Comment devenir Chargé d'Études Naturalistes ?
En bref
- Salaire : 26k à 70k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 (3 à 5 ans)
- Domaine : Environnement & Écologie
- Conditions d'exercice : Terrain / Bureau
- Code ROME : K2402
Le chargé d'études naturalistes (aussi appelé écologue, chargé de mission biodiversité, expert naturaliste, chargé d'études écologiques ou ingénieur écologue selon le niveau hiérarchique et la structure) est un spécialiste scientifique qui réalise l'inventaire, l'étude, le suivi et la protection des espèces animales et végétales ainsi que des habitats naturels sur des sites protégés ou dans le cadre de projets d'aménagement soumis à évaluation environnementale. Il est expert dans un ou plusieurs groupes taxonomiques : ornithologie (oiseaux), entomologie (insectes), chiroptérologie (chauves-souris), batrachologie (amphibiens), herpétologie (reptiles), mammalogie (mammifères), ichtyologie (poissons), malacologie (mollusques), botanique (flore vasculaire), bryologie (mousses), mycologie (champignons) ou phytosociologie (associations végétales et habitats). Le code ROME associé est K2402 — Recherche en sciences de l'univers, de la matière et du vivant, avec une passerelle vers A1204 — Protection du patrimoine naturel.
Le cadre réglementaire est structuré par le Code de l'environnement (articles L.411-1 à L.411-6 sur la protection des espèces, L.414-1 à L.414-7 sur Natura 2000, L.122-1 à L.122-3-4 sur l'évaluation environnementale des projets), les directives européennes Habitats (92/43/CEE du 21 mai 1992) et Oiseaux (2009/147/CE), la Convention de Berne de 1979 sur la conservation de la vie sauvage, la Convention sur la Diversité Biologique adoptée lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, la loi pour la Reconquête de la Biodiversité du 8 août 2016 (qui a créé l'AFB devenue OFB en 2020), la loi Climat & Résilience du 22 août 2021 avec l'objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d'ici 2050, et les arrêtés ministériels de protection des espèces : arrêté du 19 novembre 2007 pour les amphibiens et reptiles, arrêté du 29 octobre 2009 pour les oiseaux, arrêté du 23 avril 2007 pour les mammifères et les insectes, arrêté du 20 janvier 1982 pour la flore. Les listes rouges UICN France (oiseaux nicheurs 2016 et 2022, mammifères 2017, reptiles et amphibiens 2015, flore vasculaire 2019, insectes) sont les documents de référence pour évaluer le statut de conservation des espèces.
La convention collective applicable est principalement la CCN Syntec Bureaux d'Études Techniques (IDCC 1486) pour les chargés d'études dans les bureaux d'études privés, la CCN Animation ÉCLAT (IDCC 1518) pour les associations naturalistes, la CCN des organismes de formation et le statut de la Fonction Publique Territoriale (décret n° 2016-201 pour les ingénieurs territoriaux, catégorie A) pour les collectivités et conservatoires. En 2026, la France compte environ 8 500 chargés d'études naturalistes, répartis entre le secteur privé (bureaux d'études environnementaux), le secteur associatif (LPO, CEN, France Nature Environnement), le secteur public (OFB, parcs nationaux, MNHN, DREAL) et la recherche.
Les principaux bureaux d'études spécialisés sont Biotope (leader français basé à Mèze dans l'Hérault, 400 salariés), Naturalia Environnement (Avignon, 130 salariés), Ecosphère (Rouen), Asconit Consultants (Clermont-Ferrand), Ecotonia (Alsace), Alisea (Nantes), Biotec Biologie Appliquée (Lyon), Confluences IC (Lyon), Mosaïque Environnement (Paris), Gaïago, Althis, Cera Environnement et les filiales environnementales des grands groupes du BTP (Egis Environnement, Artelia Environnement, Setec Hydratec, Ginger Burgeap, Socotec Environnement, Antea Group). Le secteur associatif est animé par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux, 70 000 adhérents, première association de protection de la nature en France, siège à Rochefort), France Nature Environnement (FNE, fédération de 6 000 associations), les Conservatoires d'Espaces Naturels (CEN) fédérés par la FCEN (Fédération des Conservatoires d'Espaces Naturels), les 11 parcs nationaux, les 58 Parcs Naturels Régionaux (PNR), le MNHN (Muséum National d'Histoire Naturelle) avec son UMS PatriNat (en charge de l'INPN Inventaire National du Patrimoine Naturel), l'OFB (Office Français de la Biodiversité, créé en 2020, 2 900 agents), et les associations naturalistes spécialisées (SFO Société Française d'Orchidophilie, OPIE Office Pour les Insectes et leur Environnement, SHF Société Herpétologique de France, SFEPM Société Française pour l'Étude et la Protection des Mammifères, GCP Groupe Chiroptères de Provence, GON Groupe Ornithologique Normand, CORIF Centre Ornithologique Ile-de-France).
Les formations de référence sont le Master Biodiversité Écologie Évolution (BEE) dispensé dans de nombreuses universités (Montpellier SupAgro, Paris-Saclay, Sorbonne Université, Rennes 1, Toulouse Paul Sabatier, Grenoble Alpes, Aix-Marseille, Bordeaux), le Master Gestion de la Biodiversité, les Licences Professionnelles Gestion et Protection de la Nature, et les diplômes d'ingénieur en environnement (AgroParisTech, Institut Agro Rennes-Angers/Montpellier, ENSAT Toulouse, UniLaSalle Beauvais). Les compétences naturalistes (reconnaissance d'espèces) sont valorisées au-delà du diplôme : l'engagement dans une association naturaliste, le bénévolat, la participation à des programmes de sciences participatives (STOC, STERF, SPIPOLL, ODONATA, Vigie-Chiro, ATLAS, VigieNature) et la constitution d'un réseau d'observations sont essentiels pour être recruté. Les salaires s'échelonnent de 26 000 euros bruts annuels pour un chargé d'études débutant à 52 000 euros pour un expert confirmé ou un chef de projet senior dans un grand bureau d'études.
Salaire
26k - 70k € brut annuel
Niveau d'études : Bac+3 à Bac+5 · Durée : 3 à 5 ans
Missions principales
- Réaliser des inventaires faune-flore sur le terrain selon des protocoles standardisés et reconnus (IPA Indices Ponctuels d'Abondance oiseaux, points d'écoute nocturnes batraciens, transects chiroptères, quadrats botaniques)
- Identifier et déterminer les espèces et les habitats naturels selon les typologies CORINE Biotopes, EUNIS et Cahiers d'Habitats Natura 2000
- Rédiger les études d'impact écologique dans le cadre des projets d'aménagement (éoliens, photovoltaïques, routiers, ferroviaires, carrières, ZAC, ICPE)
- Appliquer la séquence ERC (Éviter-Réduire-Compenser) et proposer les mesures adéquates selon la doctrine du ministère de la Transition Écologique
- Rédiger les dossiers de Demande de Dérogation Espèces Protégées (DDEP) instruits par le CNPN (Conseil National de Protection de la Nature) et les CSRPN (Conseils Scientifiques Régionaux)
- Réaliser les évaluations d'incidences Natura 2000 pour les projets susceptibles d'affecter des sites Natura 2000 (articles L.414-4 du Code de l'environnement)
- Assurer le suivi post-implantation des mesures compensatoires et d'accompagnement (ICPE, projets d'aménagement, parcs éoliens) sur 5 à 30 ans
- Concevoir et suivre les plans de gestion d'espaces protégés (Réserves Naturelles Nationales et Régionales, sites CEN, sites Conservatoire du Littoral, ENS départementaux)
- Participer à l'élaboration des DOCOB (Documents d'Objectifs) des sites Natura 2000 et animer les COPIL (Comités de Pilotage)
- Contribuer aux Plans Nationaux d'Actions (PNA) espèces menacées : Lynx boréal, Loutre d'Europe, Milan royal, Butor étoilé, Outarde canepetière, Gypaète barbu, Apron du Rhône, Tortue d'Hermann
- Utiliser les outils SIG pour cartographier les espèces, les habitats et les enjeux écologiques (QGIS, ArcGIS, MapInfo)
- Alimenter les bases de données naturalistes : INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) géré par l'UMS PatriNat du MNHN, Faune-France, SILENE, Obs'-Venir, Clicnat
- Participer aux programmes de sciences participatives (STOC Suivi Temporel des Oiseaux Communs, STERF Suivi Temporel des Rhopalocères de France, SPIPOLL Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs, ODONATA, Vigie-Chiro)
Compétences requises
- Identification taxonomique des espèces : ornithologie (cris, chants, plumages), entomologie (rhopalocères, orthoptères, odonates), chiroptérologie (acoustique)
- Identification de la flore vasculaire (clés de détermination, familles, phytosociologie), bryologie (mousses), mycologie (champignons)
- Protocoles standardisés d'inventaire : IPA, points d'écoute, transects, quadrats, CMR (Capture Marquage Recapture), ICA (Indice Kilométrique d'Abondance)
- Techniques d'acoustique pour les chauves-souris : détecteurs hétérodyne et expansion de temps, logiciels BatSound, Kaleidoscope, SonoChiro
- Techniques de baguage (oiseaux), radio-tracking, télémétrie GPS (mammifères), ADN environnemental (eDNA)
- Connaissance du réseau Natura 2000, des Directives Habitats et Oiseaux, des Cahiers d'Habitats et des espèces d'intérêt communautaire
- Maîtrise de la réglementation : Code de l'environnement L.411, arrêtés de protection des espèces, listes rouges UICN France
- Rédaction d'études d'impact écologique, de dossiers DDEP (CNPN, CSRPN) et d'évaluations d'incidences Natura 2000
- SIG et cartographie naturaliste : QGIS, ArcGIS, couches INPN, BD Ortho, BD Topo, géoréférencement GPS
- Droit de l'environnement et séquence ERC (Éviter-Réduire-Compenser), doctrine ministérielle CGDD
- Logiciels naturalistes : Cardobs (MNHN), Faune-France, Clicnat, GeoNature (PNR Écrins)
- Photographie naturaliste et techniques de macro-photographie (insectes, plantes, amphibiens)
- Statistiques appliquées à l'écologie : logiciels R, Python, logiciel Distance, occupancy modeling, GLM, GAM
- Anglais scientifique pour la bibliographie internationale et les congrès (SFEPM, GIS Mammifères, SFB, BOU British Ornithologists' Union)
Formations pour devenir Chargé d'Études Naturalistes
- Licence Sciences de la Vie parcours Biologie des Organismes / Écologie (Bac+3) — universités françaises
- Licence Professionnelle Gestion et Protection de la Nature / Protection de l'Environnement — Universités de Tours, Angers, Avignon, Brest, Dijon, La Rochelle, Pau
- BUT Génie Biologique parcours Agronomie ou Sciences de l'Environnement (Bac+3, ex-DUT) — IUT de Perpignan, Tours, Lyon 1, Quimper
- Master Biodiversité Écologie Évolution (BEE) — Sorbonne Université, Montpellier SupAgro, Paris-Saclay, Rennes 1, Toulouse Paul Sabatier, Grenoble Alpes, Aix-Marseille
- Master Gestion de la Biodiversité et de l'Environnement — Universités de Montpellier, Tours, Lyon 1, Bordeaux, Strasbourg
- Master Écologie, Environnement, Éthologie — Universités de Rennes 1, Brest UBO, Clermont Auvergne, Toulouse
- Master Sciences de la Mer et du Littoral — Universités de Brest UBO, La Rochelle, Aix-Marseille, Perpignan (pour spécialisation marine)
- Diplôme d'ingénieur agronome et environnement — AgroParisTech, Institut Agro Rennes-Angers, Institut Agro Montpellier, ENSAT Toulouse, ISA Lille, ENGEES Strasbourg, ENSAIA Nancy, UniLaSalle Beauvais
- Doctorat en écologie, biodiversité, biologie de la conservation (financement CIFRE, bourse ministérielle, contrat ANR)
- Brevets et certifications naturalistes spécialisées : formation chiroptères SFEPM, formation botanique SFO, formation ornithologie LPO, formation insectes OPIE
Grille salariale détaillée
- Chargé d'études débutant (0-3 ans) — CCN Syntec IDCC 1486 ou CCN Animation IDCC 1518 : 26 000 – 32 000 € brut/an
- Chargé d'études confirmé / Chef de projet junior (3-8 ans) — bureau d'études ou association : 31 000 – 40 000 € brut/an
- Chef de projet senior / Expert naturaliste (8-15 ans) — Biotope, Naturalia, Egis, OFB : 37 000 – 50 000 € brut/an
- Directeur d'études / Responsable de pôle / Directeur de recherche (15+ ans) : 45 000 – 70 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier passionnant et porteur de sens pour la préservation de la biodiversité
- Contact permanent avec la nature et les paysages français exceptionnels
- Diversité des missions (inventaires, rédaction, concertation, recherche, animation)
- Possibilités de spécialisation (chiroptères, oiseaux, insectes, flore, mammifères, amphibiens)
- Secteur en croissance porté par la loi Climat & Résilience, le ZAN et la séquence ERC renforcée
- Variété des employeurs (public, associatif, privé, recherche)
- Ouverture internationale (programmes LIFE Biodiversité, coopération IUCN, projets ONG)
Les moins
- Salaires relativement modestes en début de carrière (26 000 à 32 000 euros bruts) malgré le Bac+5 requis
- Précarité fréquente en début de carrière (CDD saisonniers, missions courtes, stages prolongés)
- Conditions de terrain exigeantes (longues journées, nuits, intempéries, terrains difficiles)
- Charge rédactionnelle importante (études d'impact de plusieurs centaines de pages)
- Pression commerciale dans certains bureaux d'études (délais serrés, arbitrages parfois difficiles)
- Tensions parfois vives avec des maîtres d'ouvrage ou élus réticents aux contraintes écologiques
Secteurs qui recrutent
- Bureaux d'études environnementaux privés : Biotope (leader), Naturalia Environnement, Ecosphère, Asconit Consultants, Ecotonia, Alisea, Biotec, Cera Environnement, Althis, Gaïago
- Grands groupes du BTP et de l'environnement : Egis Environnement, Artelia Environnement, Setec Hydratec, Ginger Burgeap, Socotec Environnement, Antea Group, Apave
- Office Français de la Biodiversité (OFB) — créé en 2020, 2 900 agents, directions régionales et services départementaux
- Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) — UMS PatriNat (gestionnaire de l'INPN Inventaire National du Patrimoine Naturel)
- Conservatoires d'Espaces Naturels (CEN) fédérés par la FCEN, Conservatoire du Littoral, Réserves Naturelles de France (RNF)
- Parcs nationaux (11) et Parcs Naturels Régionaux (58) — postes de chargés de mission scientifique et d'écologues
- DREAL (Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) — services biodiversité et instructeurs CNPN/CSRPN
- Associations naturalistes et de protection de la nature : LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux, 70 000 adhérents), France Nature Environnement (FNE), WWF, Noé, ASPAS
- Associations naturalistes spécialisées : OPIE (insectes), SHF (reptiles-amphibiens), SFEPM (mammifères), SFO (orchidées), GCP/GCL (chiroptères), GON, CORIF
- Collectivités territoriales : métropoles, départements (ENS Espaces Naturels Sensibles), régions (Agences Régionales de la Biodiversité ARB)
- Enseignement supérieur et recherche : universités, INRAE, CNRS, CIRAD, IRD, écoles d'ingénieurs
Évolution de carrière
Le chargé d'études naturalistes débute généralement comme chargé d'études junior dans un bureau d'études privé (Biotope, Naturalia, Ecosphère, Asconit, Ecotonia, Alisea, Biotec, Cera Environnement) ou dans une association (LPO régionale, CEN, PNR) avec un salaire de 26 000 à 32 000 euros bruts annuels (CCN Syntec IDCC 1486 ou CCN Animation ÉCLAT IDCC 1518). Les premiers contrats sont souvent des CDD saisonniers ou de courte durée. Après 3 à 5 ans d'expérience, il devient chargé d'études confirmé puis chef de projet écologique, avec des responsabilités de coordination d'équipes pluridisciplinaires et de pilotage de dossiers complexes (études d'impact de parcs éoliens, DDEP, plans de gestion). Il peut atteindre 32 000 à 42 000 euros bruts annuels. Après 8 à 15 ans d'expérience, les trajectoires d'évolution conduisent vers des postes d'expert écologue senior, directeur d'études, responsable de pôle biodiversité en bureau d'études, chargé de mission biodiversité en OFB ou en DREAL, conservateur de réserve naturelle, directeur adjoint en association (LPO, CEN), ou chargé de recherche à l'INRAE, au CNRS, au MNHN ou à l'IRD (pour les titulaires d'un doctorat). Les salaires peuvent atteindre 45 000 à 65 000 euros bruts annuels dans le privé et 40 000 à 55 000 euros dans le public. Certains experts naturalistes deviennent consultants indépendants spécialisés sur un groupe taxonomique (expert chiroptères, expert flore, expert amphibiens) et offrent leurs services aux bureaux d'études et aux collectivités. D'autres évoluent vers l'enseignement (maître de conférences universitaire en écologie, formateur en BTSA GPN, conférencier naturaliste), la recherche fondamentale (INRAE, CNRS, MNHN UMS PatriNat), la coopération internationale (PNUE, IUCN, projets LIFE Biodiversité, WWF International) ou la gestion d'un espace protégé (directeur de parc naturel, conservateur de réserve, chef d'équipe territoire OFB). La création d'une activité de guide nature et d'éducation à l'environnement est également une voie entrepreneuriale possible.
Questions fréquentes sur le métier de Chargé d'Études Naturalistes
- Comment devenir chargé d'études naturalistes en 2026 ?
- Le parcours classique commence par une Licence Sciences de la Vie parcours Biologie des Organismes / Écologie (Bac+3), se poursuit par une Licence Professionnelle Gestion et Protection de la Nature ou un Master Biodiversité Écologie Évolution (BEE) dans les universités de Montpellier SupAgro, Paris-Saclay, Sorbonne Université, Rennes 1, Toulouse Paul Sabatier, Grenoble Alpes ou Aix-Marseille. Les diplômes d'ingénieur en environnement (AgroParisTech, Institut Agro Rennes-Angers/Montpellier, ENSAT Toulouse, ISA Lille, UniLaSalle Beauvais) sont également très appréciés. Cependant, le diplôme seul ne suffit pas : les compétences naturalistes (reconnaissance d'espèces, maîtrise des protocoles d'inventaire) sont essentielles et se développent par l'engagement associatif, le bénévolat et la participation à des programmes de sciences participatives (STOC, SPIPOLL, ODONATA, Vigie-Chiro). Les stages en bureau d'études (Biotope, Naturalia, Ecosphère) ou en association (LPO, CEN) sont indispensables pour acquérir l'expérience de terrain et construire un réseau professionnel. Les spécialisations recherchées sont l'ornithologie, la chiroptérologie, l'entomologie et la botanique/phytosociologie. Une expertise forte sur un groupe taxonomique précis est un atout majeur pour se démarquer.
- Quel est le salaire d'un chargé d'études naturalistes en 2026 ?
- Un chargé d'études débutant dans un bureau d'études privé (Biotope, Naturalia, Ecosphère, Asconit, Ecotonia) ou dans une association (LPO, CEN) perçoit 26 000 à 32 000 euros bruts annuels selon la CCN Syntec IDCC 1486 ou CCN Animation ÉCLAT IDCC 1518. Les premiers contrats sont souvent des CDD saisonniers (printemps-été pour les inventaires). Avec 3 à 5 ans d'expérience, le chargé d'études confirmé atteint 31 000 à 40 000 euros bruts annuels. Un chef de projet junior gagne 35 000 à 45 000 euros bruts annuels, et un expert naturaliste senior (8 à 15 ans d'expérience) peut atteindre 42 000 à 55 000 euros bruts annuels dans les grands bureaux d'études. Les directeurs d'études, responsables de pôle biodiversité et directeurs de recherche peuvent dépasser 55 000 à 70 000 euros bruts annuels. Dans la Fonction Publique (OFB, DREAL, parcs nationaux, MNHN), les ingénieurs écologues débutent à 30 000 euros bruts annuels et atteignent 50 000 à 60 000 euros en fin de carrière. Les consultants naturalistes indépendants spécialisés (expert chiroptères, expert flore) peuvent facturer 500 à 900 euros par jour, générant 40 000 à 70 000 euros de revenus annuels selon leur portefeuille clients.
- Qu'est-ce qu'une DDEP (Demande de Dérogation Espèces Protégées) ?
- La DDEP (Demande de Dérogation Espèces Protégées) est une procédure administrative obligatoire au titre de l'article L.411-2 du Code de l'environnement lorsqu'un projet d'aménagement est susceptible de détruire, capturer, perturber, mutiler ou transporter des espèces animales ou végétales protégées, ou de détruire leur habitat. Elle est issue des Directives européennes Habitats (92/43/CEE) et Oiseaux (2009/147/CE). La DDEP doit démontrer trois conditions cumulatives : (1) le projet répond à une raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM), (2) il n'existe pas de solution alternative satisfaisante, (3) la dérogation ne nuit pas au maintien dans un état de conservation favorable des populations des espèces concernées. Le dossier DDEP est instruit par la DREAL et soumis à l'avis du CSRPN (Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel) pour les projets régionaux ou du CNPN (Conseil National de Protection de la Nature) pour les projets d'envergure nationale. Il doit impérativement appliquer la séquence ERC (Éviter-Réduire-Compenser) et inclure un programme de mesures compensatoires proportionnées aux impacts résiduels. Le chargé d'études naturalistes est au cœur de cette démarche : il réalise les inventaires initiaux, caractérise les impacts, propose les mesures d'évitement, de réduction et de compensation, et suit leur mise en œuvre sur 5 à 30 ans.
- Qu'est-ce que le réseau LPO et son rôle pour l'emploi ?
- La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) est la première association de protection de la nature en France, fondée en 1912 pour lutter contre le massacre des macareux moines en Bretagne. Elle est reconnue d'utilité publique et compte en 2026 plus de 70 000 adhérents, 600 salariés et 10 000 bénévoles actifs répartis dans 45 associations locales couvrant l'ensemble du territoire métropolitain et ultramarin. Son siège national est à Rochefort-sur-Mer (Charente-Maritime). La LPO gère en propre plus de 21 000 hectares de sites naturels (Réserves Naturelles Nationales de Lilleau des Niges, de Moeze-Oléron, du Marais d'Orx), anime de nombreux Plans Nationaux d'Actions (PNA) espèces (Milan royal, Outarde canepetière, Vautour moine, Gypaète barbu), coordonne des programmes de sciences participatives de référence (STOC Suivi Temporel des Oiseaux Communs, STOM ostréiculture, Oiseaux des jardins, Vigie-Nature), et porte des actions juridiques pour défendre la biodiversité. Elle est un employeur majeur pour les chargés d'études naturalistes avec des postes répartis entre la recherche (Station LPO, CESCO MNHN), les études (LPO Agir pour la Biodiversité bureau d'études interne), la gestion d'espaces protégés, l'animation nature et la sensibilisation. Les salaires y sont légèrement inférieurs à ceux des bureaux d'études privés (CCN Animation ÉCLAT IDCC 1518) mais l'engagement éthique et la diversité des missions attirent de nombreux naturalistes passionnés.
- Quels sont les principaux bureaux d'études naturalistes en France ?
- Le secteur des bureaux d'études naturalistes s'est fortement développé depuis 2010 avec le renforcement de la réglementation environnementale et l'instauration de la séquence ERC. Le leader français est Biotope, fondé en 1993 par Frédéric Melki et basé à Mèze dans l'Hérault (siège historique), qui emploie 400 salariés en France (agences à Mèze, Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Aix-en-Provence, Guyane) et dispose de filiales en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Les autres acteurs majeurs sont Naturalia Environnement (Avignon, environ 130 salariés, spécialisé sur les grands projets d'infrastructure), Ecosphère (Rouen, bureau historique du Nord-Ouest), Asconit Consultants (Clermont-Ferrand), Ecotonia (Alsace, spécialiste Grand-Est), Alisea (Nantes, spécialiste Ouest), Biotec Biologie Appliquée (Lyon), Confluences IC (Lyon), Mosaïque Environnement (Paris), Althis, Cera Environnement et Gaïago. Les grands groupes généralistes du BTP et de l'environnement disposent également de filiales écologie : Egis Environnement, Artelia Environnement, Setec Hydratec, Ginger Burgeap, Socotec Environnement, Apave Environnement, Antea Group. Ces bureaux réalisent principalement des études d'impact environnemental, des DDEP (CNPN-CSRPN), des évaluations d'incidences Natura 2000, des plans de gestion d'espaces protégés, des inventaires de biodiversité et des suivis écologiques post-travaux. Ils sont les principaux recruteurs de chargés d'études naturalistes à la sortie des études et offrent des perspectives d'évolution intéressantes vers des postes d'expert, de chef de projet et de directeur d'agence.
Métiers similaires
- Pépiniériste — 30k - 45k € · Bac+3 à Bac+5
- Responsable D'approvisionnement en Exploitations Forestières — 30k - 45k € · Bac+5 et plus
- Responsable D'élevage Agricole — 30k - 45k € · Bac+3 à Bac+5
- Responsable de la Collecte des Déchets Ménagers — 30k - 45k € · Bac+5 et plus
- Responsable de Réseau D'assainissement — 30k - 45k € · Bac+5 et plus
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME K2402 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Chargé d'Études Naturalistes (www.onisep.fr)
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