un profil confirmé (2-5 ans) se situe entre 48 000 et 62 000 €. Un senior gérant un portefeuille de 15 à 50 M€ atteint 62 000 à 85 000 €. Un chef d'affaires ou responsable d'agence avec 10+ ans d'expérience dépasse régulièrement 100 000 € bonus inclus. Les rémunérations les plus élevées se trouvent chez Schneider Electric, Spie, Vinci Énergies et chez les intégrateurs spécialisés data centers.
- Quelle différence entre ingénieur d'affaires et chef de projet en génie électrique ?
- Le chef de projet prend en charge l'exécution d'une affaire déjà gagnée : planification, coordination des équipes, maîtrise du budget et des délais, livraison au client. L'ingénieur d'affaires intervient en amont : il identifie l'opportunité, rédige la réponse à appel d'offres, négocie le contrat, puis porte le projet jusqu'à la signature. Dans de nombreuses entreprises, il assume aussi ensuite le rôle de chef d'affaires pendant l'exécution, ce qui lui donne une vision 360° de l'opération et une responsabilité financière pleine et entière (P&L affaire).
- L'IA va-t-elle remplacer les ingénieurs d'affaires en génie électrique ?
- Non. L'IA facilite le chiffrage automatique, l'analyse des cahiers des charges et la rédaction des mémoires techniques, mais la relation client, la négociation, la lecture des enjeux politiques et humains d'une affaire ainsi que la prise de décision sous contrainte restent profondément humaines. Les ingénieurs d'affaires qui sauront intégrer l'IA comme copilote (devis, benchmarks, veille normative) gagneront en productivité et pourront se concentrer sur ce qui fait la différence : la stratégie commerciale et la fidélisation des clients.
- Peut-on devenir ingénieur d'affaires en génie électrique par admission parallèle ?
- Oui. De nombreux profils arrivent via un BTS Électrotechnique ou un BUT GEII, puis intègrent une licence professionnelle ou une école d'ingénieurs par la voie par alternance (ITII, CESI, CNAM). Les programmes en alternance sont particulièrement appréciés car ils permettent d'acquérir rapidement les réflexes commerciaux et les codes du terrain. Un Master universitaire en génie électrique ou énergétique peut aussi mener à ces fonctions, notamment via des parcours projet-énergie à Paris-Saclay, Nantes ou Toulouse.
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H1206 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Ingénieur D'affaires en Génie Électrique (www.onisep.fr)
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