Comment devenir Campaniste ?
En bref
- Salaire : 24k à 40k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : CAP à Bac Pro (2 à 4 ans)
- Domaine : Commerce & Vente
- Conditions d'exercice : Clochers, beffrois, monuments historiques, ateliers
- Code ROME : H2402
Le campaniste est un artisan d'art polyvalent et passionné qui exerce un métier rare et patrimonial : la conception, l'installation, la mécanisation, la maintenance et la restauration des cloches d'église, des carillons, des horloges monumentales et des beffrois civils. Issu du latin « campana » (cloche), le terme campaniste désigne un véritable touche-à-tout : il est tour à tour mécanicien, électricien, électronicien, charpentier, maçon, fondeur, musicien et restaurateur de patrimoine. Il intervient sur les édifices religieux (clochers d'églises, cathédrales, abbayes, chapelles), les beffrois civils (Lille, Douai, Saint-Quentin, Calais), les horloges des hôtels de ville, les monuments historiques classés et même les carillons modernes des écoles, parcs et jardins.
En 2026, la France compte environ 100 000 cloches actives et plus de 600 carillons selon l'Association des Maîtres-Carillonneurs et Campanistes Européens (AMCCE). Le code ROME associé est H2402 — Assemblage en montage menuisier, avec une forte composante I1304 (maintenance d'équipements industriels). Bien que le métier soit rare (quelques centaines de campanistes professionnels actifs en France), il est porté par un tissu d'ateliers spécialisés (Bodet Campanaire à Trémentines, ART Campanaire à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, Mamias à Hérépian, Paccard à Sévrier) et bénéficie de la reconnaissance UNESCO du savoir-faire campanaire et du label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) accordé à plusieurs ateliers historiques. La convention collective applicable est celle de la Métallurgie (UIMM IDCC 3248) ou des Travaux Publics selon l'employeur et le type d'intervention.
Au quotidien, le campaniste travaille à 80 % en déplacement chez le client (paroisse, commune, monument historique). Une journée type peut commencer par une intervention urgente sur un mécanisme bloqué dans un beffroi, suivie d'un diagnostic acoustique d'une cloche fissurée dans une église, une étude de mécanisation d'un carillon municipal, et se terminer par une intervention en hauteur (clocher de 40 m) pour remplacer un battant ou installer une nouvelle motorisation électronique. Il monte fréquemment dans des clochers anciens par des escaliers de fortune, manipule des cloches de plusieurs centaines de kilos, soude des structures en acier, programme des automates de sonnerie informatisés (sonneurs électroniques Bodet, Apollo, Strikemaster), et accorde les harmoniques des cloches existantes lors des restaurations.
Le métier offre des perspectives variées : campaniste confirmé multi-spécialités, chef d'équipe, technicien spécialisé restauration patrimoine, expert auprès des architectes des Bâtiments de France et de la DRAC, formateur dans les Compagnons du Devoir, ou créateur de son propre atelier indépendant. Avec l'entretien permanent du patrimoine religieux et civil français (la France compte plus de 45 000 églises et 500 cathédrales et basiliques), les campanistes ont un carnet de commandes constant. Le rajeunissement de la profession est un enjeu majeur, avec des recrutements en alternance via les Compagnons du Devoir et les CFA spécialisés. C'est un métier d'art et de passion, exigeant physiquement mais profondément valorisant, qui combine héritage millénaire et techniques modernes (électronique, automatismes, sonneries informatisées).
Salaire
24k - 40k € brut annuel
Niveau d'études : CAP à Bac Pro · Durée : 2 à 4 ans
Missions principales
- Diagnostiquer l'état des cloches, mécanismes, beffrois et horloges monumentales
- Restaurer et entretenir les cloches, battants, mouton, joug, paliers et roulements
- Installer de nouvelles cloches dans les clochers (manutention, montage, accordage)
- Mécaniser les sonneries traditionnelles (motorisation électrique, électromagnétique)
- Programmer les automates de sonnerie informatisés (Bodet, Apollo, Strikemaster)
- Restaurer et entretenir les horloges monumentales (mécanique d'horlogerie d'édifice)
- Réaliser les travaux de charpente et de maçonnerie dans les beffrois
- Souder et restaurer les structures métalliques (jougs en acier)
- Travailler en hauteur dans les clochers (port d'EPI antichute)
- Conseiller les paroisses et communes sur les choix techniques et patrimoniaux
- Coopérer avec les architectes des Bâtiments de France et la DRAC sur monuments classés
- Établir les devis et suivre les chantiers de restauration patrimoine
Compétences requises
- Mécanique des sonneries de cloches (battant, mouton, joug, palier)
- Électricité et électronique (motorisations, automates de sonnerie)
- Programmation des sonneurs électroniques (Bodet, Apollo, Strikemaster)
- Charpente et maçonnerie de beffrois (bois, acier, pierre)
- Soudure TIG/MIG pour structures métalliques
- Connaissance acoustique et accordage des harmoniques de cloches
- Horlogerie d'édifice (mécanismes monumentaux à poids ou électriques)
- Lecture de plans et schémas électriques
- Travail en hauteur et port d'EPI antichute (formation obligatoire)
- Connaissance du patrimoine campanaire et de l'histoire religieuse
- Latin (inscriptions traditionnelles sur les cloches)
- Habilitations électriques B0/B1V/B2V
- Permis B obligatoire (déplacements quotidiens chez les clients)
Formations pour devenir Campaniste
- CAP Métiers de la Mécanique Générale ou Maintenance — voie d'entrée polyvalente
- CAP Charpentier Bois — passerelle pour la partie beffroi
- Bac Pro Maintenance des Équipements Industriels (MEI)
- Bac Pro Électrotechnique Énergie et Équipements Communicants (ELEEC)
- Compagnons du Devoir et du Tour de France — section campaniste (formation 5-7 ans)
- CFA spécialisé Patrimoine — formation continue restauration monuments historiques
- Apprentissage direct chez Bodet Campanaire (Trémentines), ART Campanaire, Mamias, Paccard
- Formation continue Compagnons du Devoir spécialisation Campaniste
Grille salariale détaillée
- Apprenti / ouvrier débutant (0-2 ans) : 24 000 – 28 000 € brut/an
- Ouvrier qualifié (2-5 ans) : 27 000 – 33 000 € brut/an
- Compagnon campaniste (5-15 ans) : 30 000 – 38 000 € brut/an
- Chef d'équipe / Indépendant (15+ ans) : 36 000 – 50 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Métier d'art rarissime, valorisé par le label EPV et l'UNESCO
- Polyvalence technique exceptionnelle (mécanique, électronique, charpente, acoustique)
- Diversité des chantiers et des lieux d'intervention (clochers, beffrois, monuments)
- Possibilité de s'installer à son compte après quelques années
- Reconnaissance professionnelle et fierté patrimoniale
- Carnet de commandes constant grâce au patrimoine français très étendu
Les moins
- Très peu d'ateliers en France (quelques centaines de professionnels actifs)
- Rémunération modeste pour la technicité requise (CCN UIMM IDCC 3248)
- Conditions physiques difficiles : escaliers raides, hauteurs, port de charges
- Risques importants : chute de hauteur, électrocution, manipulation de cloches lourdes
- Déplacements fréquents et longs trajets entre chantiers
- Apprentissage long et exigeant (5 à 10 ans pour maîtriser toutes les spécialités)
Secteurs qui recrutent
- Bodet Campanaire (Trémentines, leader français mécanisation cloches)
- ART Campanaire (Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, restauration et entretien)
- Mamias (Hérépian, atelier traditionnel)
- Fonderie Paccard (Sévrier, fabrication et installation cloches)
- Cornille-Havard (Villedieu-les-Poêles, mécanisation et installation)
- Diocèses et paroisses (commandes religieuses récurrentes)
- Communes et collectivités (entretien beffrois, horloges monumentales)
- Monuments historiques classés (DRAC, Architectes des Bâtiments de France)
- Compagnons du Devoir (section campaniste)
- Carillonneurs professionnels et associations de carillonneurs
Évolution de carrière
Le campaniste débute comme apprenti ou ouvrier au coefficient ouvrier qualifié de la grille UIMM Métallurgie (IDCC 3248), avec une rémunération de 24 000 à 30 000 € brut/an. Après 5 à 8 ans d'expérience et la maîtrise de l'ensemble des spécialités (mécanique, électronique, charpente, restauration), il devient compagnon campaniste (30 000 à 36 000 €). Avec 10 ans d'expérience et le titre de Compagnon du Devoir, il atteint 32 000 à 42 000 € et peut accéder au poste de chef d'équipe ou contremaître. Beaucoup de campanistes expérimentés s'installent à leur compte (artisan, micro-entreprise) après 10-15 ans pour facturer en TJM (350 à 600 €/jour) ou en forfait projet. D'autres deviennent technicien spécialisé restauration patrimoine, expert auprès des Bâtiments de France, formateur Compagnons du Devoir, ou reprennent un atelier campanaire historique. La spécialisation dans l'horlogerie monumentale ou le carillon manuel est particulièrement rare et valorisée.
Questions fréquentes sur le métier de Campaniste
- Qu'est-ce qu'un campaniste exactement ?
- Le campaniste (du latin « campana », cloche) est un artisan polyvalent qui conçoit, installe, mécanise, restaure et entretient les cloches d'église, les carillons, les beffrois et les horloges monumentales. C'est à la fois un mécanicien, un électricien, un charpentier, un maçon, un acousticien et un restaurateur de patrimoine. Le métier est rare (quelques centaines de professionnels en France) et porté par des ateliers spécialisés comme Bodet Campanaire, ART Campanaire, Mamias et les fonderies Paccard et Cornille-Havard.
- Quel est le salaire d'un campaniste en 2026 ?
- En 2026, un campaniste débutant gagne 24 000 à 28 000 € brut/an selon la CCN UIMM Métallurgie (IDCC 3248). Un ouvrier qualifié (2-5 ans) atteint 27 000 à 33 000 €, et un compagnon campaniste expérimenté 30 000 à 38 000 €. Un chef d'équipe ou un campaniste indépendant peut atteindre 36 000 à 50 000 €, voire plus pour les profils très spécialisés en horlogerie monumentale ou restauration de monuments classés (TJM 400 à 600 €/jour).
- Quelle formation pour devenir campaniste ?
- La voie privilégiée est l'apprentissage directement chez un atelier campanaire historique (Bodet Campanaire à Trémentines, ART Campanaire, Mamias) ou via les Compagnons du Devoir (section campaniste, formation 5-7 ans avec Tour de France). Un CAP ou Bac Pro Maintenance des Équipements Industriels (MEI) ou Électrotechnique (ELEEC) constitue une bonne base technique de départ. La formation continue se fait sur le terrain et en CFA spécialisé Patrimoine.
- Le métier de campaniste est-il en voie de disparition ?
- Le métier est rare mais n'est pas en voie de disparition. La France compte environ 100 000 cloches actives, 600 carillons et plus de 45 000 églises et beffrois à entretenir. La demande est constante mais l'offre de campanistes formés diminue avec le départ en retraite des anciens. Le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) et la reconnaissance UNESCO du savoir-faire campanaire protègent et valorisent la profession. Le défi principal est le rajeunissement de la profession et la transmission du savoir-faire aux jeunes générations.
- Quels sont les risques du métier de campaniste ?
- Les principaux risques sont : chute de hauteur (clochers anciens, escaliers de fortune, intervention à 30-50 m), électrocution lors des installations électriques, manipulation de cloches très lourdes (jusqu'à plusieurs tonnes), espaces confinés et poussiéreux dans les beffrois historiques. La réglementation impose des EPI antichute, des habilitations électriques (B0/B1V), des formations gestes et postures, et le respect des règles d'intervention sur monuments historiques. Les visites médicales sont renforcées.
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME H2402 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Campaniste (www.onisep.fr)
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