Comment devenir Chirurgien-dentiste ?

En bref

  • Salaire : 25k à 40k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 (3 à 5 ans)
  • Domaine : Santé & Paramédical
  • Conditions d'exercice : Contact humain
  • Code ROME : J1303

Le chirurgien-dentiste est un professionnel médical titulaire du Diplôme d'État de Docteur en Chirurgie Dentaire (6 ans d'études post-bac). Il diagnostique et traite les pathologies bucco-dentaires (caries, parodontites, infections, cancers), réalise les soins conservateurs (obturations composites), les prothèses (couronnes, bridges, implants), la chirurgie orale (extractions, apectomies, greffes osseuses), l'orthodontie (avec DES spécialisation), la parodontologie et contribue à la prévention. Le code ROME associé est J1303 — Assistance médico-technique / J1102 — Médecine généraliste et spécialisée.

En 2026, la France compte environ 43 000 chirurgiens-dentistes selon l'ONCD (Ordre National des Chirurgiens-Dentistes) et la DREES, dont 90 % en libéral (exercice en cabinet) et 10 % en salariat (centres de santé, hôpitaux). Le secteur connaît une forte tension démographique : 6 000 départs en retraite par an avec seulement 3 000 nouveaux inscrits à l'Ordre (numerus clausus en augmentation depuis 2020, passage à 1 400 places puis suppression en 2025). Les déserts dentaires se multiplient : la densité moyenne est de 66 dentistes pour 100 000 habitants, avec des disparités fortes (120 à Paris vs 35 en Creuse selon ONCD 2024). Le secteur est porté par le 100 % santé dentaire (réforme 2019-2021 sur les prothèses et couronnes remboursées intégralement) et l'essor de l'implantologie.

Au quotidien, le chirurgien-dentiste réalise les consultations et examens cliniques (inspection, sondage, radiographies panoramiques et rétro-alvéolaires), établit le diagnostic (caries, gingivites, parodontites, abcès, cancers), pose les plans de traitement (soins conservateurs, chirurgie, prothèses, implants, orthodontie), réalise les actes techniques (obturations composites ou amalgames, dévitalisations, extractions, empreintes prothétiques numériques ou conventionnelles, pose d'implants dentaires, scellements de couronnes), suit ses patients, facture les actes (CCAM dentaire, conventionnés ou non), gère son cabinet (RH, comptabilité, stock).

Les environnements de travail sont majoritairement libéraux (cabinets dentaires libéraux individuels ou de groupe — 90 % du marché), les centres de santé dentaire (1 500 centres mutualistes et associatifs, notamment Mutualité Française, Dentego — fermeture 2022-2023, Dental Monitoring), les hôpitaux publics (APHP, CHU avec services d'odontologie), les cliniques dentaires (chaînes comme Identalia), l'enseignement et la recherche (15 facultés d'odontologie universitaires en France avec postes de praticien hospitalier universitaire — PHU), la médecine pénitentiaire. Le télétravail est quasi-nul (manuel).

Salaire

25k - 40k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 · Durée : 3 à 5 ans

Missions principales

  • Diagnostiquer les pathologies bucco-dentaires : caries (stade initial à avancé), parodontites, infections, kystes
  • Réaliser les consultations et examens cliniques : inspection, sondage, radiographies panoramiques, rétro-alvéolaires
  • Établir les plans de traitement : soins conservateurs, chirurgie, prothèses, implants, orthodontie
  • Réaliser les soins conservateurs : obturations composites, amalgames (usage restreint), dévitalisations, inlay/onlay
  • Effectuer les extractions : dents de sagesse, dents cassées, dents irrécupérables, avulsions
  • Poser les prothèses : couronnes céramiques / zircone, bridges, prothèses amovibles (complète, partielle)
  • Pratiquer l'implantologie : pose d'implants dentaires en titane ou zircone, prothèses sur implants
  • Réaliser la chirurgie orale : greffes osseuses (sinus lift, onlay), apectomies, biopsies, curetages
  • Pratiquer l'orthodontie (avec CECSMO — Certificat d'Études Cliniques Spéciales Mention Orthodontie ou DES)
  • Assurer la prévention : détartrage, fluoration, éducation à l'hygiène bucco-dentaire, dépistage cancer buccal
  • Gérer le cabinet dentaire : administration, RH (assistante dentaire), comptabilité, commandes fournitures
  • Assurer la formation continue obligatoire (DPC — Développement Professionnel Continu) : ONCD, Conseil National

Compétences requises

  • Odontologie conservatrice : diagnostic carieux, obturations composites, traitements endodontiques (canaux)
  • Prothèse dentaire : couronnes céramiques / zircone, bridges, prothèses amovibles, empreintes numériques
  • Implantologie : pose d'implants Straumann, Nobel Biocare, Zimmer Biomet, Osstem, planification 3D (SimPlant)
  • Chirurgie orale : avulsions, apectomies, greffes osseuses (sinus lift, onlay), curetages, biopsies
  • Parodontologie : diagnostic parodontal, détartrage sous-gingival, surfaçage radiculaire, chirurgie muco-gingivale
  • Orthodontie : techniques fixes (multi-attaches), aligneurs transparents (Invisalign, SmileDirectClub, ClearCorrect)
  • Radiologie dentaire : panoramiques, rétro-alvéolaires, cone beam (CBCT), scanner dentaire, lecture tracés
  • CAD/CAM dentaire : scanners intra-oraux (iTero, TRIOS, Primescan), usinage chairside (CEREC, Planmeca)
  • Logiciels : Cesu (secrétariat dentaire), Julie (gestion cabinet), Logos, Veasy, 3Shape, Exocad
  • CCAM dentaire : nomenclature des actes, tarifs conventionnés, hors parcours de soins, 100 % santé (prothèses)
  • Relation patient : pédiatrie, gériatrie, phobiques, handicap, communication sur les plans de traitement
  • Sécurité et asepsie : chaîne de stérilisation, ergonomie, rayonnements ionisants (radioprotection)

Formations pour devenir Chirurgien-dentiste

  • Diplôme d'État de Docteur en Chirurgie Dentaire — 6 ans d'études après PASS/LAS (Bac+6)
  • Études d'odontologie : PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) ou L.AS (Licence Accès Santé) + 5 ans à la faculté
  • 15 facultés d'odontologie en France : Paris Cité, Sorbonne Université, Lyon 1, Aix-Marseille, Strasbourg
  • DES (Diplôme d'Études Spécialisées) en Orthopédie Dento-Faciale (orthodontie) — 4 ans supplémentaires
  • DES en Médecine Bucco-Dentaire — 4 ans supplémentaires, hospitalier (PHU) et complexe
  • DES en Chirurgie Orale — 4 ans supplémentaires, exercice hospitalier ou libéral spécialisé
  • DU / DIU en implantologie, parodontologie, esthétique, endodontie, pédodontie (formations continues)
  • Thèse d'exercice en fin d'études (Bac+6) pour l'obtention du Diplôme d'État
  • Internat en odontologie (concours) : accès aux DES hospitaliers
  • Formation continue DPC (Développement Professionnel Continu) — obligatoire, 250h sur 3 ans

Grille salariale détaillée

  • Débutant salarié ou libéral (0-3 ans) : 60 000 – 100 000 € brut/an
  • Confirmé libéral (3-10 ans) : 90 000 – 150 000 € brut/an
  • Senior libéral / Spécialiste (10-20 ans) : 120 000 – 250 000 € brut/an
  • Chef de service / Spécialiste renommé / PU-PH (20+ ans) : 180 000 – 400 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Rémunération très élevée en libéral (100-180k€ après 5 ans, 250k€ pour spécialistes)
  • Métier recherché : forte tension démographique, 6 000 départs retraite/an vs 3 000 entrées
  • Liberté d'installation : libre choix du lieu, du mode d'exercice, des spécialisations
  • Métier manuel et intellectuel : diagnostic, gestes techniques, esthétique
  • Reconnaissance sociale : titre de Docteur, profession réglementée prestigieuse
  • Évolution technique constante : implantologie, CAD/CAM, orthodontie par aligneurs
  • Déserts dentaires : opportunités fortes pour les jeunes installés en zones sous-denses

Les moins

  • Formation longue et exigeante : 6 ans minimum, 10 ans pour spécialistes (orthodontiste)
  • Coût d'installation élevé : 150-300 k€ d'investissement initial (matériel, local, agencement)
  • Charges lourdes en libéral : URSSAF, CARCDSF retraite, assurances RCP, loyer, matériel
  • Rémunération réelle conditionnée par l'activité : peu de patients = revenus en baisse
  • Pression ergonomique : positions assises prolongées, TMS (troubles musculo-squelettiques) fréquents
  • Responsabilité médicale : complications, infections, échec d'implants = contentieux possibles

Secteurs qui recrutent

  • Cabinets dentaires libéraux (90 % des 43 000 dentistes) : individuels ou cabinets de groupe
  • Centres de santé dentaire : 1 500 centres en France (municipaux, mutualistes, associatifs)
  • Chaînes de cabinets dentaires : Identalia, anciennement Dentego (fermeture 2022-2023), Dentaly
  • Centres mutualistes : Mutualité Française, MGEN, Harmonie Mutuelle (centres dentaires)
  • Hôpitaux publics : APHP (38 hôpitaux), CHU régionaux (Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Toulouse)
  • Facultés d'odontologie (15 en France) : Paris Cité, Sorbonne Université, Lyon 1, Aix-Marseille
  • Cliniques dentaires privées : spécialisées en implantologie, orthodontie, esthétique
  • Médecine pénitentiaire : centres pénitentiaires avec services d'odontologie
  • Forces armées : Service de Santé des Armées (SSA), chirurgiens-dentistes militaires
  • Industrie dentaire : laboratoires (Straumann, Nobel Biocare, Dentsply Sirona), consultants techniques

Évolution de carrière

Le chirurgien-dentiste libéral débute avec un revenu net de 70 000 à 120 000 euros annuels les 3 premières années (installation progressive, amortissement du matériel), évoluant à 100 000 à 180 000 euros après 5 ans d'activité. Les profils expérimentés (10+ ans) avec cabinet bien équipé et patientèle fidèle gagnent entre 130 000 et 250 000 euros. Les spécialistes en implantologie, orthodontie, chirurgie orale peuvent dépasser 200 000-350 000 euros. Les chirurgiens-dentistes salariés (centres de santé, cliniques) gagnent 60 000 à 110 000 euros + primes. Les Praticiens Hospitalo-Universitaires (PHU) combinent hôpital + faculté avec 100 000-150 000 euros. Les évolutions possibles : spécialisation (orthodontiste, parodontiste, implantologue, chirurgien oral), association en cabinet de groupe, direction d'un centre dentaire, professeur universitaire (concours PHU), expert judiciaire dentaire, investisseur dans la dentisterie (chaînes de cabinets). L'essor des chaînes dentaires (Identalia, ex-Dentego) et des cabinets de groupe modifie le modèle. L'enseignement universitaire et la recherche (INSERM, thèses scientifiques) restent des voies prisées.

Questions fréquentes sur le métier de Chirurgien-dentiste

Comment devenir chirurgien-dentiste en 2026 ?
Le parcours est long et sélectif. Après le Bac (de préférence général avec spécialités Physique-Chimie, SVT, Maths), il faut intégrer une faculté d'odontologie via PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) ou L.AS (Licence Accès Santé) — filière médecine. L'admission en deuxième année est très compétitive (taux de réussite d'environ 15-20 % selon les universités). Les études durent ensuite 5 ans en faculté (1 an de propédeutique + 4 ans cliniques), soit 6 ans au total (Bac+6). Les 15 facultés françaises sont : Paris Cité, Sorbonne Université (Paris), Lyon 1, Aix-Marseille, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse Paul Sabatier, Lille, Nantes, Rennes 1, Nancy, Clermont Auvergne, Montpellier, Nice, Reims. Une thèse d'exercice clôture le cursus. Pour les spécialisations (orthodontie, médecine bucco-dentaire, chirurgie orale), 4 années supplémentaires de DES (Diplôme d'Études Spécialisées) sont nécessaires après concours. L'inscription à l'ONCD (Ordre National des Chirurgiens-Dentistes) est obligatoire.
Quel est le salaire d'un chirurgien-dentiste en 2026 ?
Les revenus dépendent fortement du mode d'exercice et de l'ancienneté. En libéral (90 % des dentistes) : débutant (0-3 ans) 60 000 à 100 000 euros net annuels (installation progressive, amortissement matériel), confirmé (3-10 ans) 90 000 à 150 000 euros, senior (10-20 ans) 120 000 à 250 000 euros, spécialiste orthodontiste / implantologue / chirurgien oral senior 180 000 à 400 000 euros. En salariat (10 % des dentistes) : débutant 40 000 à 55 000 euros bruts annuels, confirmé 60 000 à 100 000 euros, senior 80 000 à 130 000 euros. Les Praticiens Hospitalo-Universitaires (PHU) cumulent activité hospitalière et universitaire : 100 000 à 150 000 euros. Les centres de santé mutualistes et dentaires payent 45-80 k€ brut selon ancienneté. À Paris et dans les grandes métropoles, les rémunérations sont 15-30 % supérieures à la province. Les déserts dentaires offrent des aides à l'installation (jusqu'à 50 000 € ARS).
Quelles études pour devenir chirurgien-dentiste ?
Le parcours est encadré : Bac général (spécialités Physique-Chimie, SVT, Maths conseillées) → PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) ou L.AS (Licence Accès Santé) en première année universitaire → concours très sélectif (15-20 % de réussite) → 5 années d'études en faculté d'odontologie (1 an de propédeutique + 4 ans cliniques). La thèse d'exercice est obligatoire en fin de parcours. Durée totale : 6 ans (Bac+6) pour l'exercice généraliste. Pour les spécialisations, un internat en odontologie (concours) + 4 années de DES (Diplôme d'Études Spécialisées) en Orthopédie Dento-Faciale (orthodontie), Médecine Bucco-Dentaire, ou Chirurgie Orale. Les 15 facultés françaises sont toutes publiques. La formation continue DPC (Développement Professionnel Continu, 250h sur 3 ans) est obligatoire. Les DU/DIU (Diplômes Universitaires) en implantologie, parodontologie, esthétique, endodontie permettent la spécialisation sans DES.
Quelles évolutions pour un chirurgien-dentiste ?
Les évolutions sont multiples. Spécialisations médicales (DES 4 ans supplémentaires) : orthodontiste (ODF), médecine bucco-dentaire, chirurgien oral. Spécialisations par DU : implantologue (très rémunérateur, 250-400 k€), parodontiste, endodontiste, esthéticien (facettes, blanchiment), pédodontiste (enfants). Évolutions libérales : association en cabinet de groupe, création de cabinet de groupe, direction d'un centre dentaire, chaîne de cabinets (Identalia), expert judiciaire dentaire (tribunaux). Évolutions hospitalières : Praticien Hospitalier (PH), Praticien Hospitalo-Universitaire (PHU), chef de service odontologie en CHU. Évolutions académiques : maître de conférences, professeur universitaire (PU-PH après qualifications CNU), direction de laboratoire de recherche (INSERM, faculté). Reconversions : industrie dentaire (consultant technique chez Straumann, Nobel Biocare, Dentsply Sirona), formateur en faculté, conseiller de l'Ordre (ONCD).
Le métier de chirurgien-dentiste a-t-il de l'avenir ?
Oui, très fortement. Les facteurs structurels alimentent une forte demande : tension démographique forte (6 000 départs retraite/an vs 3 000 entrées, suppression du numerus clausus en 2025), déserts dentaires (35 dentistes pour 100 000 habitants en Creuse vs 120 à Paris), vieillissement population (+65 ans = plus de prothèses, implants), essor du 100 % santé dentaire (réforme 2019-2021, prise en charge prothèses et couronnes), développement de l'esthétique dentaire, implantologie en forte croissance (+ 10 %/an). Les innovations techniques (CAD/CAM chairside, scanners intra-oraux iTero/TRIOS, aligneurs orthodontiques Invisalign, IA pour la détection de caries comme Denti.AI) transforment la pratique sans la menacer. L'ONCD prévoit une croissance continue jusqu'à 2030, avec une progression des installations libérales en zones sous-denses grâce aux aides à l'installation. Les profils spécialisés (orthodontie, implantologie, chirurgie orale) sont les plus demandés et les mieux rémunérés.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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