Comment devenir Économètre Statisticien ?
L'économètre-statisticien est un scientifique des données économiques et sociales. Il conçoit et applique des modèles mathématiques, statistiques et économétriques pour analyser des phénomènes économiques (inflation, chômage, croissance, consommation, commerce international), évaluer l'impact de politiques publiques, prévoir des évolutions macroéconomiques ou microéconomiques, et éclairer la décision publique et privée. À la croisée des sciences économiques, des mathématiques et de la data science moderne, il manipule des grandes bases de données, développe des modèles de régression complexes, estime des modèles structurels (VAR, DSGE, panels, différences-en-différences, instrumentation) et publie des études scientifiques rigoureuses.
En 2026, le métier d'économètre-statisticien est particulièrement recherché dans un contexte marqué par la nécessité d'évaluer les politiques publiques (réformes, transitions énergétiques, effets de l'IA sur l'emploi), la complexification des chaînes de valeur mondiales, la révolution de la data science appliquée à l'économie (machine learning causal, big data économique, nowcasting), et les enjeux climatiques (modélisation macro-climat, scénarios de transition). Le code ROME associé est M1403 — Études et prospective socio-économiques. La demande vient aussi bien du secteur public (INSEE, Banque de France, OCDE, France Stratégie) que du secteur privé (banques centrales d'investissement, cabinets d'études, ESN data, GAFAM en Europe, consulting stratégique). Selon l'ENSAE et France Stratégie, le marché reste relativement tendu pour les profils de haut niveau (ENSAE, TSE, PSE, X-ENSAE).
Au quotidien, l'économètre-statisticien partage son temps entre la collecte et le nettoyage des données (parfois issues de sources administratives, d'enquêtes ou de web scraping), la modélisation statistique (choix du modèle, estimation, tests de robustesse), l'interprétation économique des résultats, et la rédaction de notes, rapports ou articles scientifiques. Une journée type dans un institut public peut inclure l'extraction de données de l'enquête Emploi de l'INSEE, l'estimation d'un modèle de différences-en-différences pour évaluer l'impact d'une politique de l'emploi, la préparation d'un séminaire interne, et la finalisation d'un rapport pour le ministère. Dans le privé, le métier s'oriente davantage vers des études sectorielles, la valorisation de la data interne et la modélisation prédictive (nowcasting, forecasting, pricing, demand forecasting).
Les environnements de travail sont variés mais dominés par le secteur public et la recherche. L'économètre-statisticien exerce principalement à l'INSEE (en tant qu'administrateur ou attaché INSEE, après concours), à la Banque de France, à la Direction Générale du Trésor, à France Stratégie, à la DARES, à la DREES, dans les organisations internationales (OCDE Paris, BCE Francfort, Commission européenne, FMI, Banque mondiale), dans les universités et centres de recherche (CNRS, IRES, IRDES, INED), dans les cabinets de conseil en économie (Asterès, Rexecode, Eight Advisory Economics, Frontier Economics, Compass Lexecon), et dans les équipes de recherche économique des grandes banques (BNP Paribas, Natixis Research, Crédit Agricole Research, Société Générale Cross Asset Research). Le télétravail est très développé dans ce métier analytique (2-3 jours/semaine, voire plus).
Salaire
42k - 60k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus
Missions principales
- Concevoir et estimer des modèles économétriques (régressions linéaires et non-linéaires, séries temporelles, panels, VAR, VECM, DSGE)
- Collecter, nettoyer et exploiter de grandes bases de données économiques et sociales (INSEE, Eurostat, Banque de France, OCDE)
- Évaluer quantitativement l'impact de politiques publiques (méthodes d'évaluation causale : diff-in-diff, RDD, variables instrumentales, matching)
- Produire des prévisions macroéconomiques et sectorielles (croissance, inflation, emploi, commerce extérieur, nowcasting)
- Rédiger des notes d'analyse, rapports d'étude et articles scientifiques à destination des décideurs et du public
- Développer des outils d'analyse en R, SAS, Stata et Python pour l'automatisation des études
- Participer aux enquêtes statistiques (conception, échantillonnage, collecte, redressement, publication)
- Présenter les résultats lors de séminaires, conférences scientifiques et auditions parlementaires
- Assurer la veille méthodologique (nouveaux modèles, literature review, méthodes de machine learning causal)
- Contribuer aux projets de recherche académique en collaboration avec des chercheurs universitaires
- Produire des bases de données et indicateurs de référence pour le grand public (chômage, IPC, PIB)
- Former et encadrer des stagiaires et jeunes statisticiens en apprentissage
Compétences requises
- Économétrie avancée (séries temporelles, panels, VAR, VECM, DSGE, méthodes de variables instrumentales)
- Méthodes d'évaluation causale (différences-en-différences, RDD, matching, doubly-robust estimation, ML causal)
- Statistiques inférentielles (maximum de vraisemblance, GMM, méthodes bootstrap, tests d'hypothèses)
- Langages statistiques : R (référence académique), SAS (référence INSEE et assureurs), Stata (référence en recherche économique)
- Python scientifique (Pandas, NumPy, SciPy, statsmodels, scikit-learn, pymc)
- SQL et manipulation de grandes bases de données (PostgreSQL, Oracle, Hadoop, Spark)
- Machine learning appliqué aux sciences sociales (causal ML, random forests, boosting, NLP)
- LaTeX pour la rédaction scientifique et les publications
- Économie théorique et appliquée (micro, macro, économie du travail, économie industrielle)
- Comptabilité nationale et méthodologie statistique publique
- Anglais scientifique C1/C2 (littérature académique, conférences, publications internationales)
- Git et bonnes pratiques de reproducibilité scientifique
- Outils de visualisation (ggplot2, matplotlib, Tableau, Power BI)
- Notions de programmation parallèle et calcul haute performance (HPC)
Formations pour devenir Économètre Statisticien
- ENSAE ParisTech — École Nationale de la Statistique et de l'Administration Économique (référence absolue)
- ENSAI Rennes — École Nationale de la Statistique et de l'Analyse de l'Information
- TSE — Toulouse School of Economics (M2 Econometrics and Empirical Economics, PhD)
- PSE — Paris School of Economics (Master Analysis and Policy in Economics, PhD)
- Master Économétrie et Statistiques — Université Paris-Dauphine (MASEF), Paris I, Paris-Saclay
- Concours d'Administrateur INSEE (voie d'accès au corps des statisticiens publics)
- Concours d'Attaché INSEE — pour les profils Bac+3 avec spécialisation statistiques
- Doctorat en économie, économétrie ou statistiques (pour les postes de recherche académique et internationale)
Secteurs qui recrutent
- INSEE — Institut National de la Statistique et des Études Économiques (corps des administrateurs et attachés)
- Banque de France — Direction générale des études et des relations internationales
- Direction Générale du Trésor et France Stratégie (études économiques pour l'État)
- DARES, DREES, SDES — services statistiques ministériels (travail, santé, environnement)
- Organisations internationales (OCDE Paris, BCE Francfort, Commission européenne Bruxelles, FMI Washington, Banque mondiale)
- Centres de recherche et universités (CNRS, IRES, IRDES, INED, INRAE, écoles d'économie)
- Cabinets de conseil en économie (Asterès, Rexecode, Eight Advisory, Frontier Economics, Compass Lexecon)
- Recherche économique des grandes banques (BNP Paribas Research, Natixis Research, CA CIB Research, SG Cross Asset)
- Cabinets actuariels et assurances (Milliman, WTW, Scor, AXA, Allianz — modèles économiques et risques)
- Data science et tech (Google Paris, Meta, Criteo, Amazon, Uber — économistes en poste research)
Évolution de carrière
L'économètre-statisticien dispose de trajectoires variées selon le secteur. Dans le secteur public, le corps des administrateurs INSEE offre un parcours structuré : après 3 à 5 ans, le jeune administrateur devient chef de division ou responsable d'enquête (55 000 à 75 000 € brut/an selon grille + primes), puis chef de département ou sous-directeur (80 000 à 120 000 €). Les plus brillants peuvent viser des postes de direction à l'INSEE, à la Direction Générale du Trésor, à France Stratégie ou dans des organisations internationales (OCDE Paris, Commission européenne, BCE, FMI, Banque mondiale Washington). Dans le privé, l'évolution va du senior economist / research analyst (55 000 à 80 000 €) au Head of Research ou Chief Economist (100 000 à 200 000 €+) dans les banques, asset managers et cabinets de conseil en économie. Certains choisissent la carrière académique (maître de conférences puis professeur des universités, avec des salaires modestes mais une grande liberté intellectuelle). D'autres basculent vers la data science, le machine learning causal ou la finance quantitative, où leurs compétences en économétrie sont très recherchées.
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